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Quand on quitte le parc de la Boverie en franchissant le pont Hennebique (ou passerelle Mativa), on arrive quai Mativa, dans le quartier des Vennes. Le pont Hennebique au débutdu XXème siècle.
Ce quai , né en 1857 à la suite des grands travaux de la Dérivation, tire son appellation du pré Mativa, endroit champêtre qui attirait autrefois les promeneurs recherchant la quiétude. Cette appellation très ancienne proviendrait de la contraction des mots wallons « Mathî « et « vå », le « Val de Mathieu » (du nom d'un des propriétaires au Moyen Âge). Au tout début du XXème siècle, le lieu présente toujours un charme bucolique, même s'il devient un quartier résidentiel bourgeois. Cette
rive de la Dérivation s'appelle les Vennes (une « venne
», autrefois, désignait un petit barrage ou une digue).
Il faut dire que l'endroit, autrefois, comptait de nombreux bras de
l'Ourthe dont il fallait régulariser le débit sous peine
d'inondation. Une
« eau » des Vennes
SERIE 2 : l'église et le pont de Fétinne. Il existe une église à Fétinne depuis le XIème siècle. Elle est consacrée à saint Vincent. L'édifice actuel date de 1930; ses principales caractéristiques sont sa structure en béton armé et son dôme cuivré. A cette époque, l'église se trouve au bord d'un bras de l'Ourthe appelé le Fourchu-Fossé. Quelques marches de pierre amènent le promeneur à la barque du passeur, qui, pour quelques centimes, le transporte sur l'autre rive, sur l'Île des Cochons. Ce
bras de l'Outhe, comme d'autres en ces parages, a été
asséché au tout début du XXème siècle.
Le Fourchu-Fossé est devenu le boulevard Emile de Laveleye.
Le biez des Aguesses, ou biez Marcotty, en 1902, peu avant son comblement (l'actuelle rue du Bief). Les « aguesses », en wallon, ce sont des pies. Quant à « Marcotty », il existait jadis, près de l'emplacement de l'actuel centre commercial Belle-Île, un moulin appelé de ce nom, peut-être celui de son propriétaire. Le canal de l'Ourthe presque à sec à la fin du XIXème siècle (dans le fond à gauche: la houillère des Aguesses; à dans le fond à droite, le moulin Marcotty). Le
canal de l'Ourthe en 2007, la passerelle, à l'avant-plan, menant
au centre commercial de Belle-Île. SERIE 4 : les quai Michel Gloesener et Joseph Wauters. Michel Gloesener était un professeur de physique de l'ULg dans la seconde moitié du XIXème siècle; Joseph Wauters, un grand militant socialiste wallon du début du XXème siècle. Les quais qui portent ces noms s'appelaient autrefois le Rivage-en-Pot. Le terme « pot » viendrait de « på » (pal), vu les pieux plantés là autrefois pour consolider la berge. L'appellation « Rivage-en-Pot » subsiste actuellement du côté de Kinkempois, dont les berges à guinguettes, à la fin du XIXème siècle et au début du XXème, accueillaient les familles bourgeoises le jour du repos dominical. Une des guinguettes de Kinkempois célèbre au début du XXème siècle : la« Maison Blanche » (vue du côté de la rue Renory en 1936).
J'ai pris la vue ci-dessous depuis le toit de la Haute École Rennequin Sualem (enseignement supérieur de la ville de Liège), dont je remercie la direction pour son aimable autorisation. En bas à droite de cette photo, on aperçoit le quai Gloesener (1) s'enfoncer sous la jonction pont de Fragnée (2)-pont de Fétinne, pour se prolonger par le pont Gramme (3) qui franchit l'Ourthe vers le quai Mativa (4). Des arbres dissimulent une habitation (5) que les cartes postales anciennes appellent le café de Fétinne, la maison Monnier ou maison de l'éclusier : A la fin du XIXème siècle, là où le quai Glosesener devient le pont Gramme, c'est le confluent du biez des Aguesses et du Fourchu-Fossé, juste avant que celui-ci ne se jette dans la Meuse.
Ce monument, à la jonction entre le pont de Fragnée et le pont de Fétinne, célèbre la mémoire de l'illustre inventeur, à la fin du XIXème siècle, de la dynamo électrique.
Le monument Gramme est l'oeuvre du sculpteur belge Thomas Vinçotte, en collaboration avec l'architecte liégeois Charles Soubre. Il a été inauguré le 7 octobre 1905, dans le cadre de l'Exposition Universelle de Liège. Au centre, posé sur un haut socle, trône le buste en bronze de Zénobe Gramme, qui tient sa dynamo. Une femme (symbole probablement d'une muse inspiratrice ou de la récompenses bien méritée) se tient à côté, ses mains enserrant des palmes glorieuses et des foudres électriques. En bas, les statues en pierre représentent Gramme à 18 ans, quand il exerce son premier métier de menuisier; et à 40 ans, quand il médite sur sa fameuse invention.
Ce pont a été construit de 1902 à 1904 dans le contexte qui a bouleversé le quartier Vennes-Fétinne-Fragnée à la veille de l'Exposition Universelle de Liége de 1905.
Au pied des colonnes aux anges, figurent des allégories réalisées par le sculpteur bruxellois Victor Rousseau. Si le robuste vieillard qui symbolise le « vieux fleuve » ne choque personne, il n'en est pas de même pour la jeune femme représentant le « nouveau fleuve ». En 1905, la nudité féminine soulève... bien des débats ! Le pont de Fragnée est volontairement détruit lors de l'invasion allemande 1940. Il est reconstruit de 1946 à 1948 en respectant les plans originaux. On profite cependant de la circonstance pour en élargir le tablier. Complètement
restauré dès
1992, le pont de Fragnée a été classé
en 1994 comme monument du patrimoine wallon. SERIE 8 : le pont de Fétinne. Le pont de Fétinne, qui enjambe l'Ourthe, se situe dans le prolongement du pont de Fragnée, bâti au-dessus de la Meuse. Tous deux ont été construits en vue de l'Exposition Universelle de Liège de 1905. Le pont de Fétinne (terminé en 1904) a été construit à sec, avant que l'Ourthe ne couledans son lit rectifié .
SERIE 9 : le quartier de Fragnée. L'appellation « Fragnée » dérive probablement du mot « Frênaie », du fait que la rive gauche de la Meuse, à cet endroit, était autrefois une forêt de frênes.La place de Fragnée (ou si vous préférez place du général Leman) et l'avenue de l'Exposition (com-prenez l'avenue Emile Digneffe) datent du tout début du XXème siècle, dans le cadre des aménagements nécessités par l'Exposition Universelle de Liége de 1905. C'est là que les trams déversent les visiteurs en provenance de la gare des Guillemins, elle aussi toute neuve pour la circonstance. La vue ci-dessous présente l'entrée principale de cette illustre exposition. L'esplanade, à l'avant-plan, est l'actuelle place du général Leman. Au-delà des portiques, une large allée (l'actuelle avenue Emile Digneffe) conduit au « nouveau pont » (l'actuel pont de Fragnée), que l'on ne distingue pas sur la photo. La place de Fragnée a été rebaptisée place du général Leman, en 1918, en hommage au commandant en chef de la la place de Liège et de ses forts, lequel s'illustra en 1914 par la résistance qu'il opposa à l'invasion allemande.L'avenue Emile Digneffe porte le nom, depuis 1937, de celui qui fut à l'origine du projet de l'Exposition Universelle de 1905, et qui devint bourgmestre de la ville dans les années 1920. Le quai de Fragnée est devenu le quai de Rome en 1923, en échange avec la municipalité de la capitale italienne qui attribuait l'appellation « Viale Liegi » à l'une des avenues. |