CONTE
A la limite de notre cité et de l'ancien hameau de Battignies, demeure un jeune homme.
Oh ! Vous le connaissez. Tous les jours il est sur le chemin, il vous salue de la main droite, il vous sourit, il est heureux... pourtant!!!
Beaucoup de gens passent près de lui, beaucoup de voitures surtout et on ne le voit pas... ou plus.
Cependant, il y a quelques années déjà qu'il habite cet endroit. Tout le monde le connaît, il est toujours là, il vous salue toujours de la main droite, il vous sourit tout le temps et il est éternellement heureux. Mais voilà, le temps passe, on est tellement habitué à lui qu'on ne le regarde plus ou... peu.
C'est vrai qu'il n'est pas aisé d'aller près de lui, de le contourner, de voir ses habits.
Tout autour de lui, des lumières clignotent : du rouge, du vert, de l'orange. Ce n'est pas un feu d'artifive... mais presque.
Si vous approchez de lui, regardez son visage... il reflète la joie, le bonheur... ses yeux brillent et inlassablement, il fixe son regard vers, vous l'avez deviné, la Grand Place, l'Hôtel de Ville. Mais lui, il entend la musique, il entend les tambours. Hé, oui ! Il se voit entouré d'une cour majestueuse, car ce jour là il est... roi ou ... prince. Il est aussi de la fête,...il fait, lui aussi, partie d'une noble lignée qui se perpétue depuis longtemps.
Et ce jour là, il n'est plus seul. Beaucoup de jeunes hommes, vêtus comme lui vous saluent de la main droite, vous sourient et... sont heureux.
Les voisins de ce jeune homme sont fiers qu'il vive près de chez eux, il fait partie de leur maison, de leur famille peut-être.
Quand vous passez à Battignies, arrêtez-vous un instant, approchez-vous de lui, regardez-le, peut-être qu'il vous parlera, qu'il vous racontera son histoire et... si vous lui demandez son nom, sûrement il vous répondra... PAYSAN !
Pierre Graux.
Extrait Réguénairement Vôtre n° 3.(1992)