Femmes de Gilles.

 

           Je me souviens ! Je me souviens de ma grand-mère.

           Mes parents étaient pris par leurs occupations professionnelle les jours de carnaval, plus encore que pendant le reste de l'année, et, sans " Bobonne ", je n'aurais probablement pas participer au carnaval et aux jours gras en particulier, sans elle, probablement que ce billet n'aurait jamais vu le jour... Ma grand-mère fut ma première " femme de gille "!

            Il est utile de rappeler l'importance d'une " femme de gille ", le rôle ingrat qu'elle joue pendant le carnaval, et surtout, pendant les semaines qui précèdent l'apothéose...notre apothéose qui est la finalité du carnaval.

            Mais avant cela... ! Qui six semaines avant les jours gras... jours de répétition, nous siffle à l'oreille " la répétition ", c'est à quelle heure ??"... histoire de nous rappeler l'éventuel oubli .

            Qui nous demande la semaine qui précède la soumonce en batteries : " tes sabots sont-ils prêts ?, ne dois-tu pas remettre quelques clous à tes sabots ?, ton ramon est-il encore valable ?...

            Qui la semaine avant la soumonce en musique apprête notre costume du dimanche gras de l'année précédente, prenant soin d'en apprêter un autre... au cas où! ... Nous rappelant de nouveau en passant,  n'oublie pas ta paille, tes oranges sont-elle commandées ? Le bourreur est-il prévenu, et le porteur d'oranges ?

            Qui le dimanche-gras et le mardi-gras sont aux petits soins avec nous essayant de ne rien oublier ( on rouspèterait ) pour nous satisfaire au maximum.

            Les oranges, les barrettes, les mouchoirs de cou, la fraîcheur du masque du mardi-gras matin (" tu devrais en prendre un nouveau cette année" ), c'est toujours et encore la " femme de Gille " qui s'en occupe.

            Disponible, elle l'est à 100 % et c'est probablement et sûrement après coup que l'on s'en rend compte.

            Les Gars ! Nous sommes des égoistes pendant ces jours de liesse et nous devons en être conscient. Nous prenons plaisir entre nous, oubliant parfois... et même souvent le rôle de la " femme de Gille " en l'occurence nos épouses, fiancées, ou compagnes jouent pour satisfaire nos plaisirs de mâles... Bien sur, elles prennent aussi leur plaisirs et leurs satisfactions pendant le carnaval, mais, je crois que c'est surtout à nous voir aussi heureux qui les satisfait le plus. Elles qui dans le courant de l'année, sont fières de dire à qui leur demande, " oui, moi, je suis " femme de gille ". Merci à toutes.

                                                                        Michel Godefroid.

                                          Extrait du journal Réguénairement Vôtre n° 20 ( 1997 )