Les
deux grands boulevards dont traite cette page, ceux de la Sauvenière
et d'Avroy, étaient jadis des bras de la Meuse, comme en témoigne
cette carte du réseau
hydrographique liégeois, qui montre,
en
bleu clair, les multiples détours du fleuve avant les assèchements
réalisés
au cours du XIXème siècle:
1. La place Saint-Lambert
2. Le boulevard de la Sauvenière
3. La rue du Pont d'Avroy
4. Le boulevard Piercot
5. Le boulevard d'Avroy
6. Les Terrasses
7. Les Guillemins
8. Fragnée
9. La Dérivation
10. L'Ourthe
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1: le boulevard de la Sauvenière. |
Ce bras de la Meuse, insalubre, est définitivement comblé en 1844, pour devenir une agréable promenade agrémentée d'arbres. Le nom de «sauvenière» vient du wallon «sav'nîre», une sablonnière ayant été exploitée autrefois en cet endroit.
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2 : la rue du Pont d'Avroy. |
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3: le boulevard d'Avroy. |
Le mot «Avroy», «Avreû» en dialecte wallon, vient du latin «arboretum» (lieu couvert d'arbres). Jadis, on désignait ainsi la forêt qui couvrait toute la colline de Cointe et descendait jusqu'au fleuve.
La
promenade d'Avroy au début du XIXème siècle: |
Le boulevard d'Avroy en 2003 (le bras de la Meuse a été comblé (1835) et les buildings cachent l'église Saint-Jacques): |
Le parc qui embellit le boulevard à la hauteur du quartier des Terrasses a été aménagé de 1863 à 1880, à l'emplacement de l'ancien bassin de Commerce que l'on peut voir sur ce plan qui présente la situation vers 1860:
1. Le boulevard Piercot
2. Le boulevard d'Avroy
3. Le bassin du Commerce ( comblé et devenu le parc d'Avroy)
4. L'île du Commerce (devenue le quartier des Terrasses)
5. Le pont du Commerce (devenu le pont Albert Ier)
6. La Boverie
| Le
bassin du Commerce vers 1860. C'est Hubert-Guillaume Blonden, directeur des travaux à la ville de Liège, qui suggère de combler ce plan d'eau et ses chenaux d'accès, inadaptés aux besoins des bateliers. |
Le
«square» d'Avroy en 1904. L'étang est une survivance de l'ancien bassin. A l'arrière-plan: le quartier des Terrasses, aménagé sur les terrains de ce qui était l'île du Commerce. |
Au
centre du parc, le Trink-Hall date de 1880. Ce bâtiment de style mauresque,
flanqué de deux coupoles en cuivre, est un lieu de réjouissance
comprenant un café et une salle de billard. C'est là, après
1885, qu'auront lieu des séances de cinématographe.
L'édifice actuel n'a rien de comparable avec son ancêtre, ni
dans son architecture, ni dans sa destination. Depuis 1992, il abrite le musée
d'art différencié du Creahm (CREAtivité Handicap Mental),
association qui œuvre à developper les talents artistiques des
personnes handicapées mentales.
A la fin du XIXème siècle et début du XXème, une fanfare joue, tous les soirs, des airs classiques ou militaires sur le kiosque d'Avroy, pour le plus grand plaisir des mélomanes qui paient 10 centimes la chaise.
Le
kiosque d'Avroy (à gauche) au tout début du XXème siècle:
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4 : l'avenue Rogier. |
Dans le sens Pont d'Avroy-Guillemins, le boulevard garde le nom d'Avroy sur toute sa longueur, mais de l'autre côté du parc, le tronçon qui va des Guillemins aux Terrasses, s'appelle l'avenue Rogier, du nom de l'avocat liégeois qui a participé à la révolution belge de 1830.
| A
gauche des deux photos, la statue dédiée à Charles
Rogier, établie là à l'occasion de l'exposition
internationale de 1905. |