Le château > Descente aux enfers

Descente aux enfers

Le château échappera à toute une série de périodes troublées, mais sera mis échec et (presque) mat au cours du XXe siècle. Ses ennemis - surtout liégeois - ne portaient pas de drapeau. Ils s'appelaient sans doute égocentrisme, incurie, lenteurs administratives, endettement et politique "politicienne".

Rétroactes

Quelques dates "clés" jalonnent cette saga.

Le 3 septembre 1922, frappée par la mort tragique de son époux, Mme Veuve Guillaume de Rohan-Chabot, née Nadine de la Rousselière, se résoudra à vendre le domaine de Fayenbois.

La société immobilière d'Affnay se porte acquéreuse, pour en 1923, revendre le château à la famille Sépulchre, et, en 1934, négocier avec la commune de Jupille le lotissement d'une partie des terrains et la construction de villas (entre 1934 et 1940), mais sans prévoir une véritable zone tampon entre la colonie de villas et le château.

En 1936, la famille Sépulchre pour sa part, transmettra le château et la partie non boisée du parc (soit 3 ha 77 a 33 ca) à l'Eveché de Liège, lequel l'affectera à l'asbl "Vacances et Loisirs".

En 1937, le bois sera vendu à l'Etat belge pour la somme de 341.933 FB, qui lui-même le cède à la commune de Jupille pour la somme d'un peu plus de 100.000 BEF (environ 2.500 Euros) et avec l'obligation de le maintenir en bon état.

Septembre 1957, une association se crée ayant pour but la protection et la défense du site de Fayenbois. Constitués en asbl en 1980, "Les Amis de Fayenbois" poursuivront cet objectif. Bien relayée dans la presse, leur action empêchera notamment la démolition pure et simple du château, déjà proposée en 1963. Elle ne pourra cependant pas empêcher le comblement de ses douves réalisé sans autorisation par l'asbl "Vacances et Loisirs" et, apparemment, dans l'indifférence de l'Urbanisme Provincial liégeois.

Le classement du château. Il aboutit enfin le 29 mars 1968 (M.B. du 12 juin 1968). Une proposition de classement visant ce monument, ses dépendances et la zone boisée avait été déposée en ... décembre 1958. Qu'à cela ne tienne. Maintenant, il est sauvé ... Pas si sûr ...

Le château en 1971

En 1971, le toit du château s'est en partie effondré. En 1972, la commune de Jupille acquiert cependant la bâtisse en ruine au prix d'un million de BEF (soit 25.000 Euros).

La Commission des monuments et des Sites mettra apparemment 4 ans pour élaborer un projet de restauration. En 1976, suite à ce projet, la commune de Jupille vote un budget de plus de 6 millions de BEF pour restaurer les toitures et les maçonneries du château. Un an après, la Députation Permanente l'approuve. Pendant tout ce temps, le château exposé aux intempéries continue à se dégrader.

Arrive la fusion des communes, - fin des années 1970 - et le monument se retrouve sous la tutelle de la Ville de Liège.

Le Service de l'Urbanisme de cette cité supervise en juin 1981 les premiers travaux de restauration. Mais un problème de trésorerie y met fin, en mars 1982. Le bâtiment restera encore près de 20 ans sans couvre-chef… Pas même une toiture provisoire en tôles.

En 1987, un projet original voit le jour : faire du château un "Centre européen en construction et en rénovation" pour, comme l'écrit un journaliste "joindre l'utile et le constructif au didactique". Il séduit la Ville de Liège qui, deux ans plus tard, cède le château pour 66 ans (bail emphytéotique) aux promoteurs du projet, constitués en asbl. Mais en 1993, il faut déchanter : le projet n'est plus qu'un rêve.