Aphrodite

 

Mythologie, "Aphrodite, déesse de l'amour", Éditions Atlas

Fille de : Zeus et Dioné ou Ouranos et la mer 

Époux : Héphaïstos

Attribut : ceinture

Arbre : le myrte

Fleur : la rose

Fruit : la pomme

Animal : colombe, cygne, moineau

Déesse de l'Amour, de la Fécondité, du Mariage, de la Beauté, de l'Élégance, du Plaisir, de la Grâce, des Bonnes Relations sociales, du Rire, des Prostituées

 

  Deux grandes traditions mythologiques traitent de la naissance d'Aphrodite, et on les retrouve dans les épithètes généralement accolés aux noms de cette déesse. Certains la décrivent comme fille de Zeus et de Dioné. Fruit des escapades amoureuses du roi des dieux, elle incarnait l'attirance sexuelle et l'amour physique. Il s'agissait alors d'Aphrodite Pandémos ("Aphrodite de tout le peuple").

   L'autre tradition en fait l'aînée de tous les Olympiens. Il s'agit alors d'Aphrodite Urania, fille d'Ouranos, premier dieu céleste et survivant des âges les plus reculés. Dans cette tradition, elle représente l'aspect sacré de l'amour. Quand Cronos émascula son père Ouranos, il jeta ses parties génitales dans la mer (=> voir). Là, sa semence se mêla à l'écume, et de ce contact naquit Aphrodite. Ce nom même signifie "née de l'écume". Les marées et les vents la poussèrent doucement vers le rivage de l'île de Cythère, puis, de là, à Chypre où elle fut élevée par les Grâces. Lorsque les Olympiens gagnèrent la guerre contre les Titans (=> voir), ils l'emmenèrent sur l'Olympe, où les dieux, émus par sa beauté, l'accueillirent comme une des leurs.

Mythologies, une anthologie illustrée des mythes et légendes du monde, p. 170, Édition Gründ, Paris, 2002

   Aphrodite représentait à la fois l'amour sacré et l'amour profane. Déesse du mariage, elle était également celle des prostituées. Elle incitait les épouses à l'adultère, mais les encourageaient , dans le même temps, à la fidélité et à la chasteté. Les punitions qu'elle infligeait était redoutables, mais elle était généreuse dans récompenses. Ces aspects ambigus et contradictoires témoignent de ses origines imprécises. Elle existait avant l'apparition des Olympiens, mais elle était plus jeune et plus belle que toute les autres déesses. Maîtresse de la procréation, et, donc, de l'avenir de la civilisation, elle se complaisait en même temps dans la trivialité et l'obscénité.

   Décrite parfois comme déesse de Fécondité et portant les attributs hypertrophiés de cette fonction, elle était le plus souvent représentée sous les traits d'une féminité idéalisée, dont l'exemple type serait la Vénus de Milo. Dans ces représentations artistiques, elle porte sa célèbre ceinture que toute femme rêve de porter puisqu'elle conférait instantanément la beauté et attisait le désir de quiconque la regardait. Héra elle-même, qui fréquenta peu Aphrodite, lui avait emprunté cette ceinture pour ranimer le désir de Zeus à son égard. Cette parure était si puissante que lorsque Aphrodite la portait, Héphaïstos lui pardonnait toutes ses infidélités. 

    Cette ambiguïté particulière du mythe d'Aphrodite est illustrée par une anecdote concernant le sculpteur grec Praxitèle (seconde moitié du IIIe siècle), célèbre pour ses oeuvres en marbre de Paros, le plus beau et le plus couramment employé par les sculpteurs grecs. Une statue de la déesse lui avait été commandée pour orner le temple de l'île de Cos. Indécis sur le type de statue désirée, il en sculpta deux, l'une présentant la facette ouvertement sexuelle de la déesse, l'autre la montrant voilée. Les responsables du temple de Cos préférèrent la seconde version malgré la supériorité artistique de la première. Les prêtres de Cos souhaitaient en effet encourager la discrétion chez les femmes de l'île qui, selon Ovide, portaient traditionnellement des vêtements blancs transparents. Les citoyens de Cnide achetèrent, eux, la statue nue afin de décorer leur temple. La statue était si belle que l'on raconte qu'une nuit, un jeune homme s'introduisit dans le temple afin de concrétiser son amour pour la déesse.

Toutes les divinités mâles étaient fascinés par la beauté d'Aphrodite, ce qui ne manqua pas d'attiser la jalousie des autres déesses, en particulier Héra, dont les rancœurs grandirent lorsque Zeus tenta d'abuser de sa rivale. Déesse de la passion sexuelle, elle était maîtresse absolue de la luxure. Zeus ne put la violer, il la jeta dans les bras d'Héphaïstos, le plus laid de tous les Olympiens.

   Son mariage n'empêcha pas Aphrodite de musarder avec dieux et mortels, dont elle eut plusieurs enfants. Les légendes racontent les différents types d'amour qu'elle symbolisait, qu'il s'agisse de tendresse mutuelle ou de passion débridée, d'amour entre dieux et humain, entre hommes et femmes ou entre personnes du même sexe. Aphrodite eut deux enfants avec Hermès.

   Le plus célèbre d'entre eux est Éros, le petit dieu ailé de l'amour dont les flèches causaient invariablement le coup de foudre chez ses victimes, un amour fou malheureusement parfois non partagé. Éros accompagnait souvent Aphrodite dans ses promenades et lui servait d'instrument de vengeance, provoquant des aventures amoureuses incongrues.

   Son second enfant avec Hermès, Hermaphrodite, était mi-homme, mi-femme car, lié intimement à une nymphe marine, son corps ne faisait qu'un avec elle.

   Avec Dionysos, Aphrodite donna naissance à Priape, un dieu de Fertilité toujours représenté portant fièrement son phallus en érection.

   Elle eut aussi pour amant Arès. Mais Hélios les surprit et alla tout raconter à Héphaïstos. Celui se vengea en emprisonnant dans un filet de métal invisible les deux amants surpris dans le lit conjugal, et il invita tous les habitants de l'Olympe à venir contempler le spectacle. Enfin délivrés, les amants illégitimes fuirent les quolibets et le ridicule : Arès se réfugia à Thrace et Aphrodite à Chypre. 

Mythologie, "Les Olympiens", Éditions Atlas

    Avec Arès, Aphrodite eut plusieurs enfants : Antéros, dieu de l'amour sérieux et loyal et de la tendresse partagée. Bien que peu de récits se soient intéressés à Antéros, il fut souvent représenté sur des vases ou des peintures, généralement en train de se battre avec Éros. Dans les écoles grecques, une fresque représentant Antéros rappelait aux étudiants qu'ils devaient aimer et respecter leurs professeurs.

   Le second enfant du couple s'appelait Harmonia. Son aimable caractère illustrait la manière dont l'amour pouvait tempérer la colère et le conflit. Elle fut donnée en mariage à Cadmos, le fondateur de Thèbes. Les dieux assistèrent à ces noces et submergèrent le couple de présents, parmi lesquels un magnifique collier forgé pour l'occasion par Héphaïstos. Mais Harmonia était enfant d'Aphrodite, et Héra l'avait donc prise en grippe. De plus, Cadmos était le frère d'Europe, autre conquête de Zeus, ce qui n'arrangeait rien. C'est pourquoi, bien que le couple ait tout pour être heureux, Héra veilla à ce que la tragédie soit le lot principal de cette nouvelle famille.

    Elle eut également Deimos (la terreur) et Phobos (la crainte).

    Avec Poséidon, elle eut Rhodé et Hérophilos.

   Aphrodite était probablement la plus vénérée de toutes les déesses de l'Olympe, car chacun savait  que, sans sexe et sans amour, l'avenir de l'humanité et tout simplement la vie serait incertains. Déesse de l'Amour, elle était aussi celle de la Beauté, de l'Élégance, du Plaisir, de la Grâce et des Bonnes Relations sociales. En outre, elle était déesse du Rire, et la comédie relevait de son aimable autorité. La rose, le myrte et la pomme lui était consacrés, ainsi que la colombe, le cygne et le moineau. Ces oiseaux se partageaient l'honneur de tirer son char. Dans ses temples, on pratiquait la prostitution rituelle et des sacrifices sanguinaires. Les plaintes n'étaient donc pas rare pour protester contre les débordements qui se produisaient lors de certaines cérémonies.

   Aphrodite  joua un rôle crucial dans la guerre de Troie. Selon la légende, le conflit se déclencha lorsque les dieux trouvèrent une pomme d'or qui reviendrait à la plus belle femme. Trop prudent pour prendre lui-même une décision, Zeus délégua à Pâris, prince de Troie, l'arbitrage du concours. Chaque déesse tenta de soudoyer Pâris et celui-ci finit par choisir Aphrodite, après qu'elle lui eut promis de lui donner la plus belle femme du monde comme épouse. Cette promesse conduisit à l'enlèvement d'Hélène, épouse de Ménélas, qui avait la réputation d'être le plus beau de tous les mortels. Ménélas leva une armée de Grecs et la conduisit sous les remparts de Troie pour reprendre sa femme, au cours d'une guerre qui devait durer dix longues années. Pâris, ayant choisi Aphrodite, la rangea côté des Troyens contre les Grecs qui, eux, étaient épaulés par Héra et Athéna.

   Entre-temps, Aphrodite avait pris un amant mortel, Anchise, un noble troyen dont elle eut un enfant, Énée. Les Grecs finirent par remporter la victoire et, pendant qu'ils incendiaient la ville, Aphrodite aida son enfant mortel à échapper au désastre. Il s'enfuit en portant son père, désormais âgé, sur son dos. Incapable de le protéger de la colère des autres Olympiens, elle l'aida et le guida tout de même à travers dix années d'errance et d'exil.

 

  

 

 

 sources : texte : Mythologies, une anthologie illustrée des mythes et légendes du monde, p. 166,167,168,169,170, Édition Gründ, Paris, 2002

                          Atlas de la mythologie, "Aphrodite, déesse de l'amour", Éditions Atlas

                          Atlas de la mythologie, "D'Aphrodite à Vénus", Éditions Atlas

              image : Mythologies, une anthologie illustrée des mythes et légendes du monde, p.170, Édition Gründ, Paris, 2002

                          Atlas de la mythologie, "Aphrodite, déesse de l'amour", Éditions Atlas

                          Atlas de la mythologie, "D'Aphrodite à Vénus", Éditions Atlas

                          Atlas de la mythologie, "Les Olympiens", Éditions Atlas