Apollon

fils de : Zeus et Léto

attributs : lyre, arc

arbre : laurier, cyprès

fleur : tournesol, jacinthe

animaux : corbeau, cygne, coq, loup

Dieu de : Lumière, Soleil, Musique, Poésie, Beaux-arts, Guérison, Prophétie.

 

 Mythologie, "Apollon, lumière, arts et prophétie", Éditions Atlas

    Apollon est le fruit de l'amour fou de Zeus pour Léto, fille des Titans Cœos et Phœbé, et célèbre pour sa beauté resplendissante. Héra découvrit la liaison et persécuta Léto d'une série de cruauté particulièrement raffinées. Tout d'abord elle envoya le serpent Python pour torturer la jeune femme enceinte. Afin de protéger sa jeune maîtresse et son enfant à naître, Zeus la métamorphosa en caille, mais cela ne mit pas fin aux persécutions d'Héra. Elle refusa de la laisser accoucher sur terre.

    Alors, désemparée, Léto volait au-dessus de la mer, l'île de Délos prit pitié de la jeune femme et l'accueillit en l'échange de la promesse de consacrer l'île au dieu auquel elle allait donner naissance. Une fois en lieu sûr, Zeus la retransforma en femme et elle accoucha au pied d'un palmier.

    Elle donna tout d'abord naissance à Artémis, mais l'accouchement se poursuivit. La nouvelle déesse assista au travail de sa mère et l'aida à enfanter de son frère jumeau, Apollon. Grâce à un nectar céleste offert par la déesse Thémis, quelques jours suffirent au splendide bébé pour se transformer en adolescent. Il quitta l'île sur un char attelé de cygnes.

    Apollon échappa toujours aux punitions qu'Héra réservait aux enfants adultérins de Zeus. Il fut toujours une personnalité de premier plan sur l'Olympe et, en particulier, Zeus l'investit du pouvoir de connaître l'avenir.

      Les récits de l'enfance d'Apollon et sur son éducation sont rares. Il se rendit tout d'abord chez les Hyperboréens. Après y avoir installé son culte, il retourna en Grèce. Il tua le monstrueux serpent Python qui avait tourmenté sa mère sur l'ordre d'Héra. En le tuant, il devint l'occupant légitime du sanctuaire oraculaire de Delphes. Il instaura les jeux pythiques  et il fonda ses oracles à Delphes, le plus prestigieux, mais aussi à Délos  et à Claros.

l vivait sur l'Olympe et bénéficiait de l'intérêt attentif de Zeus, malgré leur violente querelle après qu'Apollon eut tué Python, car il était consacré à Gaia. De ce fait, Apollon fut chassé de l'Olympe et dut vivre neuf années sur la terre. Là, il devint berger au service d'Admète, roi de Thessalie, qu'il récompensa plus tard en lui offrant l'immortalité car il avait été un protecteur bon et généreux. Apollon fut alors connu comme le dieu des Pasteurs ; un loup, fléau des bergers, lui était habituellement offert en sacrifice.

    Il s'(attira par deux fois la colère de Zeus, son père, qui le chassa de l'Olympe. Il fut d'abord exilé pour avoir conspirer avec Héra et Poséidon contre Zeus. Il fut condamné à bâtir les murailles de la ville de Troie, qui s'élevèrent spontanément à la seule musique de la lyre d'Apollon, et à garder les troupeaux pour son roi. Mais il échangea  son troupeau contre la lyre d'Hermès, son inventeur, et il devint maître dans sa pratique et initia les mortels à cet instrument.

Poséidon, Apollon et Déméter

Mythologie, "la splendeur d'Apollon", Éditions Atlas

    Son second exil terrestre fut prononcé à la suite du meurtre des Cyclopes lorsqu'en père vengeur Apollon tua de ses flèches ceux qui avaient fabriqué la foudre dont son fils Asclépios avait été frappé.

    Apollon était surtout célèbre en tant que dieu de la Musique. De nombreuses représentations le montrent avec une lyre, instrument notamment utilisé pour les concours de poésie. 

    Apollon était fier des sons mélodieux qu'il tirait de sa lyre. Le satyre Marsyas voulut se mesurer à lui, prétendant que la musique de se flûte était plus douce que celle d'Apollon. Après que les Muses, qui avaient servi d'arbitres, eurent déclaré Apollon vainqueur, celui-ci fit écorché vif Marsyas pour son impertinence. Une autre fois, il orna le crâne du roi Midas d'oreilles d'ânes pour avoir préféré la flûte de Pan à sa lyre. Mais il faisait également bénéficier l'humanité de ses dons musicaux. 

        Comme les autres Olympiens, Apollon n'échappait pas aux intrigues amoureuses qui se terminaient souvent de façon tragiques. Il fut infidèle à la nymphe Clytia, qui mourut de mélancolie et ressuscita en tournesol, tournant en permanence son visage vers le soleil, son amour perdu. 

Apollon de Véies

Mythologies, une anthologie illustrée des mythes et légendes du monde, p.186, Édition Gründ, Paris, 2002

   La nymphe Daphné éveilla son désir, mais elle choisit de se transformer en laurier pour échapper à ses assiduités. C'est pourquoi cet arbre est toujours associé à Apollon.

    La nymphe Sinopé, elle, usa d'une ruse étonnante : elle pria Apollon de lui accorder une faveur avant de céder à ses étreintes. Hélas pour lui, son vœu est de rester vierge jusqu'à sa mort.

    Pour séduire Cassandre princesse de Troie, Apollon lui attribua inconsidérément le don de prophétie. Elle repoussa ses avances, aussi la punit-il en décidant que personne ne croirait ses prophéties, pourtant avisées. Lorsqu'elle prédit la chute de Troie, son propre camp la crut folle et ne tint aucun compte de ses avertissements.

    Apollon aima également des hommes, avec lesquels ses liaisons sont parfois tragiques. Au cours d'un lancer de disque, il tua accidentellement Hyacinthos, son amant. C'était probablement Zéphyre, le dieu du vent, jaloux, qui souffla sur le disque et le dirigea sur la tête du jeune homme. Pour que personne ne l'oublie, Apollon transforma son sang en fleur, la jacinthe.

    Il aima aussi Cyparissos, mais le jeune homme tua accidentellement un cerf apprivoisé. Pour apaiser les tourments du malheureux, inconsolable, Apollon le transforma en cyprès.

    Mais il eut tout de même plusieurs enfants : avec Psamathé, il eut Linos qui devint plus tard le maître de musique d'Héraclès ; avec Calliopé, il eut Orphée qui devint prince de Thrace et qui était un musicien remarquable. Même Hadès, le roi des Enfers, fut sensible à sa musique. Et enfin avec Coronis, il eut Asclépios, dieu de la Médecine. Celui-ci était si doué qu'il parvenait à ressusciter les morts. Hadès s'en plaignit à Zeus qui foudroya Asclépios. Apollon tua les Cyclopes qui fabriquaient la foudre.

    Tout comme Artémis s'appropria les attributs de Sénélé, le déesse lunaire, Apollon s'empara des attributs d'Hélios, le dieu solaire. Il est l'archer divin, bandant son arc d'argent, soulignant ses traits solaires, sa relation avec la lumière du soleil. On l'appelait communément Apollon Phœbus - le terme grec phoibos (lumineux) s'appliquant à l'origine à Hélios. Cette association de deux mythes conduisit inévitablement à une certaine confusion.

   Dans la mythologie, le soleil était considéré comme un équipage fougueux tiré par deux chevaux volants, conduit par le dieu solaire lui-même dans sa course céleste. Mais bien qu'il soit lui-même le dieu du Soleil, Apollon n'était pas censé conduire son char, tâche remplie quotidiennement par Hélios qui, dès lors, conserva une sorte d'identité séparée de son alter ego. Nous avons là un exemple de la manière par laquelle les Grecs résolvaient les petits conflits mythologiques.

    Certains prétendent que Léto, pour échapper à Héra, se transforma en loupe, et pas en caille. Elle put alors donner naissance à Apollon Lycogénès ("né du loup").

    Il est aussi Apollon Musagène qui préside, sur le mont Parnasse, les jeux des Muses, les inspiratrices de la pensée humaine.

    L'autorité d'Apollon était immense, découlant principalement de son rôle de dieu de la Prophétie. De nombreux sanctuaires lui étaient consacrés ; celui de Delphes était le plus riche et le plus fameux du monde méditerranéen. Ses deux devises, "Connais-toi toi-même" et "Rien en excès", gravées sur le fronton du sanctuaire, illustraient la conception philosophique  grecque de la vie et sa beauté virile, l'idéal grec de l'être humain. Parfois quelque incidents sont venus troubler l'ordre établi : par exemple, Héraclès, à qui la Pythie a refusé de répondre, s'empara d'un des trépieds et il s'ensuivit une bataille de chiffonniers entre le héros et le dieu. La dernière prédiction de l'oracle, avant qu'il ne soit détruit par les Chrétiens, a été : "Un jour, Apollon reviendra et ce sera pour toujours". Se réalisera-t-elle ?

 

 

 

sources : texte : Mythologies, une anthologie illustrée des mythes et légendes du monde, p.184-186-187, Édition Gründ, Paris, 2002

                         Atlas de la mythologie, "la splendeur d'Apollon", Éditions Atlas

                         Atlas de la mythologie, "Apollon, lumière, arts et prophétie", Éditions Atlas

                         Dictionnaire illustré des mythologies, p.16-17, Éditions de Lodi, France, 1997.

                         Le petit Robert des noms propres, p.97, France, 1997

             images :  Atlas de la mythologie, "Apollon, lumière, arts et prophétie", Éditions Atlas

                           Atlas de la mythologie, "la splendeur d'Apollon", Éditions Atlas

                           Mythologies, une anthologie illustrée des mythes et légendes du monde, p.186, Édition Gründ, Paris, 2002