Chapeau,
les femmes !
En cette période de Carnaval 2000, la rumeur raconte que cette année, ce sont
les femmes de gilles qui sont à l'honneur.
C'est ainsi qu'une femme chapeautée de rouge apparaît
sur l'affiche du Carnaval réalisée par notre ami Christophe et aussi que la
Femme a été le centre d'intérêt d'une émission télévisée. Au sujet de
cette émission, il y aurait beaucoup à dire mais comme disait ma grand-mère :
" Bah ! L'est bon ! En' djasè nie co ! ", (bien que, entre nous,
"jaser" était son passe-temps favori).
Je ne m'attarderai pas trop sur l'effervescence qui
stimule la femme durant la période qui précède le Carnaval. Elle accepte de
bon cœur et avec un dévouement sans faille de courir les magasins pour trouver
un tissu spécial, un accessoire, un détail aussi infime soit-il pour que le
costume de son homme respecte l'image choisie ou qu'il soit le plus original
possible. Dans tous les cas, son imagination fait toujours merveille. Elle se
charge de remplacer les barrettes toujours trop grandes ou trop petites, avec un
bord trop large ou trop étroit, avec des côtes ou sans côte…
Elle doit trouver les mouchoirs de cou en coton ou en
Tergal, les chaussons tricotés ou pas, les chaussettes avec ou sans couture,
les sabots, le ramon, le panier…
C'est parfois elle aussi qui commande le champagne, les
oranges, la paille…
Mais c'est en tous cas toujours elle qui prévoit les
repas des trois Jours Gras. Elle ne ménage ni son temps ni sa peine pour
transformer durant ces trois jours sa maison en un home de bon accueil.

Il fut un temps où ce chapeau était réservé
uniquement au Lundi-Gras mais au fil des années, il est apparu dès le Dimanche
matin.
En tant que femmes de gilles, elles aiment, dans la
société, rester le plus près possible de leur gille et se défendent contre
ceux ou celles qui veulent prendre leur place. Elles estiment avoir droit au
moins à ce privilège et je les comprends.
On devine la joie sur son visage, lorsque le Mardi matin, l'épouse du gille se
faufile dans la foule pour se
rapprocher de plus en plus de son gille et lui tendre fièrement le masque de cire qu'elle avait
auparavant tenu précieusement enveloppé dans un mouchoir blanc.
La ferveur qui anime une femme de gille ne faiblit
jamais et durant la journée du Mardi-Gras, elle sera toujours là au bon moment
pour changer une barrette, remplacer ou nouer un mouchoir, serrer une sangle,
porter les oranges, tenir le chapeau…etc…etc…
Pour terminer, je vous dirai qu'à mon grand regret, je
ne suis pas femme de gille, je ne suis Que
petite-fille, fille, sœur, belle-sœur, marraine, tantine et maintenant belle-mère
de gilles.
Extrait :
Réguénairement Vôtre N° 30 « Mars 2000 »