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ESQUISSE
GÉNÉRALE 1.1.
Groupes-cibles L’aide
sociale aux habitants de roulottes dans la Communauté Flamande s’occupe de
trois sous-groupes cibles: les voyageurs, les Manouches et les Romanis. Ces
groupes sont socialement déterminés: on est voyageur, Manouche ou Romani parce
qu’on se nomme ainsi et parce que c’est ainsi qu’on est désigné par les
autres voyageurs, Manouches ou Romanis. Voyageurs Les
gens qui s’appellent "voyageurs" sont des Belges, descendant de
commerçants itinérants et d’artisans. Les voyageurs qui habitent dans des
roulottes se trouvent maintenant sur des terrains communaux. Beaucoup d’entre
eux sont allés habiter dans des maisons, mais pour eux-mêmes comme pour le
groupe, ils restent de vrais voyageurs. En Flandre, tous les voyageurs sont néerlandophones. Manouches Les
Manouches sont la population tzigane qui habite dans nos régions depuis le 15e
siècle. Leur mode de vie (habitat et travail) ressemble très fort à celui des
voyageurs. Les mariages mixtes entre ces deux groupes sont dès lors très fréquents.
Par
contre, ce qui est très typique pour les Manouches est leur langue manouche,
qu’ils parlent à côté du Néerlandais, et le fait qu’ils migrent en
groupes familiaux. Romanis Le
groupe des Romanis est arrivé dans notre pays en vagues successives à partir
du siècle dernier. Leur mode de vie est très nomade, les liens familiaux sont
sacrés et ils parlent toujours leur propre Romanes, avec le Français comme
deuxième langue. Les
femmes préfèrent toujours porter les vêtements traditionnels. C’est une des
raisons pour laquelle le groupe des Romanis se remarque le plus, bien qu’il
soit le plus réduit en nombre. Tziganes
étrangers Les
tziganes de l’Europe de l’Est ne bénéficient pas encore de l’aide
sociale aux habitants de roulottes. La
plupart résident dans des "maisons" dans les grandes agglomérations.
Peu à peu, des contacts individuels se créent entre ce dernier groupe et les
tziganes qui vivent déjà ici, mais cela reste sporadique. En effet, les
tziganes belges ne veulent pas être associés aux tziganes de l’Europe de
l’Est à cause de la réputation délinquante véhiculée par ces derniers. Indépendamment
de ce premier groupe, on rencontre pendant les mois du printemps et de l’été
un second groupe de tziganes étrangers qui proviennent de pays de la Communauté
Européenne et qui sont de passage en Flandre. Ce
groupe consiste en 30 à 150 caravanes et a des liens familiaux ou sociaux avec
les tziganes belges. Domaines
contigus Parmi
les forains de kermesse il y a de nombreuses familles qui se joignent aux
voyageurs, soit pour des raisons familiales, soit par l’intermédiaire des
activités d’hiver. Il y a plusieurs terrains pour roulottes où on trouve des
forains à côté des voyageurs. Bien entendu, il ne s’agit pas ici des
exploitants des grandes attractions. Par
l’intermédiaire des voyageurs qui résident dans des campings, nous entrons
parfois en contact avec les "campeurs permanents". Jusqu’à présent,
nous ne connaissons pas l’effet exercé par ces campeurs sur les voyageurs et
vice versa. Le
“woonwagenwerk” n’exclut pas qu’à l’avenir, ces campeurs se joindront
au groupe actuel de voyageurs et de tziganes. Le groupe est actuellement "suivi"
par le Vlaams Overleg Bewonersbelangen, auquel le “woonwagenwerk” participe
et qui suit de près la situation des campeurs permanents.
Nous
ne connaissons pas avec certitude le nombre exact des voyageurs et des tziganes
en Flandre. En
annexe, le lecteur trouvera un aperçu des roulottes des voyageurs et des
tziganes actuellement connus par le “woonwagenwerk”. Ces
chiffres ne peuvent en aucun cas être employés comme indication de la
population totale. La répartition des voyageurs entre les maisons et les
roulottes est très différente d’une région à l’autre. Dans certaines régions
la moitié habitent dans des maisons et dans certaines autres le pourcentage
s’élève à 80 %. Dans la plupart des régions le pourcentage n’est pas
connu. Le
nombre des Manouches est estimé à 1200 et le nombre des Romanis ayant un
emplacement d’hiver en Flandre à 400. La situation à Bruxelles est encore
totalement inconnue. (1) 1.3.
Spécificité Comme
tous les groupes culturels, les voyageurs et les tziganes aspirent au respect de
leur spécificité. Il est presque impossible de décrire cette spécificité.
En effet, une subculture se modifie suivant l’évolution de la culture
dominante dans laquelle elle s’inscrit. L’exemple
le plus frappant illustrant cette impossibilité est l’idée selon laquelle
les voyageurs habitent dans des roulottes. En réalité, il n’y a que les
tziganes belges qui habitent dans des roulottes; les tziganes de l’Europe de
l’Est habitent presque toujours dans des maisons. Les Tsiganes étrangers
passant la Belgique, bien évidemment, vivent dans des caravanes. La
spécificité commune est à chercher sur le plan culturel. Une des caractéristiques
les plus remarquables est que les voyageurs comme les tziganes se considèrent
comme un peuple indépendant (malgré les déchirements internes, vécus par
tant de peuples) qui vit et se développe à l’intérieur d’une culture
majoritaire environnante sans pour autant y être lié. Avec cette culture
majoritaire, ils entretiennent une relation pragmatique, uniquement destinée à
survivre: échange de services et de marchandise. Cette relation est donc basée
sur une réalité économique. Ceci se reflète dans tout contact entre une
culture bourgeoise et une culture nomade. Il en va de même avec le
“woonwagenwerk”: ils le considèrent d’abord comme un moyen qui les aide
à survivre. L’enseignement, le travail, la santé, les services sociaux,...
ils n’en prennent que ce dont ils ont besoin et dans la mesure où cela trouve
une place dans leur culture. Toujours, ils restent vigilants, de peur que nous
les transformions en "bourgeois". A
l’intérieur de cette généralité, les tziganologues on décrit quelques
traits culturels typiques. En
ce qui concerne les valeurs fondamentales, il y a la valeur d’avoir de la
"chance", la valeur de l’(im)pureté et de la santé. Par ailleurs,
leur attitude fondamentale se caractérise surtout par la flexibilité et
l’importance du hic et nunc. Selon
toute apparence, ces traits culturels se manifestent chez tous les tziganes dans
toute l’Europe (voyageurs, forains, travellers, tinkers, Yenisch...). Cette
universalité est un phénomène qui s’appuie sur une tradition séculaire liée
à une large répartition géographique. Dans
ce cadre, nous aimerions attirer l’attention du lecteur sur le mémoire de
politique à suivre de la ministre Demeester, intitulé "Migrants",
dans lequel elle souligne l’importance d’une politique culturelle pour l’émancipation
des minorités culturelles et ethniques. 1.4.
Vulnérabilité sociale En
tant que nomades économiques, les familles itinérantes tiraient profit de leur
flexibilité et de leur polyvalence professionnelles. Le niveau actuel élevé
de réglementation et de formation leur enlève toute force concurrentielle. La
fonction sociale qu’ils remplissaient dans le passé a aujourd’hui disparu. La
théorie de la vulnérabilité sociale explique comment la société, à travers
ses propres institutions, repousse systématiquement les groupes qui n’obéissent
pas aux normes générales. C’est
surtout l’aspect sanctionnant des institutions sociales qui pose problème. Cette
théorie explique les mécanismes les plus importants de l’exclusion systématique
et croissante d’individus et de groupes. Cette
exclusion se fait sur base de la culture (les valeurs et les normes). Celui qui
appartient à une culture faiblement valorisée (ce qui va souvent de pair avec
un bas niveau économique) entretient moins de liens avec (les personnes
importantes dans) la société. Il existe une loi selon laquelle le risque de développer
un comportement problématique est d’autant plus élevé que le nombre de
liens avec la société reste réduit. Inversément: plus une personne a de
liens avec la société, moins le risque de développer un comportement problématique
sera important. Exemple:
à l’école une enfant n’obéit pas aux normes culturelles de politesse ou
d’emploi langagier. L’institutrice trouve cet enfant moins attractif. Il ne
se crée pas de lien. Le danger est réel que ce scénario ne cesse de se répéter.
Bien
que le problème soit d’ordre social, il peut être expliqué pour chaque
individu en des termes psychologiques, à savoir par le mécanisme de "coping". La
marginalité peut être entendue comme l’expression d’une image de soi négative
ou blessée. Quand
une personne est constamment blessée, elle perd confiance en ses valeurs et ses
aptitudes. Elle se compare aux non-blessés et cette comparaison résulte en une
image de soi négative du point de vue social. Nous appelons cela
l’attribution interne: le fait d’arriver dans une position marginale, je me
le dois à moi-même. J’assume les préjugés des autres. Seulement, chaque être
humain ressent le besoin d’appartenir à un groupe, d’avoir de
l’importance à l’intérieur d’un groupe. (Ceci a été démontré par la
pyramide des besoins de Maslow.) L’homme va donc à la recherche de domaines,
de gens ou de groupes qui puissent le rassurer et le valoriser. Ce
groupe peut être un "peergroup"; en tout cas c’est une groupe de référence
qui apporte une attribution externe (tout est la faute des autres). Ainsi se
forme une anti- culture
qui, selon le cas, prend la forme de la résignation (le quart monde), de la
provocation (le hooliganisme), etc... Les
habitants de roulottes ont apparemment développé une anti-culture, qui est présente
de la naissance jusqu’à la mort et qui n’a donc pas de "début"
individuel. C’est une culture qui, de génération en génération, cultive la
distance par rapport au monde bourgeois. La preuve est que même les enfants de
l’école maternelle conservent cette distance. 1.5.
Émancipation 1.5.1.
Principe Les
activités du “woonwagenwerk” ont pour objectif que les habitants de
roulottes prennent en main l’évolution de la société ensemble avec nous et
en tant que partenaires à part entière. Habitants
de roulottes: voyageurs,
Romanis et Manouches, en tant que population globale, en tant que sous- groupes
et en tant qu’individus. Prennent
en main: ils
ont le droit d’être concernés et d’être impliqués. Ensemble
avec nous: c’est
la conséquence de leur statut de partenaire; nous n’optons donc pas pour le séparatisme. A
part entière: en
respectant leur identité et en encourageant leur autonomie. Partenaires: ici
nous voulons arriver au modèle d’intégration du Commissariat Royal pour les
Migrants. (3) -
En ce qui concerne l’ordre public - comme l’égalité de droits et de
devoirs entre conjoints ou le droit d’avoir le même salaire pour le même
type de travail dans le droit du travail - les différents partenaires de la
société belge doivent s’adapter. Le
“woonwagenwerk” n’aime pas le terme d’ordre public, car il est trop
souvent employé pour justifier l’expulsion des habitants de roulottes de
leurs roulottes. Par contre, le “woonwagenwerk” souscrit à la notion de
l’adaptation aux principes fondamentaux de l’État de droit. -
Concernant les principes sociaux de base qui soutiennent la culture d’un pays
et qui relèvent de la "modernité", de "l’émancipation"
et du "pluralisme total", le Commissariat plaide en faveur de "l’application
conséquente d’une intégration la plus complète possible". -
Concernant le troisième niveau - la religion, les formes familiales et les
autres expressions culturelles - le Commissariat Royal appelle au respect des
diversités culturelles, car celles-ci peuvent mener vers un enrichissement
mutuel. Une
application correcte requiert pour chacun de ces trois domaines: -
la promotion de l’implication structurelle des minorités dans les activités
et les projets du gouvernement; -
une information objective et une amélioration de la communication entre les
différents sous-groupes de la population; -
le renforcement de la lutte contre le racisme et la xénophobie. Société: ce
terme comprend tant l’institution structurelle que la société considérée
du point de vue de la base tout en incluant celle-ci. Évolution: ni
la culture nomade ni la culture de la société environnante ne sont des données
statiques; nous vivons dans une société multiculturelle et nous voulons
contribuer à la développer comme une donnée positive. 1.6.2.
Devoirs Dû
aux insuffisances structurelles et culturelles, il règne un manque de compréhension
entre les deux cultures concernées. Face
à ce manque de compréhension, le “woonwagenwerk” doit remplir une fonction
d’intermédiaire: traduire les messages venant de et allant vers les deux
cultures. Ceci doit se concrétiser en l’assistance dans l’élaboration
d’alternatives, la détermination du meilleur choix et la réalisation de ce
choix correct. Finalement, la fonction d’intermédiaire doit se rendre elle-même
superflue. Grâce
à sa position propre, le “woonwagenwerk” se crée une compétence spécifique:
connaissance et compréhension des cultures bourgeoises et nomades, combinées
à une fonction d’intermédiaire entre les deux cultures. Cette compétence mène
à une responsabilité: prendre les initiatives appropriées. Ces
"devoirs" se situent à deux niveaux: le niveau individuel et le
niveau collectif. Niveau
individuel: stimuler l’autonomie. Le “woonwagenwerk” doit intervenir là où
le besoin se pose. Le but de la formation des habitants de roulottes est de leur
apprendre à tout régler eux-mêmes. Niveau
collectif: concernant le groupe-cible: soutien et stimulation de l’autonomie
sur le plan national, local ou familial, ou encore par sous-groupe. Concernant
la société: créer pour le nomade une place dans la société au niveau des
services publics, des institutions, des organes politiques et de l’opinion
publique. Concrètement, il faut pour cela rendre les services sociaux plus
accessibles et en même temps entamer la lutte contre les mécanismes
discriminatoires dans la société. 1.6.3.
Méthode émancipatrice Si
le but est l’émancipation, la méthode doit également être émancipatrice. Une
méthode ou une technique est émancipatrice lorsque -
elles sont basées sur les besoins des personnes concernées tels que celles-ci
les ressentent; -
elles augmentent le sentiment de confiance en soi chez les membres du
groupe-cible; -
les membres du groupe-cible apprennent (de nouveau) à prendre la parole. La
méthode ne serait pas émancipatrice si le “woonwagenwerk” réfléchissait
et prenait des décisions à la place des habitants de roulottes.
POLITIQUE
DU LOGEMENT 2.1.
Problématique 2.1.1.
Mode de logement Le
mode de logement nomade est étroitement lié au mode de vie économique et
sociale de l’habitant de roulotte. La roulotte et, plus tard, la caravane étaient
la façon d’habiter la plus adéquate. L’habitation à évolué avec le mode
de vie. En ce moment les habitants de roulottes se rendent compte que leurs métiers
traditionnels ne sont presque plus rentables, mais il leur manque une formation
suffisante pour pouvoir explorer d’autres métiers. C’est précisément dans
cette phase de transition qu’une habitation adaptée peut garantir une
certaine sécurité et jouer un rôle important dans le processus d’adaptation.
Entre autres, l’habitation est une des caractéristiques extérieures à
travers lesquelles les habitants de roulottes attestent leur identité. Des
interventions dans le mode de logement, sans tenir compte du contexte dans
lequel vivent les habitants de roulottes, peuvent perturber ce processus de façon
dramatique. 2.1.2.
Terrains résidentiels En
Flandre, il y a 27 terrains résidentiels communaux pour roulottes. L’aménagement
de ces terrains est souvent insuffisant. Les communes n’ont pas l’habitude
de gérer des terrains pour roulottes de façon adaptée et correcte. Les
terrains résidentiels hébergent 37 % de la population nomade flamande habitant
dans des caravanes. Un nombre croissant de terrains résidentiels communaux ont
des problèmes de surpopulation. Les familles nomades qui ne peuvent pas
s’installer sur le terrain résidentiel communal vont s’installer sur un
terrain qui leur appartient ou qu’ils tiennent en location, le plus souvent
sans pouvoir disposer de licence d’urbanisme. Un nombre limité de familles
nomades errent un peu partout; beaucoup d’entre eux se voient obligés
d’aller habiter dans des maisons. 2.1.3.
Les passants En
Flandre il n’y a pas de terrains pour passants, et les communes ne sont plus
disposées à faire les arrangements nécessaires pour permettre aux tziganes un
séjour temporaire. En même temps, il apparaît qu’un nombre croissant de
tziganes étrangers réside temporairement en Belgique. 2.1.4.
Urbanisme Du
point de vue urbaniste, la roulotte est considérée comme une curiosité qui
n’entre dans aucun cadre. On n’accorde presque jamais d’autorisation pour
mettre une caravane sur des terrains individuels, particuliers. Les demandes préliminaires
sont toujours refusées; seules les demandes de régularisation ont une chance,
si le conseil communal s’y met en même temps, mais la plupart du temps elles
sont refusées également, étant "non conformes aux règles de
construction d’habitations". 2.5.1.
Un nouveau problème de logement Un
certain nombre de "civils", de gens qui habitaient dans une maison, réside
également dans des caravanes, le plus souvent sur des terrains de camping. Il
s’agit souvent de familles faibles du point de vue financier, qui ne trouvent
pas de maison payable. La solution du problème de logement de ce groupe-ci
interfère avec celle du problème des habitants de roulottes. 2.2.
Politique du logement: mesures politiques Le
29 juin 1983 la Communauté Flamande a établi un règlement de subvention
mettant à la disposition des communes une subvention de 60 % lors de
l’acquisition, l’aménagement ou l’élargissement d’un terrain pour
roulottes. Le
28 février 1990 et puis de nouveau le 23 octobre 1991 la participation dans les
frais a été augmentée jusqu’à 90 %. Cette augmentation est valable à
partir du 1 janvier 1994 et pour une durée indéterminée. Le
budget pour ces subventions s’élève à presque 40 000 000 FB par an. Pour
l’acquisition ou l’élargissement les communes reçoivent une subvention à
condition que le terrain soit situé dans un environnement sain et à proximité
des transports en commun et des services culturels et éducatifs. Il faut un
emplacement d’au minimum 100 m² par roulotte et le terrain doit mesurer entre
10 et 500 ares. Il faut en plus que le terrain serve uniquement pour le logement
dans des roulottes et qu’il soit facilement accessible. Pour pouvoir disposer
d’une subvention supplémentaire pour l’aménagement du terrain, il faut que
le terrain puisse être pourvu d’un certain nombre d’équipements collectifs. Tous
les emplacements ne disposent pas d’un pareil confort. Voir à ce sujet le
tableau 2. Au
niveau national le “woonwagenwerk” dispose d’un cadre pour accompagner les
institutions privées et publiques, les individus ou les groupes qui
s’occupent de l’adaptation du mode de vie mobile des habitants de roulottes. 2.3.
Politique du logement: options 2.3.1.
Perspectives Dans
le futur proche nous serons confrontés aux besoins suivants: 1.
L’aménagement de terrains résidentiels dans des communes où résident des
groupes assez grands d’habitants de roulottes et où il n’y a pas encore de
terrain pour roulottes (Aalst, Herentals & St.-Truiden). 2.
L’aménagement de nouveaux terrains résidentiels pour les familles qui se
trouvent maintenant sur des emplacements illégaux. Si nous y ajoutons le nombre
de familles qui n’ont pas d’emplacement, il s’agit au total de 106
familles menacées, dont la plupart se trouvent dans les environs de Bruxelles. 3.
L’aménagement de nouveaux terrains résidentiels pour faire face à
l’accroissement de la population nomade. En
ce moment il manque 625 emplacements légaux pour une population totale de 980
familles. En l’an 2000 la population totale comprendra 1090 familles, sans
tenir compte encore du nombre de familles qui voudraient déménager de leurs
maisons vers des roulottes. Ainsi le manque actuel de 625 emplacements évoluera
pour l’an 2000 vers un manque d’au minimum 735 emplacements légaux, répartis
sur toute la Flandre et Bruxelles. 4.
La rénovation des terrains résidentiels existants. 5.
La bonne gestion des terrains résidentiels existants. 6.
Le développement d’un réseau de terrains de transit (e.a. par une système
de contrat entre les communes et les habitants de roulottes) et d’emplacements
pour passants. 7.
Des solutions temporaires pour le manque actuel d’emplacements. 8.
Pour les passants, les provinces doivent indiquer au minimum un terrain de
transit par arrondissement, en accord avec les communes et les intercommunales
concernées. En commun accord avec les communes de plus de 50 000 habitants, les
provinces élaborent un réseau de terrains de transit en collaboration avec le
“woonwagenwerk”. 2.3.2.
Mesures à prendre 2.3.2.1.
Équipements Aux
729 familles qui demandent une solution pour l’an 2000, on pourrait offrir les
possibilités suivantes: 1.
Accorder un permis de construire pour pouvoir mettre des roulottes sur des
terrains à bâtir. Il
est nécessaire que le ministre de l’Aménagement du Territoire, en accord
avec les instances concernées, rédige un certain nombre de critères
permettant de déterminer où et quand les permis de bâtir pour caravanes
peuvent être accordés. 2.
La mise en vente des terrains à bâtir (individuellement ou collectivement) où
on peut stationner une ou plusieurs roulottes. Les formules spécifiques, comme
par exemple le droit de superficie, doivent être examinées. 3.
Offrir l’utilisation d’emplacements aménagés, par le développement et la
gestion de terrains pour roulottes. 4.
Prévoir une structure mixte qui tient le milieu entre le logement social et les
emplacements pour roulottes. 2.3.2.2.
Répartition géographique Une
piste de réflexion dans la réalisation de terrains pour roulottes est qu’on
pourrait répartir ces terrains sur les communes ayant plus de 20 000 habitants.
En général, ce sont précisément ces communes-là qui attirent le plus
d’habitants de roulottes, dans le passé comme actuellement. 2.3.2.3.
Stratégie Le
“woonwagenwerk” propose la constitution d’un comité interdépartemental
à partir des différents départements ministériels et des instances concernées.
Ce comité doit alors rédiger un mémoire de politique à suivre concernant le
développement d’un cadre à l’intérieur duquel on peut évoluer vers une
solution du problème du logement et établir les instruments nécessaires à la
réalisation de celle-ci. Le
“woonwagenwerk” opte pour la création d’un service avec un conseil
d’administration, à l’exemple des sociétés immobilières sociales et de
préférence au sein même de la Vlaamse Huisvestingsmaatschappij, qui
s’occuperait alors de l’aménagement et de la gestion des terrains pour
roulottes. A cet effet, le service doit disposer de personnel compétent (du
point de vue technique, administratif, juridique et connaissance du groupe-cible
et de la problématique) et de moyens financiers suffisants. Le
problème du logement des tziganes et des groupes de population comparables doit
être intégré dans la politique du logement nationale, provinciale et locale.
Étant donné les grandes différences entre les voyageurs et les tziganes
d’une part et ce groupe-ci et les campeurs permanents d’autre part, on ne
peut pas agir de la même façon pour tout le monde. Il faut bien délimiter les
groupes-cibles. Le “woonwagenwerk” sera toujours attentif à cet aspect dans
les organes de concertation à l’intérieur et autour des associations comme
VICA et le Vlaams Overleg Bewonersbelangen. 2.3.2.4.
Financement Le
financement des aménagements nécessaires pour répondre aux besoins de
logement de la population nomade comporte les postes suivants: -
financement de l’acquisition de terrains -
financement d’équipements collectifs (infrastructure routière, réseaux d’égouts,
eau, électricité, gaz, télédistribution, téléphone) -
financement des blocs sanitaires -
financement du logement social -
financement de la gestion et de la surveillance L’apport
des habitants de roulottes eux-mêmes peut être substantiel, e.a. grâce à la
vente ou la location-vente des emplacements. Dans certains cas, on ne pourra
donc parler que de préfinancement ou de financement partiel. Si
un tiers des 735 emplacements nécessaires sont des emplacements aménagés
tenus en location, cela signifierait un poste de 53 mio FB par an sur une période
de 5 ans. Pour l’acquisition des terrains, les frais s’élèveront
probablement à 8 mio FB par an. Si
un tiers des emplacements peut être viabilisé et vendu, en maintenant les équipements
collectifs à charge du gouvernement, cela signifierait une dépense de 17 mio
FB par an. Un
tiers des emplacements devrait être financé par les personnes concernées, à
condition d’un préfinancement pour la viabilisation des lotissements. Cela
signifierait une dépense unique et récupérable de 17 mio FB. Il
faudrait embaucher une dizaine de personnes pour l’organisation de l’aménagement,
pour la gestion, la surveillance et l’entretien des emplacements, soit l’équivalent
de 15 mio FB par an. Les revenus des emplacements en location peuvent couvrir
une partie des frais d’entretien. Au
bout de cinq ans, on aura de cette façon comblé le manque et le nombre
d’emplacements supplémentaires à réaliser se limiterait à une trentaine
par an. Étant
donné que le budget actuel de la Communauté Flamande est environ 20 mio FB par
an, une augmentation importante est nécessaire. La population nomade appartient
de toute façon pour la plupart au public-cible du logement social. Les
habitations sociales classiques seraient de toute façon plus chères que les
emplacements aménagés.
AIDE
SOCIALE ET SERVICES SOCIAUX La
grande majorité dépend d’un revenu de remplacement: CPAS:
13.1 % Chômage:
11.5 % Pension:
9.1 % Invalide/malade:
8.5 % Autre:
3.5 % A
cela s’ajoutent encore 28.1 % qui n’ont ni profession ni revenu. Il s’agit
presque toujours de femmes. (2) 3.1.
Problématique 3.1.1.
Situation financière Comme
on a vu plus haut, les professions nomades traditionnelles n’ont plus aucune
importance économique dans notre société. En outre, il manque la tradition
scolaire nécessaire pour remplir ce vide par le biais des formations existantes.
Cela a mené à la situation suivante: seulement un quart de la population
nomade adulte a un revenu d’activités professionnelles. 3.2.1.
Administration sociale Étant
donné que les voyageurs et les tziganes vivent la société comme une séparation
nette entre nous (les voyageurs) et eux (les "bourgeois"), il est évident
que les institutions sociales ne les attirent pas du tout. Ils s’adressent
uniquement à elles pour obtenir un revenu de remplacement, mais l’attitude
contrôlant et paternaliste des services et de leurs fonctionnaires fait perdre
tout courage à ceux qui demandent de l’aide. L’analphabétisme
répandu ainsi que le fait qu’ils n’ont pas l’habitude des formulaires
compliqués, des procédures et des règlements ne facilitent pas non plus la
situation. 3.2.
Aide sociale et services sociaux: options Le
“woonwagenwerk” reste convaincu que la population nomade doit pouvoir être
aidée par les services sociaux réguliers. Les
services sociaux constituent la base de toute aide sociale aux habitants de
roulottes. Tout
ce qui concerne le travail, l’enseignement, la culture, la santé, etc... ne
peut être abordé que par l’assistant social local, qui s’occupe des soucis
quotidiens de personnes et de familles individuelles. Ainsi, ces personnes ont
la possibilité de se concentrer sur les étapes ultérieures de leur émancipation.
La position ainsi acquise par l’assistant social peut alors servir de
plate-forme pour les initiatives ultérieures. Dans le chapitre consacré à la
recherche scientifique on parlera dès lors toujours de recherche active. Le
“woonwagenwerk” veillera toujours à ce que les revenus de remplacement et
les services sociaux soient suffisamment accessibles à notre groupe-cible.
C’est la seule certitude vitale sur laquelle ils peuvent compter pour le
moment. Le
“woonwagenwerk” se charge de la négociation en cas de "court-circuit",
et cela à partir de l’attitude fondamentale qui consiste à "choisir
pour les gens". Dans ces cas-là, beaucoup de seuils doivent être franchis,
tant par l’assistant social que par son client. L’aide sociale aux habitants
de roulottes est donc un travail très intensif, du moins si on veut obtenir
quelques résultats. Pour
cette raison, le “woonwagenwerk” continuera à veiller très attentivement
à ce que son public- cible
reste en ordre par rapport aux réglementations pourvoyant au revenu de
remplacement, s’il n’y a pas de revenu professionnel. Le terme "actif"
signifie que le “woonwagenwerk” ne désire pas fonctionner comme un "guichet"
qui travaille à la demande du client. Au contraire, nous indiquerons toujours
quelles sont les possibilités et nous ferons le suivi de leur utilisation
effective. Le
“woonwagenwerk” se rend parfaitement compte qu’un filet de sécurité ne
doit jamais être utilisé systématiquement. Ce point de vue sera illustré
dans les points d’action qui vont suivre, plus particulièrement dans les
point sur l’enseignement et le travail. Le
terme "actif" signifie également que le “woonwagenwerk”
s’engage à introduire les assistants sociaux des services réguliers dans la
spécificité de la population nomade. A
côté de la constitution d’un cadre pour les travailleurs sociaux
professionnels et volontaires de l’aide sociale aux habitants de roulottes, le
“woonwagenwerk” s’occupera de la formation (supplémentaire) des services
qui entrent en contact direct avec les voyageurs et les tziganes: la police, les
centres P.M.S., les fonctionnaires, les assistants sociaux,... A cet effet, nous
serrerons les liens avec l’Association Flamande des Villes et des Communes et
avec les Instituts de Formation Provinciaux. Une
politique intentionnelle de publication doit rendre accessible à tous les intéressés
les convictions et les expériences du “woonwagenwerk”. Dans
ce cadre la restructuration de l’aide sociale générale mérite une mention
spéciale. En maniant de façon trop absolue la "porte d’entrée unique",
le seuil sera trop difficile à franchir pour certains segments de la société,
notamment pour ceux qui ont le plus besoin d’aide sociale. Pour permettre à
ces groupes de franchir le seuil quand- même,
une fonction d’intermédiaire catégorielle est instaurée. On
se dévouera à faire en sorte que les communes faisant des efforts particuliers
pour faire construire des terrains pour roulottes sur leur territoire puissent bénéficier
- au moins temporairement - d’une subvention supplémentaire de la Communauté
Flamande, par analogie avec e.a. les réfugiés politiques. Dans ce cadre un rôle
est réservé au Fonds Spécial pour l’Aide Sociale. Nous
soutiendrons également que les allocations familiales pour l’enfant puissent
être versées à l’éducateur (-trice). Ceci est une compétence fédérale
et elle sera mise en oeuvre en collaboration avec d’autres organisations.
ENSEIGNEMENT Nous
voudrions parvenir à ce que tous les enfants résidant en Flandre (de façon
permanente ou temporaire) bénéficient d’un enseignement adapté à leurs
capacités et à leur perception du monde. 4.1.
Problématique Bien
que la participation à l’enseignement des enfants des roulottes augmente, les
résultats laissent toujours à désirer. Les
causes sont à regrouper en trois catégories. 4.1.1.
Seuils socioculturels La
plupart des parents n’ont pas d’expérience scolaire (ou seulement une expérience
négative). Ils ne pourront donc apporter aucun soutien dans la lourde tâche de
leur enfant. La
scolarité obligatoire est surtout une "obligation"; il y a peu de
motivation intrinsèque. Le
milieu scolaire est radicalement opposé au milieu domestique: la structure de
l’espace et du temps, l’approche collective et l’esprit de compétition... Les
enfants des tziganes sont confrontés à un problème linguistique majeur: leur
langue maternelle est le Manouche ou le Romanes, comme 2e langue les Manouches
parlent le Néerlandais et les Romanis le Français. Pour ce dernier groupe, le
Néerlandais est donc déjà la troisième langue. Également les enfants de
voyageurs sont toujours retardés par rapport à la richesse linguistique
requise pour pouvoir suivre la première primaire. Les
enfants des Romanis grandissent dans une culture non occidentale. A l’école
cela mène à un problème d’intégration spécifique, tant du point de vue de
la culture des Romanis que du point de vue de la culture bourgeoise qui n’aime
pas que ces enfants viennent à "leur" école. 4.1.2.
Seuils psychopédagogiques Sur
le terrain pour roulottes, les enfants s’entraînent à d’autres habiletés
que celles qui sont requises à l’école. Ils ont un faible niveau de
concentration, accordent trop d’importance au résultat immédiat; leur
perception est peu orientée et leur motricité grossière est plus développée
que leur motricité fine. Étant
donné que chez eux, réfléchir et agir sont indissociables, ils ont des
difficultés à séparer les processus théoriques et pratiques. 4.1.3.
Continuité Tous
les enfants ne vont pas à l’école maternelle. Pour les enfants des tziganes,
le seuil est très difficile à franchir. En première primaire, les enfants démarrent
avec les handicaps qu’on vient de mentionner. Ce retard ne peut se rattraper
en classe, de sorte qu’il va plutôt s’accumuler (doubler, sécher les
cours, avoir des drop-out)... La
mobilité continue à interférer avec l’école. Également les voyageurs et
les Manouches qui ont un emplacement fixe doivent parfois partir pour des
raisons familiales ou professionnelles. Le groupe des Romanis, qui est très
mobile, constitue un véritable défi pour notre système d’enseignement:
comment l’organiser pour que eux puissent s’y retrouver? 4.2.
Enseignement: mesures politiques Pour
le moment, trois projets sont en cours pour des enfants de Romanis: Molenbeek,
Mortsel et Holsbeek. A
Molenbeek-St.-Jean l’initiative a démarré en 1986. En 1987 a été fondée
l’a.s.b.l. Intégration des Romanis qui se charge de l’encadrement scolaire.
Les enfants des Romanis y sont intégrés dans les classes régulières à
partir de 94-95. Il s’agit ici d’une école communale néerlandophone
accueillant une trentaine de nationalités. Elle ne s’appelle pas pour rien
l’École Arc-en-Ciel. Chaque année scolaire, une cinquantaine d’élèves
s’inscrivent, dont environ la moitié sont réellement présents.
L’encadrement supplémentaire est financé grâce à la politique de priorité
aux migrants dans l’enseignement et au soutien de la commune et d’instances
particulières et publiques. Les frais du transport à l’école des enfants
des Romanis sont partiellement pris en charge par une subvention du
“woonwagenwerk” qui s’élève à 200 000 FB par an. Cette subvention est
liée à une évaluation annuelle sur le plan du contenu et des finances. L’école
primaire libre de Holsbeek (qui a démarré en 1993) et l’école communale
Lieven Gevaert de Mortsel (qui a démarré en 1989) ont été retenues pour un
projet du Département de l’Enseignement, orienté vers l’intégration dans
l’école primaire des enfants des Romanis. Chacune des deux écoles reçoit
deux enseignants supplémentaires ainsi qu’un budget supplémentaire de 100
000 FB (provisoirement limité aux années 93-94 et 94-95). Cela permet de
travailler la socialisation scolaire (chez les nouveaux venus) et de réaliser
les débuts d’un enseignement pour "avancés". A Mortsel on a déjà
fait quelques expériences avec l’intégration des enfants tziganes dans
certaines leçons des classes régulières. Pour
les enfants des voyageurs, un projet analogue est en cours dans l’école d’état
De Beckelère à As. Les enseignants supplémentaires adoptent ici davantage le
rôle de professeurs mobiles qui soutiennent les professeurs réguliers des
classes maternelles et primaires. Pour
la coordination de ces écoles à projet, le “woonwagenwerk” dispose d’un
contrat avec le Département d’Enseignement, qui subventionne les frais de
fonctionnement et de personnel pour le poste de coordinateur à temps plein. Le
coordinateur a également un mandat consultatif vis-à-vis des écoles autres
que celles qu’on vient de nommer. A
l’intérieur des fonds VFIK de Genk (démarré en février 1993), de
Maasmechelen et de Hasselt (qui ont démarré ensemble en novembre 1991), un
contrat a été signé avec le “woonwagenwerk” pour réaliser un service
socio-éducatif pour les enfants des roulottes. Cela a résulté en la
subvention des frais de fonctionnement et de personnel de deux pédagogues. Leur
devoir est d’établir la connexion entre les enfants et les parents, l’école
ou le service P.M.S. Ceci répond parfaitement aux besoins du public-cible, qui
est réparti sur un très grand nombre d’écoles. Les
autres travailleurs de terrain considèrent la problématique scolaire comme une
des priorités absolues. Ils soutiennent les écoles qui désirent accueillir
des enfants des roulottes, aident à trouver les écoles motivées, font le
suivi des demandes de bourses d’études et informent les collaborateurs des
services P.M.S. au début de chaque année scolaire... 4.3.
Enseignement: options 4.3.1.
Adapté aux enfants En
vue d’offrir aux enfants des loisirs plus sains et de maintenir les contacts
entre les enfants, leurs parents et l’aide sociale aux habitants de roulottes,
le “woonwagenwerk” organise une récréation en plein air. L’expérience
montre que l’élaboration séparée d’un pareil service est une excellente
façon d’introduire l’idée à l’intérieur du groupe-cible. Le
“woonwagenwerk” a dès lors voulu être reconnu comme espace récréatif. Le
but final est d’orienter les enfants vers les espaces récréatifs existants. Pour
les enfants et les parents qui le désirent, nos volontaires offrent le plus
d’assistance possible pour aider à faire les devoirs des enfants. Ceci est également
un moyen de découvrir les problèmes d’apprentissage et de les signaler à
l’école. Étant
donné qu’il existe déjà plusieurs autre projets (cfr. ci-dessus) stimulant
l’enfant des roulottes, nous voulons surtout offrir des programmes complémentaires.
Les programmes "Instapje" (0 à 2 ans) et "Opstapje" (2 à 4
ans), développés aux Pays-Bas, offrent aux enfants beaucoup de possibilités
supplémentaires de s’épanouir et aux parents la possibilité de s’entraîner
à stimuler leur enfant. Dans ces programmes les mères du groupe-cible jouent
elles-mêmes un rôle central: grâce à une formation et un statut d’emploi,
certaines d’entre elles deviennent elles-mêmes les éducatrices des autres.
Cette façon de travailler est surtout suivie pour les enfants de 0 à 2 ans.
Pour les enfants plus âgés, des maîtresses d’école maternelle détachées
sont formées et assistées par le “woonwagenwerk” afin de pouvoir continuer
le travail. Adolescents Pour
les adolescents de l’enseignement secondaire, il n’y a pas d’accueil. Pour
le moment nous n’avons pas les moyens d’y remédier. A l’avenir le
“woonwagenwerk” développera à ce propos une vision, pour la présenter
ensuite aux instances responsables. Ceci est d’autant plus urgent que les
jeunes se montrent de plus en plus motivés pour aller à l’école secondaire. Étant
donné les problèmes qui se posent lors de la transition de l’école primaire
à l’école secondaire, les enfants des roulottes devraient pouvoir disposer
dans l’enseignement secondaire du "droit d’asile" auprès d’un(e)
professeur de contact. Ceci est un instrument très valable dans le cadre de la
création de liens sociaux indispensables (cfr. 1.4. Vulnérabilité sociale). On
doit également créer la possibilité d’offrir aux jeunes qui sèchent régulièrement
les cours une formation professionnelle hors de l’école. Ainsi on reste très
proche de la culture nomade et on éviterait sans doute beaucoup d’exclusion
sociale. 4.3.2.
Adapté aux parents Le
transport à l’école, notamment des enfants des Romanis peut entraîner des
frais supplémentaires dont il faut tenir compte. La provision actuelle de 200
000 FB par an et par projet pourrait être insuffisante à l’avenir: en effet,
des problèmes supplémentaires de transport peuvent surgir, par exemple dans la
région d’Anvers. Le
programmes de stimulation déjà mentionnés sous 4.3.1. constituent aussi pour
les parents une formation adaptée et importante, à condition que les
techniques leur soient apprises de façon émancipatrice. Le fait d’atteindre
deux groupes-cibles en même temps fait encore gagner de l’importance à ce
type de programmes. Les
assistants sociaux de l’aide sociale aux habitants de roulottes tiennent
toujours à coeur leur fonction d’intermédiaire entre parent et école. Individuel En
étant ouverts aux problèmes socio-administratifs des parents, les assistants
sociaux créent pour les parents l’espace nécessaire pour pouvoir s’occuper
des questions qui dépassent le besoin de survivre. Comme on a déjà dit plus
haut, cela reste une partie constitutive du travail d’assistance scolaire. Les
remarques faites par les parents au sujet d’un enfant ou d’une école seront
toujours traitées. Nous jouons avant tout un rôle conciliateur, toujours dans
l’intention d’apprendre aux deux partenaires à résoudre leurs problèmes
ensemble. Collectif Afin
de pouvoir traiter certains aspects (enseignement, éducation générale, hygiène,...)
de façon collective, le “woonwagenwerk” développe un service
socio-culturel (là où le personnel est disponible) qui met l’accent sur la
collectivité: excursion élargissant les horizons, conférences sur des sujets
à intérêt global, organisation de pèlerinage. Une collaboration ad hoc avec
les différents partenaires socio-culturels devrait permettre l’organisation
optimale de ces activités collectives. Une formation interne destinée aux
assistants sociaux du “woonwagenwerk” est également prévue, pour créer
une compétence à ce sujet également à l’intérieur de l’organisation.
Nous pensons ici d’abord à la création de "groupes-mères". La thématique
autour de laquelle il faut travailler et la façon de le faire prennent forme en
cours de route sur base des expériences vécues. 4.3.3.
Adapté à l’école Les
projets en cours actuellement (dans les 3 écoles) doivent être prolongés et
étendus. De plus en plus de familles tziganes désirent que leurs enfants
aillent à l’école. Malheureusement, ce sont maintenant les écoles qui ne
semblent pas assez motivées pour offrir une éducation à ces enfants. Pour
le groupe des Romanis, qui n’a pas du tout d’expérience scolaire, les
classes de transition vers la première primaire sont une nécessité absolue. On
ne peut pas encore décider définitivement de la façon dont elles doivent être
organisées, étant donné le peu d’expérience dans les projets actuels (qui
sont en cours depuis seulement deux ans). Ce
qu’on a déjà pu constater est que -
les enfants des voyageurs ont besoin d’assistance supplémentaire en classe et
que les enfants des Romanis ont besoins de classes de transition séparées, à
cause de la langue et de la faible socialisation scolaire; -
les services d’aide sociale aux habitants de roulottes doivent être consultés
lors de la sélection des professeurs à projet. L’école
Arc-en-Ciel de Molenbeek doit pleinement participer à ces développements. Dans
la formation (supplémentaire) des enseignants de l’école primaire ou
secondaire et des collaborateurs des centres P.M.S, le thème des enfants des
roulottes doit être pris en compte. A
cet effet, le “woonwagenwerk” prendra contact avec les écoles normales en
vue d’y organiser des cours de professeurs invités et avec les instances de
formation supplémentaire pour organiser des sessions régulières
d’information. On accordera une attention particulière aux expériences
positives avec le NT2, l’Enseignement Interculturel, l’Enseignement dans la
Langue et la Culture Propres, l’enseignement orienté sur l’expérience
pratique, l’enseignement associé aux soins intégraux et spécifiquement pour
notre groupe-cible: l’enseignement à distance. En effet, le
“woonwagenwerk” voudrait élaborer un système efficace pour suivre les
enfants et les adolescents ayant une vie nomade en combinant l’enseignement en
classe et l’enseignement à distance, de façon telle que les enfants en
tirent un profit maximum. D’ailleurs, le “woonwagenwerk” ne voit pas
d’obstacle à rompre le système classique des années scolaires. A
cet effet, le “woonwagenwerk” collaborera avec les partenaires et les
services qui suivent d’autres minorités, notamment les enfants des cirques et
des kermesses et les enfants des bateliers. Le
professeur servant de personne de contact dans l’enseignement secondaire, tel
qu’il a été décrit sous 4.3.1., doit avoir l’autorité de signaler les
manquements structurels de l’école auprès de la direction et des collègues.
Il n’y pas que notre groupe-cible qui doit s’adapter.
TRAVAIL 5.1.
Problématique La
structure professionnelle de la population nomade montre la situation suivante:
(2) Indépendants:
16.6 % Salariés:
9.3 % Sans
profession (et sans revenu): 28.1 % Revenu
de remplacement: 46.1 % En
considérant que les indépendants sont la plupart du temps actifs dans le
secteur des voitures d’occasion et dans le recyclage de ferraille et que 20 %
des salariés travaillent par l’intermédiaire d’un bureau d’intérim, il
est clair que la position économique de l’habitant de roulotte est déplorable. Les
professions traditionnelles nomades sont de moins en moins importantes sur le
plan économique. Nous pensons aux rémouleurs, aux marchands de ferraille, aux
rempailleurs et aux colporteurs, etc... Étant donné que les voyageurs et les
tziganes sont fondamentalement orientés vers un travail flexible et indépendant,
une alternative n’est pas facile à donner. Travailler
en tant que salarié est presque impossible et en plus, cela n’appartient pas
du tout à la culture nomade. Dans
ce contexte nous nous préoccupons surtout des jeunes, qui ne peuvent plus,
comme leurs parents, retomber sur les occupations traditionnelles. Ils n’ont
presque plus aucune perspective. 5.2.
Travail: mesures politiques La
conférence flamande de l’emploi de mars ’93 a prévu une politique spécifique
par groupe-cible pour remédier à l’exclusion de certains groupes du marché
de l’emploi. Dans ce contexte on a plaidé en faveur de -
une approche différenciée, adaptée aux besoins spécifiques; -
une approche intégrale des causes de la situation précaire de l’emploi; -
une coordination entre tous les acteurs sociaux. Jusqu’à
présent, nous n’avons pas remarqué de politique spécifique de la part du
VDAB. 5.3.
Travail: options 5.3.1.
Guidage Pour
les personnes qui connaissent "quelque chose" d’un métier et qui
veulent adopter un rythme de travail (et un rythme de vie correspondant), il
faut utiliser les possibilités d’embauche des services voisins: VDAB, BLM,
bureaux d’intérim, e.a. Pour ce groupe- ci,
les possibilités de (re)scolarisation et de formation, ainsi que toutes les
autres initiatives communautaires ou fédérales favorisant l’embauche doivent
être exploitées au maximum. Sporadiquement,
on nous demande d’accompagner un trajet d’instruction. On accepte lorsque la
personne en question fait preuve de suffisamment de motivation. A
l’intérieur de la même mission, nous analysons également les causes du
passage difficile de jeunes habitants de roulottes vers le marché du travail régulier,
les formations professionnelles ou l’accompagnement du trajet d’instruction.
Cette analyse a pour objectif de familiariser certains fonctionnaires à l’intérieur
des services existants avec notre public-cible. Cet
aspect fait partie de l’aide sociale aux habitants de roulottes en général. Pour
toute la Flandre cela signifie une fonction à mi-temps par an. 5.3.2.
Créer de l’emploi Le
défi le plus important reste la création de jobs supplémentaires pour notre
groupe- cible. 5.3.2.1.
Le Limbourg Au
Limbourg on prévoira à cet effet un long détour pour réellement assurer une
bonne correspondance entre d’une part les initiatives prises et d’autre part
les besoins et les habitudes professionnelles du groupe-cible. La première étape
sera la confrontation des membres du groupe-cible à des situations
professionnelles, la discussion des avantages et des désavantages et de là
seulement, le recrutement de candidats pour le projet de travail de notre
organisation. Ces
situations professionnelles sont sélectionnées en appliquant les critères
suivants: possibilité d’un travail individuel et indépendant, mobilité et
variation, revenu suffisant, récupération et/ou recyclage. Entre-temps,
le “woonwagenwerk” fait une étude de marché en collaboration avec les
partenaires les plus relevants pour déterminer la faisabilité d’une
initiative limbourgeoise. Celle-ci
est également préparée par un travail de groupe avec les hommes qui sont intéressés
par les visites aux ateliers déjà mentionnées, mais aussi par des activités
culturelles et des pèlerinages: il est indispensable de continuer à aborder le
sujet de l’emploi auprès du groupe-cible pour rester au courant le mieux
possible de leur vision et de leur évaluation, et également pour (re)mettre en
valeur l’aspect positif des initiatives. Vers
l’an 2000, le “woonwagenwerk” espère avoir inséré 20 voyageurs dans un
projet d’emploi adapté au Limbourg, soit dans une entreprise de jointement,
soit dans une initiative commune, ensemble avec les services collègues. En
cas d’une évaluation positive, cette façon de travailler sera appliquée
dans les autres provinces. 5.3.2.2.
La Flandre interrégionale Sur
base des expériences de l’aide sociale aux habitants de roulottes en Zélande,
le “woonwagenwerk” vient de démarrer une initiative regroupant la Zélande
et les 2 Flandres (orientale et occidentale). Il s’agit d’un projet de
formation destiné à acquérir le permis de conduire C. Cela
mène de façon directe à un type d’emploi qui convient au voyageur. De façon
indirecte, cela offre la possibilité de commencer avec les cursistes une
conversation autour de leur vision du futur sur le plan de l’emploi. Il
d’agit d’adapter le projet à cette vision en cours de route. Un
autre objectif indirect est de faire comprendre aux voyageurs et aux tziganes de
la région que l’aide sociale aux habitants de roulottes existe et que
l’identité nomade a (de nouveau) une chance d’exister.
CULTURE 6.1.
Problématique Les
habitants de roulottes ont leur propre mentalité, formée par leurs propres
normes et valeurs, liées étroitement à leur façon de vivre, d’habiter et
de travailler. Les caractéristiques principales de cette culture nomade ont déjà
été décrites sous 1.3. La
force de cette culture nomade est constituée par ses propres circuits
d’emploi, d’éducation, de religion, de loisirs, de mariage et de soins pour
les handicapés, les personnes âgées et les malades. Il
n’est donc pas étonnant que nos services existants pour le sport et les
services culturels pour jeunes et adultes n’atteignent pas facilement la
population nomade. Grâce au travail social catholique des années précédentes,
nous pouvons aujourd’hui retomber sur des pèlerinages existants et sur des
rites funéraires où les voyageurs et les tziganes se rencontrent. 6.2.
Culture: mesures politiques Le
9 juin ’93 le Vlaamse Raad a ratifié le décret réglementant la subvention
des administrations communales et de la commission de la Communauté Flamande
pour une politique d’activités sociales en faveur de la jeunesse. Pour les
communes où il y a une présence assez remarquée de voyageurs, on peut créer
dans le cadre de ces activités des initiatives spécifiques pour les jeunes
habitants de roulottes. Cette option n’atteint cependant pas son but à cause
de la grande dispersion du groupe-cible qui fait que, dans beaucoup de communes,
le groupe concerné est trop petit pour une politique spécifique. Comme
les 25 % des subventions communales pour les activités sociales en faveur de la
jeunesse doivent jusqu’en 1998 être réservés pour les enfants de faible
condition sociale, on peut dans certaines communes essayer d’obtenir qu’une
partie de ces 25 % soit attribuée aux initiatives en faveur des jeunes
habitants de roulottes. Un
véritable réseau d’activités culturelles s’intégrant dans une
organisation culturelle qui attire notre groupe-cible de façon spontanée
demande cependant des investissements plus sérieux qui dépassent les frontières
communales. Le
“woonwagenwerk” veillera à ce que les subventions des organisations
autonomes de migrants restent accessibles au maximum pour les organisations
autonomes d’habitants de roulottes. 6.3.
Culture: options 6.3.1.
Conscientisation 6.3.1.1.
Forum Centres
pour le développement de la culture A
Bruges et à Genk on a la possibilité de commencer à petite échelle avec de
tels centres pour voyageurs. Ces centres doivent être tout à fait à la mesure
des voyageurs tant du point de vue de la forme (aménagement, décoration) que
du point du vue du contenu. Les
moyens d’expression culturelle (restants) peuvent y être cultivés à
nouveau: revaloriser leur propre apport à la société. Groupements
de base La
pierre d’angle du travail d’émancipation est constituée par les
groupements de base. Par le biais de conversations et d’activités nous tâtonnons
des expériences-limites, nous rassemblons des témoignages et nous les échangeons,
afin de les enregistrer et de les publier. Ainsi
les voyageurs peuvent de nouveau formuler leur message à la société à
travers des expositions, des manifestations culturelles ou par leur présence
dans les médias. 6.3.2.
Solidariser 6.3.2.1.
Action sociale Au
terme d’ "émancipation" on associe presque immédiatement le fait
de défendre collectivement ses droits. A cet effet, il faudra créer des
alliances - ce qui ne semble peut-être pas évident - à l’intérieur comme
à l’extérieur du monde nomade. Une telle action sociale sera nécessaire
pour obtenir la réalisation de certaines exigences, déterminées par les
habitants de roulottes eux-mêmes. 6.3.2.2.
Auto-organisation La
défense commune des intérêts des voyageurs peut se jouer au niveau national,
mais aussi au niveau local. Le “woonwagenwerk” doit soutenir les deux
niveaux. Les habitants de roulottes ont leur propre organisation sociale, que le
“woonwagenwerk” doit respecter et, si nécessaire, activer. Dans
ce cadre, le “woonwagenwerk” fera tout son possible pour que le congrès
européen biennal des tziganes ait lieu en Flandre. 6.3.3.
Revue Dans
les pays qui nous entourent il existe des revues pour voyageurs et même des
revues réalisées par les voyageurs. Le “woonwagenwerk” a pour objectif de
développer également un tel moyen de communication, qui jouerait un rôle
important dans le processus d’émancipation. Bien que le taux d’analphabétisme
soit élevé, l’expérience nous apprend que, dans nos publications actuelles,
les articles qui ont une importance réelle pour les voyageurs sont toujours lus
d’une manière ou d’une autre. C’est d’ailleurs un grand défi que de présenter
l’information que nous voulons répandre d’une façon telle qu’elle attire
l’attention des voyageurs. La rédaction, la mise en page et la diffusion
gratuite jouent ici un rôle important. 6.3.4.
Histoire L’histoire
est la base de l’identité. L’histoire des voyageurs ne se retrouve pas dans
des documents écrits. Elle doit donc être reconstituée à partir de sources
directes et pas uniquement à partir de dossiers juridiques, comme on a fait
auparavant par commodité. Des
photos, des arbres généalogiques, des actes anciens, des histoires, des
films...: on doit tout rassembler pour que les voyageurs renouent à nouveau
avec leur passé. Ainsi
on doit exploiter les possibilités du musée de plein air de Bokrijk pour
organiser une exposition de vieilles roulottes et d’outils. On a déjà établi
les contacts nécessaires à cet effet. 6.4.5.
Sensibilisation Agir
sur l’opinion publique est important pour tout mouvement émancipateur. Il est
donc nécessaire d’entreprendre des actions de sensibilisation et de défendre
les droits des voyageurs là où on essaie de violer ces droits. Les centres de
formation pour fonctionnaires fondés par les provinces peuvent y jouer un rôle
important. Le
“woonwagenwerk” doit contribuer à la création d’une image sociale par
des publications, des actions dans les médias et des recherches scientifiques...
qui doivent rendre le contexte socio-historique de la problématique des
habitants de roulottes plus claire et plus compréhensible pour toute la société.
A cet effet, des fonctionnaires spécialisés doivent introduire le thème de la
culture nomade dans le travail socio-culturel.
SANTÉ 7.1.
Problématique Il
n’y a pas de chiffres pour toute la Flandre, mais les chiffres du Limbourg
indiquent que l’espérance de vie des hommes est situé à 54,8 ans et celle
des femmes à 64,7 ans. Ceci est très inquiétant: cet âge est situé 20 ans
en-dessous de la moyenne pour les hommes et 14 ans en-dessous de la moyenne pour
les femmes. (1) Les
habitants de roulottes sont extrêmement préoccupés par leur santé. Mais leur
compréhension du quoi et du comment est limitée. Ainsi leurs habitudes
alimentaires et leur façon de vivre et d’habiter engendrent par exemple pas
mal de maladies. Leur utilisation des services de santé est fréquente mais
inadéquate. Les enfants ne reçoivent pas toutes les vaccinations, la médication
passe souvent d’une personne à une autre... Dans
les services de santé, d’autre part, il y a une connaissance insuffisante de
la problématique: un accueil inadapté du personnel médical, une tendance à
se concentrer sur le traitement symptomatique, une politique peu intégrée et
fonctionnant mal au niveau de la prévention, ..., tous ces facteurs font partie
du problème. 7.2.
Santé: mesures politiques Comme
une politique générale au niveau de la santé n’atteindra jamais les
voyageurs, on pourrait dans Kind & Gezin chercher des figures centrales
parmi le corps d’infirmières pour s’occuper exclusivement de tziganes et de
voyageurs. 7.3.
Santé: options Pour
stimuler la santé publique chez les habitants de roulottes nous voudrions faire
les propositions suivantes. Kind
& Gezin pourrait indiquer par province des infirmiers/infirmières qui se spécialisent
dans la visite des roulottes. Ainsi K & G améliorerait sa vision sur ce
public et ses infirmiers/infirmières sauraient donner des conseils plus
appropriés: de façon individuelle aux parents, de façon collective à
l’occasion de rencontres éducatives des parents et au niveau externe dans la
sensibilisation du personnel médical en général. Nous proposons d’adopter
une rôle d’intermédiaire dans ce processus, rôle que nous pouvons assumer
uniquement s’il se joue dans le cadre même de Kind & Gezin. Notre
public-cible fait preuve d’une certaine résistance à l’aide sociale, qui
provient de leur contexte historique et culturel. Un comité de concertation et
d’étude (allant plus loin que le “woonwagenwerk” et K & G) à propos
de tout ce qui concerne la santé semble donc être nécessaire afin de
comprendre le problème dans tous ses aspects et d’y trouver une solution. Vu
la structure de K & G au niveau provincial et au niveau régional, le
contenu et la forme de la relation avec le travail social d’aide aux habitants
de roulottes présenteront de grandes différences d’une région à l’autre.
ACCUEIL
(nomades étrangers) 8.1.
Problématique Depuis
la chute du mur de Berlin, la situation de guerre en ex-Yougoslavie et la persécution
ethnique en Roumanie, en Slovaquie et dans d’autres pays de l’Europe de
l’Est, les groupes venant de cette région-là sont de plus en plus nombreux
à trouver le chemin vers notre pays. L’image
que le citoyen moyen se fait du tzigane n’est déjà pas très positive; avec
l’arrivée de "bohémiens mendiants étrangers", cette image négative
est généralisée vers tout ce qui ressemble de près ou de loin à un habitant
de roulotte. Ceci a des répercussions sur l’introduction de nouveaux
emplacements, qu’ils soient destinés aux tziganes belges ou à des voyageurs. De
toute évidence, l’ouverture des frontières européennes intérieures a amené
les tziganes des pays voisins à rester plus souvent et plus longtemps dans
notre pays, surtout pendant les mois d’été. 8.2.
Accueil: mesures politiques Les
Tsiganes de l’Europe de l’Est sont traités comme tous les autres réfugiés
politiques: certains ont provisoirement le statut d’expatrié, mais la plupart
sont expulsés. Les
tziganes des autres pays européens ne sont pas traités différemment des
tziganes belges: dans la saison de migration, les expulsions sont une affaire
quotidienne. 8.3.
Accueil: options Pour
ces gens, le “woonwagenwerk” continue à s’efforcer de créer une
structure d’accueil et de soutien. Le “woonwagenwerk” ne fait aucune
distinction entre les légaux et les autres. Le
projet suit trois voies: -
aide aux individus qui font appel à nos services (Petit Château, prison,
centre de transit...), -
aide aux organisations d’étrangers, -
accompagnement de centres d’intégration locaux ou régionaux sous forme de
sessions d’information et de travail volontaire. Nous
devons également développer un point de vue sur une solution structurelle pour
cette problématique. En
collaboration avec les groupes concernés, le “woonwagenwerk” stimulera
l’implantation d’un nombre suffisant de terrains destinés à accueillir les
tziganes qui sont de passage dans notre pays. Concernant
l’accompagnement des Romanis en Belgique, il faut surtout professionnaliser le
travail des pionniers volontaires actuels, M. et Mme Tambour-Pierre de Merksem. |