Et l’essence ?
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La
suppression du plomb dans la formule des
carburants
ne date pas d'hier.
En Allemagne, le plombé a disparu en 1997
alors que les motards japonais, thaïlandais et américains en
sont privés depuis vingt ans.
Mais pourquoi la France a-t-elle traîné
les pieds aussi longtemps ?
Tout d'abord pour ménager les intérêts
des pétroliers et des constructeurs. Puis pour laisser au parc des
vieux véhicules le temps de disparaître. Selon le secrétariat
d'Etat à l'Industrie, le marché de l'essence plombée
décroît en moyenne de 10 % par an depuis 1993.
Aujourd'hui, il représenterait 4,5 millions
de tonnes annuelles, soit 31 % des demandes en carburant.
Au 1er janvier, la vente de son substitut devait
à
peine dépasser les 10 %, pour alimenter le
million
de véhicules conçus pour rouler au
plombé.
En 2003, ils ne seront plus que 200 000. Il faut
généralement treize ans pour épuiser un millésime
de véhicules. Mais aucune estimation n'existe pour le parc motos.
Quoiqu'il en soit, pour faire passer la pilule en douceur, un carburant
de substitution sera commercialisé jusqu'en 2003 : le sans plomb
98 additivé de potassium, baptisé "super 98 ARS" (anti-récession
de soupape).
En 2004, le propriétaire d'une vieille marmite
"fabriquera" son carburant à chaque passage à la pompe
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La genèse ardue
d'une essence "propre".
Si aujourd'hui les professionnels de la moto
accordent leur confiance au sans plomb, ils étaient beaucoup plus
réticents au début des années 90. Le sans plomb
présentait alors des qualités très variables. Chaque
pays, voire chaque raffinerie, faisait sa propre tambouille pour remplacer
le plomb.
En 1986, date d'arrivée du sans plomb dans l'Hexagone, nos pétroliers se sont
sérieusement "emmêlés les éprouvettes".
Carburants très corrosifs et communication
uniquement axée sur l'aspect écologique ont suscité
une phobie chez les motocistes et les consommateurs. Au regard des dégâts
mécaniques provoqués, les industriels acceptent de coopérer
avec les constructeurs automobiles.
Dans le milieu du deux-roues, seul Yamaha a été associé à ces études.
Plusieurs reformulations
ont été nécessaires avant que
motocistes et
importateurs recommandent le sans plomb.
Aujourd'hui, ce dernier a pris le dessus au point
que de nombreux échappements, même non catalysés, ne
résistent plus à l'oxyde de plomb.
Pour l'anecdote, rappelons que le plomb avait
été ajouté à l'essence
dans les années 30 pour
augmenter l'indice d'octane. Les machines du début
du siècle, grâce à leur très faible taux de
compression, ne craignent donc pas la disparition
du plombé.
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