Héraclès

       

 

Mythologies, une anthologie illustrée des mythes et légendes du monde, p.196, Édition Gründ, Paris, 2002 

 

 

 

naissance et jeunesse

    Héraclès est le fils de Zeus et d'Alcmène. Le roi des dieux avait pris l'apparence d'Amphitryon, l'époux d'Alcmène, pour la séduire. Plus tard, elle mis au monde des jumeaux de pères différents : Héraclès, fils de Zeus et Iphiclès, fils d'Amphitryon. (=> voir Alcmène)

    Le héros fut d'abord appelé Alcide, de celui de son grand-père Alcée. Le nom "Héraclès" signifiant "la gloire d'Héra" est dû à l'épreuve permanente que fut sa vie terrestre, épreuve inspirée par la haine de la déesse.

    Voulant que le premier-né devienne non seulement le plus fort de tous les hommes mais encore un dieu, Zeus persuada Héra de donner le sein au nourrisson afin que celui-ci boive ainsi le lait de l'immortalité. Héraclès voulut téter avec une telle ardeur que Héra, blessée, le repoussa violemment. Quant elle apprit que le nouveau-né lui ayant causé une telle douleur était le fils illégitime de Zeus, sa colère fut terrible, et elle lui voua une haine éternelle.

    Selon une autre version, c'est Hermès qui, profitant du sommeil de la déesse, déposa l'enfant sur son sein. Lorsqu'elle s'en aperçut, Héra repoussa violemment l'enfant. Mais il était trop tard, le nourrisson avait eu le temps d'avaler quelques gorgées, tandis que des gouttes de lait jaillissaient avec force du sein de la déesse, pour former dans le ciel la Voie lactée. 

    Héraclès étant encore endormi dans son berceau quand Héra tenta une première fois de se venger. Elle introduisit deux serpents dans la chambre des jumeaux. Aussitôt les animaux s'enroulèrent autour des deux nouveaux-nés pour les étouffer. Iphiclès, terrorisé, tenta de fuir mais Héraclès dont la force était déjà phénoménale, saisit un serpent dans chaque main et les étrangla. Quand on pénétra dans la pièce, on le retrouva brandissant fièrement les deux serpents morts. Héra ne tenta plus jamais de tuer Héraclès directement, mais elle eut recours à des artifices pour essayer de s'en débarrasser.

Mythologie, "l'enfance d'Hercule", Éditions Atlas

    L'enfance d'Héraclès fut heureuse et se déroula pour l'essentiel sans incident. Il fut formé par les meilleurs maîtres. Il apprit par son père l'art de conduire un char et de monter à cheval. Le roi d'Œchalie, Eurytos, lui enseigna le tir à l'arc. Castor l'initia au maniement des armes. Il devint ainsi un lutteur, un pugiliste, un archer et un escrimeur plus habile que tout autre mortel. 

    Il apprit aussi à maîtriser les arts du chant et de la musique qui lui furent enseigné par Linos. Hélas, Héraclès, qui n'avait pas l'oreille musicale, était un élève dissipé et se faisait souvent réprimandé par son professeur. Un jour, fatigué d'être réprimandé, il saisit un tabouret et tua Linos d'un seul coup. Accusé de meurtre, le jeune héros dut répondre de son geste devant un tribunal. Il se justifia auprès de ses juges en plaidant la légitime défense selon une jurisprudence instituée par le sage crétois Rhadamante. Amphitryon lui pardonna, mais il l'envoya se calmer en gardant des troupeaux sur le mont Cithéron, près de Thèbes. 

    C'est là qu'il dut relever son premier véritable défi : venir à bout d'un lion féroce qui décimait le bétail. Il le tua après 50 jours de traque à coup de massue d'olivier et le dépouilla. Par la suite, la massue et la peau de lion jetée sur l'épaule devinrent son signe distinctif. C'est à l'occasion de cette chasse que fut conçue la plus grande partie de la descendance d'Héraclès. Le roi Thespios, chez qui il passait ses nuits, fit en sorte qu'il couchât avec ses cinquante filles, qui mirent au monde cinquante fils, les Thespiades. Chaque nuit, Héraclès, abruti par la fatigue d'une longue journée de chasse, croyait pour sa part s'unir avec une seule et même jeune fille.

    En rentrant chez lui à Thèbes, il rencontra des hérauts d'armes de la ville voisine d'Orchomène et s'enquit des raisons de leur déplacement. Ils lui apprirent qu'ils allaient à Thèbes pour collecter le tribut annuel que les Thébains devaient verser à leur souverain, le roi des Myniens, pour le remercier de sa mansuétude : il leur avait épargné d'avoir les mains, les oreilles et le nez coupés. Héraclès, indigné, infligea aux hérauts le supplice même qu'ils venaient de décrire et les renvoya à leur maître horriblement mutilés. Inévitablement, ce traitement provoqua un guerre entre les deux peuples. Héraclès se mit à la tête des Thébains, infligea presque seul une défaite cuisante aux Myniens et tua leur cruel monarque. Fêté comme un héros à son retour, il fut récompenser par le roi Créon, le roi de Thèbes, qui lui offrit sa fille, la princesse Mégare.

    C'est ainsi que commença pour Héraclès la période la plus heureuse de sa vie. Sa femme lui donna trois (ou huit, selon les version) fils et il mena l'existence paisible avec sa famille, certain qu'il allait hériter du trône de Thèbes à la mort du vieux roi Créon. Cependant, Héra, qui n'avait pas renoncé à se venger, frappa : elle fit perdre la raison à Héraclès. Celui-ci crut voir en ses fils des ennemis et les tua. Lorsqu'elle apprit la massacre, Mégare mourut le cœur brisé.

    Quand Héraclès eut retrouvé la raison et comprit ce qu'il avait fait pendant son délire, il décida de se rendre à Delphes pur demander à l'oracle d'Apollon s'il y avait un moyen de se faire pardonner son crime. La Pythie lui donna des ordres précis : se rendre à Tirynthe, dans le domaine de son cousin Eurysthée, roi de Mycènes, se mettre à son service pour une durée indéterminée et accomplir les tâches qui lui seraient demandées, quelques qu'elles fussent. S'il réussissait à se soumettre à cette épreuve, il serait pardonné et récompensé par l'immortalité. Prêt à tout supporté, le héros accepta cette humiliation.

 

1er travail : tuer le lion de Némée

    Eurysthée fut loin d'être ravi de l'arrivée d'Héraclès, car celui-ci était de sang royal : son père terrestre, Amphitryon, avait été roi de Mycènes avant d'âtre déposé car il avait accidentellement tué un proche parent. Eurysthée redoutait la présence d'un rival, mais il voyait dans les travaux qu'Héraclès avait accepté d'accomplir un don du ciel lui donnant une chance de s'en débarrasser. Il réfléchit à un défi qui serait fatal à son cousin et pensa soudain au lion de Némée. Réputé invulnérable, ce fauve redoutable terrorisait la région au nord de Mycènes et était le frère du Sphinx.

    En se lançant à la poursuite du lion de Némée, Hercule avait la sobre tranquillité de celui qui n'a jamais été vaincu. Avant toute chose, il dut repérer sa proie. Il arriva à la mi-journée sur le repère habituel de la bête. Mais alors, aucun bruit, rien n'annonçait les mouvements du monstre.

Mythologies, une anthologie illustrée des mythes et légendes du monde, p.198, Édition Gründ, Paris, 2002 

    Aucun homme, non plus, pour renseigner Héraclès : chacun se terrait chez soi, dans la peur et le deuil. Sans hésitation, le héros se mit en chasse.  Alors qu'il était à la recherche du monstre, Héraclès fut accueillit chez Molorchos, un paysan pauvre dont le fils avait été tué par le lion. En apprenant ce que le héros avait l'intention d'accomplir sur ses terres désolées, Molorchos voulut sur-le-champ l'honorer du sacrifice de son bélier, qui était pourtant sa seule et dernière richesse. Mais Héraclès lui demanda d'attendre trente jours : alors, s'il n'était pas revenu, il pourrait faire le sacrifice en sa mémoire. Par contre, s'il réapparaissait, il faudrait tuer l'animal en l'honneur de "Zeus le sauveur". 

    Le trentième jour s'écoula, sans nouvelles d'Héraclès. La mort dans l'âme, pleurant déjà celui dont le courage méritait qu'on lui sacrifiât son unique bien, Molorchos s'apprêtait à tuer sa bête lorsqu' apparut  Héraclès, dans les habits de la victoire. Comme convenu, ils célébrèrent le retour du héros en offrant le bélier à Zeus, le Sauveur.

 En effet, juste avant la tombée du soir, alors qu'Héraclès avait, sans interruption sillonné toute la montagne, le lion immense lui était apparut.

    Sur la poitrine du lion de Némée brillait encore les traces du dernier carnage. Repu de sang, il n'aperçut pas le héros, qui en profita pour lui décocher une première flèche. En s'échouant sur l'épaisse cuirasse du lion, le tir ne fit que l'avertir d'une présence hostile. Une deuxième flèche, toute aussi vaine, attira le regard du monstre, qui découvrit l'intrus.

    Héraclès comprit alors qu'il faisait face à un être surnaturel, qui ne pouvait être blessé par le fer ou par le bronze : il dut donc lutter au corps à corps. Brandissant sa massue, il s'élança vers la bête, qui se réfugia dans sa grotte à deux entrées. Héraclès, dont la modeste intelligence était toute entière au service de la lutte, boucha alors l'une des deux issues, et pénétra dans l'impasse. Puis il saisit le lion au coup, par derrière, afin d'éviter que ses griffes ne le déchirent, et, de ses deux mains nues, l'étrangla.

Mythologie, "Hercule et le lion de Némée", Éditions Atlas 

    De nombreux combats attendait encore Héraclès : il voulut donc le dépouiller de sa peau avec son épée, mais celle-ci ne pouvant pénétrer dans la chair, il se servit des griffes de l'animal pour l'écorcher. Enfin, il remplaça sa vieille peau de lion par celle de sa victime, tandis que son crâne lui fit un casque. Ainsi, c'est non seulement en vainqueur, mais aussi mieux armé, qu'il traîna la dépouille en direction de Mycènes.

    Eurysthée fut consterné d'apprendre le retour d'Héraclès. Il comprit qu'un homme ayant réussi à tuer un tel monstre pourrait facilement se débarrasser de lui. Aussitôt, il ordonna à Héraclès de ne plus entrer dans la ville et de déposer, à l'avenir, le corps de ses victimes à l'extérieur des portes. Ses travaux lui serait à présent dictés par l'intermédiaire d'un héraut, Copreus.  Terrorisé, il fit confectionner une énorme jarre en cuivre pour s'y dissimuler chaque fois qu'Héraclès se trouverait au palais.        

 

2e travail : tuer l'Hydre de Lerne

    Eurysthée espérait que son cousin ne reviendrait pas vivant du deuxième travail qu'il allait lui confier : se rendre sur les marais de Lerne, sur le golfe d'Argos, au sud-ouest de Mycènes, et y tuer l'Hydre, un serpent aquatique monstrueux muni de neuf têtes venimeuses et à l'haleine mortelle. Héra, qui poursuivait inlassablement Héraclès, s'était elle-même chargée d'élever le monstre de Lerne, dans le but de l'opposer un jour au héros. L'hydre avait grandi sur des terres marécageuses, près de la source Amymoné. Le serpent ravageait les récoltes de la région et décimait les troupeaux des pauvres fermiers.

Le petit Robert des noms propres, p.93,  France, 1997

    Héraclès demanda au fils d'Eurysthée, Iolaos, de l'accompagner dans son expédition. Une fois sur place, suivant le conseil d'Athéna, il força l'Hydre à sortir de sa caverne en tirant des flèches enflammées dans son repaire. Le monstre sortit aussitôt et le héros l'attaqua à la massue (ou à l'épée). Mais chaque fois qu'il réduisait une tête menaçante en bouillie, deux nouvelles têtes la remplaçaient aussitôt. 

    Iolaos eut alors une idée de génie : il courut mettre le feu à la forêt voisine et rapporta des brandons incandescents à Héraclès qui brûlait chaque blessures qu'il infligeait au monstre. Ainsi consumée, la chair putride de l'Hydre ne pouvait se reconstituer. La forêt en flammes offrait un brasier permanent ; Iolaos y alluma autant de brandons qu'il en fallut au héros et bientôt, l'une après l'autre, toutes les têtes mortelles de l'Hydre furent détruites.

Mythologie, "Hercule et l'hydre de Lerne", Éditions Atlas

    Héra, qui voyait sa vengeance sur lé point d'échouer, envoya Carcinos, un crabe géant, s'attaquer à Héraclès. Mordu au talon, le héros en conçut une vive colère et l'écrasa d'une puissant coup de massue. La déesse éleva alors Carcinos au rang des constellations : il deviendra le signe du Cancer.

    Bientôt, il ne resta plus à Héraclès que la tête centrale à éliminer. Athéna lui avait révélé que celle-ci était immortelle. Aussi, après l'avoir tranché avec son épée, il l'enfouit sous un énorme rocher. Avant de quitter les lieux, Héraclès trempa la pointe de ses flèches dans le sac à venin de l'Hydre. Ses flèches furent désormais doublement mortelles, aucun antidote n'étant connu.

 

3e travail : capturer la biche de Cérinye 

    Eurysthée estima qu' Héraclès avait triché en se faisant aider par Iolaos et que son exploit était donc sans valeur. Il le chargea ensuite d'un troisième travail : capturer la biche de Cérinye, un animal d'une beauté extraordinaire portant des sabots de bronze et des bois d'or. Cette biche était si agile qu'il fallut à Héraclès une année entière pour l'atteindre au pays des Hyperboréens et la ramener vivante à Mycènes.

 

4e travail : capturer le sanglier d'Érymanthe

    Comme quatrième travail, Héraclès fut chargé de s'emparer d'un autre animal, le sanglier d'Érymanthe. Ce gigantesque animal avait élu territoire sur les pentes neigeuses du mont Érymanthe, en Arcadie. Il ravageait le royaume de Psophis et terrifiait ses habitants. 

    Cette fois-ci, Héraclès dut accomplir seul cet exploit. La tâche était d'autant plus difficile qu'il ne pouvait tuer le monstre et devait parvenir à le ramener vivant à Mycènes. Il se rendit donc dans le Péloponnèse, sur le mont Érymanthe situé aux confins de l'Arcadie.

    Pendant de longs mois, Héraclès traqua la bête. S'il parvint à plusieurs reprises à repérer sa piste, il la perdit aussitôt. Alors qu'il pourchassait le sanglier, le héros fut hébergé par le généreux Centaure Pholos. Contrairement à ses pairs, ce dernier se caractérisait par sa bonté et sa sagesse. Ainsi, ce fut avec chaleur qu'il accueillit en sa demeure Héraclès, exténué par sa longue chasse. Il s'empressa de contenter son hôte, lui offrant autant de nourriture qu'il en possédait et veillant sur le moindre détail à son confort.

    Héraclès, apercevant une jarre, réclama à son hôte le vin qu'elle renfermait. Pholos opposa cette fois-ci quelques réticences : ce vin appartenait aux Centaures et il serait très dangereux de déboucher l'amphore, l'odeur de l'alcool risquant de les attirer. Mais Héraclès insista et Pholos, au mépris du danger encouru, satisfit la demande de son invité.

    Mais, déjà, des bruits de sabots retentirent au loin. Les Centaures, attirés par les effluves du vin, leur boisson favorite, accoururent furieusement pour affronter le voleur. Faisant irruption chez Pholos, les êtres hybrides se trouvèrent confrontés à une résistance de taille, Héraclès, qui ne semblait pas se soucier de leur présence et acheva paisiblement son repas.

    Exaspérés, les Centaures assoiffés de vengeance furent décidés à administrer une correction à l'opportun. Héraclès, qui s'était préparé à une telle réaction, ne se fit pas prier. Il se précipita sur ses flèches empoisonnées et visa les Centaures les uns après les autres. Rongés par le venin de l'Hydre de Lerne dont Héraclès avait enduits ses traits, les Centaures s'effondrèrent bientôt.

    l'hôte d'Héraclès, qui assistait à la scène, ne cacha pas son étonnement. Quelle était donc la particularité de ses flèches qui tuait d'une simple égratignure ?  Désireux de satisfaire sa curiosité, il s'empara de l'une d'elles et alors qu'il la manipulait, il se piqua malencontreusement le doigt. Le poison na tarda pas à faire effet et Pholos, s'affala, suffocant. En proie à une terrible douleur, il supplia les dieux de le laisser mourir, lui qui bénéficiait du plus beau des présents, l'immortalité.

    Héraclès reprit sa chasse. L'hiver débuta alors et la neige commença à tomber abondamment. Enfin, le héros découvrit la tanière du sanglier. Déterminer à le capturer, il dut pourtant parvenir à le faire sortir de son antre et ne put s'y risquer sans mettre sa vie en danger.

    Héraclès opta alors pour la ruse : ses effroyables hurlements réussirent à apeurer l'animal qui se précipita hors de la grotte. Tirant profit des conditions climatiques, Héraclès contraint le sanglier à courir dans l'épais tapis de neige. Après plusieurs heures de poursuite ininterrompue, la bête, à bout de forces, s'effondra, Héraclès s'empressa alors de la ligoter solidement et de l'emprisonner dans un filet.

Mythologie, "Hercule et le sanglier d'Érymanthe", Éditions Atlas

    Affligé par la disparition de Phobos, Héraclès d'en retourna à Mycènes, portant sur son dos le sanglier d'Érymanthe. Une fois encore, il ne fut pas autorisé à pénétrer dans la cité et dut déposer sa prise au pied des remparts.

Mythologies, une anthologie illustrée des mythes et légendes du monde, p.201, Édition Gründ, Paris, 2002 

      

5e travail : nettoyer les écuries d'Augias

    Son cinquième travail entraîna Héraclès au-delà du mont Érymanthe jusqu'à Élide, non loin de la côte occidentale du Péloponnèse. Le souverain de cette ville, le roi Augias, était renommé pour l'abondance de ses troupeaux, mais ses écuries n'avaient jamais été nettoyées. Les ordres d'Eurysthée étaient de faire disparaître l'accumulation de fumier en une seule journée.

    Augias tenait des nombreux chevaux de son père Hélios, le dieu-Soleil, qui parcourait le ciel sur son char au puissant attelage. Cependant, l'immensité des écuries d'Augias n'avait d'égale que leur saleté : cela faisait bien longtemps que le fumier s'y accumulait sous l'œil indifférent du roi. Privées d'engrais, les terres du royaume d'Élide perdaient peu à peu leur fertilité.

    Lorsque, au terme d'un long voyage à travers le Péloponnèse, Héraclès aperçut les fameuses écuries, il fut saisi par l'odeur infecte qui s'en dégageait. Augias ne tarda pas à le recevoir et convint qu'il cèderait à Héraclès un dixième de son troupeau s'il terminait le nettoyage avant la nuit. Il s'agissait, certes, d'une récompense de taille, mais le roi n'y voyait qu'une occasion d'assainir ses écuries gratuitement, car il était persuadé que le héros ne pourrait respecter ce délai.

    Héraclès serait sans aucun doute parvenu au terme de ce nouveau travail, si le temps ne lui était compté. Or, Héraclès n'était pas de ceux qui s'en tenait  aux limites de la puissance humaine. Après quelques instants de réflexion, il se mit à l'ouvrage. 

    Cependant, le héros ne commença pas par charrier en toute hâte des sacs de fumier, comme on pouvait s'y attendre. Sous le regard étonné de Phylée, le fils d'Augias, il ouvrit les brèches dans le mur d'enceinte des écuries. Puis, il en creusa une seconde, à l'extrémité opposée de l'enclos. Héraclès rejoignit ensuite les rives du fleuve Alphée et Pénée, qui coulait non loin de là, et en détourna les cours de direction des étables : l'eau s'engouffra par l'une des deux ouverture et ressortit par l'autre. En un instant, tout le fumier fut évacué. Après quoi, il éleva des remblais pour rediriger l'eau dans le lit des fleuves. 

    Stupéfait le roi accueillit froidement l'exploit d'Héraclès. Il chercha un prétexte pour ne pas honorer son accord, et en trouva un dans le fait qu'Héraclès était l'esclave d'Eurysthée, et qu'il ne pouvait par conséquent recevoir un salaire. Il nia même avoir conclu le moindre marché.

    Toutefois, le héros insista, et, selon une version du mythe, l'affaire alla jusqu'au procès, au cours duquel Phylée ne craignit pas de désavouer son propre père. La fureur du roi le poussa alors à briser le cadre de la légalité, auquel il avait promis de se soumettre : avant que le verdict ne tombe, il bannit Héraclès et Phylée de son royaume. 

 

6e travail : tuer les oiseaux du lac Stymphale

    Pour son sixième travail, Héraclès dut se rendre non loin de Mycènes, au nord-ouest, sur le lac Stymphale, habitat d'un espèce d'oiseau aux ailes, serres et becs d'airain qui se nourrissait de chair humaine et dont Eurysthée avait ordonné l'éradication. Athéna conseilla au héros de les effrayer, grâce à la crécelle forgée par Héphaïstos, dont Héraclès s'était muni. Il fit un bruit si assourdissant que tous les rapaces s'envolèrent à tire-d'aile, ce qui permit au héros, dont l'habileté d'archer était légendaire, de les abattre les uns après les autres.

Mythologie, "les travaux d'Hercule", Éditions Atlas

      

7e travail : capturer le taureau blanc de Crète

Les six premiers travaux avaient été exécutés dans le Péloponnèse, mais pour le septième, Eurysthée choisit d'éloigner Héraclès davantage. Il ordonna au héros de capturer le taureau blanc, père du Minotaure, qui ravageait alors la Crète, et de le ramener vivant. L'animal avait été offert par Poséidon à Minos, qui lui avait promis de le sacrifier en son honneur. Mais Minos le gardait dans son troupeau et sacrifia un bête de moindre valeur. Furieux, Poséidon rendit fou le taureau qui ravagea l'île. Héraclès réussit facilement sa mission et dès qu'il approcha du palais, Eurysthée s'empressa de se cacher dans sa jarre.

Mythologie, "Hercule et le lion de Némée", Éditions Atlas 

      

8e travail : capturer les cavales de Diomède

    Le roi ayant épuisé toutes ses idées de travaux dangereux en Grèce méridionale, il choisit d'envoyer Héraclès dans la lointaine Thrace, sur la rive septentrionale de la mer Égée. On avait appris à Mycènes l'existence d'un roi nommé Diomède régnant sur une partie de la Thrace et possédant quatre cavales qui se nourrissait de chair humaine. La mission d'Héraclès étant de s'en emparer et de les dompter. Il réunit des volontaires pour l'aider dans son expédition. 

    Le groupe débarqua sur la côte de Thrace, trouva les écuries royales, maîtrisa les palefreniers et entraîna les cavales vers le rivage. L'alarme ayant été donnée, le roi se mit lui-même à leur poursuite à la tête des gardes du palais. Héraclès conduisit les quatre bêtes au sommet d'un monticule, les laissa sous la garde d'Abdère, puis, avec le reste de ses hommes, se précipita sur une digue et ménagea une brèche afin d'inonder la plaine. Diomède et sa troupe s'enfuirent pour échapper aux flots, poursuivis par Héraclès. Il fit le roi prisonnier et le mena sur le monticule où il avait laissé les cavales. 

    Un spectacle horrible l'attendait : les cavales anthropophages, affolées par la montée des eaux, avaient jetés Abdère à terre et l'avaient dévoré. Accablé de douleur et en proie à une colère terrible, Héraclès jeta le roi au milieu des cavales encore affamées qui le dévorèrent à son tour. Rassasiées, les cavales se laissèrent mener jusqu'au navire. 

    Sur le chemin du retour, Héraclès rendit visite à son ami le roi Admète et il eut la douleur d'apprendre que sa femme Alceste était proche de la mort. Il fut encore plus touché qu'elle eut désiré elle-même sa fin dans l'espoir de sauver son époux mourant : le dieu Apollon avait averti Admète qu'il allait bientôt mourir mais qu'il pourrait survivre si quelqu'un acceptait de mourir à sa place. Alceste fut la seule personne à accepter ce sacrifice.

    Très ému, Héraclès décida de la sauver. Il demeura à ses côtés en attendant l'arrivée de la Mort. Quand celle-ci apparut, Héraclès trouva le courage de la provoquer dans un combat singulier. Elle accepta sans hésiter car elle n'avait jamais été vaincue, mais elle-même ne put égaler la force d'Héraclès.

    À l'issue d'un long combat, la Mort fut contrainte de céder et de partit sans sa victime. C'est ainsi qu'Alceste eut la vie sauve. Le héros put continuer son voyage, fier de son exploit et de l'expression de gratitude du roi. Quand Héraclès et ses hommes arrivèrent à Mycènes, les cavales du roi Diomède étaient parfaitement dociles. Eurysthée les accoupla avec ses propres étalons et les poulains qu'elles engendrèrent furent tenus pour les plus beaux de toute la Grèce.

 

9e travail : ramener la ceinture magique de la reine des Amazones

        Son neuvième travail emmena Héraclès beaucoup plus loin, au delà du Bosphore, sur la côte méridionale de la mer Noire, où vivait les Amazones. Sa mission était de rapporter la ceinture magique offerte par Arès à Hippolyte, reine des Amazones.

    Une fois encore, Héraclès se fit accompagner par des camarades, dont Thésée et Pélée. Quand ils débarquèrent, la reine Hyppolité, subjuguée par Héraclès, lui offrit sa ceinture en gage d'amour. Mais l'éternelle ennemie du héros, Héra, intervint une fois encore en répandant la rumeur que l'intention des étrangers était d'enlever leur reine. Les Amazones prirent les armes et firent preuve d'une telle bravoure que les Grecs furent bientôt en mauvaise posture. Au plus fort de la bataille, Héraclès saisit Mélanippe, la sœur d'Hippolyté, et menaça d'occire son otage. Les Amazones rompirent le combat, Héraclès dut tuer Hippolyté et les envahisseurs regagnèrent leur navire en emportant la ceinture magique convoitée.

    Après qu'Héraclès eut franchi les Dardanelles et pénétré dans la mer Égée, son regard fut attiré par un spectacle insolite : une jeune fille en larmes enchaînée à un rocher. Il débarqua pour la libérer et apprit qu'elle n'était autre qu'Hésione, fille de Laomédon, roi de Troie, et qu'elle devait être sacrifiée à un redoutable monstre marin envoyé par Poséidon pour ravager la région. Héraclès ramena la jeune fille à son père auquel il proposa de tuer le monstre en échange de la paire de chevaux immortels blancs comme neige qui auraient été offerts par Zeus lui-même. Le roi accepta le marché et le héros se prépara au combat.

    Le monstre marin se révéla un adversaire formidable. Héraclès ne réussit à en venir à bout qu'en pénétrant dans sa gueule et en lui arrachant les intestins. Quand il ressortit du monstre, Laomédon lui présenta sa récompense, mais, au premier coup d'œil, le héros constata que les chevaux était mortel et non d'origine divine comme convenu. Il jura de se venger de ce roi félon.

 

10e travail : ramener les bœufs rouges de Géryon

    Les trois derniers travaux avaient conduit Héraclès au nord, au sud et à l'est. Eurysthée était maintenant décidé à l'envoyer dans la région moins connue des Grecs, l'ouest. Pour son dixième travail, Héraclès devait s'emparer des bœufs rouges de Géryon, un ogre à trois corps et douze bras qui vivait sur l'île d'Érythie. Comme il touchait terre non loin de l'embouchure de la Méditerranée, il empila des rochers sur chaque rive du détroit.

    Tandis qu'Héraclès entassait ces rochers, Hélios, le dieu du Soleil, darda des rayons si ardents que le héros réagit en lui décochant une flèche. Quand le dieu l'eut réprimandé, Héraclès lui présenta ses excuses et détendit son arc. Hélios, satisfait de ce témoignage de soumission, lui confia sa coupe d'or, et c'est dans ce vaisseau que le héros parvint miraculeusement à sa destination. Il y tua le pasteur Eurytion, le chien à deux têtes Orthros et finalement Géryon, qui passait pourtant pour l'homme le plus fort du monde. Il  s'empara alors de son magnifique troupeau de bœufs.

    Après avoir restitué à Hélios sa coupe d'or, Héraclès entreprit de revenir en Grèce par voie de terre avec le troupeau, un voyage long et difficile. Le troupeau fut sacrifié à Héra.

 

11e travail : ramener les pommes d'or du jardin des Hespérides 

    À peine était-il de retour, qu'Eurysthée lui ordonna d'entreprendre une autre expédition, vers l'est : il devait trouver le jardin secret des Hespérides et en rapporter certaines des pommes d'or que Gaia avait offertes à Héra le jour de son mariage avec Zeus. 

    Héraclès ignorait où elles se trouvaient, et ce fut avec sa bravoure habituelle qu'il partit à la recherche du jardin fabuleux. Après avoir parcouru, sans succès, de nombreuses régions, il arriva dans la patrie du dieu marin Nérée. 

    Les nymphes de la rivière dirigèrent le héros vers Nérée, qui détenait la réponse à sa quête. Pressé de connaître l'endroit tant recherché, Héraclès bouscula le dieu endormi, le réveillant en sursaut. Ce réveil brutal agaça Nérée, qui se transforma en serpent pour lui échapper. Malgré une suite de métamorphoses de plus en plus impressionnantes, Héraclès tint bon et le dieu fut contraint de lui livrer l'information tant attendue : les pommes d'or se trouvaient en Maurétanie, dans le royaume d'Atlas, père des Hespérides.

Mythologie, "Les pommes d'or du jardin des Hespérides", Éditions Atlas

    Héraclès se dirigea vers le jardin et, suivant le conseil du dieu marin, il s'adressa directement au père des Hespérides, dévoilant sa mission. Fier des pommes d'or, Atlas oublia complètement l'avertissement de Thétis : "Titan, un jour, bientôt, ton arbre sera dépouillé de son fruit par un fils de Zeus".

    Condamné à porter la voûte céleste sur son dos, Atlas est las. Il proposa à Héraclès d'aller chercher les pommes à sa place, à condition que le héros le soulage de sa lourde charge. Le Titan exigea également qu'Héraclès abatte le terrible Ladon, le dragon qui gardait le pommier merveilleux.

    Héraclès pénétra dans un univers d'une profonde douceur, où les trois filles d'Atlas, comblées dans tous leurs désirs, évoluaient avec insouciance. Troublant la tranquillité de l'endroit, le héros décocha une flèche à Ladon, le tuant sur le coup, et retourna décharger Atlas de son redoutable fardeau.

    Atlas put aller cueillir les pommes d'or, ce qu'il fit aussitôt, mais il ne souhaitait pas, à son retour, reprendre le poids du ciel sur ses épaules. Il décida alors de laisser ce brave Héraclès le remplacer dans sa pénible tâche, et de porter lui-même les pommes à Eurysthée.

Découverte de l'art, "L'art grec un idéal de beauté", p.192, Editorial Planeta Barcelone/Handforth Londres, 1985

    Ne pouvant se décharger de son fardeau, Héraclès n'eut guère le choix : il feignit de se résigner à la décision d'Atlas, mais lui demanda de reprendre sa charge juste un instant, le temps de poser un coussin sur ses épaules. Atlas avait une telle soif de liberté qu'il ne se méfia pas et, posant les pommes d'or à terre, il reprit la voûte céleste. Aussitôt Héraclès ramassa les fruits et s'éloigna en saluant Atlas, de nouveau courbé, et pour longtemps, sous son fardeau.

    Muni de son précieux butin, Héraclès prit le chemin du retour. Il accomplit d'autres exploits sur le chemin du retour : il tua Antée et le roi d'Égypte Busiris qui sacrifiait les étrangers, délivra le Titan Prométhée et captura les Pygmées. À son arrivée, son cousin, cupide, se jeta sur les fruits d'or, qu'il ne put toutefois conserver, car la propriété d'Héra dut être restituée. Ainsi, malgré la convoitise qui l'habitait, Eurysthée remit les pommes d'or à Athéna, qui se chargea de les remettre aux Hespérides.

    Entre-temps, ces dernières, affligées de tristesse, se sont transformées en arbres pleureurs. Héra, elle, pleure Ladon, qui avait péri en protégeant son bien. Elle n'avait rien pu faire pour le sauver car les flèches d'Héraclès étaient empoisonnées par le sang de l'Hydre de Lerne. Pour que l'on n'oublie pas celui qu'elle nourrissait, la déesse lui attribua une place au firmament : la constellation du Dragon.

 

12e travail : ramener Cerbère des Enfers

    Pour le douzième et ultime travail d'Héraclès, Eurysthée choisit une mission qui revenait à rétracter la promesse d'immortalité faite au héros en échange de l'accomplissement de sa longue servitude. Il lui ordonna de descendre dans le royaume des Enfers et d'en ramener le gardien, Cerbère, chien à trois têtes.

    Après avoir pris part aux mystères d'Éleusis, Héraclès sollicita l'aide d'Athéna et d'Hermès. Ce dernier accepta de lui prêter Cerbère à condition qu'il réussisse à le maîtriser sans armes. L'aspect terrifiant du monstre aurait dissuadé un homme moins valeureux mais Héraclès l'enlaça, certain que sa peau de lion le protègerait des morsures.

    Quand l'animal renonça à se défendre, Héraclès le ligota. Il blessa Hadès et réussit à libérer Thésée. Il remonta Cerbère dans le monde des vivants, où la bave qui s'échappait de ses gueules engendra en tombant sur le sol une plante toxique, la belladone. Eurysthée fut tellement terrifié à la vue de ce monstre sorti des Enfers qu'il s'empressa de rendre sa liberté à Héraclès, à condition qu'il disparaisse à jamais.

 

Esclavage chez Omphale

    Héraclès fut condamné à trois nouvelles années d'esclavage pour avoir tuer le fils d'Eurytus, souverain de l'île d'Eubée, au large de la côte orientale de Grèce. Eurytus avait insulté Héraclès quand le héros avait tenté vainement d'obtenir la main d'Iole, la fille du roi. Furieux, Héraclès avait frappé à mort le fils du souverain, Iphitus.

    La reine Omphale de Lydie, sur la côte orientale de la mer Égée, acheta Héraclès. C'était une très belle femme, et le héros se laissa bientôt subjuguer, se trouvant aussi dépendant sentimentalement qu'il ne l'était légalement. Omphale obligeait Héraclès à porter des robes de femmes et à filer la laine à ses pieds. Pendant ses années d'esclavage, il participa à l'expédition des Argonautes. Quand ses années de servitudes furent achevées, il quitta la Lydie, toujours décidé à se trouver une nouvelle épouse.

 

Vengeances

       Après cela, il lui restait encore à se venger de ceux qu'il l'avait abusé. Il réunit une armée avec son ami Télamon, s'empare de Troie et punit Laomédon. Il mena également des expéditions triomphales contre ses ennemis les Lapithes et les Dryopes.

    De même, le héros mobilisa contre Augias une armée de volontaires arcadiens. Quand il en prit connaissance, Augias fit appel à Eurytos et à Ctéatos, les vaillants Molionides, fils de Poséidon. Malheureusement, Héraclès tomba malade peu avant le combat et son armée ne résista pas longtemps aux attaques vigoureuses et meurtrières des Molionides. Pendant le combat, ces deux grands guerriers blessèrent à mort Iphiclès, le demi-frère d'Héraclès. 

    On comprend qu'aux yeux d'Héraclès, cet acte soit irréparable et impardonnable. Il rumina longuement sa vengeance, jusqu'à ce que se présente le moment propice pour agir : partis pour les troisièmes Jeux Isthmiques, Eurytos et Ctéatos furent tués dans une embuscade tendue par Héraclès. Il leva ensuite une nouvelle armée contre Augias. Après l'avoir tué, Héraclès plaça Phylée sur le trône et institua les jeux Olympiques. Ainsi, la victoire militaire devint politique : celui qui avait trahi son nom pour servir la justice triompha d'un parjure, dont la négligence affamait le peuple.

    Puis il s'empara de Pylos et de Sparte. Il prit enfin une part décisive dans la guerre des Olympiens contre les Géants

 

Déjanire

     Près de l'embouchure du golfe de Corinthe, à la cour du roi de Calydon, Œnée, il tomba sous le charme de la princesse Déjanire et eut la joie d'obtenir sa main. Un jour, Achéloos se disputa avec Héraclès pour Déjanire mais le héros l'emporta. 

    c'est Déjanire qui provoquera involontairement sa mort, le rôle du traître étant tenu par Nessos, un Centaure. Le couple et leur fils, Hyllos, se rendaient chez un ami et Nessos offrit de porter Déjanire sur l'autre rive d'un torrent en crue. Mais lors de la traversée, il insulta Déjanire en tenta de la violer. Héraclès lui décocha une de ses flèches empoisonnée par le sang de l'hydre.

    Le Centaure, comprenant qu'il mourait d'un poison, suggéra à Déjanire d'emporter un peu de son sang qui, dit-il, avait les vertus d'un philtre d'amour et pourrait ramener le héros s'il s'éloignait d'elle. Il lui suffirait d'en verser un peu sur les vêtements de son époux pour qu'il ne la quitte jamais. Déjanire recueillit discrètement du sang de Nessos dans une fiole.

    Durant des années, Déjanire n'eut pas besoin de recourir au présent mortel de Nessos, car son époux était absorbé dans les batailles et les pillages. Mais un jour, Héraclès captura la princesses Iole et l'installa chez lui. Meurtrie par la présence d'une rivale, Déjanire versa le soi-disant philtre d'amour sur une tunique de son époux. Dès qu'il l'eut revêtue, il se tordit de douleur et s'écroula. Sachant que sa fin était proche, il se fit transporter par des amis et par son fils sur le sommet du mont Œta  où, selon une prophétie, il devait mourir.

    Quand ils l'eurent déposé en cet endroit, ils l'informèrent que Déjanire avait mis fin à ses jours quand elle avait compris la duplicité du Centaure. Le héros leur ordonna alors d'abattre les arbres et de préparer un bûcher. Quand celui-ci fut prêt, il se hissa sur les bûches et demanda qu'on y mette le feu. Aucun de ses amis ne voulut lui obéir et c'est finalement un berger qui ordonna à son fils Philoctète de le faire à leur place. Pour le remercier de son aide, Héraclès fit don au jeune homme de son carquois, de son arc et de ses flèches.

 

Héraclès parmi les immortels

    Un coup de tonnerre, des éclairs et un orage de pluie aveuglèrent temporairement les témoins. Quant ils rouvrirent les yeux, Héraclès et le bûcher avaient disparu. Les souffrances du héros étaient terminées : son père Zeus l'avait réclamé et transporter sur l'Olympe, où il devint un immortel.

    Il se réconcilia alors avec Héra et prit comme femme Hébé, symbole de la jeunesse éternelle. Ses descendants, les Héraclides, conquirent le Péloponnèse.

    Sa fête est au solstice d'été et il a un caractère solaire marqué. Ses douze travaux ont été mis en rapport avec les signes du zodiaque.

 

 

   

 

 

sources : texte : Mythologies, une anthologie illustrée des mythes et légendes du monde, p.196-204, Édition Gründ, Paris, 2002 
    Mythologie, "le mythe d'Amphitryon", Éditions Atlas
    Mythologie, "l'enfance d'Hercule", Éditions Atlas
    Mythologie, "les travaux d'Hercule", Éditions Atlas
    Mythologie, "Hercule et le lion de Némée", Éditions Atlas
    Mythologie, "Hercule et l'hydre de Lerne", Éditions Atlas
    Mythologie, "Hercule et le sanglier d'Érymanthe", Éditions Atlas
    Mythologie, "Les écuries d'Augias", Éditions Atlas
    Mythologie, "Les pommes d'or du jardin des Hespérides", Éditions Atlas
    Myriam Philibert, Dictionnaire illustré des mythologies, p.9,130-134, Éditions de Lodi, France, 1997.
    Le petit Robert des noms propres, p.37, 951,  France, 1997
    La grande encyclopédie 2002, Micro Application, juillet 2001 [CD-ROM]
  images : Mythologie, "Hercule et l'hydre de Lerne", Éditions Atlas
    Mythologie, "les travaux d'Hercule", Éditions Atlas
    Mythologie, "l'enfance d'Hercule", Éditions Atlas
    Mythologie, "Hercule et le sanglier d'Érymanthe", Éditions Atlas
    Mythologie, "Les pommes d'or du jardin des Hespérides", Éditions Atlas
    Mythologies, une anthologie illustrée des mythes et légendes du monde, p.196, 198, 201, Édition Gründ, Paris, 2002 
    Mythologie, "Hercule et le lion de Némée", Éditions Atlas 
    Découverte de l'art, "L'art grec un idéal de beauté", p.192, Editorial Planeta Barcelone/Handforth Londres, 1985
    Le petit Robert des noms propres, p.93,  France, 1997