11 SEPTEMBRE 1973 - 11 SEPTEMBRE 2003

 

 

Chili,
30 ans
de lutte : Non à l'oubli !

 
 
     
   
DE CAROLINE DU NORD:
RÉFLEXIONS DE L'ÉCRIVAIN CHILIEN ARIEL DORFMAN


Le dernier onze septembre

Par Ariel Dorfman

«El País», 17/09/2001

(Extraits traduits et rediffusés par l'Association des Familles de Détenus Disparus au Chili - Belgique)

«Depuis 28 ans que le mardi 11 septembre est devenu pour moi et pour des millions d'autres êtres humains une date de deuil: le jour où, en 1973, le Chili a perdu sa démocratie dans un putsch militaire, le jour où la mort est entrée d'une façon irrévocable dans nos vies les bouleversant pour toujours. (...) Mais depuis le jour où, horrifié, j'ai vu sur l'écran de mon téléviseur, ici, en Caroline du Nord, ce deuxième avion en train d'impacter avec son feu et sa furie calculée la tour Sud du World Trade Center, la nécessité de comprendre taraude mon esprit. (...) Et j'ai commencé à me rendre compte, progressivement, qu'il y a quelque chose d'horriblement familier, même reconnaissable, dans l'expérience douloureuse qui vivent les Américains. La similitude que j'évoque va au-delà d'une comparaison facile et superficielle comme, par exemple, qu'aussi bien au Chili qu'aux États-Unis la terreur est descendue du ciel pour détruire des symboles des identités nationales.

«(...) Le destin aura-t-il décidé que la première attaque contemporaine à l'essence même des États-Unis ait eu lieu, ni plus ni moins, à la même date qui rappelle le coup militaire que les États-Unis ont alimenté et soutenu contre le Chili? (...) Il m'est difficile de croire qu'il puisse être possible de voir des centaines de proches en train de déambuler dans les rues de New York portant les photos de leurs fils, parents, épouses, amants..., demandant information à propos de leur destin, s'il sont en vie ou s'il ont trouvé la mort..., de voir les États-Unis expérimentant la mort en vie que signifie la disparition, sans certitude ni sépulture, de l'homme, de la femme que nous aimons.

(...) Il reste à savoir si la compassion démontrée à l'égard de la nation la plus tout-puissante de la planète deviendra réciproque, il reste à savoir si les États-Unis –un pays formé, pour une grande partie, par des gens qui ont dû fuir d'énormes catastrophes, famines, dictatures, persécutions–, si les hommes et les femmes de cette nation (...) seront-ils capables de sentir cette même compassion à l'égard d'autres membres abandonnés de notre espèce, si les nouveaux Nord-américains forgés dans la douleur et la résurrection seront-ils disposés à participer dans l'ardu processus de réparation de notre humanité blessée; en créant ensemble un monde dans lequel nous n'aurions jamais plus à regretter un nouveau et terrifiant 11 septembre»(*).

(Lire le texte complet).

Ariel Dorfman est écrivain chilien résident aux États-Unis
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(*) Dégats collatéraux. Aux États-Unis, une grande majorité a très vite répondu négativement au vœux d'Ariel Dorfman: plus de deux État-uniens sur trois se montraient favorables à des représailles militaires contre les responsables des attentats, «même si plusieurs milliers de civils innocents devaient être tués».
Enquête CBS News/New-York Times - 20-23 septembre 2001.

 
     
     
     
     
     
     
     
     
         
 

Liège: Quinzaine de commémoration du 30ème anniversaire du coup d'État militaire au Chili

Une initiative du Rassemblement Liégeois pour la Paix et de la Coordination des Exilés Chiliens de Liège, avec le soutien de la Région Wallonne, de la Communauté Française, de la Province de Liège, de la Ville de Liège et d'une quarantaine d'associations

Mise à jour le 15/11/05

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