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L'âge des arbres et la datation des charpentes: mode d'emploi

Le principe

Préalable indispensable à toute opération de datation d'un échantillon : l'établissement d'une chronologie de référence pour la région climatique concernée.

Première pièce du puzzle : un arbre dont la date d'abattage est connue. Prenons, par exemple, un arbre abattu cette année.
On peut réaliser un diagramme en reportant, en abscisse (l'échelle horizontale), le rebours des années et, en ordonnée (l'échelle verticale), l'épaisseur de chacun des cernes correspondant. Résultat : une ligne brisée, témoin des heurts et vicissitudes de l'arbre au cours de sa croissance.
Principaux paramètres incriminés dans cette variabilité d'épaisseur : la température et les précipitations de l'année. A cela peuvent s'ajouter les aléas individuels, liés à la nature - plus ou moins drainante - du sol, à la concurrence en termes d'espace et d'accès à la lumière, ou encore aux attaques parasitaires.

Deuxième pièce du puzzle : d'autres sections, d'autres chronologies, non datées cette fois. Mais des indices existent : des pics ou des dépressions marquées caractérisant une ou plusieurs années d'exception (on parle " d'années caractéristiques " ou de " signature ").

Chronologies de référence

Par chevauchements successifs, des séries se mettent en place. N'intégrant aucun repère daté, elles restent mouvantes sur la ligne du temps et on les qualifie de " chronologies relatives ".
Et puis, la liaison s'opère, par chevauchements toujours, avec d'autres pièces, datées cette fois-ci, comme une pièce de charpente d'un bâtiment millésimé. C'est la troisième pièce du puzzle : la série s'arrime à la ligne du temps et c'est maintenant d'une " chronologie absolue " dont nous disposons.

De telles chronologies de référence existent pour toute l'Europe, concernant essentiellement le chêne, et pour la plupart publiées par des laboratoires allemands.
Leur validité pour dater des échantillons du Bassin mosan et de l'Ardenne n'enlève rien au mérite du laboratoire de l'Université de Liège d'avoir constitué un référentiel plus spécifiquement mosan. La version actuelle, baptisée Meuse 5, couvre la période allant de + 672 à +1991.