Plan d'action 07-02
Start Omhoog Plan d'action 07-02 Groupes et Cultures

 

ESQUISSE GÉNÉRALE

  !! texte publié en 1996. Vueillez nous contacter pour des informations plus récentes. toon.machiels@vmc.be.  merci

1.1. Groupes-cibles

L’aide sociale aux habitants de roulottes dans la Communauté Flamande s’occupe de trois sous-groupes cibles: les voyageurs, les Manouches et les Romanis. Ces groupes sont socialement déterminés: on est voyageur, Manouche ou Romani parce qu’on se nomme ainsi et parce que c’est ainsi qu’on est désigné par les autres voyageurs, Manouches ou Romanis.

Voyageurs

Les gens qui s’appellent "voyageurs" sont des Belges, descendant de commerçants itinérants et d’artisans. Les voyageurs qui habitent dans des roulottes se trouvent maintenant sur des terrains communaux. Beaucoup d’entre eux sont allés habiter dans des maisons, mais pour eux-mêmes comme pour le groupe, ils restent de vrais voyageurs. En Flandre, tous les voyageurs sont néerlandophones.

Manouches

Les Manouches sont la population tzigane qui habite dans nos régions depuis le 15e siècle. Leur mode de vie (habitat et travail) ressemble très fort à celui des voyageurs. Les mariages mixtes entre ces deux groupes sont dès lors très fréquents.

Par contre, ce qui est très typique pour les Manouches est leur langue manouche, qu’ils parlent à côté du Néerlandais, et le fait qu’ils migrent en groupes familiaux.

Romanis

Le groupe des Romanis est arrivé dans notre pays en vagues successives à partir du siècle dernier. Leur mode de vie est très nomade, les liens familiaux sont sacrés et ils parlent toujours leur propre Romanes, avec le Français comme deuxième langue.

Les femmes préfèrent toujours porter les vêtements traditionnels. C’est une des raisons pour laquelle le groupe des Romanis se remarque le plus, bien qu’il soit le plus réduit en nombre.

Tziganes étrangers

Les tziganes de l’Europe de l’Est ne bénéficient pas encore de l’aide sociale aux habitants de roulottes.

La plupart résident dans des "maisons" dans les grandes agglomérations. Peu à peu, des contacts individuels se créent entre ce dernier groupe et les tziganes qui vivent déjà ici, mais cela reste sporadique. En effet, les tziganes belges ne veulent pas être associés aux tziganes de l’Europe de l’Est à cause de la réputation délinquante véhiculée par ces derniers.

Indépendamment de ce premier groupe, on rencontre pendant les mois du printemps et de l’été un second groupe de tziganes étrangers qui proviennent de pays de la Communauté Européenne et qui sont de passage en Flandre.

Ce groupe consiste en 30 à 150 caravanes et a des liens familiaux ou sociaux avec les tziganes belges.

Domaines contigus

Parmi les forains de kermesse il y a de nombreuses familles qui se joignent aux voyageurs, soit pour des raisons familiales, soit par l’intermédiaire des activités d’hiver. Il y a plusieurs terrains pour roulottes où on trouve des forains à côté des voyageurs. Bien entendu, il ne s’agit pas ici des exploitants des grandes attractions.

Par l’intermédiaire des voyageurs qui résident dans des campings, nous entrons parfois en contact avec les "campeurs permanents". Jusqu’à présent, nous ne connaissons pas l’effet exercé par ces campeurs sur les voyageurs et vice versa.

Le “woonwagenwerk” n’exclut pas qu’à l’avenir, ces campeurs se joindront au groupe actuel de voyageurs et de tziganes. Le groupe est actuellement "suivi" par le Vlaams Overleg Bewonersbelangen, auquel le “woonwagenwerk” participe et qui suit de près la situation des campeurs permanents.

 


1.2. Nombre

Nous ne connaissons pas avec certitude le nombre exact des voyageurs et des tziganes en Flandre.

En annexe, le lecteur trouvera un aperçu des roulottes des voyageurs et des tziganes actuellement connus par le “woonwagenwerk”.

Ces chiffres ne peuvent en aucun cas être employés comme indication de la population totale. La répartition des voyageurs entre les maisons et les roulottes est très différente d’une région à l’autre. Dans certaines régions la moitié habitent dans des maisons et dans certaines autres le pourcentage s’élève à 80 %. Dans la plupart des régions le pourcentage n’est pas connu.

Le nombre des Manouches est estimé à 1200 et le nombre des Romanis ayant un emplacement d’hiver en Flandre à 400. La situation à Bruxelles est encore totalement inconnue. (1)

1.3. Spécificité

Comme tous les groupes culturels, les voyageurs et les tziganes aspirent au respect de leur spécificité. Il est presque impossible de décrire cette spécificité. En effet, une subculture se modifie suivant l’évolution de la culture dominante dans laquelle elle s’inscrit.

L’exemple le plus frappant illustrant cette impossibilité est l’idée selon laquelle les voyageurs habitent dans des roulottes. En réalité, il n’y a que les tziganes belges qui habitent dans des roulottes; les tziganes de l’Europe de l’Est habitent presque toujours dans des maisons. Les Tsiganes étrangers passant la Belgique, bien évidemment, vivent dans des caravanes.

La spécificité commune est à chercher sur le plan culturel. Une des caractéristiques les plus remarquables est que les voyageurs comme les tziganes se considèrent comme un peuple indépendant (malgré les déchirements internes, vécus par tant de peuples) qui vit et se développe à l’intérieur d’une culture majoritaire environnante sans pour autant y être lié. Avec cette culture majoritaire, ils entretiennent une relation pragmatique, uniquement destinée à survivre: échange de services et de marchandise. Cette relation est donc basée sur une réalité économique. Ceci se reflète dans tout contact entre une culture bourgeoise et une culture nomade. Il en va de même avec le “woonwagenwerk”: ils le considèrent d’abord comme un moyen qui les aide à survivre. L’enseignement, le travail, la santé, les services sociaux,... ils n’en prennent que ce dont ils ont besoin et dans la mesure où cela trouve une place dans leur culture. Toujours, ils restent vigilants, de peur que nous les transformions en "bourgeois".

A l’intérieur de cette généralité, les tziganologues on décrit quelques traits culturels typiques.

En ce qui concerne les valeurs fondamentales, il y a la valeur d’avoir de la "chance", la valeur de l’(im)pureté et de la santé. Par ailleurs, leur attitude fondamentale se caractérise surtout par la flexibilité et l’importance du hic et nunc.

Selon toute apparence, ces traits culturels se manifestent chez tous les tziganes dans toute l’Europe (voyageurs, forains, travellers, tinkers, Yenisch...). Cette universalité est un phénomène qui s’appuie sur une tradition séculaire liée à une large répartition géographique.

Dans ce cadre, nous aimerions attirer l’attention du lecteur sur le mémoire de politique à suivre de la ministre Demeester, intitulé "Migrants", dans lequel elle souligne l’importance d’une politique culturelle pour l’émancipation des minorités culturelles et ethniques.

 

1.4. Vulnérabilité sociale

En tant que nomades économiques, les familles itinérantes tiraient profit de leur flexibilité et de leur polyvalence professionnelles. Le niveau actuel élevé de réglementation et de formation leur enlève toute force concurrentielle. La fonction sociale qu’ils remplissaient dans le passé a aujourd’hui disparu.

La théorie de la vulnérabilité sociale explique comment la société, à travers ses propres institutions, repousse systématiquement les groupes qui n’obéissent pas aux normes générales.

C’est surtout l’aspect sanctionnant des institutions sociales qui pose problème.

Cette théorie explique les mécanismes les plus importants de l’exclusion systématique et croissante d’individus et de groupes.

Cette exclusion se fait sur base de la culture (les valeurs et les normes). Celui qui appartient à une culture faiblement valorisée (ce qui va souvent de pair avec un bas niveau économique) entretient moins de liens avec (les personnes importantes dans) la société. Il existe une loi selon laquelle le risque de développer un comportement problématique est d’autant plus élevé que le nombre de liens avec la société reste réduit. Inversément: plus une personne a de liens avec la société, moins le risque de développer un comportement problématique sera important.

Exemple: à l’école une enfant n’obéit pas aux normes culturelles de politesse ou d’emploi langagier. L’institutrice trouve cet enfant moins attractif. Il ne se crée pas de lien. Le danger est réel que ce scénario ne cesse de se répéter.

Bien que le problème soit d’ordre social, il peut être expliqué pour chaque individu en des termes psychologiques, à savoir par le mécanisme de "coping".

La marginalité peut être entendue comme l’expression d’une image de soi négative ou blessée.

Quand une personne est constamment blessée, elle perd confiance en ses valeurs et ses aptitudes. Elle se compare aux non-blessés et cette comparaison résulte en une image de soi négative du point de vue social. Nous appelons cela l’attribution interne: le fait d’arriver dans une position marginale, je me le dois à moi-même. J’assume les préjugés des autres. Seulement, chaque être humain ressent le besoin d’appartenir à un groupe, d’avoir de l’importance à l’intérieur d’un groupe. (Ceci a été démontré par la pyramide des besoins de Maslow.) L’homme va donc à la recherche de domaines, de gens ou de groupes qui puissent le rassurer et le valoriser.

Ce groupe peut être un "peergroup"; en tout cas c’est une groupe de référence qui apporte une attribution externe (tout est la faute des autres). Ainsi se forme une anti-

culture qui, selon le cas, prend la forme de la résignation (le quart monde), de la provocation (le hooliganisme), etc...

Les habitants de roulottes ont apparemment développé une anti-culture, qui est présente de la naissance jusqu’à la mort et qui n’a donc pas de "début" individuel. C’est une culture qui, de génération en génération, cultive la distance par rapport au monde bourgeois. La preuve est que même les enfants de l’école maternelle conservent cette distance.

 

1.5. Émancipation

1.5.1. Principe

Les activités du “woonwagenwerk” ont pour objectif que les habitants de roulottes prennent en main l’évolution de la société ensemble avec nous et en tant que partenaires à part entière.

Habitants de roulottes:

voyageurs, Romanis et Manouches, en tant que population globale, en tant que sous-

groupes et en tant qu’individus.

Prennent en main:

ils ont le droit d’être concernés et d’être impliqués.

Ensemble avec nous:

c’est la conséquence de leur statut de partenaire; nous n’optons donc pas pour le séparatisme.

A part entière:

en respectant leur identité et en encourageant leur autonomie.

Partenaires:

ici nous voulons arriver au modèle d’intégration du Commissariat Royal pour les Migrants. (3)

- En ce qui concerne l’ordre public - comme l’égalité de droits et de devoirs entre conjoints ou le droit d’avoir le même salaire pour le même type de travail dans le droit du travail - les différents partenaires de la société belge doivent s’adapter.

Le “woonwagenwerk” n’aime pas le terme d’ordre public, car il est trop souvent employé pour justifier l’expulsion des habitants de roulottes de leurs roulottes. Par contre, le “woonwagenwerk” souscrit à la notion de l’adaptation aux principes fondamentaux de l’État de droit.

- Concernant les principes sociaux de base qui soutiennent la culture d’un pays et qui relèvent de la "modernité", de "l’émancipation" et du "pluralisme total", le Commissariat plaide en faveur de "l’application conséquente d’une intégration la plus complète possible".

- Concernant le troisième niveau - la religion, les formes familiales et les autres expressions culturelles - le Commissariat Royal appelle au respect des diversités culturelles, car celles-ci peuvent mener vers un enrichissement mutuel.

Une application correcte requiert pour chacun de ces trois domaines:

- la promotion de l’implication structurelle des minorités dans les activités et les projets du gouvernement;

- une information objective et une amélioration de la communication entre les différents sous-groupes de la population;

- le renforcement de la lutte contre le racisme et la xénophobie.

Société:

ce terme comprend tant l’institution structurelle que la société considérée du point de vue de la base tout en incluant celle-ci.

Évolution:

ni la culture nomade ni la culture de la société environnante ne sont des données statiques; nous vivons dans une société multiculturelle et nous voulons contribuer à la développer comme une donnée positive.

1.6.2. Devoirs

Dû aux insuffisances structurelles et culturelles, il règne un manque de compréhension entre les deux cultures concernées.

Face à ce manque de compréhension, le “woonwagenwerk” doit remplir une fonction d’intermédiaire: traduire les messages venant de et allant vers les deux cultures. Ceci doit se concrétiser en l’assistance dans l’élaboration d’alternatives, la détermination du meilleur choix et la réalisation de ce choix correct. Finalement, la fonction d’intermédiaire doit se rendre elle-même superflue.

Grâce à sa position propre, le “woonwagenwerk” se crée une compétence spécifique: connaissance et compréhension des cultures bourgeoises et nomades, combinées à une fonction d’intermédiaire entre les deux cultures. Cette compétence mène à une responsabilité: prendre les initiatives appropriées.

Ces "devoirs" se situent à deux niveaux: le niveau individuel et le niveau collectif.

Niveau individuel: stimuler l’autonomie. Le “woonwagenwerk” doit intervenir là où le besoin se pose. Le but de la formation des habitants de roulottes est de leur apprendre à tout régler eux-mêmes.

Niveau collectif: concernant le groupe-cible: soutien et stimulation de l’autonomie sur le plan national, local ou familial, ou encore par sous-groupe. Concernant la société: créer pour le nomade une place dans la société au niveau des services publics, des institutions, des organes politiques et de l’opinion publique. Concrètement, il faut pour cela rendre les services sociaux plus accessibles et en même temps entamer la lutte contre les mécanismes discriminatoires dans la société.

1.6.3. Méthode émancipatrice

Si le but est l’émancipation, la méthode doit également être émancipatrice.

Une méthode ou une technique est émancipatrice lorsque

- elles sont basées sur les besoins des personnes concernées tels que celles-ci les ressentent;

- elles augmentent le sentiment de confiance en soi chez les membres du groupe-cible;

- les membres du groupe-cible apprennent (de nouveau) à prendre la parole.

La méthode ne serait pas émancipatrice si le “woonwagenwerk” réfléchissait et prenait des décisions à la place des habitants de roulottes.

 


POLITIQUE DU LOGEMENT

 

2.1. Problématique

2.1.1. Mode de logement

Le mode de logement nomade est étroitement lié au mode de vie économique et sociale de l’habitant de roulotte. La roulotte et, plus tard, la caravane étaient la façon d’habiter la plus adéquate. L’habitation à évolué avec le mode de vie. En ce moment les habitants de roulottes se rendent compte que leurs métiers traditionnels ne sont presque plus rentables, mais il leur manque une formation suffisante pour pouvoir explorer d’autres métiers. C’est précisément dans cette phase de transition qu’une habitation adaptée peut garantir une certaine sécurité et jouer un rôle important dans le processus d’adaptation. Entre autres, l’habitation est une des caractéristiques extérieures à travers lesquelles les habitants de roulottes attestent leur identité. Des interventions dans le mode de logement, sans tenir compte du contexte dans lequel vivent les habitants de roulottes, peuvent perturber ce processus de façon dramatique.

2.1.2. Terrains résidentiels

En Flandre, il y a 27 terrains résidentiels communaux pour roulottes. L’aménagement de ces terrains est souvent insuffisant. Les communes n’ont pas l’habitude de gérer des terrains pour roulottes de façon adaptée et correcte.

Les terrains résidentiels hébergent 37 % de la population nomade flamande habitant dans des caravanes. Un nombre croissant de terrains résidentiels communaux ont des problèmes de surpopulation. Les familles nomades qui ne peuvent pas s’installer sur le terrain résidentiel communal vont s’installer sur un terrain qui leur appartient ou qu’ils tiennent en location, le plus souvent sans pouvoir disposer de licence d’urbanisme. Un nombre limité de familles nomades errent un peu partout; beaucoup d’entre eux se voient obligés d’aller habiter dans des maisons.

2.1.3. Les passants

En Flandre il n’y a pas de terrains pour passants, et les communes ne sont plus disposées à faire les arrangements nécessaires pour permettre aux tziganes un séjour temporaire. En même temps, il apparaît qu’un nombre croissant de tziganes étrangers réside temporairement en Belgique.

2.1.4. Urbanisme

Du point de vue urbaniste, la roulotte est considérée comme une curiosité qui n’entre dans aucun cadre. On n’accorde presque jamais d’autorisation pour mettre une caravane sur des terrains individuels, particuliers. Les demandes préliminaires sont toujours refusées; seules les demandes de régularisation ont une chance, si le conseil communal s’y met en même temps, mais la plupart du temps elles sont refusées également, étant "non conformes aux règles de construction d’habitations".

 

2.5.1. Un nouveau problème de logement

Un certain nombre de "civils", de gens qui habitaient dans une maison, réside également dans des caravanes, le plus souvent sur des terrains de camping. Il s’agit souvent de familles faibles du point de vue financier, qui ne trouvent pas de maison payable. La solution du problème de logement de ce groupe-ci interfère avec celle du problème des habitants de roulottes.

 

2.2. Politique du logement: mesures politiques

Le 29 juin 1983 la Communauté Flamande a établi un règlement de subvention mettant à la disposition des communes une subvention de 60 % lors de l’acquisition, l’aménagement ou l’élargissement d’un terrain pour roulottes.

Le 28 février 1990 et puis de nouveau le 23 octobre 1991 la participation dans les frais a été augmentée jusqu’à 90 %. Cette augmentation est valable à partir du 1 janvier 1994 et pour une durée indéterminée.

Le budget pour ces subventions s’élève à presque 40 000 000 FB par an. Pour l’acquisition ou l’élargissement les communes reçoivent une subvention à condition que le terrain soit situé dans un environnement sain et à proximité des transports en commun et des services culturels et éducatifs. Il faut un emplacement d’au minimum 100 m² par roulotte et le terrain doit mesurer entre 10 et 500 ares. Il faut en plus que le terrain serve uniquement pour le logement dans des roulottes et qu’il soit facilement accessible. Pour pouvoir disposer d’une subvention supplémentaire pour l’aménagement du terrain, il faut que le terrain puisse être pourvu d’un certain nombre d’équipements collectifs.

Tous les emplacements ne disposent pas d’un pareil confort. Voir à ce sujet le tableau 2.

Au niveau national le “woonwagenwerk” dispose d’un cadre pour accompagner les institutions privées et publiques, les individus ou les groupes qui s’occupent de l’adaptation du mode de vie mobile des habitants de roulottes.

2.3. Politique du logement: options

2.3.1. Perspectives

Dans le futur proche nous serons confrontés aux besoins suivants:

1. L’aménagement de terrains résidentiels dans des communes où résident des groupes assez grands d’habitants de roulottes et où il n’y a pas encore de terrain pour roulottes (Aalst, Herentals & St.-Truiden).

2. L’aménagement de nouveaux terrains résidentiels pour les familles qui se trouvent maintenant sur des emplacements illégaux. Si nous y ajoutons le nombre de familles qui n’ont pas d’emplacement, il s’agit au total de 106 familles menacées, dont la plupart se trouvent dans les environs de Bruxelles.

3. L’aménagement de nouveaux terrains résidentiels pour faire face à l’accroissement de la population nomade.

En ce moment il manque 625 emplacements légaux pour une population totale de 980 familles. En l’an 2000 la population totale comprendra 1090 familles, sans tenir compte encore du nombre de familles qui voudraient déménager de leurs maisons vers des roulottes. Ainsi le manque actuel de 625 emplacements évoluera pour l’an 2000 vers un manque d’au minimum 735 emplacements légaux, répartis sur toute la Flandre et Bruxelles.

4. La rénovation des terrains résidentiels existants.

5. La bonne gestion des terrains résidentiels existants.

6. Le développement d’un réseau de terrains de transit (e.a. par une système de contrat entre les communes et les habitants de roulottes) et d’emplacements pour passants.

7. Des solutions temporaires pour le manque actuel d’emplacements.

8. Pour les passants, les provinces doivent indiquer au minimum un terrain de transit par arrondissement, en accord avec les communes et les intercommunales concernées. En commun accord avec les communes de plus de 50 000 habitants, les provinces élaborent un réseau de terrains de transit en collaboration avec le “woonwagenwerk”.

2.3.2. Mesures à prendre

2.3.2.1. Équipements

Aux 729 familles qui demandent une solution pour l’an 2000, on pourrait offrir les possibilités suivantes:

1. Accorder un permis de construire pour pouvoir mettre des roulottes sur des terrains à bâtir.

Il est nécessaire que le ministre de l’Aménagement du Territoire, en accord avec les instances concernées, rédige un certain nombre de critères permettant de déterminer où et quand les permis de bâtir pour caravanes peuvent être accordés.

2. La mise en vente des terrains à bâtir (individuellement ou collectivement) où on peut stationner une ou plusieurs roulottes. Les formules spécifiques, comme par exemple le droit de superficie, doivent être examinées.

3. Offrir l’utilisation d’emplacements aménagés, par le développement et la gestion de terrains pour roulottes.

4. Prévoir une structure mixte qui tient le milieu entre le logement social et les emplacements pour roulottes.

2.3.2.2. Répartition géographique

Une piste de réflexion dans la réalisation de terrains pour roulottes est qu’on pourrait répartir ces terrains sur les communes ayant plus de 20 000 habitants. En général, ce sont précisément ces communes-là qui attirent le plus d’habitants de roulottes, dans le passé comme actuellement.

2.3.2.3. Stratégie

Le “woonwagenwerk” propose la constitution d’un comité interdépartemental à partir des différents départements ministériels et des instances concernées. Ce comité doit alors rédiger un mémoire de politique à suivre concernant le développement d’un cadre à l’intérieur duquel on peut évoluer vers une solution du problème du logement et établir les instruments nécessaires à la réalisation de celle-ci.

Le “woonwagenwerk” opte pour la création d’un service avec un conseil d’administration, à l’exemple des sociétés immobilières sociales et de préférence au sein même de la Vlaamse Huisvestingsmaatschappij, qui s’occuperait alors de l’aménagement et de la gestion des terrains pour roulottes. A cet effet, le service doit disposer de personnel compétent (du point de vue technique, administratif, juridique et connaissance du groupe-cible et de la problématique) et de moyens financiers suffisants.

Le problème du logement des tziganes et des groupes de population comparables doit être intégré dans la politique du logement nationale, provinciale et locale. Étant donné les grandes différences entre les voyageurs et les tziganes d’une part et ce groupe-ci et les campeurs permanents d’autre part, on ne peut pas agir de la même façon pour tout le monde. Il faut bien délimiter les groupes-cibles. Le “woonwagenwerk” sera toujours attentif à cet aspect dans les organes de concertation à l’intérieur et autour des associations comme VICA et le Vlaams Overleg Bewonersbelangen.

2.3.2.4. Financement

Le financement des aménagements nécessaires pour répondre aux besoins de logement de la population nomade comporte les postes suivants:

- financement de l’acquisition de terrains

- financement d’équipements collectifs (infrastructure routière, réseaux d’égouts, eau, électricité, gaz, télédistribution, téléphone)

- financement des blocs sanitaires

- financement du logement social

- financement de la gestion et de la surveillance

L’apport des habitants de roulottes eux-mêmes peut être substantiel, e.a. grâce à la vente ou la location-vente des emplacements. Dans certains cas, on ne pourra donc parler que de préfinancement ou de financement partiel.

Si un tiers des 735 emplacements nécessaires sont des emplacements aménagés tenus en location, cela signifierait un poste de 53 mio FB par an sur une période de 5 ans. Pour l’acquisition des terrains, les frais s’élèveront probablement à 8 mio FB par an.

Si un tiers des emplacements peut être viabilisé et vendu, en maintenant les équipements collectifs à charge du gouvernement, cela signifierait une dépense de 17 mio FB par an.

Un tiers des emplacements devrait être financé par les personnes concernées, à condition d’un préfinancement pour la viabilisation des lotissements. Cela signifierait une dépense unique et récupérable de 17 mio FB.

Il faudrait embaucher une dizaine de personnes pour l’organisation de l’aménagement, pour la gestion, la surveillance et l’entretien des emplacements, soit l’équivalent de 15 mio FB par an. Les revenus des emplacements en location peuvent couvrir une partie des frais d’entretien.

Au bout de cinq ans, on aura de cette façon comblé le manque et le nombre d’emplacements supplémentaires à réaliser se limiterait à une trentaine par an.

Étant donné que le budget actuel de la Communauté Flamande est environ 20 mio FB par an, une augmentation importante est nécessaire. La population nomade appartient de toute façon pour la plupart au public-cible du logement social. Les habitations sociales classiques seraient de toute façon plus chères que les emplacements aménagés.

 

 

 


AIDE SOCIALE ET SERVICES SOCIAUX

 

La grande majorité dépend d’un revenu de remplacement:

CPAS: 13.1 %

Chômage: 11.5 %

Pension: 9.1 %

Invalide/malade: 8.5 %

Autre: 3.5 %

A cela s’ajoutent encore 28.1 % qui n’ont ni profession ni revenu. Il s’agit presque toujours de femmes. (2)

 

3.1. Problématique

3.1.1. Situation financière

Comme on a vu plus haut, les professions nomades traditionnelles n’ont plus aucune importance économique dans notre société. En outre, il manque la tradition scolaire nécessaire pour remplir ce vide par le biais des formations existantes. Cela a mené à la situation suivante: seulement un quart de la population nomade adulte a un revenu d’activités professionnelles.

3.2.1. Administration sociale

Étant donné que les voyageurs et les tziganes vivent la société comme une séparation nette entre nous (les voyageurs) et eux (les "bourgeois"), il est évident que les institutions sociales ne les attirent pas du tout. Ils s’adressent uniquement à elles pour obtenir un revenu de remplacement, mais l’attitude contrôlant et paternaliste des services et de leurs fonctionnaires fait perdre tout courage à ceux qui demandent de l’aide.

L’analphabétisme répandu ainsi que le fait qu’ils n’ont pas l’habitude des formulaires compliqués, des procédures et des règlements ne facilitent pas non plus la situation.

 

3.2. Aide sociale et services sociaux: options

Le “woonwagenwerk” reste convaincu que la population nomade doit pouvoir être aidée par les services sociaux réguliers.

Les services sociaux constituent la base de toute aide sociale aux habitants de roulottes.

Tout ce qui concerne le travail, l’enseignement, la culture, la santé, etc... ne peut être abordé que par l’assistant social local, qui s’occupe des soucis quotidiens de personnes et de familles individuelles. Ainsi, ces personnes ont la possibilité de se concentrer sur les étapes ultérieures de leur émancipation. La position ainsi acquise par l’assistant social peut alors servir de plate-forme pour les initiatives ultérieures. Dans le chapitre consacré à la recherche scientifique on parlera dès lors toujours de recherche active.

Le “woonwagenwerk” veillera toujours à ce que les revenus de remplacement et les services sociaux soient suffisamment accessibles à notre groupe-cible. C’est la seule certitude vitale sur laquelle ils peuvent compter pour le moment.

Le “woonwagenwerk” se charge de la négociation en cas de "court-circuit", et cela à partir de l’attitude fondamentale qui consiste à "choisir pour les gens". Dans ces cas-là, beaucoup de seuils doivent être franchis, tant par l’assistant social que par son client. L’aide sociale aux habitants de roulottes est donc un travail très intensif, du moins si on veut obtenir quelques résultats.

Pour cette raison, le “woonwagenwerk” continuera à veiller très attentivement à ce que son public-

cible reste en ordre par rapport aux réglementations pourvoyant au revenu de remplacement, s’il n’y a pas de revenu professionnel. Le terme "actif" signifie que le “woonwagenwerk” ne désire pas fonctionner comme un "guichet" qui travaille à la demande du client. Au contraire, nous indiquerons toujours quelles sont les possibilités et nous ferons le suivi de leur utilisation effective.

Le “woonwagenwerk” se rend parfaitement compte qu’un filet de sécurité ne doit jamais être utilisé systématiquement. Ce point de vue sera illustré dans les points d’action qui vont suivre, plus particulièrement dans les point sur l’enseignement et le travail.

Le terme "actif" signifie également que le “woonwagenwerk” s’engage à introduire les assistants sociaux des services réguliers dans la spécificité de la population nomade.

A côté de la constitution d’un cadre pour les travailleurs sociaux professionnels et volontaires de l’aide sociale aux habitants de roulottes, le “woonwagenwerk” s’occupera de la formation (supplémentaire) des services qui entrent en contact direct avec les voyageurs et les tziganes: la police, les centres P.M.S., les fonctionnaires, les assistants sociaux,... A cet effet, nous serrerons les liens avec l’Association Flamande des Villes et des Communes et avec les Instituts de Formation Provinciaux.

Une politique intentionnelle de publication doit rendre accessible à tous les intéressés les convictions et les expériences du “woonwagenwerk”.

Dans ce cadre la restructuration de l’aide sociale générale mérite une mention spéciale. En maniant de façon trop absolue la "porte d’entrée unique", le seuil sera trop difficile à franchir pour certains segments de la société, notamment pour ceux qui ont le plus besoin d’aide sociale. Pour permettre à ces groupes de franchir le seuil quand-

même, une fonction d’intermédiaire catégorielle est instaurée.

On se dévouera à faire en sorte que les communes faisant des efforts particuliers pour faire construire des terrains pour roulottes sur leur territoire puissent bénéficier - au moins temporairement - d’une subvention supplémentaire de la Communauté Flamande, par analogie avec e.a. les réfugiés politiques. Dans ce cadre un rôle est réservé au Fonds Spécial pour l’Aide Sociale.

Nous soutiendrons également que les allocations familiales pour l’enfant puissent être versées à l’éducateur (-trice). Ceci est une compétence fédérale et elle sera mise en oeuvre en collaboration avec d’autres organisations.

 

 

 

 


ENSEIGNEMENT

 

Nous voudrions parvenir à ce que tous les enfants résidant en Flandre (de façon permanente ou temporaire) bénéficient d’un enseignement adapté à leurs capacités et à leur perception du monde.

 

4.1. Problématique

Bien que la participation à l’enseignement des enfants des roulottes augmente, les résultats laissent toujours à désirer.

Les causes sont à regrouper en trois catégories.

4.1.1. Seuils socioculturels

La plupart des parents n’ont pas d’expérience scolaire (ou seulement une expérience négative). Ils ne pourront donc apporter aucun soutien dans la lourde tâche de leur enfant.

La scolarité obligatoire est surtout une "obligation"; il y a peu de motivation intrinsèque.

Le milieu scolaire est radicalement opposé au milieu domestique: la structure de l’espace et du temps, l’approche collective et l’esprit de compétition...

Les enfants des tziganes sont confrontés à un problème linguistique majeur: leur langue maternelle est le Manouche ou le Romanes, comme 2e langue les Manouches parlent le Néerlandais et les Romanis le Français. Pour ce dernier groupe, le Néerlandais est donc déjà la troisième langue. Également les enfants de voyageurs sont toujours retardés par rapport à la richesse linguistique requise pour pouvoir suivre la première primaire.

Les enfants des Romanis grandissent dans une culture non occidentale. A l’école cela mène à un problème d’intégration spécifique, tant du point de vue de la culture des Romanis que du point de vue de la culture bourgeoise qui n’aime pas que ces enfants viennent à "leur" école.

4.1.2. Seuils psychopédagogiques

Sur le terrain pour roulottes, les enfants s’entraînent à d’autres habiletés que celles qui sont requises à l’école. Ils ont un faible niveau de concentration, accordent trop d’importance au résultat immédiat; leur perception est peu orientée et leur motricité grossière est plus développée que leur motricité fine.

Étant donné que chez eux, réfléchir et agir sont indissociables, ils ont des difficultés à séparer les processus théoriques et pratiques.

4.1.3. Continuité

Tous les enfants ne vont pas à l’école maternelle. Pour les enfants des tziganes, le seuil est très difficile à franchir. En première primaire, les enfants démarrent avec les handicaps qu’on vient de mentionner. Ce retard ne peut se rattraper en classe, de sorte qu’il va plutôt s’accumuler (doubler, sécher les cours, avoir des drop-out)...

La mobilité continue à interférer avec l’école. Également les voyageurs et les Manouches qui ont un emplacement fixe doivent parfois partir pour des raisons familiales ou professionnelles. Le groupe des Romanis, qui est très mobile, constitue un véritable défi pour notre système d’enseignement: comment l’organiser pour que eux puissent s’y retrouver?

 

4.2. Enseignement: mesures politiques

Pour le moment, trois projets sont en cours pour des enfants de Romanis: Molenbeek, Mortsel et Holsbeek.

A Molenbeek-St.-Jean l’initiative a démarré en 1986. En 1987 a été fondée l’a.s.b.l. Intégration des Romanis qui se charge de l’encadrement scolaire. Les enfants des Romanis y sont intégrés dans les classes régulières à partir de 94-95. Il s’agit ici d’une école communale néerlandophone accueillant une trentaine de nationalités. Elle ne s’appelle pas pour rien l’École Arc-en-Ciel. Chaque année scolaire, une cinquantaine d’élèves s’inscrivent, dont environ la moitié sont réellement présents. L’encadrement supplémentaire est financé grâce à la politique de priorité aux migrants dans l’enseignement et au soutien de la commune et d’instances particulières et publiques. Les frais du transport à l’école des enfants des Romanis sont partiellement pris en charge par une subvention du “woonwagenwerk” qui s’élève à 200 000 FB par an. Cette subvention est liée à une évaluation annuelle sur le plan du contenu et des finances.

L’école primaire libre de Holsbeek (qui a démarré en 1993) et l’école communale Lieven Gevaert de Mortsel (qui a démarré en 1989) ont été retenues pour un projet du Département de l’Enseignement, orienté vers l’intégration dans l’école primaire des enfants des Romanis. Chacune des deux écoles reçoit deux enseignants supplémentaires ainsi qu’un budget supplémentaire de 100 000 FB (provisoirement limité aux années 93-94 et 94-95). Cela permet de travailler la socialisation scolaire (chez les nouveaux venus) et de réaliser les débuts d’un enseignement pour "avancés". A Mortsel on a déjà fait quelques expériences avec l’intégration des enfants tziganes dans certaines leçons des classes régulières.

Pour les enfants des voyageurs, un projet analogue est en cours dans l’école d’état De Beckelère à As. Les enseignants supplémentaires adoptent ici davantage le rôle de professeurs mobiles qui soutiennent les professeurs réguliers des classes maternelles et primaires.

Pour la coordination de ces écoles à projet, le “woonwagenwerk” dispose d’un contrat avec le Département d’Enseignement, qui subventionne les frais de fonctionnement et de personnel pour le poste de coordinateur à temps plein. Le coordinateur a également un mandat consultatif vis-à-vis des écoles autres que celles qu’on vient de nommer.

A l’intérieur des fonds VFIK de Genk (démarré en février 1993), de Maasmechelen et de Hasselt (qui ont démarré ensemble en novembre 1991), un contrat a été signé avec le “woonwagenwerk” pour réaliser un service socio-éducatif pour les enfants des roulottes. Cela a résulté en la subvention des frais de fonctionnement et de personnel de deux pédagogues. Leur devoir est d’établir la connexion entre les enfants et les parents, l’école ou le service P.M.S. Ceci répond parfaitement aux besoins du public-cible, qui est réparti sur un très grand nombre d’écoles.

Les autres travailleurs de terrain considèrent la problématique scolaire comme une des priorités absolues. Ils soutiennent les écoles qui désirent accueillir des enfants des roulottes, aident à trouver les écoles motivées, font le suivi des demandes de bourses d’études et informent les collaborateurs des services P.M.S. au début de chaque année scolaire...

 

4.3. Enseignement: options

4.3.1. Adapté aux enfants

En vue d’offrir aux enfants des loisirs plus sains et de maintenir les contacts entre les enfants, leurs parents et l’aide sociale aux habitants de roulottes, le “woonwagenwerk” organise une récréation en plein air. L’expérience montre que l’élaboration séparée d’un pareil service est une excellente façon d’introduire l’idée à l’intérieur du groupe-cible. Le “woonwagenwerk” a dès lors voulu être reconnu comme espace récréatif. Le but final est d’orienter les enfants vers les espaces récréatifs existants.

Pour les enfants et les parents qui le désirent, nos volontaires offrent le plus d’assistance possible pour aider à faire les devoirs des enfants. Ceci est également un moyen de découvrir les problèmes d’apprentissage et de les signaler à l’école.

Étant donné qu’il existe déjà plusieurs autre projets (cfr. ci-dessus) stimulant l’enfant des roulottes, nous voulons surtout offrir des programmes complémentaires. Les programmes "Instapje" (0 à 2 ans) et "Opstapje" (2 à 4 ans), développés aux Pays-Bas, offrent aux enfants beaucoup de possibilités supplémentaires de s’épanouir et aux parents la possibilité de s’entraîner à stimuler leur enfant. Dans ces programmes les mères du groupe-cible jouent elles-mêmes un rôle central: grâce à une formation et un statut d’emploi, certaines d’entre elles deviennent elles-mêmes les éducatrices des autres. Cette façon de travailler est surtout suivie pour les enfants de 0 à 2 ans. Pour les enfants plus âgés, des maîtresses d’école maternelle détachées sont formées et assistées par le “woonwagenwerk” afin de pouvoir continuer le travail.

Adolescents

Pour les adolescents de l’enseignement secondaire, il n’y a pas d’accueil. Pour le moment nous n’avons pas les moyens d’y remédier. A l’avenir le “woonwagenwerk” développera à ce propos une vision, pour la présenter ensuite aux instances responsables. Ceci est d’autant plus urgent que les jeunes se montrent de plus en plus motivés pour aller à l’école secondaire.

Étant donné les problèmes qui se posent lors de la transition de l’école primaire à l’école secondaire, les enfants des roulottes devraient pouvoir disposer dans l’enseignement secondaire du "droit d’asile" auprès d’un(e) professeur de contact. Ceci est un instrument très valable dans le cadre de la création de liens sociaux indispensables (cfr. 1.4. Vulnérabilité sociale).

On doit également créer la possibilité d’offrir aux jeunes qui sèchent régulièrement les cours une formation professionnelle hors de l’école. Ainsi on reste très proche de la culture nomade et on éviterait sans doute beaucoup d’exclusion sociale.

4.3.2. Adapté aux parents

Le transport à l’école, notamment des enfants des Romanis peut entraîner des frais supplémentaires dont il faut tenir compte. La provision actuelle de 200 000 FB par an et par projet pourrait être insuffisante à l’avenir: en effet, des problèmes supplémentaires de transport peuvent surgir, par exemple dans la région d’Anvers.

Le programmes de stimulation déjà mentionnés sous 4.3.1. constituent aussi pour les parents une formation adaptée et importante, à condition que les techniques leur soient apprises de façon émancipatrice. Le fait d’atteindre deux groupes-cibles en même temps fait encore gagner de l’importance à ce type de programmes.

Les assistants sociaux de l’aide sociale aux habitants de roulottes tiennent toujours à coeur leur fonction d’intermédiaire entre parent et école.

Individuel

En étant ouverts aux problèmes socio-administratifs des parents, les assistants sociaux créent pour les parents l’espace nécessaire pour pouvoir s’occuper des questions qui dépassent le besoin de survivre. Comme on a déjà dit plus haut, cela reste une partie constitutive du travail d’assistance scolaire.

Les remarques faites par les parents au sujet d’un enfant ou d’une école seront toujours traitées. Nous jouons avant tout un rôle conciliateur, toujours dans l’intention d’apprendre aux deux partenaires à résoudre leurs problèmes ensemble.

Collectif

Afin de pouvoir traiter certains aspects (enseignement, éducation générale, hygiène,...) de façon collective, le “woonwagenwerk” développe un service socio-culturel (là où le personnel est disponible) qui met l’accent sur la collectivité: excursion élargissant les horizons, conférences sur des sujets à intérêt global, organisation de pèlerinage. Une collaboration ad hoc avec les différents partenaires socio-culturels devrait permettre l’organisation optimale de ces activités collectives. Une formation interne destinée aux assistants sociaux du “woonwagenwerk” est également prévue, pour créer une compétence à ce sujet également à l’intérieur de l’organisation. Nous pensons ici d’abord à la création de "groupes-mères". La thématique autour de laquelle il faut travailler et la façon de le faire prennent forme en cours de route sur base des expériences vécues.

4.3.3. Adapté à l’école

Les projets en cours actuellement (dans les 3 écoles) doivent être prolongés et étendus. De plus en plus de familles tziganes désirent que leurs enfants aillent à l’école. Malheureusement, ce sont maintenant les écoles qui ne semblent pas assez motivées pour offrir une éducation à ces enfants.

Pour le groupe des Romanis, qui n’a pas du tout d’expérience scolaire, les classes de transition vers la première primaire sont une nécessité absolue.

On ne peut pas encore décider définitivement de la façon dont elles doivent être organisées, étant donné le peu d’expérience dans les projets actuels (qui sont en cours depuis seulement deux ans).

Ce qu’on a déjà pu constater est que

- les enfants des voyageurs ont besoin d’assistance supplémentaire en classe et que les enfants des Romanis ont besoins de classes de transition séparées, à cause de la langue et de la faible socialisation scolaire;

- les services d’aide sociale aux habitants de roulottes doivent être consultés lors de la sélection des professeurs à projet.

L’école Arc-en-Ciel de Molenbeek doit pleinement participer à ces développements.

Dans la formation (supplémentaire) des enseignants de l’école primaire ou secondaire et des collaborateurs des centres P.M.S, le thème des enfants des roulottes doit être pris en compte.

A cet effet, le “woonwagenwerk” prendra contact avec les écoles normales en vue d’y organiser des cours de professeurs invités et avec les instances de formation supplémentaire pour organiser des sessions régulières d’information. On accordera une attention particulière aux expériences positives avec le NT2, l’Enseignement Interculturel, l’Enseignement dans la Langue et la Culture Propres, l’enseignement orienté sur l’expérience pratique, l’enseignement associé aux soins intégraux et spécifiquement pour notre groupe-cible: l’enseignement à distance. En effet, le “woonwagenwerk” voudrait élaborer un système efficace pour suivre les enfants et les adolescents ayant une vie nomade en combinant l’enseignement en classe et l’enseignement à distance, de façon telle que les enfants en tirent un profit maximum. D’ailleurs, le “woonwagenwerk” ne voit pas d’obstacle à rompre le système classique des années scolaires.

A cet effet, le “woonwagenwerk” collaborera avec les partenaires et les services qui suivent d’autres minorités, notamment les enfants des cirques et des kermesses et les enfants des bateliers.

Le professeur servant de personne de contact dans l’enseignement secondaire, tel qu’il a été décrit sous 4.3.1., doit avoir l’autorité de signaler les manquements structurels de l’école auprès de la direction et des collègues. Il n’y pas que notre groupe-cible qui doit s’adapter.

 

 

 

 


TRAVAIL

 

5.1. Problématique

La structure professionnelle de la population nomade montre la situation suivante: (2)

Indépendants: 16.6 %

Salariés: 9.3 %

Sans profession (et sans revenu): 28.1 %

Revenu de remplacement: 46.1 %

En considérant que les indépendants sont la plupart du temps actifs dans le secteur des voitures d’occasion et dans le recyclage de ferraille et que 20 % des salariés travaillent par l’intermédiaire d’un bureau d’intérim, il est clair que la position économique de l’habitant de roulotte est déplorable.

Les professions traditionnelles nomades sont de moins en moins importantes sur le plan économique. Nous pensons aux rémouleurs, aux marchands de ferraille, aux rempailleurs et aux colporteurs, etc... Étant donné que les voyageurs et les tziganes sont fondamentalement orientés vers un travail flexible et indépendant, une alternative n’est pas facile à donner.

Travailler en tant que salarié est presque impossible et en plus, cela n’appartient pas du tout à la culture nomade.

Dans ce contexte nous nous préoccupons surtout des jeunes, qui ne peuvent plus, comme leurs parents, retomber sur les occupations traditionnelles. Ils n’ont presque plus aucune perspective.

5.2. Travail: mesures politiques

La conférence flamande de l’emploi de mars ’93 a prévu une politique spécifique par groupe-cible pour remédier à l’exclusion de certains groupes du marché de l’emploi. Dans ce contexte on a plaidé en faveur de

- une approche différenciée, adaptée aux besoins spécifiques;

- une approche intégrale des causes de la situation précaire de l’emploi;

- une coordination entre tous les acteurs sociaux.

Jusqu’à présent, nous n’avons pas remarqué de politique spécifique de la part du VDAB.

5.3. Travail: options

5.3.1. Guidage

Pour les personnes qui connaissent "quelque chose" d’un métier et qui veulent adopter un rythme de travail (et un rythme de vie correspondant), il faut utiliser les possibilités d’embauche des services voisins: VDAB, BLM, bureaux d’intérim, e.a. Pour ce groupe-

ci, les possibilités de (re)scolarisation et de formation, ainsi que toutes les autres initiatives communautaires ou fédérales favorisant l’embauche doivent être exploitées au maximum.

Sporadiquement, on nous demande d’accompagner un trajet d’instruction. On accepte lorsque la personne en question fait preuve de suffisamment de motivation.

A l’intérieur de la même mission, nous analysons également les causes du passage difficile de jeunes habitants de roulottes vers le marché du travail régulier, les formations professionnelles ou l’accompagnement du trajet d’instruction. Cette analyse a pour objectif de familiariser certains fonctionnaires à l’intérieur des services existants avec notre public-cible.

Cet aspect fait partie de l’aide sociale aux habitants de roulottes en général.

Pour toute la Flandre cela signifie une fonction à mi-temps par an.

5.3.2. Créer de l’emploi

Le défi le plus important reste la création de jobs supplémentaires pour notre groupe-

cible.

5.3.2.1. Le Limbourg

Au Limbourg on prévoira à cet effet un long détour pour réellement assurer une bonne correspondance entre d’une part les initiatives prises et d’autre part les besoins et les habitudes professionnelles du groupe-cible. La première étape sera la confrontation des membres du groupe-cible à des situations professionnelles, la discussion des avantages et des désavantages et de là seulement, le recrutement de candidats pour le projet de travail de notre organisation.

Ces situations professionnelles sont sélectionnées en appliquant les critères suivants: possibilité d’un travail individuel et indépendant, mobilité et variation, revenu suffisant, récupération et/ou recyclage.

Entre-temps, le “woonwagenwerk” fait une étude de marché en collaboration avec les partenaires les plus relevants pour déterminer la faisabilité d’une initiative limbourgeoise.

Celle-ci est également préparée par un travail de groupe avec les hommes qui sont intéressés par les visites aux ateliers déjà mentionnées, mais aussi par des activités culturelles et des pèlerinages: il est indispensable de continuer à aborder le sujet de l’emploi auprès du groupe-cible pour rester au courant le mieux possible de leur vision et de leur évaluation, et également pour (re)mettre en valeur l’aspect positif des initiatives.

Vers l’an 2000, le “woonwagenwerk” espère avoir inséré 20 voyageurs dans un projet d’emploi adapté au Limbourg, soit dans une entreprise de jointement, soit dans une initiative commune, ensemble avec les services collègues.

En cas d’une évaluation positive, cette façon de travailler sera appliquée dans les autres provinces.

5.3.2.2. La Flandre interrégionale

Sur base des expériences de l’aide sociale aux habitants de roulottes en Zélande, le “woonwagenwerk” vient de démarrer une initiative regroupant la Zélande et les 2 Flandres (orientale et occidentale). Il s’agit d’un projet de formation destiné à acquérir le permis de conduire C.

Cela mène de façon directe à un type d’emploi qui convient au voyageur. De façon indirecte, cela offre la possibilité de commencer avec les cursistes une conversation autour de leur vision du futur sur le plan de l’emploi. Il d’agit d’adapter le projet à cette vision en cours de route.

Un autre objectif indirect est de faire comprendre aux voyageurs et aux tziganes de la région que l’aide sociale aux habitants de roulottes existe et que l’identité nomade a (de nouveau) une chance d’exister.

 

 

 

 


CULTURE

 

6.1. Problématique

Les habitants de roulottes ont leur propre mentalité, formée par leurs propres normes et valeurs, liées étroitement à leur façon de vivre, d’habiter et de travailler. Les caractéristiques principales de cette culture nomade ont déjà été décrites sous 1.3.

La force de cette culture nomade est constituée par ses propres circuits d’emploi, d’éducation, de religion, de loisirs, de mariage et de soins pour les handicapés, les personnes âgées et les malades.

Il n’est donc pas étonnant que nos services existants pour le sport et les services culturels pour jeunes et adultes n’atteignent pas facilement la population nomade. Grâce au travail social catholique des années précédentes, nous pouvons aujourd’hui retomber sur des pèlerinages existants et sur des rites funéraires où les voyageurs et les tziganes se rencontrent.

6.2. Culture: mesures politiques

Le 9 juin ’93 le Vlaamse Raad a ratifié le décret réglementant la subvention des administrations communales et de la commission de la Communauté Flamande pour une politique d’activités sociales en faveur de la jeunesse. Pour les communes où il y a une présence assez remarquée de voyageurs, on peut créer dans le cadre de ces activités des initiatives spécifiques pour les jeunes habitants de roulottes. Cette option n’atteint cependant pas son but à cause de la grande dispersion du groupe-cible qui fait que, dans beaucoup de communes, le groupe concerné est trop petit pour une politique spécifique.

Comme les 25 % des subventions communales pour les activités sociales en faveur de la jeunesse doivent jusqu’en 1998 être réservés pour les enfants de faible condition sociale, on peut dans certaines communes essayer d’obtenir qu’une partie de ces 25 % soit attribuée aux initiatives en faveur des jeunes habitants de roulottes.

Un véritable réseau d’activités culturelles s’intégrant dans une organisation culturelle qui attire notre groupe-cible de façon spontanée demande cependant des investissements plus sérieux qui dépassent les frontières communales.

Le “woonwagenwerk” veillera à ce que les subventions des organisations autonomes de migrants restent accessibles au maximum pour les organisations autonomes d’habitants de roulottes.

6.3. Culture: options

6.3.1. Conscientisation

6.3.1.1. Forum

Centres pour le développement de la culture

A Bruges et à Genk on a la possibilité de commencer à petite échelle avec de tels centres pour voyageurs. Ces centres doivent être tout à fait à la mesure des voyageurs tant du point de vue de la forme (aménagement, décoration) que du point du vue du contenu.

Les moyens d’expression culturelle (restants) peuvent y être cultivés à nouveau: revaloriser leur propre apport à la société.

Groupements de base

La pierre d’angle du travail d’émancipation est constituée par les groupements de base. Par le biais de conversations et d’activités nous tâtonnons des expériences-limites, nous rassemblons des témoignages et nous les échangeons, afin de les enregistrer et de les publier.

Ainsi les voyageurs peuvent de nouveau formuler leur message à la société à travers des expositions, des manifestations culturelles ou par leur présence dans les médias.

6.3.2. Solidariser

6.3.2.1. Action sociale

Au terme d’ "émancipation" on associe presque immédiatement le fait de défendre collectivement ses droits. A cet effet, il faudra créer des alliances - ce qui ne semble peut-être pas évident - à l’intérieur comme à l’extérieur du monde nomade. Une telle action sociale sera nécessaire pour obtenir la réalisation de certaines exigences, déterminées par les habitants de roulottes eux-mêmes.

6.3.2.2. Auto-organisation

La défense commune des intérêts des voyageurs peut se jouer au niveau national, mais aussi au niveau local. Le “woonwagenwerk” doit soutenir les deux niveaux. Les habitants de roulottes ont leur propre organisation sociale, que le “woonwagenwerk” doit respecter et, si nécessaire, activer.

Dans ce cadre, le “woonwagenwerk” fera tout son possible pour que le congrès européen biennal des tziganes ait lieu en Flandre.

6.3.3. Revue

Dans les pays qui nous entourent il existe des revues pour voyageurs et même des revues réalisées par les voyageurs. Le “woonwagenwerk” a pour objectif de développer également un tel moyen de communication, qui jouerait un rôle important dans le processus d’émancipation. Bien que le taux d’analphabétisme soit élevé, l’expérience nous apprend que, dans nos publications actuelles, les articles qui ont une importance réelle pour les voyageurs sont toujours lus d’une manière ou d’une autre. C’est d’ailleurs un grand défi que de présenter l’information que nous voulons répandre d’une façon telle qu’elle attire l’attention des voyageurs. La rédaction, la mise en page et la diffusion gratuite jouent ici un rôle important.

6.3.4. Histoire

L’histoire est la base de l’identité. L’histoire des voyageurs ne se retrouve pas dans des documents écrits. Elle doit donc être reconstituée à partir de sources directes et pas uniquement à partir de dossiers juridiques, comme on a fait auparavant par commodité.

Des photos, des arbres généalogiques, des actes anciens, des histoires, des films...: on doit tout rassembler pour que les voyageurs renouent à nouveau avec leur passé.

Ainsi on doit exploiter les possibilités du musée de plein air de Bokrijk pour organiser une exposition de vieilles roulottes et d’outils. On a déjà établi les contacts nécessaires à cet effet.

6.4.5. Sensibilisation

Agir sur l’opinion publique est important pour tout mouvement émancipateur. Il est donc nécessaire d’entreprendre des actions de sensibilisation et de défendre les droits des voyageurs là où on essaie de violer ces droits. Les centres de formation pour fonctionnaires fondés par les provinces peuvent y jouer un rôle important.

Le “woonwagenwerk” doit contribuer à la création d’une image sociale par des publications, des actions dans les médias et des recherches scientifiques... qui doivent rendre le contexte socio-historique de la problématique des habitants de roulottes plus claire et plus compréhensible pour toute la société. A cet effet, des fonctionnaires spécialisés doivent introduire le thème de la culture nomade dans le travail socio-culturel.

 

 

 

 


SANTÉ

 

7.1. Problématique

Il n’y a pas de chiffres pour toute la Flandre, mais les chiffres du Limbourg indiquent que l’espérance de vie des hommes est situé à 54,8 ans et celle des femmes à 64,7 ans. Ceci est très inquiétant: cet âge est situé 20 ans en-dessous de la moyenne pour les hommes et 14 ans en-dessous de la moyenne pour les femmes. (1)

Les habitants de roulottes sont extrêmement préoccupés par leur santé. Mais leur compréhension du quoi et du comment est limitée. Ainsi leurs habitudes alimentaires et leur façon de vivre et d’habiter engendrent par exemple pas mal de maladies. Leur utilisation des services de santé est fréquente mais inadéquate. Les enfants ne reçoivent pas toutes les vaccinations, la médication passe souvent d’une personne à une autre...

Dans les services de santé, d’autre part, il y a une connaissance insuffisante de la problématique: un accueil inadapté du personnel médical, une tendance à se concentrer sur le traitement symptomatique, une politique peu intégrée et fonctionnant mal au niveau de la prévention, ..., tous ces facteurs font partie du problème.

7.2. Santé: mesures politiques

Comme une politique générale au niveau de la santé n’atteindra jamais les voyageurs, on pourrait dans Kind & Gezin chercher des figures centrales parmi le corps d’infirmières pour s’occuper exclusivement de tziganes et de voyageurs.

7.3. Santé: options

Pour stimuler la santé publique chez les habitants de roulottes nous voudrions faire les propositions suivantes.

Kind & Gezin pourrait indiquer par province des infirmiers/infirmières qui se spécialisent dans la visite des roulottes. Ainsi K & G améliorerait sa vision sur ce public et ses infirmiers/infirmières sauraient donner des conseils plus appropriés: de façon individuelle aux parents, de façon collective à l’occasion de rencontres éducatives des parents et au niveau externe dans la sensibilisation du personnel médical en général. Nous proposons d’adopter une rôle d’intermédiaire dans ce processus, rôle que nous pouvons assumer uniquement s’il se joue dans le cadre même de Kind & Gezin.

Notre public-cible fait preuve d’une certaine résistance à l’aide sociale, qui provient de leur contexte historique et culturel. Un comité de concertation et d’étude (allant plus loin que le “woonwagenwerk” et K & G) à propos de tout ce qui concerne la santé semble donc être nécessaire afin de comprendre le problème dans tous ses aspects et d’y trouver une solution. Vu la structure de K & G au niveau provincial et au niveau régional, le contenu et la forme de la relation avec le travail social d’aide aux habitants de roulottes présenteront de grandes différences d’une région à l’autre.

 

 

 

 


ACCUEIL (nomades étrangers)

 

8.1. Problématique

Depuis la chute du mur de Berlin, la situation de guerre en ex-Yougoslavie et la persécution ethnique en Roumanie, en Slovaquie et dans d’autres pays de l’Europe de l’Est, les groupes venant de cette région-là sont de plus en plus nombreux à trouver le chemin vers notre pays.

L’image que le citoyen moyen se fait du tzigane n’est déjà pas très positive; avec l’arrivée de "bohémiens mendiants étrangers", cette image négative est généralisée vers tout ce qui ressemble de près ou de loin à un habitant de roulotte. Ceci a des répercussions sur l’introduction de nouveaux emplacements, qu’ils soient destinés aux tziganes belges ou à des voyageurs.

De toute évidence, l’ouverture des frontières européennes intérieures a amené les tziganes des pays voisins à rester plus souvent et plus longtemps dans notre pays, surtout pendant les mois d’été.

8.2. Accueil: mesures politiques

Les Tsiganes de l’Europe de l’Est sont traités comme tous les autres réfugiés politiques: certains ont provisoirement le statut d’expatrié, mais la plupart sont expulsés.

Les tziganes des autres pays européens ne sont pas traités différemment des tziganes belges: dans la saison de migration, les expulsions sont une affaire quotidienne.

8.3. Accueil: options

Pour ces gens, le “woonwagenwerk” continue à s’efforcer de créer une structure d’accueil et de soutien. Le “woonwagenwerk” ne fait aucune distinction entre les légaux et les autres.

Le projet suit trois voies:

- aide aux individus qui font appel à nos services (Petit Château, prison, centre de transit...),

- aide aux organisations d’étrangers,

- accompagnement de centres d’intégration locaux ou régionaux sous forme de sessions d’information et de travail volontaire.

Nous devons également développer un point de vue sur une solution structurelle pour cette problématique.

En collaboration avec les groupes concernés, le “woonwagenwerk” stimulera l’implantation d’un nombre suffisant de terrains destinés à accueillir les tziganes qui sont de passage dans notre pays.

Concernant l’accompagnement des Romanis en Belgique, il faut surtout professionnaliser le travail des pionniers volontaires actuels, M. et Mme Tambour-Pierre de Merksem.
La revalorisation socio-économique des tziganes de l’Europe de l’Est reste une des principales préoccupations du “woonwagenwerk”.