Hermaphrodite

 

Découverte de l'art, "L'art grec un idéal de beauté", p.214, Editorial Planeta Barcelone/Handforth Londres, 1985

    Hermaphrodite était le fils d'Hermès et d'Aphrodite, auxquels il doit son nom. Versée dans l'art de la séduction, et parée d'une ceinture d'or qui la rend irrésistible, Aphrodite faisait naître le désir dans le cœur de chaque homme. Hermès n'échappa pas à son pouvoir et éprouva une passion violente pour la déesse. Mais malgré les nombreuses qualités du dieu amoureux, Aphrodite le repoussa.

    La tristesse de l'amant éconduit finit par attirer la pitié de Zeus lui-même. Le seigneur des dieux envoya alors un aigle voler une sandale d'Aphrodite pendant que celle-ci se baignait. L'oiseau apporta la sandale à Hermès qui n'avait plus à attendre qu'Aphrodite vienne la rechercher. Ce qu'elle fit : le dieu saisit alors sa chance et renouvela ses avances. Bientôt, la plus belle des déesses se laissa séduire et Hermès fut, le temps d'une étreinte, le plus heureux des dieux.

    L'aspect physique de l'enfant qui naquit fut remarquable, mais sa beauté le trahira. Car une telle perfection va se révéler dangereuse. Hermaphrodite grandit loin du regard des autres. Il fut élevé par les Oréades, Nymphes des montagnes, dans les cavernes du Mont Ida, en Phrygie. Devenu adolescent, il éprouva le besoin d'élargir son horizon et de sortir enfin des grottes phrygiennes.

    Le jeune homme s'aventura loin des montagnes de son enfance, plein de curiosité pour un monde qu'il connaissait mal. Tout au long du chemin, il se laissa surprendre par des Nymphes qui sautait sans bruit devant lui, à travers pentes et rochers. Fraîches et légères, les Dryades, Nymphes des bois, étaient encore plus habiles à se dissimuler en présence de l'étranger. Mais aucune d'elles ne cherchait à lui nuire car son incomparable beauté et son charme naturel protégeait le fils d'Aphrodite.

    C'est près d'une fontaine, non loin d'Halicarnasse, en Carie, que le jeune Hermaphrodite rencontra son destin. Comme toutes les sources, celle-ci était protégée par une Naïade. Celle-ci se nommait Salmacis. D'ordinaire, les Nymphes des fontaines ne différaient pas de leurs sœurs des bois et des montagnes, mais la jeune Salmacis était unique en son genre.

    Obsédée par la beauté, seule valeur à ses yeux, la Naïade d'Halicarnasse était incapable de quitter sa fontaine. Elle ne se joignait jamais aux joyeuses parties de chasse organisées par Artémis et refusait toute invitation. Elle passait ses journées à arranger la disposition des fougères, se peignait pendant des heures et surtout, admirait sans cesse son reflet dans l'eau.

    Salmacis, cette nymphe vaniteuse allait changer à jamais la vie d'Hermaphrodite. La première fois qu'elle le vit le jeune homme, elle fut aussitôt émerveillée. Fascinée, elle était littéralement foudroyée d'amour pour lui. À partir de cet instant, le désir de Salmacis ne connut aucune limite.

    La nymphe aborda le jeune homme qui déclenchait en elle une émotion aussi violente, et lui déclara sa flamme. Innocent, Hermaphrodite fut troublé par la nouveauté de la situation. Effrayé même par l'intensité de ses sentiments, il chercha à s'enfuir mais la nymphe s'empressa de le rassurer. Puis Salmacis, semblant comprendre son effroi, s'éloigna habilement.

    Hermaphrodite se détendit alors et, sans méfiance, décida de se baigner dans la fontaine. Salmacis, qui l'observait à distance, exulta car elle savait qu'à peine immergé dans l'eau de la source, l'éphèbe serait à elle. Le moment venu, la Naïade plongea à son tour et s'élança vers lui pour l'embrasser. Ses baisers passionnés empêchaient Hermaphrodite de respirer et il fut bientôt entraîné vers le fond. Plus le jeune homme se débattait et plus l'étreinte se resserrait. Car la nymphe enlaçait de toutes ses forces et supplia les dieux d'unir leurs deux corps en un seul, pour toujours.

Mythologie, "Hermaphrodite", Éditions Atlas

    Quand Hermaphrodite sortit de l'eau, il dut se rendre  à l'évidence : les dieux avait exaucés le souhait de la Naïade. Son corps présentait des proportions et même une poitrine de femme, tandis que ses organes mâles étaient demeurés inchangés. Dans son désarroi, le jeune homme implora ses parents de maudire l'endroit de cette transformation. Aphrodite et Hermès satisferont sa demande : à partit de ce moment, tous les hommes qui viendraient se baigner dans la fontaine de Salmacis connaîtraient le même sort que leur fils.

 

 

 

 

 

 sources : texte : Atlas de la mythologie, "Hermaphrodite", Éditions Atlas

                          Le petit Robert des noms propres, p.954, France, 1997

                          Myriam Philibert, Dictionnaire illustré des mythologies, p.233, Éditions de Lodi, France, 1997.

               images : Atlas de la mythologie, "Hermaphrodite", Éditions Atlas

                            Découverte de l'art, "L'art grec un idéal de beauté", p.214, Editorial Planeta Barcelone/Handforth Londres, 1985