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Introduction à l'écriture chinoise. |
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Ecriture sur bronze représentant des animaux (d'après Léon Wieger).
Les dynasties des Qin : la grande normalisation (221 - 207 av. J.-C.).
L'unification de l'empire et un pouvoir central fort rendaient indispensable la normalisation de l'écriture. Les différentes variantes furent éliminées pour ne garder qu'une écriture officielle appelée xiao zhuan ("petit sceau"). Par la suite, l'usage du pinceau se généralisa, ce qui permit l'apparition de nouveaux styles comme le lishu (écriture de traits) et au début de notre ère le kaishu (écriture régulière), le xingshu (écriture cursive) et le caoshu réservé à la calligraphie. De nos jours, le kaishu et le xingshu sont toujours en usage.
Voici un exemple d'évolution du caractère yu signifiant "pluie" :
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GUWEN | écriture sur os ou écailles de tortue |
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DAZHUAN | écriture "grand sceau" |
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XIAOZHUAN | écriture "petit sceau" |
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LISHU | écriture de traits |
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KAISHU | écriture régulière |
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XINGSHU | écriture cursive |
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CAOSHU | écriture de brouillon aussi appelée écriture d'herbes (réservée à la calligraphie) |
Au fil des siècles, les supports et instruments d'écriture ont changé, ce qui a contribué à modifier profondément la forme des caractères. Les principes de base de l'écriture ont cependant peu évolué. Nous allons à présent les étudier.
Les caractères chinois sont composés d'une ou plusieurs unités d'écriture qui à l'origine constituaient des pictogrammes. Ces pictogrammes ont progressivement évolués vers une représentation plus stylisée, mieux adaptée à l'utilisation d'un pinceau. Comme nous venons de le voir, l'écriture chinoise traditionnelle telle qu'elle est en usage de nos jours, existe depuis des siècles. Bien que leur forme ait considérablement changé depuis l'apparition de ce type d'écriture, il est toujours possible, pour certains caractères, de reconnaître le pictogramme originel. Voici quelques exemples de caractères chinois pour lesquels nous pouvons donner l'étymologie graphique :
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L'étymologie graphique constitue un bon moyen pour mémoriser la signification des différentes unités composant les caractères chinois.
Les différentes unités d'écriture peuvent être
combinées afin de produire de nouvelles significations. Reprenons
à nouveau le caractère signifiant "arbre"
.
Si nous ajoutons une petite barre au bas du caractère, nous mettons
en évidence la partie basse qui correspond à la racine de
l'arbre. La nouvelle signification est donc "racine"
.
Si l'unité "arbre" est répétée,
nous obtenons
signifiant "forêt". Si nous la répétons
à nouveau, nous obtenons
signifiant à l'origine "grande forêt" et par la
suite avec l'évolution sémantique, "nombreux"
et "obscure".
Si nous ajoutons ensemble les caractères signifiant "tête"
(écrit
)
et "cur"
,
nous obtenons
signifiant "penser" .
Nous pouvons remarquer que chaque caractère est limité
par un carré invisible d'une taille constante. Si un caractère
est composé de plusieurs unités, celles-ci conservent leur
forme mais sont comprimées de manière à ce que la
taille du caractère ne dépasse pas celle de son carré
idéal. Nous le constatons en reprenant l'exemple des caractères
"arbre", "forêt" et "grande forêt".
Une autre façon d'obtenir une nouvelle signification et qui est
de loin la plus courante, est de combiner deux types d'unités d'écriture
: une unité "radical" et une unité phonétique.
Prenons un petit exemple :
Le caractère suivant
signifie "cheval" et est prononcé "ma 3 "
(le chiffre 3 correspond au type d'accent). Si nous y ajoutons l'unité
"femme"
,
nous obtenons un nouveau mot
prononcé "ma 1"
signifiant "mère". La prononciation est similaire à
celle du mot signifiant cheval mais l'accent est différent. Si
nous ajoutons deux bouches au cheval, nous obtenons
signifiant "insulte" et prononcé cette fois "ma
4"
.
Ainsi les trois caractères ont une prononciation similaire (ma),
excepté pour leur accent. Nous voyons que pour "mère"
et "insulte", le caractère
joue le rôle d'un élément phonétique. L'autre
élément est appelé "radical" et donne certains
indices au sujet de la signification du caractère. ( "femme"
pour "mère" et "bouche"
pour
"insulte").
Le radical est très important parce que c'est la base de la classification
des caractères chinois. Bien qu'un Chinois (ou une Chinoise) puisse
connaître plusieurs milliers de caractères, il y a seulement
214 radicaux différents. Pour les découvrir tous ainsi que
leurs variantes, vous pouvez cliquez
ici.
Pour apprendre les radicaux les plus fréquemment utilisés
en étudiant leur étymologie, vous pouvez cliquez
ici.
Un même radical peut parfois posséder plusieurs formes
graphiques. Ainsi par exemple
,
et
signifient tous les trois "cur" . En fait, ils correspondent
au même radical mais les deux dernières versions représentent
une forme comprimée. Nous pouvons remarquer que le nombre de traits
des trois versions peut varier (respectivement 4, 3 et 4 traits).
| Curiosités linguistiques. Le mot chinois signifiant mère est "ma" comme la première syllabe du mot français ma-man, tandis que le mot chinois signifiant père s'écrit en pinyin "ba" mais en réalité se prononce "pa" comme pa-pa. Enfin le mot "ma" signifiant cheval est peut-être à rapprocher de l'anglais "mare" (jument). On retrouve ce mot en français sous la forme de ma-réchal qui à l'origine voulait dire "serviteur des chevaux". |
Finalement, il est important de dire qu'un caractère chinois représente en lui-même un mot complet. Cependant en général, les mots chinois sont composés de plusieurs caractères. En fait pour un linguiste, un caractère chinois correspond à ce qu'on appelle un "morphème", c'est-à-dire la plus petite unité du langage possédant un sens.
La première étape consiste à identifier le radical.
Dans à peu près 60 % des cas, celui-ci est localisé
sur la gauche du caractère. Dans les autres cas, il peut être
situé n'importe où, au-dessus, en dessous, à droite
ou même à l'intérieur du caractère. Avec un
peu d'entraînement, il devient plus facile de le repérer.
Une fois localisé, il faut compter le nombre de traits qu'il comporte.
Un trait est une ligne dessinée sans que le pinceau quitte la feuille
de papier (voir ci-après : "comment compter le nombre de traits").
Par exemple dans le caractère
,
le radical est
situé à gauche. Son nombre de traits est 4. Les dictionnaires
chinois contiennent en général un tableau reprenant les
différents radicaux classés par nombre croissant de traits
. Dans le cas présent la signification du radical est "jade",
il s'agit d'une forme réduite de
.
Les caractères contenus dans le dictionnaire sont repris dans un deuxième tableau. Ils sont d'abord classés par radicaux et pour un radical donné, ils sont classés par nombre de traits croissants (non-inclus ceux du radical). L'étape suivante consiste donc à compter le nombre de traits hormis ceux du radical. Pour notre caractère, ce nombre est 6. Mon dictionnaire propose 4 caractères possédant ce nombre de traits, parmi lesquels il est maintenant facile d'identifier celui que nous recherchons. Sa prononciation est "zhu" et sa signification est "perle".
Savoir compter le nombre exact de traits est essentiel afin de retrouver un caractère. Comme dit précédemment, un trait est une ligne dessinée sans que le pinceau (ou le crayon) ne quitte la feuille de papier. Cela peut être une ligne droite ou une ligne plus complexe comme un crochet, une courbe, un angle Il peut aussi se réduire à un simple point. Pour dessiner correctement un caractère chinois, certaines règles concernant la direction et l'ordre des traits doivent être respectées. Le non-respect de l'ordre et de la direction produit pour un Chinois l'équivalent d'une faute d'orthographe. Connaître ces règles aident à identifier les traits correctement et ainsi à compter leur nombre exact. Ces règles peuvent être résumée comme suit :
Le caractère suivant (signifiant "éternel") est souvent utilisé pour illustrer les différents types de traits :
Exemple de séquence valide:

Se souvenir du nombre de traits d'unités courantes aide aussi grandement :
1,
3,
2,
1,
4.
La difficulté de mémoriser les caractères chinois
et la volonté de permettre l'accès à l'écriture
pour tous, a amené les autorités communistes chinoises à
réaliser certaines simplifications en 1955. Globalement le nombre
de traits pour certains caractères a été réduit.
Par exemple le caractère
"tortue" devient
,
réduisant le nombre de traits de 16 à 7.
L'écriture simplifiée est utilisée en Chine populaire mais l'écriture traditionnelle reste d'application dans certains pays comme Taiwan, Hong Kong et parmi la diaspora chinoise. Il est donc important de connaître l'origine d'un texte chinois afin de se servir du bon dictionnaire. Certains radicaux ont également été simplifiés.
Si vous souhaitez identifier un caractère chinois particulier et que vous avez bien assimilé les principes exposés sur cette page, alors je vous recommande de télécharger le programme CharDic (en français) disponible sur ce site et qui est entièrement gratuit.