La place du Marché à Liège, le perron, laViolette, l(hôtel de ville. L'existence de cette place remonte aux origines de la cité, dont la population a besoin d'un marché pour s'approvisionner. La rue du Pont (comprenez le pont des Arches), depuis le début du XIème siècle, la relie à la Meuse où se développent les activités portuaires. C'est place du Marché que se trouvent l'hôtel de ville (1) et le perron (2), deux symboles forts de l'histoire liégeoise. Faut-il rappeler que Liège, de la fin du XXème à la fin du XVIIIème siècle, a été la capitale d'une célèbre principauté épiscopale. La carte ci-contre donne une idée de l'importance territoriale de la principauté de Liège (au XVIIIème siècle) par rapport à la Belgique de maintenant. L'hôtel
de ville actuel date du début Le fronton porte la date 1718 (fin de la construction entamée en 1714); il comporte les armoiries du prince-évêque Joseph-Clément de Bavière et des bourgmestres de Lohier et de Liverlo L'hôtel de ville, on l'appelle familièrement la «Violette», du nom du tout premier bâtiment ayant servi à cet endroit, au XIIIème siècle, pour publier les règlement communaux. Bâtiment ainsi surnommé à cause d'une telle fleur gravée sur sa façade. Cette «maison de ville» d'origine a été plusieurs fois détruite et reconstruite. En 1468 par exemple, lors du sac de Liège par Charles le Téméraire. En 1691, quand les troupes françaises de Louis XIV bombardent la ville.Dressé au centre de la place du Marché, près de l'hôtel de ville, le perron est le monument liégeois le plus populaire: Le
perron et sa fontaine égaient cet espace chaleureux, traditionnellement
voué à la rencontre et au commerce. La plupart des maisons
voisines, qui datent des XVIIème et XVIIIème siècles,
proposent un rez-de-chaussée voué à l'Horeca: Le perron en lui-même est une colonne de pierre dressée sur un piédestal de trois marches rectangulaires. Les angles reposent sur des lions couchés. La colonne est surmontée des «trois Grâces». Une croix posée sur une pomme de pin domine l'ensemble. Ce symbole liégeois figure bien sûr sur les armoiries de la ville: Le monument actuel se présente tel que l'artiste liégeois Jean Del Cour l'aménage en 1697, au sommet d'une fontaine de sa conception. Les
origines du monument primitif sont mal connues. Dès le XIIIème
siècle, c'est au pied de cette colonne de pierre qu'on aurait
rendu justice. Le mot «perron» ne viendrait-il pas du
latin «pietra», signifiant «pierre»? En 1468, le duc de Bourgogne Charles le Téméraire met la ville à sac. Il fait démonter le perron de son socle pour l'emmener à Bruges, où il est exposé comme témoin de l'anéantissement du Pays de Liège. En 1477, Charles le Téméraire est battu avec son armée devant Nancy. L'année suivante, sa fille, Marie de Bourgogne, restitue le perron aux Liégeois. Certains documents anciens (comme cette gravure dont je ne connais pas l'origine) font état, place du Marché, de deux fontaines supplémentaires à celle du perron: Il s'agit de la fontaine de la Tradition, aussi appelée la fontaine des savetresses parce qu'autrefois, les jours de marché, c'était autour d'elle que se regoupaient les vendeurs de vieux souliers. Cet édicule date de 1847. Une des faces comporte un panneau de bronze frappé des armoiries du prince-évêque Joseph-Clément de Bavière et des deux bourgmestres de l'an 1719. Ce panneau provient d'une fontaine antérieure. Les trois autres ont été ajoutés en 1930 et représentent des scènes traditionnelles de la vie populaire liégeoise: le cramignon, les marionnettes et les botteresses.Les botteresses (botresses) formaient une corporation recrutée sur les hauteurs de Montegnée, Grâce-Berleur, Ans, Sainte-Walburge... Venant des terrains maraîchers, elles gagnaient les marchés de la ville pour y vendre le contenu de leur hotte pesante. Celles de Jemeppe étaient spécialisées dans le transport de la viande, qu'elles amenaient place du Marché via Tilleur et Saint-Gilles. Le seul marché qui subsiste au centre-ville, c'est la Batte. La place du Marché ne connaît plus, de nos jours, que les marchés folkloriques organisés lors des fêtes de Wallonie et de Noël. |