PIERREUSE
LIEGE
Le
quartier de Pierreuse est situé derrière le palais
de justice (1) , au-delà de la tranchée et du
tunnel ferroviaires (2). Outre bien sûr la rue Pierreuse
elle-même (3), il comporte la rue Volière (4),
la rue Fond Saint-Servais (5), au Péri et la cour des
Minimes.
1.
Le palais des princes-évêques et la cathédrale
Saint-Lambert.
2. La zone détruite à la fin du XIXème siècle
lors de l'aménagement de la petite
ceinture ferroviaire.
3. La rue Pierreuse.
4. Le couvent des frères Cellites
(rue Volière).
5. Le Fond Saint-Servais.
6. La rue du Péri.
7. La porte Sainte-Walburge.
8. Les terrains de Favechamps.
9. Le couvent des Jésuites anglais.
SERIE
1: la rue Pierreuse. |
La
rue Pierreuse prend son départ rue du Palais,
derrière le palais de justice. La carte postale
ci-dessous date du début du XXème siècle
(après 1905 puisqu'on y voit, à gauche,
la gare construite pour l'exposition internationale).
La
rue Pierreuse ne commence qu'à la maison marquée
d'une croix. Dans le renfoncement signalé par
la flèche, au n° 66 de la rue du Palais,
il s'agit d'une extension des services judiciaires,
installée dans un bâtiment classé
du XVIIème siècle.
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Ce
bâtiment du XVIIème siècle est l'ancienne
commanderie de l'Ordre Teutonique, chevaliers dont la présence
est attestée dès le XIIIème siècle.
C'est
avec une déclivité de 14% que la rue Pierreuse
gravit la colline qui mène sur
les hauteurs de la Citadelle:
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Il
s'agit d'une des plus anciennes voies de Liège; au début
du VIIIème siècle, déjà, elle constituait
le point de départ du chemin vers Tongres.
Le
terme « Pierreuse » vient sans doute des carrières
ouvertes à cet endroit à la fin du XXème
siècle, à l'époque où Notger, le
premier prince-évêque, a besoin de pierres pour
ériger une muraille autour de la cité.
A
propos de muraille, il existait autrefois, au sommet de la rue,
une porte fortifiée appelée la porte de Sainte-Walburge.
La
porte Sainte-Walburge au début du XVIIème siècle.
Elle a disparu en 1817 lors de la reconstruction de la citadelle
par les Hollandai
Un
peu plus bas, se trouvait la « barrière de Pierreuse
»:
Le
cercle rouge, sur la photo ci-dessus, indique la Ferme de la
Vache, que nous revoyons ci-contre dans le sens de la montée.
Ce
vaste domaine de bâtiments, prés et jardins, est
occupé en 1618 par des Jésuitesses anglaises,
puis en 1644, par des Sépulcrines de même nationalité.
En
1655, la propriété est cédée au
prince-évêque Maximilien-Henri de Bavière,
en vue de l'aménagement de nouvelles fortifications.
L'ensemble
appartient actuellement au CPAS de Liège, qui y développe
un projet de réinsertion sociale par le maraîchage
biologique. Cliquez ICI pour ouvrir, en popup, une galerie de
photos concernant la ferme et les terrains champêtres
de Favechamps.
A
gauche: la rue du Péri (devenue « au Péri
» depuis 1970).
A droite: la rue Volière.
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Le
bas de la rue Pierreuse compte des immeubles datant des XVII
et XVIIIème siècles. Dans le passé, l'endroit
est habité par des notables, et même par des chanoines
du châpitre de la cathédrale Saint-Lambert, toute
proche. En octobre 1520, c'est par la porte Sainte-Walburge
et Pierreuse que Charles Quint fait son entrée à
Liège, invité par le prince-évêque
Erard de la Marck.
C'est
dans la seconde moitié du XIXème siècle,
avec la révolution industrielle, que le quartier devient
populaire. Au début du XXème siècle, petits
commerçants, ouvriers et artisans se partagent la rue.
On en arrive à parler de « plèbe »
ou « basse classe ». Quelques brassines (débits
de boissons), fréquentées aussi par les militaires
de la citadelle, contribuent à rendre les lieux «
mal famés » (étymologiquement: de mauvaise
réputation).
Dans
la seconde moitié du XXème siècle, les loyers
bas attirent les populations immigrées.
Pierreuse, dans sa partie basse en tout cas, prend l'atmosphère
d'un village cosmopolite, où apparaissent toute une série
d'associations pluriculturelles militant en faveur des droits
de l'Homme, condamnant la mondialisation ou réclamant davantage
de logements sociaux...
Au
printemps 2006, on vient d'ouvrir une épicerie «
conviviale » appelée « Chez Dju Dju».
Une société coopérative pour récréer
un commerce de proximité dans un environnement défavorisé.
Quand
on pense que 60 ans plus tôt, de nombreux commerces animaient
la rue: magasins d'alimentation générale, boulangeries,
boucheries, tabacs-cigares-liqueurs, salons de coiffure, librairies...
En 1939, on dénombrait jusqu'à 16 épiceries
!
La
ville essaie de rendre une réputation touristique au quartier.
Au n° 38 de la rue Pierreuse, par exemple, une série
d'escaliers permettent d'accéder aux vestiges du couvent
des Minimes et aux terrasses de l'Ordre Teutonique.
SERIE
2 : la rue Fond Saint-Servais. |
La
rue Fond Saint-Servais longe la tranchée ferroviaire
de la gare du Palais
(photos de juin 2006).
Certains immeubles y témoignent d'un passé aristocratique.
La
rue tient son nom de l'église Saint-Servais, qui aurait
été fondée en 933
par l'évêque Richer (ou Richaire).
Saint
Servais est l'évêque qui évangélise
les Gaules au IVème siècle. On lui attribue la création
de l'évêché de Tongres, qui deviendra, six
siècles plus tard, à la principauté épiscopale
de Liège.
De
l'oratoire roman d'origine, il ne reste que la base de la tour
Depuis
le XIIIème siècle, l'église présente
un aspect gothique, primaire d'abord puis flamboyant dès
la fin du XVIème siècle, après la destruction
d'une partie de l'édifice, provoquée en 1583 par
l'effondrement de la partie supérieure du clocher. Entre
deux fenêtres ogivales de la façade principale,
une statue de l'évêque Richaire, fondateur de l'oratoire
primitif.
En
août 1981, un incendie criminel a fortement endommagé
l'église. Le feu a totalement détruit la toiture,
les vitraux et une partie du mobilier. L'édifice restauré
n'a toujours pas retrouvé une toiture qui lui rendrait
son volume extérieur.
C'est
la mise en service d'une petite ceinture ferroviaire, à
la fin du XIXème siècle, qui isole le quartier Saint-Servais
de la place Saint-Lambert.
Le percement du tunnel sous Pierreuse a débuté en
1873. Les bâtisses que l'on aperçoit sur la droite
de la photo (collections artistiques de l'ULg) ont été
rasées en 1878
La
rue Volière relie la rue Fond Saint-Servais à la
rue Pierreuse et au Péri.
A
cet endroit, au n° 15 de la rue, existait, au XVIème
siècle, une habitation de style Renaissance dont le propriétaire,
un riche notable ayant voyagé en Italie, en avait ramené
la passion d'élever des oiseaux exotiques. D'où
l'appellation « volière ».
Une
autre explication parle plus simplement d'une enseigne qui ornait
la façade au XIIIème siècle.
Dès
le XIVème siècle, les frères cellites s'occupent
à Liège de prendre soin des pestiférés
(en 1346, une épidémie de peste noire frappe la
cité) et d'enterrer les indigents. En 1519, le prince-évêque
Erard de la Marck leur attribue la mission de s'occuper des
« insensés ».
Leur
couvent est établi rue Volière. La chapelle Saint-Roch,
édifiée en 1558, fait partie de l'ensemble monastique.
Elle est connue pour son orgue du XVIIIème siècle.
http://www.chapellesaintroch.org
Saint
Roch (1295-1327) est originaire de Montpellier. Probablement
médecin de formation, il consacre sa vie à combattre
la peste, principalement en Italie.
Sur
l'illustration ci-contre, on le voit montrant sa plaie, lui-même
ayant contracté la maladie.
Fêté
le 16 août, il est prié dans le cas des infections
contagieuses.
Lors
des périodes révolutionnaires de la fin du XVIIIème
siècle, l’hospice est laïcisé; il continuera
ses activités psychiâtriques jusque dans la seconde
moitié du XXème siècle, quand la vétusté
des lieux exigera un déménagement dans de nouvelles
installations (dont l'entrée se trouve désormais
Montagne Sainte-Walburge).
Acquis
par le Fonds du Logement des Familles nombreuses de Wallonie,
le bâtiment de la
« Licorne », vestige de l'ancien couvent, est en cours
de restauration pour devenir un complexe de logements sociaux.
Le
nom « Péri » (qu'on
trouve parfois avec un « y ») partage probablement
son origine avec
« Pierreuse », à cause des carrières
de pierre exploitées jadis dans ces endroits.
Au
départ de Pierreuse, la rue du Péri (baptisée
officiellement « au Péri » depuis 1970) commence
par un escalier puis rejoint le site de la Citadelle.
Le
portail que l'on voit sur la photo ci-contre permet d'accéder
à la cour des Minimes, du nom d'un ordre religieux installé
là dès 1624. Les
Minimes voient leurs biens vendus en 1798, et leur couvent, déjà
pillé, est finalement détruit. La cour qui évoque
leur nom présente aujourd'hui des habitations privées...
dont les jardins sont soutenus par quelques murs anciens ayant
échappé à la destruction.