Prométhée

 

Atlas de la mythologie, "Prométhée, père de l'humanité", Éditions Atlas, UE, 2003

 

    Prométhée était le fils du Titan Japet et de l'Océanide Clyméné. Il était le frère d'Atlas, de Ménoetios et d'Épiméthée. Si Prométhée se révélait sage et prévoyant, l'écervelé Épiméthée semait les dons a tous vents. Lors du conflit des Olympiens contre les Titans et les Géants, les deux frères se rangèrent du côté de Zeus, sans pour autant renier leurs origines, alors qu'Atlas combattit pour les Titans. Prométhée, dont le nom signifie "celui qui prévoit", prédit que Zeus serait victorieux. 

    Pour le remercier de son aide, Zeus confia la tâche à Prométhée, devenu le favori d'Athéna et l'assistant de tous ses travaux d'artisanat, de créer la vie sur terre. Après avoir créer les animaux, Prométhée confectionna, avec l'accord de Zeus, des figurines d'argile à l'image des dieux. Avec de la terre glaise et de l'eau, il fabriqua une carcasse humaine. Satisfait du résultat, il insuffla la vie dans ses petites statuettes, mais, cette fois, sans demander la permission de Zeus. Selon d'autres versions, ce serait Athéna qui anima les statuettes de son souffle.

    Zeus, vexé, décida de se désintéressé des humains. À cette époque, ceux-ci vivaient encore avec les dieux. Le roi des dieux, qui en avait assez de voir les hommes vivre bienheureux avec les hommes comme s'ils étaient leurs égaux, demanda à Prométhée d'effectuer, dans la plaine de Mécôné, le sacrifice d'un taureau, puis de partager ce qui revenait aux hommes et ce qui revenait aux dieux. 

    Prométhée dissimula les bons morceaux dans la panse peu ragoûtante de l'animal et enveloppa leurs os et leurs viscères sous une graisse blanche appétissante. Il invita ensuite Zeus à choisir la part des dieux. Celui-ci choisit pour les dieux ce qu'il pensait être la meilleure part, les os recouverts de graisse. Depuis ce jour, les fidèles reçurent la meilleure part de l'animal sacrificiel. Le roi des dieux se vengea sur les hommes en les condamnant à manger leur viande crue.

    Ce fut alors que Prométhée décida de donner le Feu à l'humanité. Aidé par Athéna, il se rendit jusqu'au char du Soleil (ou dans la forge d'Héphaïstos, selon les versions), portant une branche de fenouil, plante dont la particularité est d'être sèche à l'intérieur. Il déroba une semence de feu et l'inséra dans la tige du fenouil, à l'abri des regards. Puis il redescendit sur terre avec son précieux butin pour en faire don aux hommes. 

Atlas de la mythologie, "Le supplice de Prométhée", Éditions Atlas, UE, 2003

    Comme ces derniers ignoraient tout de l'art du feu, il leur expliqua comment le conserver sous la cendre, comment l'alimenter avec du bois. Et ce fut ainsi que sur terre, des milliers de feux de joie s'allumèrent comme des lampions, à la surprise de tous les autres dieux, de Zeus en particulier.    

    Prométhée ne se contenta pas de donner le feu aux hommes. Il leur enseigna l'ensemble du savoir qui fonde une civilisation : tisser, bâtir des maisons, fabriquer des outils, travailler les métaux, chasser, pêcher, dompter les animaux et cultiver. Il leur enseigna l'astronomie, l'écriture, les mathématiques, la médecine et la divination

     Mais sonna la vengeance de Zeus. Pour punir l'humanité des cadeaux de Prométhée, Zeus imagina une chose superbe mais perverse : une femme, Pandore, dont le nom signifie "grand cadeau", aussi fantasque qu'attirante. Il l'envoya sur terre. Elle portait un coffret qui ne devait pas être ouvert. Bientôt, comme Zeus l'avait prévu, Pandore décida d'ouvrir le mystérieux coffret. Aussitôt, s'en échappèrent les malheurs qui tourmentent l'humanité tels que la famine, la guerre et le péché. Seule l'espérance resta au fond de la boîte.

    Pour châtier Prométhée, Zeus le condamna à être enchaîné sur un rocher du Caucase (ou sur un roc dans le désert de Scythie) et jura par le Styx que jamais il ne l'en détacherait. Obéissant au ordre du maître de l'Olympe, Héphaïstos enchaîna alors Prométhée au sommet d'une montagne désolée. Il lui enserra les quatre membres dans des anneaux infrangibles et lui planta dans la poitrine un coin d'acier, de telle sorte que le Titan ne pouvait plus faire le moindre geste, pas même plier un genou.

    Si Prométhée endurait son supplice dignement, il ne cessait d'insulter Zeus et de montrer l'iniquité de son traitement aux quelques visiteurs qui venait s'apitoyer sur son sort. Fort de son pouvoir divinatoire, il menaçait le roi des dieux d'une fin prochaine tout en se gardant bien de lui révéler qui le renverserait.

    Irrité par ses imprécations, Zeus se décida d'aggraver le calvaire de celui qui se montrait si obstiné et si hautain dans la douleur. Il envoya son aigle aux larges ailes, né d'Échidna et de Typhon, se repaître du foie du prisonnier. Chaque jour, l'oiseau éployé plongeait son bec dans les entrailles de Prométhée, et chaque nuit, le foie du condamné se reconstituait. Des milliers d'années passèrent, Prométhée ployait toujours sous la douleur sans que ce triste spectacle n'éveillât la moindre compassion dans le cœur de Zeus.

Mythologies, une anthologie illustrée des mythes et légendes du monde, p.151, Édition Gründ, Paris, 2002

    Au bout de trente mille ans, alors que le rapace s'apprêtait à se régaler de nouveau, Héraclès traversa la région du Caucase et s'approcha du sommet où le révolté était cloué. À la vue des souffrances qu'endurait Prométhée, il fut pris de pitié. Il banda son arc, et d'une flèche, abattit l'aigle. En guise de remerciement, Prométhée lui enseigna comment se procurer les pommes du jardin des Hespérides.

    Considérant cet exploit comme une nouvelle preuve de vaillance de son fils, Zeus avait laissé Héraclès délivrer Prométhée. En revanche, afin de ne pas rompre son serment selon lequel le voleur de feu serait éternellement lié au rocher, il obligea Prométhée à porter continuellement une bague faite du métal de ses chaînes et un morceau du rocher de son martyr. 

    Après tant d'années d'épreuves, Prométhée s'était de son côté adouci. Il avait finalement accepté de dévoiler à Zeus le secret d'un ancien oracle qu'il détenait et mit en garde le roi des dieux de toute union avec la Nymphe Thétis, car le fils qu'elle lui donnerait le détrônerait. Grâce à cet avertissement, il put échapper au destin qui fut celui de son père et de son grand-père.

    Apaisé par cet aveu, Zeus autorisa Prométhée à devenir immortel à la place de Chiron, blessé accidentellement par une des flèches empoisonnées d'Héraclès et ne pouvant guérir, qui préféra la mort aux souffrances qu'il endurait.

    Un autre jour, avant que Zeus n'inonde la Terre de pluies diluviennes et n'anéantisse l'espèce humaine, Prométhée eut le temps de prévenir son fils Deucalion et son épouse Pyrrha. Sur ses conseils, ils construisirent une arche et s'y abritèrent. Le neuvième jour du déluge, leur bateau accosta au sommet d'une montagne. Là, en jetant des pierres, ils créèrent une seconde espèce humaine. Grâce à son pouvoir divinatoire, Prométhée venait de sauver une nouvelle fois les hommes 

 

 

 

 

 

sources : texte : Philibert Myriam, Dictionnaire illustré des mythologies, p.260-261, Éditions de Lodi, France, 1997.

                         Le petit Robert des noms propres, p.1688, France, 1997

                         Mythologies, une anthologie illustrée des mythes et légendes du monde, p.151, Édition Gründ, Paris, 2002

                         Atlas de la mythologie, "Prométhée, père de l'humanité", Éditions Atlas, UE, 2003

                         Atlas de la mythologie, "L'ami des hommes", Éditions Atlas, UE, 2003

                         Atlas de la mythologie, "Le supplice de Prométhée", Éditions Atlas, UE, 2003

              sources : Mythologies, une anthologie illustrée des mythes et légendes du monde, Édition Gründ, Paris, 2002

                            Atlas de la mythologie, "Prométhée, père de l'humanité", Éditions Atlas, UE, 2003

                            Atlas de la mythologie, "Le supplice de Prométhée", Éditions Atlas, UE, 2003