Arès

Mythologie, "Arès, dieu de la guerre", Éditions Atlas

 

Fils de : Zeus et Héra

Attributs : casque, lance, bouclier

Dieu de : la Guerre 

 

    Arès est le fils de Zeus et d'Héra, mais selon certaines versions, Héra aurait enfanté de lui sans intervention masculine. Il est le dieu de la guerre. D'une taille énorme et d'une voix tonitruante, il est peu aimé des autres dieux à cause de sa cruauté et de ses emportements : sa soif de batailles et de sang paraît intarissable . 

    Mais le plus rustre des dieux n'est pas dénué de charme : il séduit Aphrodite par son ardeur et sa stature colossale. Or, Zeus a marié la belle déesse à Héphaïstos. Son ardente liaison avec Arès doit donc demeurer secrète et notamment échapper au regard d'Hélios, le dieu du Soleil, qui voit tout dès les premières lueurs de l'aube.

Mythologie, "Les Olympiens", Éditions Atlas

    C'est donc sous le couvert de la nuit qu'Arès rejoint la chambre de sa divine maîtresse. Prudent, il poste un éphèbe nommé Alectryon en sentinelle : celui-ci doit guetter le lever du jour. Comme on peut s'y attendre, un matin, Alectryon s'assoupit et laisse dormir les amoureux : Hélios s'empresse de prévenir Héphaïstos, le mari trompé. Pour punir Alectryon de sa négligence, Arès le transforma en coq : il sera condamné à signaler le lever du soleil pour l'éternité. 

    L'habile Héphaïstos ne perd de temps et use de son savoir-faire unique pour fabriquer une couverture magique qu'il jette dur les deux amants, toujours enlacés. Tel un filet invisible, cette couverture légère comme une gaze amis solide comme l'acier piège dans leur étreinte la femme adultère et son terrible amant. Il ne reste plus au mari trahi qu'à convoquer les dieux, pour soumettre les fautifs à l'opprobre général.

    Les amants surpris en si fâcheuse position ne provoquent aucunement l'indignation qu'Héphaïstos était en droit d'attendre, mais déclenchant un immense éclat de rire chez les dieux. Le jugement des immortels est empreint d'indulgence. Poséidon prend même la défense des amoureux, tandis qu'Apollon et Hermès estiment que l'amour d'Aphrodite valait bien cette épreuve. Quant aux autres déesses, elles se gardent bien de toute moquerie à l'égard de la belle.

    À la demande de Zeus, Arès doit, pour être libéré, dédommager l'époux légitime, en lui versant une compensation. Humilié, le dieu de la Guerre s'enfuit en Thrace, son pays natal, tandis que la belle déesse, quelque peu honteuse mais pas repentie, gagne l'île de Chypre.

    Arès n'a pas d'épouse mais il engendre plusieurs enfants, fruits de ses nombreuses aventures galantes. Aphrodite lui donne trois enfants : Deimos (la Terreur), Phobos (la Crainte) et Harmonie. Les deux premiers, jumeaux effroyables, accompagnent leur père sur le champ de bataille. Certaines légendes attribuent au couple adultère la parenté d'Éros.

    Tous ses enfants ne naissaient pas d'histoires d'amour, loin de là : le dieu de la Guerre pratique le viol et engrosse ainsi certaines de ses victimes. C'est le cas d'Astyoché, dont naissent Ascalaphos et Ialménos. Les enfant d'Arès sont, pour la plupart violents et frustes, comme Cycnos le brigand ou Diomède de Thrace, qui nourrit ses chevaux de chair humaine. Il est également le père, ou l'ascendant direct, des terribles Amazones.

    Le caractère sanguinaire et sans scrupules d'Arès effraie même les autres dieux et, s'il vit en bonne intelligence avec Aphrodite, il a aussi une ennemie déclarée en la personne de la sage et brillante Athéna

    La rapidité d'Arès est vertigineuse et sa force sans égale, mais ses emportements sont à l'opposé de l'intelligence et de la mesure de la déesse guerrière. Le terrible cri d'Arès qui glace le sang de ses victimes (îalalé, alalaî)  ne l'impressionne pas, et la grande protectrice de la cité d'Athènes n'hésite pas à le désarmer. Elle l'empêche souvent de prendre part aux combats qu'elle juge ne pas le concerner, en l'affrontant directement s'il le faut.

    Arès est souvent représenté casqué et armé d'une lance et d'un bouclier. Les légendes dans lesquelles il apparaît le montrent combattant, sans qu'il soit toujours vainqueur. Il fut également plusieurs fois battu par Héraclès qui le blessa à la cuisse.

    Arès a donné son nom à l'Aréopage (où siégeait le tribunal d'Athènes) : il fut en effet le premier jugé pour meurtre à cet endroit, ses juges étant les dieux de l'Olympe.  

    Les Romains prônent les vertus guerrières et Mars a une place de choix dans leur panthéon. Un mois et un jour de la semaine lui sont consacrés. Grecs et Romains n'ont pas la même vision du dieu :  pour les Romains, Mars est un dieu redoutable, invincible, portant une armure étincelante, et faisant tout trembler sur son passage. Pour les Grecs, il s'agit du fils détesté de Zeus et d'Héra, lâche, fuyant quand il est blessé. Sur les champs de bataille, il s'entoure d'une cohorte mauvaise, Éris (la discorde), Ényo, Deimos et Phobos. Sous leurs pas, la terre ruisselle du sang des blessés. Le dieu de la guerre grec n'a pas autant d'influence que le Mars romain. Il semble plutôt détesté. Un seul temple lui est dédié, dans l'île d'Arétias, et il a la particularité de ne pas avoir de toit.

      

 

 

sources : texte : La grande encyclopédie 2002, Micro Application, juillet 2001 [CD-ROM]

                         Atlas de la mythologie, "Arès, dieu de la guerre", Éditions Atlas

                         Myriam Philibert, Dictionnaire illustré des mythologies, p.18, p.192, Éditions de Lodi, France, 1997.

                         Le petit Robert des noms propres, p.111, France, 1997

             images : Atlas de la mythologie, "Les Olympiens", Éditions Atlas

                          Atlas de la mythologie, "Arès, dieu de la guerre", Éditions Atlas