
Lundi 1er octobre
les nouvelles du jour sont sur la page de octobre
!

Dimanche 30 septembre (Plymouth)
message envoyé dimanche à 19h29 locales
Il pleut, il pleut bergère, mais heureusement nous sommes
de nouveau à l'intérieur pour un jour de repos, chez
John et Penny cette fois. Nettoyage des vélos, huilage des
chaînes, Monopoly avec Jane et Lucy, promenade le long de
la mer déchaînee (The Hooe) et les vieiles rues de
Plymouth où s'engouffrent le vent et la pluie.
Cela nous promet un plaisir certain pour notre traversée
vers Roscoff, en Bretagne, avec le ferry de 23h30 ce soir...
Voir aussi les rubriques ornithologie
et gastronomie.

Samedi 29 septembre (Plymouth, km+62=6809)
message envoyé samedi à 20h18 locales
Nos hôtes ont des activités pour le moins originales:
Christine fabrique des bonnets de polichinelle en polaire, et Lionel
travaille avec une asbl qui édite entre autres des
bibles pour aveugles indiens, c'est-à-dire doublement traduites
en braille et en Indi. Ils montrent énormément d'enthousiasme
pour toutes sortes de choses, et sur leurs conseils nous abordons
les hauteurs du Dartmoor via leurs contreforts et les villages de
North Bovey, Manaton, Haytor Vale, Widecombe in the Moor, etc.
Les
paysages sont d'une beauté à couper le souffle; les
landes de fougères, bruyères et genêts sont
parcourues par moutons, vaches et poneys en liberté. Les
dénivelés sont également à couper le
souffle, au sens propre cette fois, et nous mettons pied à
terre une dizaine de fois pour pousser les vélos, ce qui
est à peine plus facile que de rester dessus, mais permet
de changer de rythme. Nous prenons notre picnic dans un village
assez touristique, en observant tout un groupe de messieurs habillés
en Sherlok Holmes.
Ce genre de fantaisies ne se trouve qu'en Angleterre, de même
qu'un sens incroyable de l'hospitalité. Le long de la route
qui descend vers Plymouth, une voiture nous attend: "Have you
been cycling all the way from the North Cape?". Notre panneau
avait également attiré l'attention de John et Penny
qui nous proposent de loger chez eux ce soir. Leurs filles Jane
(7 ans) et Lucy (5 ans) sont adorablement blondes; Jane fait des
jeux de mots incroyables que nous sommes bien en peine de comprendre...

Vendredi 28 septembre (Mortonhampstead, km+67=6748)
message envoyé vendredi à 22h54 locales
Ca monte fort, tellement que je serre parfois les dents pour mieux
avancer, ou que nous devons pousser nos vélos; ça
descend fort aussi, tellement que nous ne pouvons pas toujours en
profiter, agrippés à nos freins pour ne pas prendre
trop de vitesse dans les routes étroites à une seule
voie et sans visibilité. Du coup, nous avons tout juste battu
notre record de la moyenne la plus basse, 11.2 km/h pour aujourd'hui.
Nous grimpons aussi peinards de longues montées proggressives,
et, o felicité, nous nous laissons parfois glisser pendant
2 ou trois kilometres dans des gentilles descentes, profitant du
paysage moutonnant, des odeurs d'automne, du vent sur le visage,
du chant du rouge-gorge... Aaaaah, qu'on est bien sur son becson!
Rien de tel que les pique-niques dans les jardins d'église,
c'est devenu une de nos spécialités: charme de l'église
elle-même (celle d'aujourd'hui particulièrement, avec
des petites têtes sculptées ravissantes et très
anciennes, sur le côté des ogives), souvent de très
bons bancs, le grand calme des tombes, parfois même des toilettes,
mais depuis la Scandinavie cette excellente tradition se perd un
peu. Nous nous sommes filmés après avoir mangé,
avec la caméra sur le pied que je trimbale sans beaucoup
l'utiliser. Passées quelques doctes déclarations,
nous éclatons tous les deux de rire en remarquant chez l'un
de la confiture autour de la bouche et chez l'autre du chocolat.
Exeter d'après le Lonely Planet consulté en librairie
devait être très détruit par les bombardements
de la guerre 40 et rempli de constructions peu attrayantes. Nous
étions peut-être distraits, mais nous avons bien aimé
cette ville animée, sa cathédrale extraordinaire (surtout
les coussins pour s'agenouiller, voir la rubrique ornithologique
de demain), le parc et les maisons qui l'entourent.
Nous voilà à l'entrée du Dartmoor National
Park; au-dessus d'une montée très corsée, Lionel
nous attendait avec des rafraichissements, après nous avoir
doublés en voiture et lu notre panneau décidément
bien utile. Grâce à leur hospitalité (lui, son
épouse Christine et leur deux filles), notre tente est plantée
dans le jardin et le rapport tapé à son écran,
car le réseau ici est plat comme une figue.

Jeudi 27 septembre (Axmouth,
km+69=6680)
message envoyé jeudi à 19h36 locales
Tim nous a donné des gros bisous lorsque nous nous sommes
quittés ce matin après quelques yards communs à
vélo. Merci pour les excellents moments passés ensemble,
encore hier soir, en parlant pêche aux maquereaux avec Jon.
Nous bravons un temps aussi propice à la dépression
que la situation internationale, en concentrant nos efforts sur
les longues montées entre ces rangées de haies omniprésentes.
Les paysages sont vraiment fantastiques, surtout avec les couleurs
d'automne qui commencent à poindre.
Au sommet de Black Down, haute colline couverte de landes et
fougères, une tour en pierre s'élève fièrement
vers le ciel. Les anciens l'appelaient "Fall Lusgy Gantic Us",
ce qui amusait les Normands au plus haut point.

Je tapote ces quelques élucubrations depuis un pub bien sympathique,
devant une pinte de Murphy's que je lève à votre bonne
santé.

Mercredi 26 septembre (Winterborne Monkton)
message envoyé mercredi à 19h41 locales
Notre journée sédentaire est arrosée par
une vilaine petite pluie, et même si nous nous sommes bien
faits rincer en allant à pied à Dorchester, au moins
nous n'avons pas passé 5 ou 6 heures sur nos vélos
par un temps pareil. Maiden Castle domine juste Winterborne, c'est
une colline fortifiée dès 3000 BC, avec une triple
rangée de fossés terminée à l'époque
celto romaine. En retournant leur potager, Jon et Tim ont trouvé
des pointes de flèches en gallet, des petits boulets pour
fronde en terre cuite etc.
A Dorchester, nous passons des ordinateurs de la bibliothèque
(nous aimons toujours lire vos messages et suivre la progression
de nos amis cyclistes en lien) à l'agence de voyage Bath
(nos billets de ferry Plymouth-Roscoff sont réservés)
et des brunch grills du pub 6 North Square (notre voisin, un habitué
que la serveuse appelait Peter, n'avait pas l'air très farce)
aux livres de la librairie Ottakar's (The Smallest Whale de E.Beresford
et S.Field pour Tim, The wind in my wheels de J.Dew pour Jon et
Liz qui ont passé leur voyage de noces à vélo
en Bavière, et Notes from a small island de B. Bryson pour
nous).
Liz est psycothérapeute cognitivo-analytique (CAT) et
travaille avec des patients très difficiles, Jon est artiste
(dessins à la plume et aquarelles très réalistes)
et s'occuppe de Tim, 5 ans, "6 on March the 17th, which is
a Sunday". L'école n'est pas obligatoire en Angleterre,
et Tim fait partie de ces enfants home educated, parfois jusque
18 ans. Une fois par semaine au moins, il rencontre des copains
qui reçoivent le même type d'éducation à
domicile. Jusqu'ici cela semble très bien lui convenir, il
est ouvert, rieur, curieux, et nous a accueilli sans aucun complexe.
Il appelle ses parents Mom ou Dad aussi bien que Liz ou Jon, sans
aucune ironie.

Mardi 24 septembre (Winterborne Monkton,
km+76=6611)
message envoyé mardi à 23h21 locales
Nous avons passé hier une excellente soirée avec Charlotte
et James, partageant entre autre un intérêt commun
majeur: la tintinologie. James est d'ailleurs le fondateur d'Ottakar's,
la deuxième chaîne anglaise de librairies avec 85 points
de vente, et un clin d'oeil au fameux roi syldave.
Ce matin, c'était l'anniversaire de Xan (Alexander) qui
pour ses six ans recevait un panoplie complète à l'effigie
du célèbre reporter: cartable, réveil, calendrier,
porte-manteau, etc. Le petit frère d'Elisa, Xan et Georgia,
un bébé adorable de 6 mois, s'appelle d'ailleurs Harry
Tintin, Harry pour sa maman, Tintin pour son papa!
La première montée de ce matin était splendide,
avec le pâle soleil filtrant à travers le brouillard,
les toiles d'arraignées couvertes de rosée au bord
de la route, des minuscules goutelettes qui nous enveloppaient parfois,
comme surgies d'un vaporisateur géant, puis une douce descente
sur un plateau qui émergeait de la brume: le bonheur...
Nous sommes arrivés ce soir juste en-dessous de Dorchester,
chez Jon et Liz et leur fiston Tim, déjà accueillis
de loin par la fumée qui sortait de la cheminée et,
à l'intérieur, par le joyeux feu ouvert de charbon.
Mais il se fait tard, nous vous en dirons plus demain, car nous
passons ici une journée supplémentaire.

Lundi 24 septembre (Bowerchalke, km+72=6535)
message envoyé lundi à 20h05 locales
Ce matin à 07h30, Peter nous amenait dans la chambre d'amis
un plateau avec deux tasses de thé, ensuite nous avons pris
le petit déjeuner ensemble. Bye Peter, Penny et Sally (le
cocker), merci de nous avoir si gentiment reçu chez vous.
Notre beau-frère Webmaster Roland nous disait hier au
téléphone (on l'appelait car nos messages passent
difficilement depuis deux jours) qu'il adorait Winchester, y venant
régulièrement pour le boulot. Nous ne devions pas
manquer la statue du Roi Arthur, la Table Ronde des 24 chevaliers
du même nom (goûtons voir si le vin est bon), et la
colline sur laquelle on monte par des escaliers, au bout de la ville
au delà de la rivière, et d'où l'on a une si
belle vue. Nous avons donc suivi ses conseils en tous points et
avons ensuite quitté la ville en suivant longtemps une ancienne
voie romaine.
Au-dessus
de Salisbury se dresse Old
Sarum, ancienne forteresse, château, cathédrale,
village et tutti quanti, abandonnés peu à peu après
qu'au 13ème siècle une nouvelle cathédrale
fut construite un mile trois quart plus bas (vive le système
métrique).
Ce fut donc celle-ci que nous avons visitée peu après,
très impressionnante, à l'architecture élancée,
mais plus sévère que celle de Winchester.
Nous avons vu aujourd'hui des champs presque tout blancs, à
cause de la terre crayeuse dont ils sont formés. Les noms
de certains villages rappellent cette caractéristique de
la région, et après avoir passé Broad Chalke
nous sommes arrivés à Browerchalke, chez Charlotte
et James (le frère de Celia) qui nous accueillent chez eux
ce soir.
Je réalise que ce rapport était très sérieux.
Ceux qui ont ri en le lisant ont beaucoup de mérite.

Dimanche 23 septembre (Winchester,
km+60=6463)
message envoyé dimanche à 20h02 locales
Les nuits deviennent fraîches, et ce matin une tasse de
thé (exceptionelle) était bienvenue après notre
yoghurt-muesli (traditionnel). Avec bonnet et gants nous nous lançons
dans les collines brumeuses. C'est dimanche et les routes de campagne
que nous choisissons sur des cartes au 1/250.000ème sont
d'autant plus calmes.
Nous arrivons dans la cathédrale
de Winchester pendant l'evensong, service religieux chanté
par des choeurs souvent remarquables. Le prêtre termine un
sermon très sensé sur les attentats de NY, loin de
toute tentative de récupération; le dernier hymne
retentit et l'organiste entame un puissant final...
|
LE SAVIEZ-VOUS ?
|

C'est à Winchester que l'on peut admirer la célèbre
Table Ronde. La plupart des exploits des chevaliers du roi
Arthur (celui de Merlin l'Enchanteur !) trouvent leur point
de départ dans la réunion rituelle de ceux-ci
autour de cette fameuse table.
Cest de là que, pour l'honneur, on part vers
l'aventure héroïque, telle la Quête du
Graal.
|
Nous logeons ce soir chez les parents de Paul, et demain chez
le frère de Célia: leur hospitalité familiale
s'étend d'étape en étape et nous n'avons pas
encore essayé la nouvelle tente...
Surtout ne manquez pas les nouvelles
photos !

Samedi 22 septembre (Midhurst, km+83=6403)
message envoyé samedi à 20h09 locales
Nous avons quitté ce matin Celia, Paul et leurs garçons,
après avoir partagé une tranche de vie de famille,
alors qu'on ne se connaissait pas deux jours avant... Merci! Nous
longeons ensuite la mer à Brighton, Hove, Portslade, Shoreham,
Worthing, mais à Littlehampton les choses se compliquent
définitivement car la route cyclable représentée
sur la carte de Sustrans n'est pas encore aménagée
ni
fléchée, et les vélos sont à ce jour
souvent interdits sur les chemins de bord de mer, réservés
aux piétons même quand ils sont asphaltés sur
10 mètres de large.
Cet
ostracisme commençait à nous énerver, et c'est
avec joie que nous nous élançons dans le pays, en
passant à côté de l'impresionnante cathédrale
d'Arundel. Nous passons par West Burton, Bignor, Sutton, Barlavington,
villages britishissimes avec de vieilles maisons tellement cosy
qu'on s'y arrêterait bien pour passer l'automne au coin du
feu.
Hé là, pas question, il faut continuer, par monts
et par vaux de 17% ou même 20%, on adore cela, nos mollets
devaient être dérouillés. Vers East Lavington,
nous nous perdons un peu et nous nous retrouvons dans l'immense
propriété d'un collège anglais "Seaford
College, boarding and day school, boys-girls, age 11-18".
Après nous être fourvoyés du côté
du terrain de hockey occupé par de sportives jeunes filles,
nous revenons vers les bâtiments principaux et demandons la
route à un élégant ado, uniforme costard cravate,
qui nous remet sur le droit chemin. Nous sortons via des prairies
d'un vert magique, où les chevaux doivent également
recevoir une éducation cinq étoiles.
Thierry,
l'oncle de Gaëtane qui est Petit Frère de Foucault à
Londres, nous a arrangé plusieurs points de chute chez des
amis du sud de l'Angleterre: nous sommes donc ce soir chez Tim et
Marion, en vacances cette semaine, mais qui nous accueillent avec
une lettre et une bouteille de Rioja dans une des anciennes écuries
de la maison, tranformée en oratoire. Nous dormirons donc
comme des anges, après avoir mangé bonnes pâtes
et bu bon vin sur la table de la terrasse, équipés
de nos lampes frontales.

Vendredi 21 septembre, Brighton
message envoyé vendredi à 18h49 locales
C'est
décidé, nous restons une journée complète
ici après l'étape fatigante d'hier: comme nous avions
sous-estimé la distance et les montées depuis Rye,
nous sommes arrivés à Brighton beaucoup plus tard
que prévu, jetant à peine un coup d'oeil au pier illuminé
et arrivant juste avant que Tim (10 ans) et Aaron (6 ans) aillent
au lit. Ils nous avaient préparé un accueil formidable,
avec un dessin sur la porte, un mot sur le frigo...
Nous prenons avec eux le petit-déjeuner avant qu'ils
doivent se précipiter à l'école, Tim étant
tellement loquace à nous résumer les quatre tomes
de Harry Potter. Nous vous envoyons quelques photos via e-mail et
partons à la découverte de Brighton.
Ce pier est toujours aussi grand, beau, bruyant, invraisemblable,
kitsh et classique, à l'image de toute la ville sans doute.
Nous y avons mangé un chow- mein (en souvenir de notre voyage
de noces au Népal, où ce fût notre plat préféré
pendant le trekking) au soleil dans des transats.
L'autre
must fût bien sûr la visite du Pavillon Royal que George
IV fit construire au début du 19ème siècle
dans un style oriental extravagant, un palace indien de maharadja
décoré à la chinoise, avec dragons et tout
et tout... Assis au deuxième étage du bus 5A, nous
revenons à Loder Road et à l'animation de Tim, Aaron
et quelques copains de classe.

Jeudi 20 septembre (Brighton, km+104=6320)
message envoyé vendredi à 18h49 locales

- Iden: merci Colette et Charles, à bientôt!
- Rye: très joli village, où vécut Mary Haddock,
veuve du Captain Haddock
- Broad Oak: achat d'une collation (Digestives au chocolat noir)
- Battle: pique-nique pacifique le long de l'église
- Castfield: efforts en East Sussex, décidément très
valloné
- Ninfield: splendides haies d'aubépines épineuses,
de charmes charmants
et de mûres bien mures
- Cooden Beach: arrêt Coca-cola
- Pevensey: murs de galets et invasion de mouchettes
- Polegate: sauts de lapins et bonds d'écureuils
- Wilmington: " The Long Man" dessin géant sur
une colline
- Litlington: village très craquant, très british
- Seaford: derniers rayons de soleil sur les falaises de craie
- Peacehaven: longue cité triste dans l'obscurité
- Brighton: 21h00 enfin, réconfort de l'accueil chez Paul,
Celia,Tim et Aaron...

Mercredi 19 septembre (Iden, km+50=6216)
message envoyé mercredi à 19h43 locales
Au moment de payer la note de l'hôtel, je réalise que
le prix très modique imaginé hier vaut pour une personne
seulement, la chambre double est plus chère, tout s'explique...
Nous patientons dans la chambre que la pluie se calme, en tapotant
sur le Nokia un article pour les anciens de Saint-André,
l'école qui s'évertua à enseigner Gaëtane.
Nos vélos traversent Romney
Marsh, une région toute plate du Kent formée d'anciens
marais ajourd'hui drainés par des canaux et broutés
par des moutons. Notre route traverse de ravissants villages et
nous mène à Iden près de Rye, chez Colette
et Charles, des cousins des parents de Gaëtane. Ils habitent
une charmante maison typique de ce coin d'Angleterre, avec des petite
tuiles rouges qui recouvrent entièrement les murs. Nous nous
réjouissons de revoir Sophie, cousine de l'âge de Gaëtane
et amie de coeur qui a pris le train depuis Londres pour passer
la soirée avec nous...

Mardi 18 septembre (Folkestone,
km+59=6166)
message envoyé mardi à 19h08 locales
Merci à tous nos hôtes belges qui nous ont chacun
accueillis avec tant d'attentions. Ce matin, nous enfourchions donc
nos bécanes après ces jours de repos pas comme les
autres, en traversant toutes les stations balnéaires belges
du nord d'Ostende: Knokke, Zeebrugge, Blankenberge, Wenduine et
De Haan/Le Coq. Un gentil soleil nous accompagne, quelle chance,
après le luxe d'avoir passé les deux derniers jours
de (forte) pluie dans un abri douillet.
Le temps d'un roupillon sur l'Hoverspeed
Seacat et nous voilà à Douvres. On nous avait
prévenu: les dernières semaines ont été
très sèches ici, et les agriculteurs attendaient la
pluie. Pas de problème, ils pouvaient compter sur nous; maintenant
que le beau temps revient sur le continent qu'il avait déserté
depuis fin août, il disparaît d'Angleterre avec notre
arrivée. Les premières gouttes de pluie nous souhaitent
la bienvenue à notre sortie du ferry, et la douche anglaise
nous transperce jusque Folkestone. Impossible de planter la tente,
tout est détrempé, y compris nous, et nous trouvons
refuge dans un hotel à prix d'auberge de jeunesse. Le "Gran
Canaria" se révèle même tout à fait
correct, quel soulagement d'être au sec, quel plaisir de parler
espagnol avec les patrons.
Nous
suivons la route cycliste nationale n 2. Le Royaume-Uni, via l'asbl
Sustrans, a incroyablement développé son réseau
ces dernières années. Le National
Cycle Network comptait à fin 2000 5.000 miles de routes
fléchées et répertoriées sur cartes;
l'objectif à fin 2005 est l'étendre à 10.000
miles, qui silloneront tout le pays.
Bon, tout n'est pas parfait, avec certaines chicanes très
difficiles à franchir pour des vélos chargés,
des sections à mauvais revêtements, des panneaux manquants
ou indiquant la mauvaise direction, le plus souvent à cause
du vandalisme. Ainsi un mauvais plaisant avait-il du tourner un
poteau à 180, et nous avons remonté une pente épouvantable
avant de nous rendre compte de la bonne blague.
Bref, il est 19h00 soit 20h00 en Belgique, soit grand temps
d'appuyer sur "Send", de demander une heure de grâce
à notre Webmaster préféré pour les jours
qui suivent, et d'affirmer selon la tradition que tout va bien dans
le Royaume d'Angleterre.

Lundi 17 septembre (Knokke)
RAS (Rien A Signaler) pour aujourd'hui. La journée fut consacrée
aux préparatifs du départ pour Douvres, c'est-à-dire
notamment au rangement des cartes et à l'étude de
l'itinéraire détaillé pour le trajet dans le
Sud de l'Angleterre.

Dimanche 16 septembre (Knokke)
message envoyé dimanche à 19h52
Quel bazar, ce passage en Belgique! Quel bonheur de revoir et
rencontrer tant de personnes, quelle agitation inhabituelle aussi
par rapport au rythme de notre équipée en duo, et
enfin quelle chance de savoir que notre route ne se terminera qu'à
Gibraltar ! Cette étape est donc une "spéciale",
mais elle reste une étape de notre long périple.
Après l'excellente soirée chez Jean-Luc et Astrid,
les hommes ont prolongé la conversation bien tard dans la
nuit, en refaisant le monde à voix basse dans la salle de
bain, à coup de rêve et d'idéalisme, d'analyse
et de pragmatisme... Alors que Gaë et moi nous couchions habituellement
avec les poules et l'obscurité, le changement de rythme des
deux derniers jours nous a conduit d'autant plus hébétés
dans la grande foule du Beau
Vélo de Ravel, sur la Grand Place de Louvain-La-Neuve,
ce samedi à 08H15.
Le ciel n'était pas avec nous, et les ministres européens
du transport arrivèrent à pied depuis la gare abrités
sous de grands parapluies. Après la confusion du départ,
nous nous sommes retrouvés presque en queue d'un peloton
de 2000 cyclistes: avec nos vélos chargés comme pour
une étape normale, nous n'avons jamais réussi à
remonter complètement cette grande colonne sur les 20 km
du parcours, désespérant de rattraper l'équipe
de tête, la voiture émettrice et la chance de passer
sur antenne comme prévu initialement. C'était compter
sans la flexibilité, l'ouverture et le sourire d'Adrien
Joveneau, animateur choc de cette émission très
suivie, qui nous interviewa en direct peu après notre passage
de la ligne d'arrivée.
Ce fût donc une des étapes les plus mouvementées
de Bike8000, mais quelle joie de la partager avec quelques amis
cyclistes de longue date (Thierry, Catherine, Benoît, Isabelle...),
une belle représentation d'Ingénus (Ingénieurs
Commerciaux de ma promotion 1988: Fox, Pierre, Loopy, Etienne, Paki),
une collègue et sa famille (Caty), la responsable d'IAG Alumni
avec un petit cadeau (Yvonne), les prudents qui viennent après
la promenade (Vincent, Anne, François), ou avant (Fred et
Wendy de Singbybike), un
nom du Livre d'Or sur qui nous mettons enfin une tête (Philippe),
des supporters surprise (Françoise, Emmanuelle...), ma soeur
Christine, mes parents de piquet au stand, les reponsables des projets
de solidarité au Nicaragua et en Belgique (Daniel, Michèle,
Dominique) et bien d'autres encore dont l'omission dans ces lignes
est impardonnable...
Que d'anecdotes aussi, comme ces deux rouleurs que je dépasse
péniblement en montée, en train de converser "...il
y a aussi ce couple qui a traversé la Scandinavie et qui
va jusque dans le sud de l'Europe...", je dis "c'est nous"
et nous bavardons un kilomètre; ou par contre ceux qui aperçoivent
notre chargement mais pas notre drapeau et qui chuchotent dans notre
dos "ce sont sans doute des hollandais"...
Nous sommes ensuite allés manger au très célèbre
Café des Halles, puis avons appliqué la multi-modalité
en revenant en voiture à Bruxelles, pour passer chez nous
en coup de vent. La maison est occuppée par Françoise
(une soeur de Gaëtane) et sa famille, pendant des travaux dans
leur propre maison. Goûter crêpes, micro-sieste, petite
douche, enfilage de robe ou cravate, et hop, direction Anvers pour
le dîner de mariage de nos amis Hélène et Pierre.
Nous avons bien sûr bien mangé et bien bu, mais surtout
énormément ri avec des convives déchaînés
et été émus par la sensibilité des discours
et la joie des mariés.
Ce matin nous nous réveillons à la mer après
une nuit trop courte, pour une joyeuse journée de retrouvailles
familiales. Parents, soeurs et beaux-frères, neuveux et nièces,
soit une tribu de 33 personnes, vont affronter l'agitation des jeux
à l'intérieur et l'agitation du climat à l'extérieur,
que de choses à partager en si peu de temps...

Samedi 15 septembre (Louvain-la-Neuve, km+33=6107)
Paradoxe: alors que Benoît et Gaëtane sont en Belgique,
c'est sans doute le seul soir de leur périple où ils
ne prendront pas le temps d'envoyer un message, leur agenda étant
hyper-chargé pour ce samedi !
La journée fut consacrée en grande partie au "Beau
Vélo de Ravel" et la pluie n'a pas entamé le
moral des quelques milliers de participants. Ce fut l'occasion pour
Benoît et Gaëtane de revoir leurs amis et de découvrir
certains visages qu'ils ne connaissaient que par e-mail ou livre
d'or interposés.
Au programme: demain dimanche sera consacré aux retrouvailles
familiales, lundi sera la journée de repos et de lessive
avant d'embarquer mardi midi à Ostende pour l'Angleterre
via Douvres.

Vendredi 14 sept (Court-Saint-Etienne,
km+32=6076)
message envoyé vendredi à 20h22
La matinée de farniente à Beauvechain a quand même
permis une rapide sortie ornithologique des deux Benoît (passée
en grande partie à écouter les doléances de
trois fermiers sur la politique agricole actuelle). Catherine fut
une escorte de choix pour la courte étape d'après-midi,
dans les douces collines de notre Brabant Wallon.
A Piétrebais
(devinez comment s'appellent les habitants de ce charmant village?)
un concours d'épouvantails animait les bords de route: facteur,
Don Quichotte, cow-boy, écolier, chanteuse, Obélix
et autres policiers étaient tous plus réussis les
uns que le autres.
Nous sommes arrivés à Court-Saint-Etienne chez
nos amis Jean-Luc et Astrid, avons gobé quelques raisins
dans la serre, cueilli une courgette dans le potager pour la lasagne
de ce soir, et entamé les débats sur le cyclisme en
Europe et la journée de demain...
Jean-Luc, grand manitou de Pro Velo: "Quand
aurais-je moi-même l'occasion de découvrir comme mes
hôtes le vaste monde du haut de ma bicyclette ? J'ai bien
sûr fait quelques km aujourd'hui vers la gare et puis vers
LLN, mais j'ai surtout passé beaucoup de temps à régler
la traversée d'un chantier pour notre événement
de demain, qui mettait notre circuit en péril. Sans cet acharnement
à résoudre des tas de petits problèmes, Pro
Velo n'existerait pas. Demain, si tout se passe bien, je serai content
de circuler entouré de milliers d'amis cyclistes pour aider
nos ministres à comprendre que nous sommes nombreux à
vouloir faire rayonner l'Europe, à donner au vélo
une vraie place dans nos villes et villages".

Jeudi 13 septembre (Beauvechain, km+66=6044)
message envoyé jeudi à 18h34
Nous avons dormi sans encombres dans notre tente plantée
sur les berges du Rupel, à côté de la piste
cyclable encore fréquentée juste avant l'obscurité
par quelques cyclistes, rollers ou promeneur de chiens qui n'en
croyaient pas leurs yeux. Le parcours jusque Leuven, en passant
par Malines, est très agréable; c'était amusant
et bizarre pour nous de retrouver des paysages et des villes familières.
Nous sommes arrivés avec un immense plaisir à
Beauvechain chez nos amis Bénédicte et Benoît,
et leur petite fille Ysaline, 3 mois et demi, née juste avant
notre
départ, mais que nous n'avions encore jamais vue.
Le Ben nous livre quelques mots: "Eh
bien les amis, ils ont un look d'enfer ! On a l'impression de voir
Indiana Jones et son assistante débarquer dans notre petit
intérieur bourgeois, quel anachronisme, mais surtout quel
bonheur de les revoir parmi nous. J'espère que vous serez
nombreux à nous rejoindre à Louvain-La-Neuve pour
leur serrer la pince et participer à leur épopée
formidable".

Mercredi 12 septembre (Niel, km+78=5978)
message envoyé mercredi à 18h55
Notre journée a été fortement marquée
par la nouvelle des attentats aux USA, que nous n'avons apprise
que ce matin. J'en avais l'estomac retourné, et nous étions
tous les deux tellement choqués que nous nous sommes perdus
trois fois en ratant des panneaux de la route cycliste LF2.
Nous avons pourtant traversé des paysages splendides
pour notre retour en Belgique: la plaine de bruyère de Kalmthout
et une magnifique forêt de rhododendrons au nord de Brasschaat.
Brasschaat où l'on peut respirer autre chose que l'air pur:
les nouvelles constructions privées, d'un luxe inouï,
exhalent un puissant parfum d'argent frais.
A Anvers, après une razzia sur les culottes cyclistes
au Décathlon, nous voyons les images terrifiantes de NY sur
les écrans du bureau de tourisme, et nous achetons quelques
journaux pour en avoir le coeur net. Quelle horreur...
Nous quittons la ville le long de l'Escaut d'abord, puis le
long du Rupel, direction Malines.
Et pour terminer par un clin d'oeil, nous vous envoyons une
petite pub pour le RV du 15 septembre, avec deux photos-vraiment-prises-par-nous:
 
Sois pas mou ton vélo te réclame
Sois pas vache rejoins-nous ce samedi
PS. Mon compteur s'est à nouveau déconnecté
pendant une bonne partie de l'étape. C'est la énième
fois que cela arrive, nous passons donc sur le compteur de Gaetane
qui exprime la vraie vérité de notre kilométrage,
et notre cumulé réalise ainsi un bond d'une centaine
de km.

Mardi 11 septembre (Huijbergen, km+70=5797)
message envoyé mardi à 19h58
Hier soir, nous avions envoyé un e-mail à Luc,
de Starpole, pour lui signaler
une exception à la (quasi) perfection de notre matériel,
notre tapis de sol qui depuis quelques matins se retrouve très
humide sous nos matelas. Nous ne consultons d'habitude la boîte
vocale du Nokia qu'en l'allumant avant 20h00 pour envoyer notre
rapport, mais ce matin, nous nous connectons par acquis de conscience.
Déjà 3 messages de Luc (nous avait dormi tard...),
très concerné, qui avait sans doute déjà
trouvé une solution à notre problème. Voilà,
c'était le paragraphe "sponsor sympa".
Nous avons roulé sur notre première piste cyclable
inondée par quelques cm d'eau sur une cinquantaine de mètres.
Ces pistes hollandaises sont extraordinaires: elles traversent champs,
bois et prairies, parfois très loin de toute route pour voiture;
y rouler est un vrai plaisir.
Nous avons frôlé la frontière belge, mais
c'est encore en Hollande que nous plantons la tente ce soir, selon
la formule "Campeer bij de boer". Nos hôtes fermiers
produisent du fromage de chèvre et c'est bercé par
un concert de biquettes bêlantes que j'accomplis mon devoir
quotidien d'expression écrite.
Voir aussi les rubriques ornithologie
et gastronomie.

Lundi 10 septembre (Dordrecht,
km+77=5727)
message envoyé lundi à 20h01
Sur la piste entre deux canaux, la lutte avec le vent latéral
est permanente, surtout qu'il souffle par raffales entre les saules
têtards, nous poussant vers l'eau sombre, souvent recouverte
de petites algues vertes. Malgré des conditions météo
à ne pas mettre les sabots (hollandais) dehors, nous profitons
du paysage splendide des polders.
Nous sommes passés à Gouda pour refaire nos provisions
de "jong belegen" et à Kinderdijk
pour contempler les 19 moulins à vents qui dès 1740
pompaient l'eau des bas polders vers la rivière adjacente.
Leur fonction a aujourd'hui été reprise par des
gigantesques vis sans fin, mais eux se dressent toujours fièrement,
de briques ou de chaume.
Nous progressons moins vite, car quand les averses tombent trop
dru, nous essayons tant bien que mal de nous arrêter sous
un arbre ou derrière une haie pour éviter trempette
et grelottements. Après avoir perdu la route LF2 et suivi
des indications d'AJ et de camping, nous somms revenus tout près
de Dordrecht que nous avions quitté une heure plus tôt.
Tiens bon, fidèle petite tente!

Dimanche 9 septembre (Alphen a/d Rhijn, km+42=5650)
message envoyé dimanche à 19h57
Après une messe en latin avec trois collectes (pas trop notre
truc) et de nouveau une ou deux heures dans l'immense Cyber-Café
Easy Everything (sorte
de salle de marché avec 650 ordinateurs!), nous avons réenfourché
nos vélos. Ils étaient tout
pimpants après leur passage chez un pro pour un entretien
complet ainsi que le remplacement des pneus et freins.
Nous suivons actuellement la route LF2,
ouverte en 1999, qui va d'Amsterdam à Bruxelles via de jolies
villes hollandaises et flamandes. Nous longions au début
la rivière Amstel, et même la sortie d'Amsterdam était
déjà une belle petite route.
Personne à la Logeerboerderij où nous comptions
planter notre tente ce soir, il va donc falloir continuer jusqu'au
prochain camping. Ah, pendant que j'écrivais, le patron est
revenu: ce n'est pas un terrain de camping, mais nous pourrons dormir
dans une caravane innoccupée... Une grande première!

Samedi 08 septembre, Amsterdam
message envoyé samedi à 19h02
Ce matin, nous étions bien contents de découvrir
l'article sur notre projet dans le Telegraaf. Comme en Belgique,
nous avons apprécié le talent du journaliste, via
la mise en situation dynamique et l'agencement du texte et de la
photo, au prix de quelques raccourcis ou habillages assez amusants...
Quand nous déambulons dans les rues d'Amsterdam, c'est
Gaëtane qui guide nos pas entre quai aux fleurs, Rijksmuseum,
bureaux de poste restante, Singel et autres
canaux, supermarchés, magasin de vélos et cyber cafés.
Bien, il reste encore à visiter le Red Light District et
les Coffee Shops, non?

Vendredi 7 septembre (Amsterdam)
message envoyé vendredi à 18h13
"Hi man, how are you doing?" demande un baba
"Thanks God, I am OK" répond l'autre
"Carpe Diem", poursuit le premier
"Positive Power", conclut l'autre.
Tel fût le dialogue percutant entendu ce midi sur une
place venteuse d'Amsterdam. Et il nous a fortement interpellé
dans notre vécu personnel. Autrement dit, aujourd'hui, on
se la coule douce, tellement que Benoît a la flemme de faire
le rapport et me met le Nokia dans les mains.
Heureusement je n'ai le temps d'écrire que quelques lignes.
Nous partons bientôt voir "La
pianiste". Voilà plus de 3 mois que nous n'avons
plus mis les pieds dans une salle obscure ! Un vrai record pour
nous qui allions à une fréquence quasi-hebdommadaire
dans les cinémas bruxellois, à vélo bien sûr.
Surtout ne manquez pas les nouvelles
photos !

Jeudi 6 septembre (Amsterdam)
message envoyé jeudi à 20h48
Bien que nous ne soyons pas dans le Red District, la nuit fut
chaude dans notre quartier de la Leidseplein:
à quatre heures du matin, la rue débordait encore
d'activité sous notre fenêtre. Depuis notre pigeonnier,
nous pouvions entendre les conversations, éclats de voix,
rires, cliquetis de cadenas accrochés et décrochés,
interpellations, coups de pédalier mal réglés,
et à chaque montée de décibels je me disais
"leur grand cortège va bientôt se disloquer"
ou "ils vont rompre les rangs et rentrer chez eux" ou
encore "ça y est, c'est l'ovation finale", mais
il n'y avait aucun événement particulier, si ce n'est
la trépidante vie nocturne d'Amsterdam, et le tohu-bohu continuait
de plus belle. Après avoir revissé mes ear plugs de
Picatchou, j'ai dû m'endormir avant l'extinction des feux...
Aujourd'hui, nous avons déjeuné avec Pierre Drescigh,
diplomate à l'ambassade
de Belgique en Hollande, et Drs. Stephan W. van der Ven, journaliste
au Telegraaf. Nous
étions un peu confus de ne pas être arrivés
avec nos vélos, car il y avait également un photographe
non prévu au programme, qui a dû nous mitrailler sans
nos montures. Le journaliste était très sympa; nous
avons répondu avec enthousiasme à toutes ses questions,
surtout orientées vers l'aspect solidarité de notre
projet. Rien ne le surprenait, mais nous avons quand même
réussi à lui faire lever les sourcils en répondant
joyeusement "Ja, dagelijks!" à la question de savoir
si l'on se disputait parfois...
Nous avons ensuite bavardé plus relax avec Pierre, ingénieur
civil de Mons devenu stagiaire diplomate à La Haye, qui nous
avait remarquablement organisé cette entrevue, merci beaucoup!

Mercredi 5 septembre (Amsterdam,
km+104=5608)
message envoyé mercredi à 20h56
Après la douche froide des averses de ces derniers jours,
notre arrivée à Amsterdam
en fût une autre. Nous rêvions d'un petit hôtel
charmant où nous pourrions enfin lever le pied quelques jours
après presque 3 semaines de pédalage ininterrompu,
programmer la suite des événements et parer à
quelques urgences urgentissimes: lessive, entretien des vélos
et séchage de tente.
Au bout d'une nouvelle étape très jolie, nous
sommes arrivés fourbus devant l'office de tourisme fermé,
sans plan de ville, dans une frénésie invraisemblable
de voitures, vélos, piétons, avec partout des vélos-épaves
attachés par des cadenas plus gros qu'eux...
Les prix des
hôtels sont fort chers, nous voilà donc dans une
chambrette, pas si mal en fait, au quatrième étage,
où nous devons grimper par un minuscule escalier, chargés
comme des baudets avec nos 60 kilos de bagage répartis dans
6 sacoches par personne (impossible à transporter en un trajet).
Les vélos semblent en sécurité sur une petite
terrasse arrière qui donne sur un canal, et notre tente pend
sous un balcon... Alors, on souffle un peu, on débranche?

Mardi 4 septembre (Nunspeet,
km+102=5504)
message envoyé mardi à 20h12
Mes
amis, quelle douche aujourd'hui! A peine une averse torrentielle
était-elle passée que la suivante arrivait, plus menaçante
encore. Nous avons eu quelques éclaircies, qui baignaient
tout le paysage d'une étrange lumière argentée.
Pendant un de ces moments de grâce, nous traversions le Nationaal
Park Weeriben, en roulant sur une petite piste cyclable entre un
canal sauvage et quelques maisons, accessibles uniquement par bateau
ou à vélo. Avec les immenses étendues de roseaux,
le calme de l'eau et des petits lacs, la lente progression des bateaux,
on se croyait dans un bayou de Louisianne.
L'expérience cycliste d'aujourd'hui fût sans conteste
la sortie des classes vers 15h30. Tout d'abord, nous fûmes
encerclés par une cinquantaine d'écoliers sur le bac
entre Zwartsluis et Genemuiden; à l'embarquement, le contrôleur
leur poinçonnait une carte d'abonnement, et la pagaille était
telle qu'il n'est jamais venu nous faire payer notre propre passage.
Plus loin, dans l'autre sens et sur une piste relativement étroite,
nous croisons quelques scholiers isolés, puis un peloton
serré d'une nouvelle cinquantaine, avec des guetteurs qui
hurlaient "Fietsen!" pour avertir les distraits que nous
croisions leur route. Qu'il pleuve ou qu'il vente, peu leur chaut,
ils vont à l'école à vélo, avec s'il
le faut les pieds emballés dans des sacs plastiques, et pédalant
souvent sur un engin de bonne marque et bonne série.
Que d'observations amusantes, de rencontres, de découvertes
émerveillées... Hier sur un pan rouge de toit de grange,
de la taille d'un terrain de foot, des tuiles noires disaient "TUSSEN
HEMEL EN IERDE", plus loin, d'autres tuiles dessinaient une
vache et son petit veau; ailleurs, à coté d'une statue
de vache aux couleurs psychédéliques (genre Niki
de Saint Phalle, on en a vu plusieurs dans cette région),
on lisait sur un écriteau "MELK IS ONS DAGELIJKS BROOD".
Nous bavardons avec la patronne d'un VVV, avec le réceptionniste
d'une bibliothèque (merci pour vos messages sur le livre
d'or et sur hotmail...), avec deux types sympas qui nous accueillent
sous leur hangar pendant une averse de fin du monde, avec les moutons
aussi, mais bon, ils ont moins de répondant.
Voir aussi la (très courte) rubrique ornithologie.

Lundi 3 septembre (Lemmer, km+74=5402)
message envoyé lundi à 20h42
Journée mal emmanchée continue en beauté,
deuxième édition (la première c'était
quand, encore?). Au lever dans notre camping mal aimé, nous
constatons la perte irrévocable de deux gants de toilettes,
essentiels comme vous savez pour un pré-sèchage, et
un shampoing, de bonne qualité car acheté par Gaëtane,
oubliés la veille dans la salle de douche.
Deuxième événement incroyable: une crevaison!
Après 5327 km sans pneu crevé, nous pensions que nous
arriverions à Gibraltar avec les rustines au complet dans
leur boite (nous en avons 50). Un petit morceau de verre s'était
fiché dans le pneu arrière, bien usé il faut
le reconnaître. LE truc pour coller une rustine, après
avoir rapé le caoutchouc et appliqué la colle: attendre
5 minutes (montre en main) pour une parfaite vulcanisation, appliquer
seulement la rustine à ce moment-là puis confirmer
l'opération en la massant du pouce pendant une minute. Voilà,
votre réparation est nickel, vous pouvez repartir en confiance.
Hier, nous avions déjà traversé des villages
hollandais peu touristiques mais très jolis, très
typés, de véritables musées vivants. Ceux de
Frise au bord de l'IJsselmeer sont plus visités, et plus
ravissants les uns que les autres: Makkum, Piaam, Workum, Hindeloopen...
Dans cette dernière villette, nous nous sommes attardés
plus longtemps, le long des ruelles minuscules, sur les ponts qui
enjambent les petits canaux, et dans le musée du patin à
glace et de l'"Elfstedentocht".
Cette course m'a toujours fasciné, sans doute depuis l'école,
car dans les première classes de néerlandais, on apprenait
l'histoire d'un patineur inconnu, cagoulé et de noir vetu,
qui s'était détaché du peloton pour finalement
terminer le premier. Il y a eu 15 éditions depuis 1909, dictées
par l'épaisseur de la glace, la dernière course datant
de 1997.
Ce soir, après une averse monstre mais qui heureusement
nous arrivait avec un vent de dos, nous nous sommes arrêtés
près d'une prairie où couraient de noirs chevaux frisons,
pour admirer quelques sympathiques oiseaux.
Voir aussi la rubrique ornithologie.

Quelques nouvelles du projet "Aprobenir"
soutenu par BIKE8000
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Dans le village de Jinotepe, Aprobenir Nicaragua a créé
une école de charpente et menuiserie pour enfants
en situation difficile.
Les élèves viennent des villages environnants.
Aprobenir Belgique en finance le fonctionnement.
Votre générosité
et celle de Benoit et Gaëtane a permis d'acheter
des bicyclettes à la fabrique "Tierra",
créée par l'asbl Terre Belgique.
Ces bicyclettes sont prêtées aux élèves,
pour faciliter leur trajet vers l'école,
et ainsi permettre une plus grande ponctualité
des élèves.
La bicyclette
de charge permet le transport des matériaux.
De par cette opération,
deux projets promus par la Belgique au Nicaragua peuvent
mieux évoluer.
Merci à vous tous !
Daniel et Michèle Fache. |
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Dimanche 2 septembre (Harlingen,
km+103=5327)
message envoyé dimanche à 21h00
Commençons vite par deux trois trucs pas cools, ça
soulage: le vent qui nous a soufflé violemment toute la journée
en pleine face, t'es pas trop sympa, sache-le. Toi la pluie qui
est tombée dru en milieu de journée, nous nous serions
volontiers passé de tes services. Surtout que, merci les
cafés, vous étiez tous fermés quand nous sommes
finalement arrivés fourbus et trempés dans un gros
village.
Enfin, chère tenancière du camping où nous
sommes arrivés ce soir sous la pluie également, tu
es aimable comme une porte de prison, tiens-le toi pour dit.
Heureusement, nos copains les moutons nous font toujours marrer,
surtout ceux qui broutent à genoux pour moins baisser la
tête, celui qui, au faîte d'une digue, se tortillait
les quatre fers en l'air pour se gratter l'échine, et son
compère deux mètres plus loin qui nous regardait passer
placidement, avec une pie perchée sur le dos.
Et puis, nous avons adoré un tronçon de route
très pittoresque, éclairé d'ailleurs par un
rayon de soleil, qui filait sur 15 km à l'ouest d'Oudebiltzij.
La route était construite sur une petite digue, avec à
gauche un canal bordé de roseaux, et à droite
tout le long, des petits groupes de maisonnettes traditionnelles.
Nous roulions le nez devant les fenêtres, et beaucoup de gens
étaient assis au salon par ce dimanche venteux, observant
d'ailleurs parfois le passage sur la route.
La vie dans ces intérieurs en mouchoir de poche se déroulait
devant nous, c'était curieux et touchant. A un moment, j'éternue
bruyament (c'est une de mes grandes et involontaires spécialités),
une dame sursaute dans sa cuisine et se retourne, toute hébétée.

Samedi 1er septembre (Molenrij, km+68=5224)
message envoyé samedi à 19h59
Après avoir passé ces derniers jours des dizaines
ou des centaines de portes à moutons, avoir longé
des digues qui serpentent sans jamais s'arrêter, avoir lutté
ce matin contre un fort vent de face, c'est avec soulagement que
nous avons décroché de la côte pour suivre la
route cycliste LF10 (Waddenzee). Ce circuit nous emmène légèrement
à l'intérieur des terres et passe par de très
jolis villages qu'autrement nous ne pouvions pas voir.
A l'affût des panneaux de signalisation, nous renouons donc
avec le plaisir du jeu de piste, entre chemins cendrés, routes
calmes, moulins, fermes à double grange, maisons croquignolettes...
Nous nous laissons bercer par les images traditionnelles de Hollande.
Voir aussi la rubrique ornithologie.

Vendredi 31 août (Termunten, km+71=5156)
message envoyé vendredi à 19h56
Pour moi (pour Gaetane aussi d'ailleurs...) , c'est un vrai changement
et un plaisir de pouvoir, dès notre arrivée en Hollande,
m'adresser aux gens directement dans leur langue, alors que depuis
notre départ il fallait passer par l'anglais. Nous avons
d'ailleurs été étonnés de constater
que les Allemands du nord parlent peu anglais, mais dans un sabyre
anglo-allemano-néerlandais, nous avons toujours réussi
à nous faire comprendre.
Aujourd'hui, nous avons continué à slalomer entre
les crottes de moutons, un peu plus poussivement qu'hier après
cette longue étape et avec un vent moins favorable. Nous
avons pris le ferry le plus charmant du monde pour traverser l'Ems,
entre Emden et Ditzum, peu avant la frontière hollandaise.
C'était un petit bateau mignon comme tout, juste pour piétons
et cyclistes. Nous étions 5 passagers, deux en tandem, un
en scooter et nous à vélo.
En passant, quelqu'un aurait-il un tuyau pour un logement à
Amsterdam? Amis, chouette AJ, petit hôtel sympa... En effet,
notre programme est d'arriver là mercredi soir et d'y séjourner
3 ou 4 jours, avant de filer sur Leuven puis LLN pour les retrouvailles
du 15 septembre, lors de l'événement "Faites
rayonner l'Europe". On compte bien vous y voir, avant de continuer
plus avant...
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