Cerbère

  

Atlas de la mythologie, "Cerbère, gardien des Enfers", Éditions Atlas, UE, 2003

 

     L'effrayant Cerbère était le fils de Typhon et d'Échidna. C'était un chien à trois, cinquante, voire cent têtes, une queue de dragon et l'échine hérissée de serpents. Il gardait l'entrée des Enfers et remplissait sa fonction à la perfection. Secondant l'horrible Charon, qui chargeait les ombres sur son bateau pour traverser le Styx, le chien tricéphale gardait la rive opposée. 

    Pour la majorité des âmes, le voyage se passait sans incidents particulier, mais pour celui ou celle qui avait le malheur de regarder la bête en face, les choses se gâtaient. Cerbère était si hideux qu'il transformait en pierre celui qui se risquait à le regarder. Si un indigent tentait de passer la rivière sans payer, il finissait déchiqueté dans la triple gueule de l'effroyable canidé.

    Enfin, Cerbère se montrait particulièrement violent avec les rares vivants suffisamment téméraires pour s'aventurer dans ce monde souterrain. Il laissait tomber sur eux sa bave pleine d'aconit, un poison foudroyant, avant de les dévorer, près de son antre.

    Rares sont ceux qui, ayant forcé la porte des ténèbres, avait été épargné par Cerbère. Quelques légendes pourtant relatent l'aventure de héros qui parvenait à braver le monstre et à détourner sa vigilance. Ainsi, Psyché et la sibylle de Cumes réussirent-elles dans leur entreprise en utilisant le point faible du monstre, sa gourmandise.

    Psyché avait été envoyé dans les monde souterrain par Aphrodite, qui, jalouse de sa beauté, la tourmenta de mille façons. Le seul prétexte invoquée par la déesse pour justifier le voyage périlleux imposé à la jeune femme fut d'en rapporter de l'eau de jouvence. Terrifiée par Cerbère, Psyché, follement amoureuse d'Éros, réussit pourtant à échapper au monstre en lui jetant un gâteau soporifique.

    Le gardien d'Hadès ne manquait pas de férocité mais il avait peu de mémoire. Aussi, orque la sibylle de Cumes lui offrit à son tour un gâteau trempé dans du vin drogué, il l'avala aussitôt sans se méfier. Énée put     lors passer sans risque la porte de ce monde interdit aux vivants.

    Cerbère n'était pas non plus insensible à la musique. Lorsque Orphée vint le supplier de libérer sa jeune épouse, morte le jour même de leurs noces, il réussit, avec sa lyre, à apprivoiser le monstre, le temps d'accomplir sa mission auprès d'Hadès. Sa mélodie était d'ailleurs si envoûtante que tous les supplices des damnés furent momentanément interrompus : le royaume des Ombres tout entier succomba au charme de la douce mélodie.

    Si l'on pouvait, à l'occasion, amadouer Cerbère par quelques notes de musique ou par une douceur au miel, c'était une autre paire de manches que de le dompter. Seul Héraclès était suffisamment puissant pour venir à bout du rejeton de Typhon et d'Échidna. Pour sa douzième et dernière épreuve, qui fut également la plus difficile, le héros dut ramener le chien des Enfers à son perfide cousin Eurysthée. La tâche semblait impossible, mais le vaillant Héraclès s'y prépara avec son courage habituel. Impressionné par la carrure de l'homme à la peau de lion, Charon n'osa lui refuser le passage du Styx. Parvenu devant l'antre de Cerbère, Héraclès demanda à Hadès la permission d'affronter le monstre qui gardait son royaume. Le dieu des Ténèbres, non sans sadisme, accepta que le combat ait lieu... à condition que le héros luttât sans armes.

    Faisant preuve d'un sang-froid exemplaire, Héraclès s'approcha du terrifiant animal. Des aboiements assourdissants retentirent et l'effroyable créature montra à son assaillant ses grands crocs noirs, capable de trancher un os jusqu'à la moelle. Mais le fils de Zeus réunit toute sa force pour étouffer le monstre à mains nues.

Atlas de la mythologie, "Cerbère, gardien des Enfers", Éditions Atlas, UE, 2003

    Victorieux, mais épuisé, le demi-dieu repartit en direction de Mycènes, emportant avec lui Cerbère ligoté. Surmontant sa fatigue, il parvint à traîner le monstre jusqu'au palais de son cousin. Mais Eurysthée, saisi d'effroi à la vue du chien tricéphale et du retour d'Héraclès vainqueur de l'ultime épreuve, refusa de les recevoir. Cerbère fut aussitôt renvoyé aux portes des Enfers. Son séjour terrestre aura été de courte durée.

  

  

  

 

 

sources : texte : Myriam Philibert, Dictionnaire illustré des mythologies, p.46, Éditions de Lodi, France, 1997.

                         Le petit Robert des noms propres, p.406, France, 1997

                         Atlas de la mythologie, "Cerbère, gardien des Enfers", Éditions Atlas, UE, 2003

              images : Atlas de la mythologie, "Cerbère, gardien des Enfers", Éditions Atlas, UE, 2003