Ganymède

 

Mythologie, "Ganymède, l'élu des dieux", Éditions Atlas, UE, 2003

 

    Ganymède était le fils de Tros, roi de Troie, et de la nymphe Callirhoé et, de l'aveu général, le plus beau de tous les mortels. Une réputation aussi flatteuse parvint rapidement au oreilles de Zeus, qui décida de l'enlever. Ici, les raisons et les modalités de son enlèvement diffèrent d'une version à l'autre.

    Pour certain, Zeus aperçut Ganymède alors que l'adolescent chassait avec son père en Phrygie. Le dieu s'éprit alors du jeune homme, en envoya aussitôt l'aigle qui portait habituellement sa foudre pour l'enlever. Tros tenta de sauver son fils en décochant une flèche à l'oiseau, mais Zeus figea sans difficulté la flèche dans les airs, laissant Tros éperdu de chagrin.

    Pour d'autres, la scène n'eut pas lieu en plaine ni en présence de Tros, mais alors que Ganymède gardait les troupeaux de son père sur le mont Ida. Cette fois, ce fut Zeus lui-même, métamorphosé en aigle ou en tourbillon, qui emporta le jeune homme. Une variante, connue uniquement par des sculptures da la période archaïque de l'art grec, présente Zeus sous la forme d'un simple berger.

    Une troisième version veut que Ganymède avait été enlevé par Éos en même temps que Tithon, jeune homme d'une grande beauté dont s'était épris la déesse. Alors que celle-ci projetait de faire des deux jeunes hommes ses amants, Zeus lui déroba à son tour Ganymède. En guise de dédommagement, il proposa à Éos de réaliser un de ses vœux.

    Enfin, une dernière version affirme qu'Hébé, déesse de la Jeunesse éternelle, se serait blessée en servant à boire aux dieux. Ne pouvant rester sans serviteur pour leur porter le nectar et l'ambroisie, indispensables à la jeunesse éternelle, Zeus aurait chargé son aigle de lui ramener le plus bel adolescent qu'il puisse trouver sur terre. Sans hésiter, l'oiseau lui rapporta Ganymède.

    Alors qu'il prenait place auprès des dieux de l'Olympe, Ganymède se vit confier la charge d'échanson, remplaçant ainsi ou secondant Hébé. Si l'on en croit Pindare, l'adolescent, quelque peu désorienté dans ce nouvel environnement, demanda à son arrivée : "Qui jouera avec moi, et où coucherais-je ? ". "Avec moi" répondit Zeus sans détour. Et Ganymède de répondre : "Je remue beaucoup la nuit et je vous empêcherait sûrement de dormir."

Mythologies, une anthologie illustrée des mythes et légendes du monde, p.158, Édition Gründ, Paris, 2002

    S'il est l'amant du roi de l'Olympe, Ganymède est aussi le compagnon de jeux du jeune Éros. Ensemble, ils jouent aux noix, l'équivalent antique des billes et se disputent, disait-on, très souvent.

    Ayant appris l'enlèvement, Tros était éperdu. Zeus envoya alors Hermès lui expliquer qu'il était sain et sauf. Le jeune homme, apprit-il au roi, vivait désormais sur l'Olympe, à l'abri de la mort, de la vieillesse et des infirmités, puisqu'il était devenu immortel. Et Hermès affirma même que, du haut du ciel où il servait à boire aux dieux, Ganymède sourit à son père.

    Pour apaiser le chagrin du roi, Hermès lui fit également don, de la part de Zeus, de deux chevaux aux sabots de tempête, ceux-là même qui portent habituellement les dieux. Ces montures, capables de courir sur les eaux, sont si convoités qui, si l'on en croit Homère, Anchise aurait fait saillir ses juments à l'insu de Tros, et aurait confié deux des six poulains à son fils. Enfin, Tros reçut également de Zeus un cep de vigne d'or et encore une coupe forgée par Héphaïstos.

    Mais la jalousie brûlait le cœur d'Héra. Celle-ci acceptait toutefois sans difficulté l'attention portée par Zeus à Ganymède, car il était courant que tout homme adulte ait un amant plus jeune à qui il fasse découvrir la sexualité, et surtout qu'il l'éduque à l'art de la guerre et à celui de la philosophie. Mais c'était l'attitude adoptée par Zeus à l'égard de sa propre fille, Hébé, qui ulcérait la déesse. En effet, peu lui importait que son époux lui vantait les plaisirs que son amant lui procurait ; au contraire, le fait qu'un simple mortel privait sa fille de l'amour auquel elle avait droit lui était insupportable.

    Le poète Virgile rapporte alors qu'Héra, vengeresse, poursuivit de sa haine non seulement le jeune homme, mais encore toute sa nation, et que, bien avant le jugement de Pâris et l'enlèvement d'Hélène, c'était dans le rapt de Ganymède qu'il fallait voir l'origine de la guerre de Troie. Pour le mettre à l'abri de sa terrible épouse, Zeus plaça Ganymède au firmament, et celui qui avait été chargé de servir à boire aux dieux devint la constellation du Verseau... toute proche de celle de l'Aigle.

 

 

 

 

 

sources : texte : Mythologie, "Ganymède, l'élu des dieux", Éditions Atlas, UE, 2003

                         Myriam Philibert, Dictionnaire illustré des mythologies, p.107, Éditions de Lodi, France, 1997.

                         Le petit Robert des noms propres, p.804, France, 1997

             images : Mythologies, une anthologie illustrée des mythes et légendes du monde, p.158, Édition Gründ, Paris, 2002

                          Mythologie, "Ganymède, l'élu des dieux", Éditions Atlas, UE, 2003