Octobre 2001


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OrnithologieArchitectureEtat des routes


Jeudi 1er novembre

les nouvelles du jour sont sur la page de novembre !


Mercredi 31 octobre (Ciguñuela, km+71=8588)

message envoyé mercredi à 19h17

Souvent en début et en fin de journée, nous entendons d'abord et admirons ensuite des troupeaux de moutons qui partent ou reviennent des paturages, dans un concert de clochettes et bêlements. Le berger les accompagne, un bâton à la main, un sac en bandoulière; deux ou trois chiens les encadrent, obéissant parfaitement aux injonctions de leur maître pour rabattre les fortes têtes.

Ce spectacle nous enchante toujours, mais ce soir nous l'observions depuis notre campement avec une pointe d'inquiétude: le troupeau se dirigeait dans notre direction, au grand dam de Gaëtane, toute nue devant le bassin de toile et la casserole d'eau chaude qui lui faisaient office de salle de bain. Quelques moutons pointent leur nez au bout du champ, je vois la silhouette du berger dans le soleil couchant et ouf, ils repartent par un autre chemin...

Voir aussi la rubrique ornithologie.


Mardi 30 octobre (Palencia, km+67=8518)

message envoyé mardi à 19h22

Incroyable! Ce matin devant l'épicerie de Fromista, sur le chemin de Saint-Jacques, tous les clients étaient belges! Jean-Paul, Wallon de Liège, marche vers l'ouest et Compostelle, Johan, Flamand d'Ostende, en revient et retourne vers l'est puis le nord, Gaëtane et Benoît, Bruxellois d'Ixelles, roulent vers le sud et Gibraltar. Vive la Belgique et vive Elisabeth...

Le village précédent, Bocadilla del Camino, s'éait avéré très colombophile. Du moins, ils aiment ces oiseaux dans leur assiette, et l'on peut compter 7 ou 8 beaux pigeonniers aux alentours. L'un deux, en briques adobes et terre battue, comme pas mal de maisons anciennes par ici, s'était écroulé en partie, laissant admirer les trois parois octogonales concentriques, avec leurs petites alcoves vides.

Après avoir recroisé Christine (rencontrée hier à Burgos), nous nous lançons sur le chemin de halage du Canal de Castille. Un siècle de construction, de 1750 à 1850, un siècle d'exploitation, de 1850 à 1950, puis l'abandon et enfin des efforts de valoristion culturelle. Ce qui est surtout remarquable, c'est de trouver cette voie d'eau arborée (les dernières feuilles de peupliers sont d'un jaune superbe) au beau milieu d'une grande plaine très sèche. Après 25 km de mauvaise piste, nous quittons néanmoins ce paisible tracé pour nous rendre à Palencia. Ce soir, nous sommes de nouveau au bord du canal pour y planter la tente, mais demain nous l'abandonnerons définitivement car le chemin de halage n'est plus praticable vers Valladolid.


Lundi 29 octobre (Itero del Castillo, km+66=8451)

message envoyé lundi à 20h15

Devant la belle poste de Burgos, nous sommes abordés ce matin par Christine, Allemande en pèlerinage cycliste sur le chemin de Compostelle. Elle parcourt une quarantaine de km par jour sur le sentier lui-même, avec un VTT Cannondale superbement équipé. Malgré tout elle a déjà dû détacher les bagages (fontes arrière) et les porter séparément dans certains passages délicats; nous avons donc bien fait de ne pas nous entêter dans cette voie.

C'est une journée superbe, très chaude et lumineuse. Nous sommes vraiment vernis: pas de pluie depuis des lustres! Nous traversons parfois des petits maquis très pittoresques, sinon ce sont les champs paisibles qui ondulent à l'infini, ou les grands déserts agricoles des plateaux. Voilà Castrojeriz, un beau village qui se déroule au pied d'une montagne aride surmontée par un château en ruines.

Nous retrouvons ici et là le Camino de Santiago, parsemé d'innombrables églises, couvents et chapelles. A notre arrivée à Itero del Castillo, un homme nous persuade de demander l'hospitalité à l'auberge des pèlerins. En attendant le retour de la responsable, nous bavardons chaleureusement avec un couple octogénaire du village. Asunciòn revient enfin de sa promenade et nous accueille à bras ouverts dans la petite auberge, une annexe de la mairie, alors que nous ne sommes certainement pas des pèlerins officiels...

Le livre d'or du gîte est passionnant, amusant, émouvant. De très nombreux cyclistes ont passé une nuit ici, y appréciant d'autant plus le merveilleux accueil que beaucoup venaient d'avoir été refoulés comme des malpropres de l'auberge précédente, à Castrojeriz. Notre hôtesse en particulier est une personne très appréciée le long du pèlerinage, comme en témoigne ce beau message: "El Camino de Santiago es el Camino de las Estrellas y una de èstas se ha caido en Itero del Castillo y la llaman Asunciòn." (Le Chemin de Saint-Jacques est le Chemin des Etoiles et l'une d'elles est tombée à Itero del Castillo et on l'appelle Asunciòn).


Dimanche 28 octobre (Burgos)

message envoyé dimanche à 20h35

Une journée de repos dominical fut bien nécesaire après la nuit festive que nos amis espagnols ont passée sous notre fenêtre (cette fois notre chambre était au premier). Le dilemme du Capitaine Haddock dans Coke en Stock était de dormir avec la barbe au-dessus ou en-dessous de la couverture, le nôtre était de dormir la fenêtre ouverte ou fermée et écouter la movida ou manquer d'air. Changement d'heure ou pas, la joyeuse aubade dura jusqu'au petit matin...
Par contre vers 10h00, les rues étaient encore quasi désertes, à part les enfants qui se rendaient au cathéchisme avec un cahier blanc.

C'est d'ailleurs à une messe des jeunes que nous avons assisté à l'église de Saint-Nicolas. Le Grand Saint y est représenté sur la porte d'entrée avec les trois enfants au saloir.

Sieste, écritures, internet, une après-midi bien calme qui fait du bien de temps en temps. On pense à vous tous en consultant notre messagerie et en surfant sur notre bon vieux site. Quels splendides dessins d'enfants, merci!


Samedi 27 octobre (Burgos, km+60=8384)

message envoyé samedi à 19h30

Dans le froid matinal, nous traversons de nouveau quelques villages désolés, alors que juste à gauche dans la plaine filent parallèlement une autoroute, une voie de chemin de fer et une nationale: une réalité à deux vitesses... La faute à qui donc ? la faute à la globalisation. Les tracteurs sillonent des champs gigantesques beaucoup plus efficacement que les agriculteurs de jadis ne labouraient leur petite parcelle. Où
sont passées les populations villageoises de Castille, alors?

Entre autre dans les immeubles à 10 ou 12 étages qui bordent les boulevards de Burgos, pardi! Entrer dans la ville est assez écrasant, mais le centre historique
révèle ses monuments splendides et, d'après l'ambiance en rue, sa fièvre du samedi soir. C'est décidé, nous nous reposons un jour ici!



Vendredi 26 octobre (Briviesca, km+73=8324)

message envoyé vendredi à 19h05

Quelle étrange journée... Cet après-midi, nous sommes passés de villages fantômes en villages fantômes: San Millan de Yecora, Valluercanes, Quintanaloranco, Bañuelos... Plus de la moitié des habitations sont abandonnées ou en ruine, sans doute à cause de l'exode rural. Adieu les riches vignobles de Rioja, bonjour les champs de blés sur des grands plateaux désertiques, battus par les vents.

L'absurdité, et la frustration du voyageur à vélo, est de constater que de bonnes petites routes où passent tout bonnement 5 voitures par heure, sont élargies et dotées de superbes barrières de sécurité, au lieu de consacrer ces millions à du logement, une salle communale ou la restauration de l'église (beaucoup se sont écroulées).

Nous avons totalement perdu notre chemin sur des pistes en essayant de suivre une route blanche avec un côté en pointillé sur la carte Michelin. Mauvais plan: l'échelle 1/400.000 n'est pas assez précise pour ce genre d'exercice d'orientation; nous y avons laissé deux heures et pas mal d'énergie, car cela monte et cela descend tout le temps. Au dernier village, style mexicain à l'heure de la sieste, sans
âme qui vive sauf de multiples chiens, nous remplissons nos gourdes à un robinet de façade avant d'attaquer une dernière montée, puis planter notre tente dans un champ, à coté d'une montagne de ballots de paille.


Jeudi 25 octobre (Samaniego, km+75=8251)

message envoyé jeudi à 19h04

Brr, il faisait froid cette nuit, j'ai dû sortir mes Damart Thermolactyl et mon bonnet turc. Entre le camping et Estella, une énorme distillerie d'alcool de vin émet des vapeurs caractéristiques et me rappelle le boulot. J'achète un livre (Un espia llamado Sara) dans la jolie petite ville, et nous repartons sur une route qui serpente et moutonne gentiment. Nous pique-niquons sur la place de Santa Cruz, un village animé, où le bar du coin nous procure une petite assiette d'olives en entrée.

De l'autre côté d'un petit col entre des pics de granit, le paysage est époustouflant. Une bonne trentaine de vautours planent près du massif rocheux et sur les coteaux s'étendent les vignes de Rioja, avec leur splendides couleurs d'automne. Curieusement, les vendanges se terminent seulement ces jours-ci, et c'est en plein dans cette activité fébrile que nous débarquons à Samaniego.

Un homme à béret nous indique la pelouse de l'église pour planter notre tente et nous prévient que les cloches sonneront à 19h00 pour une messe. Y assister ne nous aura pas mis en retard pour notre rapport quotidien: le curé l'expédie en 20 minutes et maintenant il dirige une répétition de chorale avec les femmes qui sont restées. Depuis la tente je peux entendre leurs chants enthousiastes, c'est assez touchant.

Voir aussi la rubrique ornithologie.


Mercredi 24 octobre (Estella, km+54=8177)

message envoyé mercredi à 19h25

Depuis Pamplune, nous avons tenté de suivre le chemin de Saint-Jacques de Compostelle à vélo, ayant même reçu de l'office du tourisme un dépliant qui en décrit les étapes. Ce document se borne en fait à commenter le chemin normal, pour les pélerins à pied, donc avec nos vélos chargés comme des baudets, c'est impossible. Nous avons néanmoins eu un bel aperçu du chemin en le suivant pendant 20 km, soufflant, suant, poussant les vélos sur les cailloux, et surtout admirant le paysage, longeant des chapelles, et croisant des pélerins.

Vers 11h00, deux d'entre eux nous rattrappent au sommet d'une colline encore enveloppée de brouillard. Chic, Eric et Marilyne sont belges, partis depuis début juillet avec leur sac à dos, leur baton, et des coquilles qui pendent ici et là. Ils nous racontent leur expérience, nous apprennent deux trois trucs de camping sauvage, et nous pique-niquons ensemble avant de reprendre la route. Nous parvenons tant bien que mal au sommet d'une crête, mais de l'autre côté le sentier descend en pente raide et nous devons l'abandonner. Nous visitons en chemin le splendide ermitage de Eunate, une église romane octogonale avec des vitraux d'albâtre, et nous arrivons à Puente la Reina.

Deux messieurs espagnols nous abordent, ils ont étudié à Louvain (Leuven), y ont rencontré leurs épouses belges, et c'est ce quattuor qui nous offre une chope au bar de la place! Nous repartons sur la nationale cette fois, chemin de Compostelle des automobilistes, mais le traffic et surtout la vitesse sont infernaux. Pas de demi-mesure entre le sentier caillouteux ou l'asphalte à trois bandes, dans cette section-ci
du moins: demain nous quitterons le Camino de Santiago pour un autre itinéraire, mais nous reviendrons plus tard, à pied! Hé, ho, crie Gaëtane qui n'a pas l'air d'accord...


Mardi 23 octobre (Pamplona, km+63=8123)

message envoyé mardi à 19h12

Pendant la nuit, j'ai rêvé qu'on nous piquait les bagages selon trois scénarios différents, quelle paranoïa... Nous étions dans nos sacs de couchage à 20h30, avons éteint la lumière (nos lampes frontales!) à 21h00, nous sommes levés à 08h00 ce matin, ce qui représente une bonne nuit somme toute. Nous enfourchons nos vélos et leurs bagages au complet pour un col un peu plus sérieux, Puerto de Velate à 845 mètres. Nous passons par de petits villages oubliés: Ziga, Aniz, Berroeta surtout.

Leurs grosses maisons sont typiques du style basque espagnol: encadrements des portes et fenêtres en granit rose, blason (de la famille?) qui se détache sur le crépi blanc, corniches travaillées. Les maisons françaises, elles, avaient des colombages peints en rouge, bleu ou vert et avaient un aspect général moins massif ou sévère.

Pamplune, 23/10Lors de la descente du col, l'ancienne route rejoint la nationale qui passait plus bas, via trois tunnels entre autre. A peine y avons-nous roulé 100 mètres que deux énormes camions se croisent à notre hauteur sans décélérer le moins du monde. Le déplacement d'air nous jette presque à terre et nous décidons de prendre une petite route alternative, plus longue et plus accidentée, mais sereine et égrénée par d'autres villages avec leur église sur une colline.

le balcon de la photo précédenteNous n'évitons pas quelques kilomètres sur une sorte d'autoroute pour entrer dans Pamplune, où pour le moment il n'y a pas de taureaux à signaler dans les rues. La vieille ville est charmante et animée, avec des boutiques centenaires, du linge aux fenêtres... Ce soir, hôtel et resto, nous célébrons avec un certain retard notre premier anniversaire de mariage et les 8000 km.


Lundi 22 octobre (Irurita, km+50=8060)

message envoyé lundi à 18h52

Ce matin pour nous dérouiller les jambes nous sommes montés sur la colline la plus proche de la maison Chori Kanta, au sommet de laquelle on jouit d'un très beau panorama, comme ils disent dans les guides. De retour vers Ascain, mes cuisses hurlent de douleur, peut-être ont-elles oublié les efforts de la marche, et surtout de la descente? Je m'appuie fortement sur Gaëtane, comme elle se reposait sur moi samedi soir, quand ses pieds la faisaient horriblement souffrir dans ses chaussures élégantes. Je précisais chaque fois la raison de son comportement aux invités croisés, de peur qu'ils ne s'imaginent qu'elle était bonnement saoûle.

De retour chez Jacqueline et Gérard, ce dernier nous raconte qu'en été, de nombreux touristes fourbus et surtout assoiffés après la descente de La Rhune, lui demandent si l'eau de la fontaine qui jouxte leur jardin est potable (elle l'est, délicieusement fraîche qui plus est). Il ne leur répond ni oui ni non, mais "J'en bois depuis 40 ans". Sur cette réponse, une personne sur deux continue son chemin!

Après un faux départ causé par un pneu plat, nous quittons nos hôtes tellement attentionnés et nous nous dirigeons vers l'Espagne. D'abord le petit col Saint-Ignace, puis après la frontière, le plus sérieux Puerto d'Otxondo à 605 mètres. C'est une joie de retrouver la montagne, il faut dire que ce Pays Basque est superbe, entre vagues et cîmes. Un vautour nous survole, immense, à la recherche d'une carcasse de mouton ou de petioc (poney semi-sauvage).

Nous arrivons à Elizondo, un gros village assez joli mais moins rieur qu'en France; les habitants aussi sont a priori un peu plus distants. Nous plantons notre tente sur une sorte d'aire de pique-nique le long d'une route minuscule, entre une fontaine, une rivière, des chênes et un champ d'où un vieux à béret m'interpelle et bavarde aimablement, mais son espagnol est vraiment difficile à suivre...

Voir aussi la rubrique ornithologie.


Dessins d'enfants

Les dessins que les enfants nous ont envoyés
sont maintenant visibles "en ligne": cliquez ici !

Merci à Adrien, Céline, Emile, Laetitia, Marie,
Pauline, Priscilla et Sandrine qui ont tous gagné
et recevront bientôt chacun(e) une carte postale
personnelle envoyée d'Espagne ou du Portugal
par Benoît et Gaëtane.

Si tu veux encore envoyer un dessin et toi aussi
recevoir une carte postale, il n'est pas trop tard:
c'est avec plaisir que nous le mettrons sur le site !


Dimanche 21 octobre (TGV vers Saint-Jean de Luz)

message envoyé dimanche à 18h15

mariage d'Ysabel et Vincent, samedi 21 octobreUne belle journée auprès d'amis chers, une courte nuit et hop, nous revoilà dans le TGV pour rejoindre nos montures. Pluto et Tigrou nous saluent lors de notre changement de correspondance à Marne La Vallée. Gaëtane qui revient d'avoir acheté un coca au wagon restaurant, résume dans l'ordre sa traversée olfactive des trois voitures intermédiaires: tabac, transpi, whisky.

Quel est notre programme pour rejoindre Gibraltar? Nous suivons en partie le chemin de Saint-Jacques de Compostelle jusque Burgos, nous le quittons pour rejoindre Salamanque et ensuite filer plein sud via l'Extrémadure. A vrai dire, nous avons beaucoup moins d'adresses d'hospitalité qu'en Angleterre et en France. A part Salamanque, il y a aussi... Lisbonne, petit détour de 500 km que nous envisagerons après les premières sierras.

Hier, comme à d'autres occasions, on nous demande le pays que nous avons préféré, ce qui a changé en nous, ce que nous mangeons... A part la question gastronomique, il est difficile pour nous de répondre à ces interrogations.

L'heure des grands bilans n'a pas encore sonné, si elle le fait jamais, mais nous percevons déjà que ce voyage nous comble en joie de rencontres et découvertes, simplicité et relative insouciance. Nous mesurons notre chance quand nous jetons un coup d'oeil dans les journaux depuis quelques semaines...


Samedi 20 octobre (Tervuren)

Vous vous en doutiez, nous n'avons pas laissé tomber nos vélos en si bonne voie. Ils nous attendent gentiment dans le garage de Gérard et Jacqueline à Ascain, pendant que nous venons fêter au pays le mariage de nos amis Ysabel et Vincent.

Nous dormons chez les parents de Gaëtane pour préserver notre parenthèse éclair; bike8000 est plus que jamais en route vers Gibraltar!


Vendredi 19 octobre (Thalys Paris-Bruxelles)

message envoyé vendredi à 18h42

Notre mission accomplie, nous avons pris le TGV de 11h08 à Saint-Jean de Luz pour Paris Montparnasse, puis le Thalys de 17h22 pour Bruxelles Midi.

Demain, nous vous parlerons plus de notre retour en Belgique.


Jeudi 18 octobre (Ascain, km+47=8010)

message envoyé jeudi à 20h25

Roulez tambours, sonnez trompettes, à Saint-Jean de Luz, notre compteur affichait 8000 km: bike8000 a rempli son contrat, on rentre à la maison? On verra cela...

Pas de quoi pavoiser, aujourdhui était une courte étape bien peinarde, après avoir quitté Christine vers 11h00 (le petit Benoît ne se sentait pas très bien, il a dû faire la grasse mat' pour retrouver toute sa superbe). Belle descente sur Bayonne qui se donne déjà des airs espagnols, attention, nous entrons dans le Pays Basque! Le temps est splendide et Biarritz nous plaît beaucoup, avec des vues vers l'océan depuis la pleine ville, c'est étonnant. Nous mangeons dans une crêperie près du Rocher de la Vierge, et nous reprenons la route de corniche.

Alerte à Malibu: trois surfeurs s'étaient aventurés bien loin et des sauveteurs et ambulanciers évaluent le danger depuis la route qui passe en contrebas de notre poste d'observation. Le trio de zouaves semble se tirer d'affaire, mais un jet ski de secours arrive quand même sur les lieux du drame en puissance. Tous les surfeurs lui font signe que tout est sous contrôle, et la moto des vagues se rabat sur celui qui zone le plus au large. Il embarque sur le dingy civière, pendant que le coéquipier secouriste ramène sa planche. Vous n'aurez pas la fin de l'histoire, car nous avons dû abandonner ce spectacle, ma femme s'impatientant pour arriver à la plage de Saint-Jean de Luz.

Nous nous y baignons pour fêter les 8000, puis nous bavardons avec une autre Christine, Belge cette fois, en vacances éclair pour 4 jours chez son oncle et sa tante. Nous remontons la rivière Nivelle vers le charmant village d'Ascain, où nous sommes accueillis par nos hôtes Gérard et Jacqueline, dans leur belle maison au pied d'une colline à moutons et de la Rhune, montagne de 900 mètres à la frontière espagnole.


Mercredi 17 octobre (Tarnos, km+58=7963)

message envoyé mercredi à 21h28

Cette nuit, depuis le camping "Les Moussaillons" situé à 2 km de la côte, nous entendions très nettement le bruit de l'océan et des vagues qui s'écrasaient sur la plage, curieuse impression. Le départ fut moins matinal que d'habitude, vu la petite étape qui nous attendait. Nous bavardons avec le boulanger et je lui demande s'il vend beaucoup plus en été. Le double? Non, me répond-il. Trente fois plus. Son chiffre d'affaires d'un jour d'été équivaut à celui d'un mois d'hiver...

Il est vrai que ces stations balnéaires sont assez mortes pour le moment, mais on n'ose pas imaginer ce que cela doit être en été lorsque les dizaines de campings avec des centaines d'emplacements chacun, se remplissent de vacanciers bronzeurs.

Nous suivons des pistes cyclables très sympas dans les dunes et les pinèdes. Tiens, le front de mer à Hossegor est malgré tout bien animé, en grande partie grâce aux surfeurs. Ces jeunes gars, beaux, musclés, souvent blonds, bouc et coiffure rasta (mon portrait tout craché), glissent avec élégance et facilité au sommet des vagues.
Bon, certains sont moches et se plantent à chaque coup, mais la légende ne se rappelle pas d'eux.

Nous arrivons à Tarnos (juste au Nord de Biarritz) chez Christine, une amie de ma soeur Marie-Dominique, et ses enfants Marie-Laure, Marine et Baptiste; son mari François est lui en déplacement professionnel. Hier soir elle nous mettait bien en garde de ne pas nager en mer pour éviter les baïnes, courants qui aspirent vers le large ou vers le fond, (brrr...) et aujourd'hui, elle continue à prendre soin de nous avec un délicieux repas landais (mmm...).


Mardi 16 octobre (Messanges, km+88=7905)

message envoyé mardi à 19h36

Le calme plat, le grand silence... C'est ce qui frappait surtout dans notre traversée des Landes aujourd'hui, même les cris et les chants d'oiseaux étaient rares. Entre les villages endormis, distants d'une douzaine de kilomètres, nous croisions chaque fois deux ou trois voitures seulement, quelle paix royale!

Cet après-midi, la deuxième crevaison du voyage, à nouveau chez Gaëtane, nous a donné un peu de fil à retordre, mais nous ne pouvons vraiment pas nous plaindre au niveau mécanique: sur presque 16.000 kilomètres, nous n'avons pratiquement pas eu d'ennui. Croisons les doigts...

Vers 19h00, nous arrivions à la plage avec l'intention de nous baigner. Impossible, mais quel spectacle! L'océan était grandiose: avec des craquements d'orage, les rouleaux déferlaient sur le rivage, en projetant dans l'atmosphère un brouillard irréel. Alors que le soleil se couchait et qu'il n'y avait pas un souffle de vent, l'Atlantique nous montrait toute sa majesté et sa puissance.


Lundi 15 octobre (Ychoux, km+87=7817)

message envoyé lundi à 18h46

Les Landes de Gascogne sont comme vous le savez couvertes de pins, qui ont été plantés vers 1850 sur des landes de bruyère et de marécage. Auparavant les moutons y paissaient, gardés par des bergers perchés sur des échasses qui leur permettaient de se déplacer sur ce terrain, et de surveiller leur troupeau, ou de repérer l'arrivée d'un loup.

On les appelait les Hauts Landais. Ce franc jeu de mots nous a été livré par un sympathique couple de français retraités, qui avait abordé Gaëtane à Pauillac après avoir visité une grande attraction que nous avions oublié de vous mentionner: le Sedov, le plus grand voilier du monde et navire-école russe, amarré sur la Gironde pour quelques jours lors de notre passage. Bref, nos amis français avaient déjà surpris Gaëtane en déclarant que depuis le Cap Nord, c'était facile car cela
descendait. Après avoir appris que nous traverserions les Landes, décidément très en verve, ils ont ajouté: "Vous allez bouffer du pin, alors!" (pigé?).

C'est donc ce que nous avons fait pendant toute la journée, le long de routes droites interminables: paysage agréable et serein, certainement mieux que les épicéas que je trouve cafardeux, mais un peu lassant quand même. Pendant une quinzaine de kilomètres, nous avons aussi longé une voie de chemin de fer sur une piste parfois solidement défoncée. Comme de grands enfants, nous saluions les conducteurs de trains qui nous croisaient et jubilions quand ils nous répondaient, surtout avec un beau coup de sifflet strident en prime (OK, aujourd'hui c'est sans doute un klaxon).

Surtout ne manquez pas les nouvelles photos !


Dimanche 14 octobre (Bordeaux)

message envoyé dimanche à 17h59

Après une messe familiale et un déjeuner au jardin (l'été indien est bien là!), avec des huitres d'Arcachon en entrée, nous sommes allés nous balader dans les bois et le parc de Mérignac. Les grands jouent chaîne et poteau électrique avec les petits, Marie, Nicolas et Caroline.

LES NOCES DE COTON (ou de PAPIER ?)

C'est le titre d'un nouveau roman qui sort de presse aujourd'hui 14 octobre !


Samedi 13 octobre (Bordeaux, km+66=7731)

message envoyé dimanche à 17h59

Hier en fin d'après-midi, nous avions pensé que des feux d'artifice célébraient la fin des vendanges. Nenni, ce matin, le vacarme continuait et nous avons réalisé que c'étaient les chasseurs qui canardaient ainsi, tellement nombreux qu'à certains endroits les coups de fusils n'arrêtaient pas...

Après avoir pique-niqué sur une place de Bordeaux, nous avons dit au revoir à Raya au terme de ces quelques journées communes, et nous nous sommes envoyé une belle session d'Internet dans un cyber-café (cela prend toujours plus de temps quand nous devons envoyer des photos digitales).

Puis nous sommes arrivés à Mérignac, dans un quartier à l'ouest du centre, chez Bernard, Béatrice et leurs enfants. Bernard est un "vieil" ami belge que nous connaissions par le scoutisme et la paroisse, et il est médecin ici depuis plusieurs années.

l'ancien tonnelier du chateau Margaux et ses deux femmes


Vendredi 12 octobre (Pauillac, km+76=7665)

message envoyé vendredi à 19h18

Il était moins 5 quand nous sommes montés comme des balles sur le ferry de 10 heures, après avoir dévalé Royan jusqu'au bord de mer et suivi la plage jusqu'à l'embarcadère. Traverser la Gironde à son embouchure prend 1/2 h, c'est vous dire si elle est large. De l'autre côté, une ravissante piste cyclable dans les dunes boisées nous amène à Saulac- sur-mer, qui possède encore des villas de toute beauté, avec leur nom inscrit sur des carreaux de faience.

Nous nous retrouvons rapidement dans les vignobles, et, bonheur, les vendanges ne sont pas finies. D'incroyables tracteurs récoltent mécaniquement le raisin, mais les grands châteaux utilisent toujours des saisonniers, et nous en retrouvons une partie, tous assez baba cools et bruyants, au camping de Pauillac. Certains viennent de finir aujourd'hui, d'autres terminent demain, cela va être notre fête. Inutile de vous dire que ces paysages de vignobles et de châteaux nous enchantent, et ce soir nous levons notre verre (un vrai verre à vin, s'il vous plaît, prêté par le patron du camping) à votre santé. Son contenu? Un Médoc, Château Tour Prignac, domaine frôlé par nos roues cet après-midi.


Jeudi 11 octobre (Royan, km+110=7589)

message envoyé jeudi à 19h52

fort boyardNous quittons Julien, Céline et le petit Théophile (6 semaines) après une soirée et une nuit en tous points excellentes: merci beaucoup! Un peu avant 10 heures nous retrouvons Raya à l'église d'Angoulins et nous repartons en trio vers Chatelaillon- Plage. Là, émotion, grand frisson, Fort Boyard apparaît au loin: je repense à la fin d'un film avec Lino Ventura et Alain Delon (Les Spécialistes?) et à l'émission bien connue. J'exulte de joie, Gaëtane reste de marbre. Elle ose prétendre que c'est un HLM en bord de mer, je garde mon calme.

L'itinéraire cyclable pour rejoindre Rochefort est assez pénible, puis pour traverser la Charente nous réalisons que le bac escompté n'est plus en service depuis longtemps et que l'impressionnant pont transborteur, une plateforme qui glisse comme une nacelle, suspendue par des cables à un beau pont métallique, ne fonctionne plus que le WE en cette saison. Comme le commun des mortels automobilistes, nous empruntons le dernier point de passage, un gigantesque viaduc.

Après le pique-nique sur une jolie place ombragée à Soubise, nous traversons une plaine avec des paysges camarguais, et soudain, un village fortifié hors du temps apparaît, Brouage, avec des ruelles endormies sous le soleil. A la Tremblade, nous flânons dans la zone conchylicole, le long des canaux bordés de barques et de cabanes colorées. La récolte des huîtres bat son plein: après quelques années en mer, elles sont nettoyées, triées par calibre, remises en sacs à grandes mailles et stockées dans des bassins d'eau de mer, jusqu'à leur récupération avant Noël...
Un des travailleurs nous offre une huître hors calibre, de 17 cm, de quoi nourrir trois cyclistes et leur donner l'impresion d'avoir avalé un seau d'eau de mer.

Nous continuons sur notre lancée avec un fantastique bain de mer à La Grande Côte, au soleil couchant, et c'est dans le noir que nous arrivons à Royan et à un camping impeccable en bordure de terrain de football.


Mercredi 10 octobre (La Rochelle, km+82=7478)

message envoyé mercredi à 17h53

Alleluia, le soleil est là! Il y avait un fameux brouillard ce matin et la nuit avait été tellement humide que la condensation perlait de partout sur le toit intérieur, et il fallait se méfier de ne pas le toucher en vaquant dans la tente (c'est à dire qu'il faut rester plié en quatre, mais on est passé maîtres dans cet art).

Nous avons redémarré avec Raya, dans un paysage très semblable à sa Hollande, mais à midi cela s'est animé lorsqu'on a longé la baie de l'Anse de l'Aiguillon, d'abord en- dessous puis au-dessus d'une petite falaise. De longs pontons mènent à des cabanes de pêche au carrelet, c'est assez idylique.

En passant par La Rochelle avec nos vélos (bis), nous avons croisé un capitaine... Non, mais la ville nous a énormément plu, surtout dans la belle lumière de 17h00. Ce soir, nous logeons près de La Rochelle à La Jarne, chez des amis d'Anne-Cécile et Jean, de Cap Tandem, qui nous avaient renseigné leur coordonnées. Vive la solidarité entre cyclistes !


Mardi 9 octobre (La Tranche sur Mer, km+94=7396)

message envoyé mardi à 19h27

Quel soulagement ce midi quand le soleil est réapparu après les fortes pluies de la nuit et du matin. La zone côtière est aussi plus attractive que la Vendée intérieure assez monotone. Nous avons pique-niqué sur la digue des Sables d'Olonnes, notre tente séchant pendue au parapet. Quelques surfeurs tentaient leur chance dans les grosses vagues, sans grand succès.

En route nous rencontrons Raya, hollandaise qui alterne vélo et train depuis Amsterdam. Nous entendons maintenant des oiseaux plus méridionaux, comme le bruant zizi (les non-ornithologues vont encore bien rire) et l'alouette lulu, dont les
noms évoquent leur chant respectif.

LE SAVIEZ-VOUS ?

Pour recenser les expressions de Haddock, il faut partir des deux interjections les plus fréquentes, car ce sont elles qui génèrent toutes les autres, par un processus de complexification croissante.

Nous commencerons par le fameux "mille sabords", qui détient le record absolu d'emploi (166 fois, soit en moyenne 11 fois par album). Dans cette famille figurent, par ordre croissant d'hypertrophie, le rarissime "Vingt mille sabords" (un seule fois: Affaire Tournesol, p21); "Mille millions de sabords" (4 fois); "Mille millions de mille sabords" (42 fois); "Mille milliards de mille sabords" (23 fois); enfin, les deux sommets de l'hyperbole: "mille millions de mille milliards de mille sabords" (5 fois) et "mille milliards de mille millions de mille sabords" (6 fois).

A l'origine de la seconde famille, nous trouvons le non moins célèbre "Tonnerre de Brest" (144 emplois, soit en moyenne une fois toutes les 6,5 pages !!!), parfois abrégé en simple "Tonnerre" (7 fois). Ici encore, le processus de complexification s'exerce. Voici d'abord "Tonnerre de tonnerre de Brest" (20 fois); puis "Mille tonnerres" (16 fois) et "Mille tonnerres de Brest" (6 fois); viennent ensuite "Mille millions de tonnerres de Brest" (3 fois) et "Mille milliards de tonnerres de Brest" (un seul emploi: Tintin au Tibet, p5); enfin, "Mille millions de mille tonnerres de Brest" (un seul emploi: Affaire Tournesol, p37).

Mais les deux familles, à tous les stades de leur développement, peuvent se croiser, donnant naissance à des expression mixtes, d'autant plus impressionnantes qu'elles sont moins fréquentes. Voici d'abord une interjection relativement simple: "Mille sabords de tonnerre de Brest" (un seul emploi: Temple du soleil, p10); mais nous trouvons aussi: "Mille millions de mille sabords de tonnerre de Brest" (4 fois); enfin, record absolu de l'hyperbole, voici l'admirable "Mille millions de mille milliards de mille sabords de tonnerre de Brest" (un seul emploi: 7 boules de cristal, p6). Il faut dire que, lorsqu'il crée cette expression, Haddock est dans tous ses états: il vient de boire... de l'eau!


Lundi 8 octobre (Commequiers, km+87=7302)

message envoyé lundi à 18h29

A la sortie de Nantes, une astrologue vitalisée nous apostrophe et nous demande si nous roulons pour la paix dans le monde ou pour nous-mêmes. Nous répondons que nous roulons pour nous-mêmes et pour deux oeuvres caritatives, et nous ajoutons que le vélo est en effet un moyen très pacifique de se déplacer. Elle savait depuis longtemps que quelque chose allait se passer car les astres sont en grande guerre. Elle affirme que le souffle est fort important, car demain le monde aura besoin de gens qui ont du souffle. Nous promettons de souffler tant et plus et nous reprenons la route.

Nous avons eu droit à trois ou quatre averses du Tonnerre de Brest, poussées par un fort vent du SW. Nous ressortons nos bonnes vieilles capes, qui pour ce type de pluie fulgurante surpasse nettement le Gore-Tex.

A part cela, la région que nous traversions aujourd'hui n'offrait pas d'attrait très particulier, si ce n'est quelques vignes avec parfois des grappes oubliées. Nous avons passé un moment savoureux avec toute une famille qui vendengeait un petit
vignoble personnel. Les anciens cueillaient les grappes et le fils pressait immédiatement le raisin sur la remorque du tracteur, pendant que le chien, un authentique zinneke vendéen, venait nous flairer les mollets.

LE SAVEZ-VOUS ?

Le Capitaine Haddock emploie l'expression "Tonnerre de Brest"
dans trois albums différents des aventures de Tintin: lesquels ?


Dimanche 7 octobre (Nantes)

message envoyé dimanche à 19h36

Journée de repos et de pluie: après une messe dans la jolie cathédrale, avec un prêtre à la voix théatraaale, nous avons rejoint notre ami Alain, Nantais rencontré il y a 3 mois dans une auberge de jeunesse des îles Lofoten et qui fêtait hier ses 50 ans avec des amis.

Demain, nous reprenons la route, en espérant que le vent de tempête qui souffle sur la Bretagne aura faibli, et que les pluies qui ont causé tant d'inondations se calmeront...


Samedi 6 octobre (Nantes, km+83=7215)

message envoyé samedi à 18h51

Hier soir, nous avions déjà doublé sur le canal un bateau, voilier dématé, gouverné par un homme en ciré blanc, comme un fantôme dans la bruine. Ce matin, après des discussions animées à la boulangerie du village, nous reprenons le chemin de halage et nous dépassons à nouveau le bateau blanc, avec l'équipage complet sur le pont cette fois. Nous avons bavardé avec eux le temps d'un passage d'écluse, soit environ 1/2 heure.

Frédéric navigue depuis 4 ans avec son épouse Evelyne, et leurs deux filles pendant les vacances. Sénégal, Cap Vert, Açores, Antilles... Après l'une ou l'autre transatlantique, leur bateau se retrouve sur un si petit canal car cest le meilleur chemin pour le ramener à Anger, sur la Loire, où ils retournent à la maison travailler deux ans comme infirmiers et entretenir leur voilier, avant de repartir sur d'autres mers...

Les nombreux pêcheurs sont moins aventureux et plus loquaces, mais pour répondre à mon intérêt sur ce sport pacifique, l'un d'eux m'a expliqué qu'ils attrapaient (les jours de chance...) des brochets et des sandres, avec un petitt gardon vivant comme appât.

Le canal nous a joué deux ou trois derniers bons tours, au niveau du terrain parfois digne d'un VTT, avec de cul-de-sacs qui nous obligent à revenir en arrière et changer de rive, ou l'abandonner pour de bon à l'approche de Nantes. Nous entrons dans la ville sous le déluge, et par chance trouvons un sympathique hotel bon marché, avec une chambre au quatrième (on aime cela), qui sent bon le viellot.


Vendredi 5 octobre (Guenrouet, km+89=7132)

message envoyé vendredi à 19h17

Quelle merveille ce canal de Nantes à Brest ! Hier nous le grimpions le long d'écluses en cascade, reliées chacune à un grand étang en créneau, puis nous longions une autre tranchée supérieure (bief de partage), avant de redescendre de l'autre côté, selon le même système. Pour passer une telle colline et rejoindre deux rivières qui coulent en sens opposé, le canal est bien obligé de passer par ce genre d'escaliers. Son alimentation en eau est alors cruciale, puisqu'il ne suit pas une rivière, mais que chaque passage d'écluse laisse filer vers l'aval un plein volume d'eau. Une rigole artificielle, comme les bisses valaisans, amenait l'eau au centre du bief de partage, et celle-ci s'écoulait des deux côtés, via les étangs de retenue comme amortisseurs de niveau d'eau. A l'endroit où nous nous trouvions, la rigole d'Hilvern rejoint le canal après avoir tournicoté sur 62 km, avec une pente ridiculement faible.

Bon, à lire comme cela ce n'est pas très excitant, mais à découvrir sur place c'est passionnant. La nature a souvent repris ses droits, mais le canal est encore navigable sur la majorité du parcours (en petit "promène-couillon" de plaisance) et l'environnement est magique. Grandes rangées d'arbres d'espèces variées, majestueuses écluses et jolies maisons de granit, étangs et marais, soleil voilé par le brouillard, martins- pêcheurs qui se poursuivent...

Hier soir nous étions dans un petit camping charmant tenu par un couple anglais, et ce soir dans un grand camping quelconque, mais nous sommes rigoureusement seuls!

Voir aussi la rubrique ornithologie.


Jeudi 4 octobre (Josselin, km+74=7042)

message envoyé jeudi à 16h36

Le joyeux vigneron, le boulanger et le chien:
Fable où sincèrement, je ne vous apprends rien.

Maître Benoît et sa Compagne
Descendent à l'Hôtel de Bretagne (sic)

Arrive un hôte vigneron (hic)
De Nantes où plus tard nous irons.
"Les vendanges là-bas sont finies"
Dit-il les mains encore bleuies.

Avalés l'andouilllette et le lieu,
Les époux vont se glisser au pieu.

C'était compter sans le tapage
D'un boulanger du voisinage,
Qui pour se tenir éveillé
Doit laisser sa radio brailler.

Les oreilles peinées par ces vains do-ré-mi,
Nos amis petit-dèjent à sept heures et demie.

Une fois aux vélos, autre contrariété:
Le Packtowl® du Ben gît à terre, déchiqueté.
L'auteur de ce forfait, un horrible molosse,
Dans sa garde de nuit l'aura pris pour un os.

Morale:
Artisans du bon vin, pain et "Rex, au panier!"
Parmi vous seul Bacchus nous aura épargné.


Mercredi 3 octobre (Guémené-sur-Scorff, km+86=6968)

message envoyé mercredi à 20h51

Le canal de Nantes à Brest a été inauguré en 1840 et est resté en activité un petit siècle, jusqu'en 1930. Il emprunte la plupart du temps des rivières sinueuses et avec ses 328 écluses pour 359 km, c'est un superbe témoin du passé que nous avons longé aujourd'hui.

Près de Glomel, la pente augmente et en 1.5 km, nous passons une bonne dizaine d'écluses, en ayant l'impression de monter un escalier géant. Puis, c'est la grande tranchée: 3 km horizontaux creusés dans la colline par des bagnards, avant un petit réservoir d'eau, et la descente de l'autre côté. Mais au milieu de la tranchée, un bouquets d'arbres déracinés nous coupe la route. A gauche, un versant escarpé, à droite le canal, pas moyen de contourner l'obstacle. Nous devons décharger tous nos bagages pour les passer un par un au dessus des deux premiers troncs et en-dessous du troisième.

Les vélos ont pu suivre le même trajet et nous repartons sur la piste cendrée sur laquelle nous ne pouvons pas aller très vite: le terrain est ramolli par les dernières pluies et couvert par endroit de feuilles, branchages et bouts de bois. Marrons, faines, chataignes, glands et autres joyeusetés automnales sautillent également sous nos roues.

Nous quittons le canal à hauteur d'un tronçon moins charmant, et nous arrivons avec l'obscurité dans la petite ville de Guéméné; le camping municipal est complètement fermé et nous devons nous rabattre sur un petit hôtel. Il faut absolument avancer nos horaires pour éviter ce genre de farce!

Surtout ne manquez pas les nouvelles photos !


Mardi 2 octobre (Huelgoat, km+63=6882)

message envoyé mardi à 21h30

Aujourd'hui, dès le 3ème paragraphe, les incroyables histoires de Ben The Biker, à ne manquer sous aucun prétexte.

Mais avant cela, Annick nous avait préparé hier soir un repas breton pas piqué des hannetons (voir rubrique gastronomique). Sa passion est pourtant moins la cuisine que les plantes, elle travaille en effet comme bénévole au jardin exotique de Roscoff. Après avoir été soignés aux petits oignons, et le temps se calmant tout à coup ce matin, nous prenons congé de notre fabuleuse hôtesse. Elle doit encore nous courir après car nous avions oublié notre curvimètre sur sa table.

En parlant d'oignons, une ancienne institution de Roscoff sont les Johnnies qui partaient vendre leur marchandise tressée dans les villages du sud de l'Angleterre. Ils traversaient en bateau, passaient de port en port et allaient à l'intérieur du pays à bicyclette. Le vélo à l'échelle européenne, il n'y a que cela de vrai.

Ce matin devant la poste, un personnage hors du commun nous aborde, à la vue de nos vélos chargés et de notre panneau magique. Quand il avait 24 ans, Richard a parcouru à pied près de 6000 km, traversant les Etats-Unis de New York à Los Angeles. Il récoltait des fonds pour lutter contre la polio et était ponsorisé par CBS News, à l'américaine: véhicule balai, hôtels réservés à chaque étape, couverture médiatique de premier ordre... Certaines voitures s'arrêtaient à la vue de leur caravane, demandaient en quoi ils pouvaient les aider, puis sortaient leur chèquier.

Fabuleux destin que celui de Richard, ouvrier à 13 ans dans une fabrique de cuisinières, réceptionniste privé d'Hubert Givenchy à 18 ans, protégé d'Audrey Hepburn à 20 ans et apprenti dans un hôtel 5 étoiles à Genève; à 25 ans, après sa marche parrainée, il devient majordome à New York chez la patronne de Tiffany, puis
à Bonn chez le Chancelier Khol et son épouse, enfin en Angleterre chez le Duc et la Duchesse de Wellington. De retour en France à 55 ans, il s'installe il y a quelques semaines à Roscoff. Là, une dame âgée le prend récemment par le bras, alors qu'il passe en rue. Elle est medium comme lui, a eu un flash en le voyant, sait qu'il est majordome et lui affirme qu'il trouvera du travail d'ici peu, dans une grande famille du Sud de la France. Le 2 octobre enfin, Richard rencontre bike8000 qui n'en croit pas ses oreilles, et qui encore ne vous raconte pas tout... Bonne chance Richard (selon toi c'est mieux que merci), et si tu consultes notre site, laisse nous tes coordonnées, que nous puissions tous acheter ton livre le jour où il sortira.

Bon, où en étais-je? Ah oui, nous reprenons ensuite la route et arrivons à Saint-Pol-de-Léon où nous trouvons une connexion Internet. Le gérant du cyber espace de la Communauté des Communes est super sympa: il retarde l'heure de fermeture de midi de son bureau et consulte notre site sur l'ordinateur à côté du notre. Il pousse une grande exclamation en voyant les nouvelles d'hier "Mais, c'est ma photo de Roscoff!". Notre webmaster Roland avait illustré notre rapport avec une photo du site officiel de la ville (qu'il avait d'ailleurs mis en lien) et c'était le jeune informaticien en face de nous qui l'avait réalisé! Morlaix, ville déjà plus importante, surplombée par un impressionnant pont de chemin de fer, avait déjà vu débarquer Gaëtane il y a plusiers années, du train cette fois, avec ses guides horizon, pour un camp spectacle itinérant. Elles marchaient devant un chariot baché, tiré par une jument de trait nommée Saturne. Aujourd'hui aussi nous montons pendant 20 km jusqu'au sommet des Monts d'Arrée, recouverts d'une superbe lande, puis redescendons jusque Huelgoat et son camping du Lac. Il est fermé sauf pour quelques travailleurs qui y logent depuis 4 ans, pour démanteler une proche centrale nucléaire. Nous sommes "irradieux" de pouvoir malgré tout y planter notre tente, gratuitement.

Voir aussi la rubrique gastronomie.


Lundi 1er octobre (Roscoff, total 6819 km)

message envoyé lundi à 19h04

Hier soir nous embarquons sur le ferry, détrempés par les rafales de pluie sur le court trajet entre la maison de nos hôtes et le port de Plymouth. Une voix suave nous interdit de monter sur le pont extérieur à cause des conditions météorologiques adverses, et nous conseille de limiter nos déplacements à bord du bateau.

Heureusement, nous nous sommes munis de nos matelas et sacs de couchage, et nous nous installons comme des vrais routards sous un des escaliers. La position couchée semble être la plus adéquate pour amortir tangage et roulis; nous dormons
même honnêtement, malgré la circulation de certains passagers malades.

Notre Dame de Kroaz-BatzNous débarquons à Roscoff quand le jour gris se lève sur la baie encore un peu endormie. La petite ville nous a tout de suite séduit, et munis de croissants et pains au chocolat nous débarquons à 08h30 chez Annick, amie d'amis de notre Webmaster. C'est l'abondance du petit déjeuner, puisque notre ravitaillement vient bien sûr en double de ce qu'Annick avait prévu. Après une douche bienfaitrice, nous nous battons à trois pour réintroduire deux matelas dans leur housse qui a dû retrécir au lavage.

Balade à pied en ville, déjeuner, sieste, promenade en bord de mer avec les vagues qui s'écrasent contre les rochers, messe dans la très bretonne cathédrale très joliment restaurée il y deux ans, et d'après l'odeur qui vent de la cuisine, artichaut local au menu de ce soir... La douceur de vivre à la française nous sied assez bien!

Voir aussi la rubrique ornithologie.


Dimanche 30 septembre (Plymouth)

message envoyé dimanche à 19h29 locales

Il pleut, il pleut bergère, mais heureusement nous sommes de nouveau à l'intérieur pour un jour de repos, chez John et Penny cette fois. Nettoyage des vélos, huilage des chaînes, Monopoly avec Jane et Lucy, promenade le long de la mer déchaînee (The Hooe) et les vieiles rues de Plymouth où s'engouffrent le vent et la pluie.

Cela nous promet un plaisir certain pour notre traversée vers Roscoff, en Bretagne, avec le ferry de 23h30 ce soir...

Voir aussi les rubriques ornithologie et gastronomie.