Psyché

 

Le petit Robert des noms propres, p.363, France, 1997

 

    Pour Apulée (IIe siècle), l'histoire de Psyché commence dans 'une certaine ville", sans plus de précisions. Le roi et la reine se trouvaient dans une situation délicate. Leurs trois filles étaient d'une grande beauté, mais Psyché, la cadette, était si parfaite que personne n'osait même demander sa main.

    On venait de partout pour admirer Psyché comme pour contempler une œuvre d' art. Bientôt, une rumeur se répandit : la jeune princesse était bien trop belle pour être une mortelle, sous sa ravissante apparence se cachait sûrement une déesse. C'est ainsi qu'Aphrodite vit son culte peu à peu délaissé au profit de la jeune fille. 

    Folle de rage, Aphrodite mûrit sourdement sa vengeance contre la mortelle qui lui faisait un tel affront. Elle appela son Éros, lui montra Psyché et lui ordonna de faire usage de son pouvoir pour que Psyché  s'éprenne de plus laid, du plus pauvre et du plus insignifiant des hommes. Pourtant Éros n'eut même pas le temps d'agir que, sur terre, les évènements se précipitaient.

    Victime de sa beauté, Psyché avait perdu tout espoir de trouver un époux. Son père, craignant que le sort de sa fille ne soit le fait d'une punition divine, décida d'interroger l'oracle d'Apollon. Sa réponse fut brutale : le roi devait conduire sa fille, vêtue d'habits de deuil, au sommet d'un rocher où un monstre, dont les pouvoirs faisaient même trembler les dieux, viendrait l'enlever. 

    Il était inutile d'aller à l'encontre de son destin : le roi surmonta son immense douleur et fit exactement ce que l'oracle lui avait dit. Meurtrie, la foule de ses admirateurs accompagna la sacrifiée à l'endroit désigné par l'oracle.

    En fait de monstre, ce fut Zéphyr, un dieu du vent, qui souleva Psyché, l'emporta délicatement et la déposa non loin, sur une pelouse fleurie. Épuisée d'avoir trop pleuré, la malheureuse s'endormit. À son réveil, ses pas la menèrent dans un palais où tout n'était qu'or, ivoire et pierres précieuses. À peine en avait-elle franchi le seuil qu'une multitude de voix l'invitait à s'y installer.  

    Selon une autre version, le roi, la voyant sans amour pour personne, la condamna à être livrée à un monstrueux serpent ailé. Éros l'enleva et s'unit à elle dans une obscurité totale. 

    Ce ne fut que lorsqu'elle fut couchée qu'un inconnu sans visage vint la rejoindre. Était-ce le monstre dont parlait l'oracle ?  Elle n'en savait rien. Chaque soir, il arrivait à la nuit tombée et repartait à l'aube. D'ailleurs, il la prévint qu'elle le perdrait en le voyant. Le mieux, ajouta-t-il, était de ne rien dire à personne. Psyché, que ne vivait plus que dans l'attente de ses étreintes divines, obéissait docilement. Pourtant, son bonheur était obscurci par l'idée que sa famille la pleurait inutilement.

    À force de supplications, Psyché obtint enfin l'autorisation de recevoir ses deux sœurs au palais. Devant tant de richesses, celles-ci éprouvèrent une cuisante jalousie. Jouant de la naïveté de Psyché, elles lui firent tout avouer et, pour la perdre, lui suggérèrent de surprendre son énigmatique époux pendant son sommeil. Le désir de savoir qui était son mari poussa la princesse à suivre son conseil.

    Le moment venu, elle découvrit à la lumière de la lampe un visage d'adolescent d'une singulière splendeur. La joie qui submergea alors Psyché ne dura pas longtemps : une goutte d'huile brûlante tomba sur l'épaule d'Éros qui se réveilla en sursaut et s'envola sans mot dire. Consternée, la princesse prit conscience un peu tard de son affligeante erreur.

Mythologie, "Psyché dans le palais d'Éros", Éditions Atlas

    L'oracle d'Apollon, qui avait induit tout le monde en erreur, disait pourtant la vérité : en vertu de ses pouvoirs, Éros était craint des dieux et, à ce titre, passait pour une sorte de monstre. Toutefois, lorsque Aphrodite apprit comment Éros lui avait désobéi, sa colère se réveilla. Elle remua ciel et terre pour capturer Psyché. Cette dernière, qui errait désespérément à la recherche d'Éros, décida finalement de s'offrir d'elle-même au châtiment de la déesse afin d'apaiser sa fureur.

    Ce fut pour la jeune fille le début d'un véritable calvaire. Après avoir mélangé en un grand tas une multitude de graines différentes, la déesse lui ordonna de les trier avant la tombée de la nuit. La tâche paraissait impossible, mais Psyché n'eut pas à l'accomplir : ce fut une fourmi, touchée par le spectacle de tant de cruautés, qui s'en chargea. Ensuite, la jeune fille dut recueillir la laine de béliers belliqueux, puis remplir un flacon avec l'eau noire du Styx et enfin, ramener la beauté de Perséphone.

    Et voilà Psyché partie aux Enfers, avec des gâteaux au miel pour amadouer Cerbère, puis revenant avec une boîte vide.

    Cependant, Éros, dont le cœur brûlait d'amour pour la princesse, s'envola par la fenêtre de la pièce où sa mère le tenait captif. Il courut plaider sa cause auprès de Zeus qui, après quelques remontrances, accepta de convoquer une assemblée des dieux et consacra leur union. Psyché fut rendue immortelle et vécut dans l'éternelle félicité de l'Amour. 

Mythologie, "Psyché dans le palais d'Éros", Éditions Atlas

    Psyché est le symbole de l'Âme, à la recherche de son idéal, ou de la purification de l'âme déçue et sauvée par l'Amour.

 

 

 

 

 

sources : texte : Atlas de la mythologie, "Psyché dans le palais d'Éros", Éditions Atlas

                         Le petit Robert des noms propres, p.1693, France, 1997

                         Myriam Philibert, Dictionnaire illustré des mythologies, p.262, Éditions de Lodi, France, 1997.

             images : Atlas de la mythologie, "Psyché dans le palais d'Éros", Éditions Atlas

                          Le petit Robert des noms propres, p.363, France, 1997