AUTOPORTRAIT
BEN DECHAMPS-Photographe
GALERIE PHOTOS
BEN DECHAMPS - Photographies
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« … troisième attaque en moins de dix jours dans cette région hostile. Le bilan est lourd, on dénombre 15 morts et … »
 
7 heures 30. Ma main droite frappe le réveil-radio. La gauche gratouille mes yeux endormis. Je m’assieds sur mon lit. Je bâille, mes paupières se décollent petit à petit. Mes sens reviennent à eux, un à un. La tête encore baissée, je remarque, entre mes pieds nus, un petit point brillant sur le plancher. Tout rond. Tout mignon. Comme une tache de lumière. Je fixe intensément puis suis lentement du regard le mince faisceau qui s’en échappe. Le rayon mène jusqu’aux rideaux presque entièrement clos de la fenêtre. Un pas suffit pour les ouvrir. Je les ouvre…
 
Il fait splendide ! C’est une de ces journées d’arrière saison où le soleil joue à cache-cache avec tous les trouble-fêtes météorologiques : nuages, crachin, averses. Le front presque collé à la vitre, je balaye ma rue des yeux. Un tourbillon de feuilles mortes part à droite, s’élève, repart à gauche. La vieille dame d’en face et son petit chien trottinent vers l’épicerie du coin. J’y aperçois des cageots bleus remplis de vert, de rouge, de jaune. Un monsieur lève la main pour stopper une grosse camionnette blanche et frayer le passage à une ribambelle d’enfants qui poussent des petits cris stridents. Ils traversent deux par deux, maladroits et patauds. La petite farandole disparaît de mon champ de vision, les petits cris s’étouffent, les feuilles mortes repartent de plus belle, vers le haut, puis retombent. Un volet s’ouvre, laissant apparaître des fleurs brodées dans le verre et le plomb, un magnifique vitrail au dessus duquel un chat passe la tête, il scrute nonchalamment son territoire, regarde passer un homme pressé. L’homme s’engouffre dans une voiture. Cinq secondes plus tard, je vois disparaître le reflet des clignotants oranges. Dans la rigole, à la place laissée vide par la voiture, les pages d’un journal se tournent, en avant, en arrière.
 
Il est 7 heures 32. Je vais me doucher. Je me réjouis d’être dehors. Tant de belles choses m’attendent. Tant de petits détails, ici et là. Mon petit quotidien, différent tous les jours. Aujourd’hui, c’est décidé, j’ouvre grand mes yeux ! Je ne veux rien rater de tout ce qu’il m’est offert de voir, d’apercevoir, d’admirer. Oh, bien sûr, je passerai à côté de mille merveilles mais je tenterai d’en manquer moins qu’hier.
 
Voilà le photographe que je suis. Quelqu’un qui aime la vie par-dessus tout. Un indécrottable optimiste qui voit le côté « nature morte » d’une décharge sauvage, qui décèle la lumière d’espoir lors d’une manifestation contre une guerre en cours, qui pense non pas que demain, il fera beau mais qu’il fait beau aujourd’hui et qu’il suffit d’ouvrir les yeux !


BEN DECHAMPS - Photographe

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