Novembre 2001


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OrnithologieArchitectureEtat des routes


Dimanche 25 novembre (Bruxelles)

Chers amis,

19 novembre, à la frontière de Gibraltar ! Après le dénouement surprise de notre retour, nous nous retrouvons à la maison encore tout éberlués et surtout très heureux d'avoir mené notre projet à son terme. Nous sentons déjà confusément que les fruits de ce périple ont dépassé de loin les attentes et motivations exposées dès le départ de notre projet. Beaucoup de ces enrichissements sont de l'ordre de l'indicible, il faudra leur laisser le temps d'infuser doucement, mais aujourd'hui déjà nous pouvons vous en partager certains.

L'Europe est un continent splendide, du nord au sud, où que l'on soit, on peut trouver des petits coins de paradis. Ce bain de nature est un bienfait inestimable, un patrimoine à protéger à tout prix. Le vélo fut pour nous un moyen idéal de nous y plonger, de nous y intégrer, de nous y confondre parfois, au milieu du vent et des cris d'oiseaux. Heureusement, beaucoup de pays ont déjà réalisé le merveilleux potentiel écologique du vélo et ont développé un fantastique réseau cyclable, en ville et à la campagne.

L'hospitalité qui nous a été offerte au cours de notre voyage, les encouragements reçus, les sourires échangés, les rires communicatifs nous incitent encore plus à l'accueil, l'ouverture, le respect de l'autre. Cela peut paraître pompeux ou tarte à la crème, mais pas du tout, nous l'avons vécu tous les jours : dans une invitation au chaud plutôt qu'un renvoi vers la pluie, dans des regards qui se croisent et des mains qui se lèvent plutôt que des têtes qui se détournent, chez des chauffeurs qui freinent et dépassent largement plutôt que des chauffards qui vrombissent et mettent en danger.

Le camping sauvage nous a démontré qu'un repas ne perd pas de sa saveur s'il est préparé dans des petites casseroles bosselées, que la qualité du sommeil n'est pas spécialement proportionnelle à la taille du matelas, que le bien-être peut tenir dans des sacoches de vélos. Bien sûr à la maison nous possédons dix fois plus, alors que beaucoup ne possèdent pas dix fois moins, et affirmer que le bonheur ne se mesure pas aux possessions matérielles serait trop facile ou inconséquent, sans une responsabilité de solidarité avec les plus démunis. Nous espérons continuer à relever ce défi d'une manière ou d'une autre.

Vivre 24 heures sur 24 pendant 6 mois avec son conjoint, eh bien ce n'est pas si terrible... Blague à part, nous avons fameusement appris à mieux nous connaître et nous apprécier. Dans de pareilles circonstances, tricher était très difficile, fuir était impossible, la confrontation directe était la seule issue après une éventuelle période de bouderie, râlette ou autre mine renfrognée. Pour mieux repartir ensuite sur la route, amoureux unis par le projet commun.

Que rajouter à tout ceci, sinon une montagne de remerciements à toutes les personnes qui nous avaient aidées avant le départ et à celles qui nous ont soutenues pendant la grande traversée : notre webmaster Roland, notre traducteur Alain, tous nos hôtes d'une ou plusieurs nuits, ceux qui sont venus rouler avec nous, les visiteurs de notre site, nos supporters du livre d'or et enfin les parrains des deux opérations de solidarité. Nous vous donnerons des nouvelles plus spécifiques d'Aprobenir et de la Roue Libre et Solidaire d'ici quelques semaines.

Enfin, notre si beau voyage s'est certainement déroulé à la grâce de Dieu. Il a été notre compagnon de route très discret, notre ange gardien et notre bonne étoile. Du norvégien à l'espagnol, nous avons été heureux de pouvoir le chanter, dans les églises que les hommes ont eu la bonne idée de lui construire tout au long du chemin. Certains soirs sous la tente, nous aimions lire les textes du jour et lui adresser une prière, avant de nous endormir bercés par la brise, les vagues ou ...les moustiques.

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants, c'est cela qu'il faut dire à la fin d'un conte, non ?

¡Adios !









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Samedi 24 novembre (Malaga, km+78=10060)

message envoyé dimanche à 10h41

Le vent secouait la tente comme un prunier ce matin, et il a ensuite beaucoup soufflé contre nous, mais qu'importe, cette dernière journée de Bike10000 était belle et nous pédalions le coeur léger.

L'approche de Malaga fut moins amusante, avec énormément de traffic même sur les routes secondaires. Nous nous dirigeons tout droit sur l'aéroport pour vérifier nos réservations de demain avec Swissair. Le complément à payer pour le remplacement du billet Sabena s'avère exorbitant, presque le triple de ce qu'on nous avait annoncé, plus cher qu'un nouveau billet Iberia. Tiens, Neckermann a justement un charter ce soir, à un prix défiant toute concurrence. Flûte, le vol est complet. En tête de liste d'attente, nous préparons nos vélos pour le cas où, quitte à devoir tout remonter pour aller passer la nuit ailleurs. La chance est avec nous: trois passagers ne se présentent pas, et en dernière minute nous pouvons monter à bord.

Dans la précipitation, nous n'avons pas pu nous changer et nous affichons donc fière allure et rare élégance, après une nuit en camping sauvage suivie d'une journée sportive. Les mains couvertes de cambouis, les cheveux en bataille et la barbe de trois jours, le torse au parfum musqué, le short cycliste tombant, je suis bien calé dans mon siège, radieux. Gaëtane aussi respire la santé.

Nous n'aurons pas eu le temps de dire ouf que le voyage était déjà terminé. Demain, nous vous adresserons un petit mot d'adieu, ou plutôt un au revoir: vous viendrez bien assister à la projection de nos photos ou de notre vidéo quand tout cela sera monté, non? Nous vous en reparlerons...


Vendredi 23 novembre (Antequera, km+96=9981)

message envoyé vendredi à 19h26

Hier soir dans un resto végétarien, nous avons franchement bien ri avec Vincent et Catherine, un jeune couple Néo-Zélandais rencontré à Ronda le matin même. Lui est un comédien impayable, et elle a un accent fantastique. Après une bonne nuit, nous avons passé un autre moment savoureux, et pour cause, nous avons pris notre petit-déjeuner dans une churreria, et les fameux beignets nous ont toujours autant goûté.

Ainsi lestés, nous avons entamé une longue et agréable journée, sur des routes lisses au doux vallonement, entre les falaises à vautours et les oliviers sagement alignés en collines infinies. Nous avions beaucoup aimé la petite ville d'Antequera il y a deux ans; cette fois, nous n'avons fait que la traverser pour planter notre tente sur ses hauteurs, dans un champ en friche, avec une belle vue sur son château et la montagne du Torcal.

Voir aussi la rubrique ornithologique: une lagune inattendue nous a offert quelques belles observations.


Jeudi 22 novembre (Ronda)

message envoyé jeudi à 08h07

Cher Communicator,
 
Le moins qu'on puisse dire est que tu ne me ménages pas dans tes messages du 18 juillet et du 13 novembre.  Bien sûr tout n'est pas faux, mais monter ainsi en épingle quelques moments de distraction ou de maladresse est fameusement revenchard. Il faut bien avouer qu'à Bruxelles j'étais un des seuls de ma génération à oser me balader sans téléphone portable, facteur d'esclavage beaucoup plus que de liberté, pensais-je.
 
Tout dépend de l'usage que l'on en fait, et ce voyage m'aura encore plus convaincu que les nouvelles technologies sont capables du pire ou du meilleur.  S'enfermer en s'envoyant des SMS à trois sièges de distance au théatre, ou en mitraillant des ennemis virtuels devant son écran, tout cela des heures durant.  S'ouvrir en partageant un rêve de voyage, en recevant nouvelles, messages d'amitié et d'encouragement, ou en contribuant à plus de solidarité sur notre petite planète.
 
C'est vrai que t'empoigner tous les soirs demandait une certaine persévérance, surtout quand le froid m'engourdissait les doigts, que l'inspiration n'était pas au rendez-vous, ou que la journée avait été morne.  Et que dire de la fidélité de Roland, notre Webmaster, car on ne parle pas beaucoup de lui, mais sans sa demi-heure quotidienne d'insertion de notre texte, de recherche de liens ou d'animations, et autres tâches récurrentes, nous n'aurions pas pu communiquer quoi que ce soit.  Un boulot de titan pour lequel nous proposons à tous nos lecteurs une vibrante "standing ovation" devant leur ordinateur.
 
Je ne te solliciterai plus longtemps pour mes rapports quotidiens, Swissair nous échange nos billets Sabena et le dimanche 25 novembre, nous rentrons à la maison.  Encore deux compte-rendus et un mot d'adieu, puis ton compte est bon.  Cela t'apprendra le respect des aînés.
 
Benoît


Mercredi 21 novembre (Ronda, km+57=9885)

message envoyé jeudi à 08h07

Pour des cyclistes qui ont terminé leur voyage, c'est plutôt la grève du zêle, le baroud d'honneur, la lutte finale. Hier après- midi, nous avons suivi une jolie piste le long d'une rivière tranquille, puis planté notre tente avant d'attaquer les choses sérieuses. Aujourd'hui en effet, nous avons franchi une série de cols sympathiques à une altitude maximale de 1000 mètres, courbant l'échine sous un ciel menaçant et résistant aux assauts d'un vent furieux. L'ambiance était surréaliste, les rayons du soleil projetant çà et là des taches de lumière sur les villages blancs de la montagne.

Nous arrivons à Ronda la belle par le pont qui enjambe une fascinante crevasse et relie les deux parties de la ville. Quel bonheur de lire tous vos messages sur le livre d'or, j'en suis resté bouche bée, Gaëtane en a pleuré d'émotion...

Nous allons normalement abandonner l'option DAT depuis Madrid, car nous n'avons aucune garantie de pouvoir échanger nos billets Sabena et embarquer nos vélos dans la soute. Notre plan est donc de pédaler jusque Malaga et acheter de nouveaux
billets Iberia. L'aventure n'est pas finie, et c'est tant mieux!


LE LIEN DU JOUR: http://www.lecastel.be

"Si vous étiez passés par Fosses la ville, entre Namur et Charleroi, je vous aurais offert le gîte et le couvert. Mais pour vous encourager, je vous invite à m'adresser une petite carte postale lors de votre arrivée à Gibraltar."

"Et en retour, c'est avec plaisir que je vous offrirez un week-end gastronomique dans mon hôtel ***, question de vous stimuler un peu
Bon courage et bon vent."

Jean-Louis Mathy, le 2 juin 2001


Mardi 20 novembre (San Pablo de Buceite, km+54=9829)

message envoyé mardi à 19h35

C'est le grand sujet de conversation dans notre petite communauté. Aujourd'hui, deux spécimens de notre race, quoiqu'un peu plus grands, sont arrivés par le téléphérique au sommet du rocher et se sont intéressés de fort près à plusieurs d'entre nous. Nous-mêmes les avons examinés longuement, sans parvenir pourtant à les toucher. Leur pelage semblait assez sale, mais nous ne les avons pas vus s'épouiller comme nous aimons le faire. Leurs mimiques étaient pareilles aux nôtres, cependant ils paraissaient moins habiles que nous pour sauter des murets, descendre des escaliers par la rampe ou grimper aux arbres.

Nos indicateurs qui habitent aux limites supérieures de la vieille ville les ont vus rejoindre le centre via Castle Steps, rentrer dans un bâtiment et en ressortir plus tard sur des engins de cirque. Ils se sont ensuite éloignés vers le nord et nous les avons perdus de vue. Dommage, ils se seraient sûrement bien intégrés parmi nous.


Lundi 19 novembre (Gibraltar, km+75=9775)

message envoyé lundi à 19h26

GIBRALTAR!

Nous y sommes, et heureux d'y être! Il faut dire que nous n'avons pas ménagé notre peine aujourd'hui, en choisissant les petites routes de l'arrière-pays pour contourner largement Algeciras et ses noeuds autoroutiers. L'arrivée était très impressionnante, ce rocher énorme de plus de 400 mètres de haut apparaît bien plus comme la fin du monde que la pointe de Tarifa, et la grande falaise qui tombe dans la mer peut avoir certaines similitudes avec celle du Cap Nord. La boucle est bouclée...



L'ambiance est très spéciale, dès la frontière avec contrôle d'identité, puis dans la Main Street où nous avons croisé un vrai bobby, devant les maisons aux façades si particulières, dans le pub où nous avons bu une bière bitter, etc. Nous trimbalions un briquet Nordkapp depuis 5 mois et demi, je lui ai acheté son petit frère Gibraltar. Le tenancier du tabac nous a demandé si nous roulions pour une "charity" et si nous étions passé à la TV, car il est courant que ceux qui font cela apparaissent sur la chaîne locale. Mais non, nous n'avons rien prévu, nous sommes ici incognito!

Nous avions malheureusement un billet Sabena pour notre retour, le dimanche 25 depuis Malaga. S'il y a une possibilité de reprise par la DAT depuis Madrid, nous remonterions jusqu'à Cordoue à vélo puis prendrions un train ou un bus pour la capitale, sinon nous maintenons le projet initial de rejoindre Malaga, et voler alors avec une autre compagnie aérienne.

Mais l'heure est aux réjouissances, et demain matin, qui sait, il y aura deux singes de plus sur le rocher!


Dimanche 18 novembre (Tarifa, km+57=9700)

message envoyé dimanche à 19h26

Nous sommes à Tarifa, la pointe la plus méridionale du continent européen, royaume de la planche à voile grâce aux vents qui s'engoufrent dans le détroit, large ici de 13 km seulement. On voit d'ailleurs magnifiquement la côte marocaine, ses montagnes et ses villes, avec mes petites jumelles j'ai même repéré le minaret d'une mosquée.

piste en Berrocal et La Palma (14/11)Mais nous ne traverserons pas (Tanger est à 35 minutes en ferry), notre route va rebondir demain vers Gibraltar, moins au sud mais plus connu que Tarifa. Nous sommes arrivés tôt ici, avec un après-midi classique Internet-lessive-entretien vélos. Nous étant de nouveau fait piéger par les horaires espagnols très différents des nôtres, nous en profitons pour vous les exposer.

Bike8000:

07h00: Ben ouvre un oeil
07h15: il donne un kiss à Gaë
07h20: ils s'habillent à la lampe frontale
07h30: petit dèj muesli yaourt, toujours dans la tente
08h00: rangement et thé au lever du soleil
08h30: départ
09h30: premier village, on jette la poubelle et on remplit les gourdes. Suivent de nombreux petits arrêts.
13h00: pique-nique au soleil sur un banc de village, sur un autre banc séchage de la tente trempée de condensation
14h00: re-départ et nombreux arrêts
18h00: repérage d'un endroit de camp et installation
19h00: rédaction du rapport et cuisine à la lampe frontale
20h00: envoi du rapport et mangeaille (pâtes niçoises ou carbonara)
21h30: après quelques pages d'un bouquin, on éteint la lumière...

Espagne:
09h00: petit déjeuner
10h00: ouverture des magasins
14h00: fermeture
15h00: déjeuner et siesta
17h00: réouverture
20h00: fermeture des magasins, tournée de tapas dans les bars
22h00: dîner
05h00: déclin de l'activité en rue (WE)

Tout cela m'a donné faim, aujourd'hui on a prévu un apéro patatas fritas Lays y cerveza Cruzcampo. Salud!


Samedi 17 novembre (Barbate, km+81=9643)

message envoyé samedi à 19h55

Nous avons déambulé ce matin dans la vieille ville d'Arcos, véritablement construite sur une crête, avec une vue splendide des deux côtés. Les mobilettes, engeance du sud de l'Espagne, circulent bruyamment dans les ruelles étroites et en pente raide; j'avoue qu'à vélo c'est moins évident, avec nos bagages il faut faire de la poussette.

Après une dure journée de vents et vallées, la récompense nous attend en bord de la mer: relative douceur des températures, charme de l'endroit de camp sur la plage, bruit des vagues et ô joie, quelques moustiques!

L'excitation monte, dans deux jours si tout va bien, nous sommes à Gibraltar...

Voir aussi les rubriques ornithologie et architecture.


Vendredi 16 novembre (Arcos de la Frontera, km+74=9561)

message envoyé vendredi à 19h38

Les cyclistes américains se suivent: aujourd'hui, nous avons longuement causé et pique-niqué avec Laura et Benj, qui revenaient très enthousiastes de 7 semaines au Maroc. Ils seront en route 9 mois en tout, mais Benj n'en est pas à son coup d'essai. Il a silloné les routes du monde pendant 6 ans de 1990 à 1995 et plus c'est dur, plus c'est haut, plus il aime... Son meilleur souvenir de voyage est le Tibet, et tout autre moyen de déplacement terrestre que le vélo lui semble une hérésie.

Heureusement que nous nous étions levés tôt pour parcourir une distance respectable ce matin, car après notre arrêt de 11h30 à 14h30 nous nous sommes traînés sur une route très vallonée avec un vent de face. Cela valait la peine d'atteindre Arcos, car la vieille ville, juchée sur une falaise, offre une vue saisissante sur la vallée. Appuyés au parapet de la place principale, nous nous sommes payés un bon petit vertige en regardant vers le bas.


Jeudi 15 novembre (Adriano, km+73=9487)

message envoyé jeudi à 20h46

Notre petite balade matinale le long de la lagune se révéla magnifique et très fructueuse au niveau des observations d'oiseaux. Non sans avoir salué la Vierge dans sa splendide église, nous quittons à regret El Rocio en milieu de journée.

Nous traversons des champs de fraisiers où les saisonniers travaillent en ligne, souvent enmitouflés dans des vêtements chauds. Beaucoup de gens qui nous voient en culotte courte nous demandent "Hace frio, no?", car eux se plaignent d'être congelés à cause de la brusque chute de température. Pour nous, cela reste tout à fait acceptable tant que le soleil brille, mais il est vrai que les soirées et les nuits en camping sauvage deviennent un peu frisquettes.

Bibendum !Hier nous nous étions retrouvés devant un bout d'autoroute non repris sur la Michelin de 1995 et cela nous avait décidé à acheter la dernière version. Nous avons légèrement revu notre itinéraire, principalement en évitant Séville par le bas, car nous avons déjà visité la ville et son accès à vélo ne semblait vraiment pas facile.

En attendant de passer le Guadalquivir avec un petit bac, nous bavardons avec trois Espagnols, dont un qui nous avait repérés sur la route un peu avant, et qui avait vécu tout un temps à Bruxelles, dans la même commune que la nôtre. Quelques champs de coton et quelques orangers ou oliviers plus loin, nous plantons notre tente dans la pénombre.

Voir aussi la rubrique ornithologie.


Mercredi 14 novembre (El Rocio, km+61=9414)

message envoyé mercredi à 20h32

Dès 08h30 au soleil levant, nous reprenons la piste cahin-caha, évitant les plus grosses pierres et les trous les plus profonds, mais pas les voitures, absentes pendant plus d'une heure, un rêve de silence...

A la fin de notre pique-nique sur la place d'Almonte, deux voyageurs à vélo arrivent: Tom et Elsa sont américains, ils ont commencé leur circuit européen presque en même temps que nous, mais ont traversé auparavant les Etats-Unis et la Nouvelle- Zélande!

la vierge de El RocioNous sommes arrivés cet après-midi à El Rocio, village extraordinaire pour deux raisons, disons trois...

La première est son pèlerinage de Pentecôte: chaque année, plus d'un million de fervents (1.300.000 cette année, pour 2.000 habitants!) convergent de toute l'Espagne, traditionnellement en chariots tirés par des chevaux, pour vénérer la Virgen del Rocio. Avec son plan rectangulaire, ses petites maisons blanches, ses innombrables chapelles au nom des différentes confréries, ses rues en sable et ses cavaliers, cet endoit ressemble un peu à un village d'Amérique Latine.


La deuxième est sa localisation au bord du Parque Nacional de Doñana, soit le delta du Guadalquivir, lieu saint cette fois pour les ornithologues, qui viennent de toute l'Europe pour y vénérer l'avifaune particulière. Nous nous sommes déjà entretenus avec des collègues suédois et anglais et avons pu faire quelques belles observations qui seront reprises demain dans la rubrique ad hoc.

La troisième raison est que nous sommes venus ici il y a deux ans, également en novembre, que nous avions adoré la magie du village et de sa lagune, et que nous espérions bien y retourner un jour et passer la nuit dans un hôtel que j'avais repéré discretos. Nous ne nous doutions pas que nous y reviendrions à vélo, presque au terme d'un très beau et très long périple...


Mardi 13 novembre (Berrocal, km+62=9353)

message envoyé mercredi à 10h37

Bonjour,

Vous vous rappelez de moi, Communicator, le Nokia de Benoît?
Sinon, allez donc vous rafraîchir la mémoire en date du 18 juillet.

Mon pays natal est fort loin maintenant, je me languis de ces quelques beaux jours de juillet en Finlande. Depuis ce temps béni, la bêtise de mon maître n'a cessé de croître et embellir, s'élevant vers des sommets jamais atteints auparavant. Ce matin, il s'est mis en tête de raccourcir la chaîne du vélo de sa femme: la chaîne sautait dans les montées, et sa femme sursautait chaque fois, une pitié.

L'idiot a démoli deux paires de maillons avant de se rappeler du truc élémentaire: ne pas faire sortir complétement la pinneke du moyeu, sinon on ne parvient plus à la réenfoncer. Bref, à la troisième tentative il réussit, en profite pour esquinter complétement son dérive-chaîne, tout cela pour un résultat lamentable, puisqu'en fin de journée, j'entendais à nouveau la chaîne sauter et sa femme sursauter. Navrant.

Au niveau du choix de l'itinéraire, ce fier-cul a de nouveau frappé très fort. D'abord, ils ont traversé pendant des kilomètres d'immenses mines de cuivre à ciel ouvert, environnement propice à la dépression et à la mélancolie. Ensuite, ce soir, il lance son équipage sur un "petit" raccourci de 30 km repéré sur sa Michelin périmée. En fait de route bucolique, il s'agit d'une infâme piste caillouteuse qui monte et qui descend sans cesse. Je me gausserais volontiers de leur déconvenue, si la première victime n'était pas votre serviteur, les bonds et les rebonds de cette piste étant un enfer pour ma colonne vertébrale.

Ça y est, il est de nouveau en train de me tripoter afin de rédiger son rapport de malheur, mais il peut danser sur sa tête pour l'envoyer: je fais la grève, il n'aura pas de réseau ce soir, perdu comme il est au milieu de nulle part!

Votre ami sincère (et souffrant),

Communicator


Lundi 12 novembre (Aracena, km+82=9291)

message envoyé lundi à 19h55

Nous avons traversé un petit coin de paradis, dont la beauté culminait entre trois petits villages au sud de l'Extrémadure, Segura de León, Fuentes de León et Cañaveral de León. Collines escarpées recouvertes de chênes verts, murets moussus entre jolies prairies d'un vert tendre, cochons, vaches et biquettes...

Les paysages sont très souvent magnifiques, comme là, mais il est de plus en plus rares de trouver des petites routes de campagne qui n'ont pas été élargies. Sur cette section, la route se tortillait encore mais plus loin le grand massacre recommençait, et même des années plus tard, quand la végétation a un peu repoussé, le charme reste rompu. Je devrais écrire aux autorités compétentes pour essayer de sauver ce qu'il reste de ce patrimoine rural espagnol.

Chose à quoi le malheur est bon, les méandres des anciennes routes, vers des ponts en pierre ou autour d'une ondulation de terrain, existent encore parfois et offrent alors un endroit de bivouac potentiel. Nous abordons une solide petite sierra et nous vous saluons depuis l'entrée de notre tente. Il est 19h30 et la température est dèjà tombée à 2°C, on peut s'attendre à un sérieux coup de gel cette nuit...


Dimanche 11 novembre (Zafra)

message envoyé dimanche à 21h14

Quel bonheur de passer un dimanche dans une petite ville aussi charmante que Zafra! Commencer par un petit-déjeuner de churros est évidemment un bon début, Gaëtane vous en dit plus dans sa célèbre rubrique qu'elle a daigné reprendre aujourd'hui (non sans moults encouragements de ma part).

En entrant à midi dans la splendide église de La Candelaria, surprise, joie: la nef est comble, il y a plein d'enfants et de jeunes, des chants accompagnés à la guitare et un prêtre dynamique, qui nous interpelle avec un sermon très convaincant sur la Résurrection. Dieu, que cela fait du bien!

Ce qui ne fait pas de tort non plus, c'est de déjeuner d'un bocadillo sur la Plaza Mayor, au soleil devant les arcades, de se prélasser sans les vélos, de vous tapoter deux ou trois rubriques de notre cru. Programme de la fin d'après-midi? Visite du couvent de Santa Clara, orgie d'internet dans un bar sympa et menu du soir dans le même petit resto qu'hier.


Demain, nous repartons pour une longue semaine jusque Tarifa et Gibraltar, puis nous envisagerons de rejoindre Malaga en train ou à vélo. La fin approche peut-être, mais nous sommes plus enthousiastes que jamais!

Ne manquez pas une glorieuse rubrique ornithologique et une savoureuse rubrique gastronomique. Tchip et Miam!


Samedi 10 octobre (Zafra, km+86=9209)

message envoyé samedi à 19h30

Comme notre route s'est incurvée aujourd'hui vers le sud-est, nous avons du lutter toute la journée contre un formidable vent de côté. Peu après notre départ, Gaëtane qui roulait tête nue a dû mettre son bonnet, car le vent entrait dans son oreille gauche et ressortait par son nez, se plaignait-elle.

Elle faillit choir pour la troisième fois, déséquilibrée à l'arrêt par une bourrasque. Le vélo tomba dans le fossé, mais Gaëtane put tout juste s'en dégager, au prix d'une bonne égratinure. Les routes ne furent pas très charmantes aujourd'hui, nous vous proposons donc de vous rabattre sur la rare rubrique architecture.


Vendredi 9 novembre (Badajoz, km+80=9123)

message envoyé vendredi à 21h47

Un vent du Nord de tous les diables nous a bien poussés dans le dos aujourd'hui, nous n'osons pas imaginer ce que cela aurait représenté de lui faire face pendant une journée complète. Les paysages d'Extrémadure nous émerveillent toujours autant, mais avec le vent fou, la faune ailée se fait plus discrète qu'hier. Les vautours par contre sont toujours bien là, face aux bourrasques, se jouant des éléments.

Quand nous passons dans les rares villages, les enseignes métalliques se balancent en grinçant, et sur la route, il faut éviter les boules de chardons secs qui roulent et volent. Gaëtane choisit ce décor de Western pour une quatrième crevaison, au pneu arrière bien sûr. Nous referrons son destrier vite fait, tout en nous félicitant de cette statistique encore très raisonnable.


Badajoz n'est pas une ville incroyable, mais nous trouvons un petit hôtel à notre goût. Galère pour Internet très loin du centre et d'une lenteur désespérante ce soir. Demain, cap sur Zafra, nous y serons mieux pour notre pause hebdommadaire.


Jeudi 8 novembre (Aliseda, km+89=9043)

message envoyé jeudi à 20h18

Réveillés en même temps qu'une joyeuse bande de pies bleues, nous levons le camp assez tôt pour une journée de safari dans la savane d'Extremadure. Nous commençons par une piste défoncée sur 25 km, la jolie petite route étant une nouvelle fois en travaux pour un double élargissement inutile (j'enrage). A part cela, si on remplace les chênes verts par des acacias et les taureaux par des buffles, on se retrouve en pleine Tanzanie.

Les grues cendrées n'ont rien à envier aux grues couronnées, leur cousines d'Afrique: grande émotion quand un petit groupe s'envole depuis le bord de la route, bientôt rejointes par d'autres, et c'est environ 70 oiseaux majestueux qui s'élancent en trompettant au dessus de la dehesa. La grue cendrée est pour nous tout un symbole, puisque dans sa migration européenne, elle est aussi partie du Grand Nord
pour arriver dans le Grand Sud.

Nous atteignons le premier village après plus de 50 km, les gourdes complètement à sec et l'estomac dans les talons. 20 km et un village plus loin, à la sortie du cimetière trois vieilles dames vêtues de noir commentent l'enterrement d'un plus jeune qu'elles. En traversant Arroyo de la Luz, nous réalisons que toutes les vieilles dames sont vêtues de noir, funérailles ou non... A la sortie de l'agglomération, un paysan marche dans le sillon, derrière sa charrue tirée par deux ânes, un autre monte doucement la route à vélo, avec une grande botte de fourrage vert sur son porte-bagage.


Mercredi 7 novembre (Tórrejon El Rubio, km+46=8954)

message envoyé mercredi à 20h10

En arrivant au Parc Naturel de Monfragüe, je criais au désastre: des hectares de collines ravagées par les buldozers et des nouvelles plantations en ligne toute droite.
Heureusement, il ne s'agissait pas d'un gâchis irrémédiable, mais d'une phase musclée de la réhabilitation de ce site: dans les années 60 et 70 on y avait planté des eucalyptus pour la production de pâte à papier, mais ces arbres non-indigènes créent un fameux vide écologique. Ils ont donc tous été coupés ou arrachés, et remplacés par des plans d'arbres et arbustes méditerrannéens.

N'empêche, pour le moment ce n'est pas très joli comme environnement et la promenade à pied que nous avons faite cet après-midi était un peu décevante. Par contre, le Salto de Gitanes, d'impressionnants pitons rocheux après le passage du Tage, vaut vraiment le coup d'oeil, tout hérissé qu'il est de vautours à la Lucky Luke.

Nous avons planté notre tente en pleine dehesa, ce paysage typique d'Extrémadure formé de vastes étendues d'élevage, parsemées de chênes verts et de chênes lièges. Cette parcelle-ci n'étant pas clôturée, nous ne devrions pas être dérangés par les hôtes traditionnels des dehesas: taureaux, vaches, cochons, couvées. Adieu!


Mardi 6 novembre (Plasencia, km+63=8908)

message envoyé mardi à 20h32

Au feu de camp hier soir, les saucisses Zwan locales donnent un bon résultat, mais pour les patates sans papier d'argent, pas de salut: trop cuites ou pas assez. Nous avons planté notre tente le long d'une petite rivière et la piste qui passe un peu plus haut est surtout fréquentée par des mulets et leurs maîtres.

Nos arrêts sont l'occasion de rencontres parfois hilarantes. Après une nuit en camping sauvage, nous nous arrêtons toujours au premier village pour remplir les gourdes et jeter notre poubelle. Fernando et son chien Caty nous abordent ce matin à Pinofranqueado. Lui est à mourir de rire, très volubile, un peu timbré, avec une diapositive de Bilbao qui remplace le verre gauche de ses lunettes. Il donne deux baisers bien humides à Gaëtane avant de nous quitter. Ce midi, c'est un petit vieux qui nous aborde à notre banc de pique-nique, force clins d'oeil et mimiques. Je ne comprends pas la moitié de ce qu'il raconte, mais on se marre bien tous les deux.

Plasencia est une petite ville excellente: ruelles tortueuses, beaux monuments anciens surmontés de nids de cigogne en pagaille, taille très humaine, hostal bon marché, un plaisir...


Lundi 5 novembre (Caminomorisco, km+74=8845)

message envoyé lundi à 18h50

Après un départ différé pour cause de brouillard, les coureurs abordaient aujourd'hui leur première étape de montagne. Le peloton est resté très serré en début d'une course sans incident, si ce n'est un paysan et son âne qui se promenaient au milieu de la route. Il est regrettable que le public n'ait toujours pas pris conscience du danger de tels comportements.

L'équipe belge s'est bien comportée toute la première partie de l'épreuve, et l'attention se portait évidemment sur Verbruggen, grand favori sur ce type de parcours accidenté. En effet, à 10 km de l'arrivée, juste avant le col Portilla Alta, il tente une échappée mais ne peut maintenir longtemps son avance. Jacques, profitant de l'occasion, lui montre un oiseau, s'infiltre sur la droite et file vers la victoire.

Nous avons interrogé le maillot jaune juste après son arrivée:
- Quelles sont vos impressions sur cette course?
- Wé, eh ben, j'ai beaucoup donné, mais cela reste malgré tout une bonne surprise.
- 13.8 km/h de moyenne, n'est-ce pas un peu bas pour des professionnels de votre niveau, équipés de matériel ultra-léger?
- Ecoutez, c'est un parcours montagneux, en plus on a mangé nos tartines à midi et il y a eu plusieurs arrêts pipi.

Nous nous tournons vers Verbruggen, malheureux deuxième:
- On lit la déception sur votre visage?
- Wé ben ouais, je suis quand même déçu, je ferai mieux la prochaine fois.
- Aviez-vous imaginé que Jacques créerait la surprise?
- J'ai sous-estimé Jacques, qui s'est avéré un adversaire coriace, très efficace dans le sprint final. C'est d'autant plus remarquable que c'est une femme et que c'est la mienne. Ca va barder à la maison.

De notre envoyé spécial à Caminomorisco, pour la Vuelta de España.


Dimanche 4 novembre (Los Santos, km+53=8771)

message envoyé dimanche à 19h35

Hier soir, nous avons mangé au restaurant... Tintin à Salamanque, très bien décoré, avec des dessous de table en papier Les 7 boules de Cristal (flûte, nous avons oublié de les emporter).

Départ un peu tardif ce matin après avoir huilé les chaînes et gonflé les pneus (je ne l'avais plus fait depuis Amsterdam!). Salamanque, au bord du Rio Tormes, se voit à des kilomètres depuis les hauteurs avoisinantes, nous l'apercevions 20 km avant d'arriver du nord et la voyions encore dans notre dos 20 km après être partis vers le sud.

Le paysage a très fort changé, nous longeons maintenant d'immenses prairies assez sèches, et souvent parsemées de chênes verts. Y paissent les fameux taureaux noirs, destinés aux corridas, et les fameux cochons noirs, destinés au jambon serrano. Belle vie pour triste fin, tout compte fait cela vaut mieux que moche vie pour triste fin, sort des animaux en hangar qui n'auront jamais vu la lumière du jour.

Les clôtures elles-mêmes sont jolies, avec des piquets en granit ou des billes de chemin de fer. Près de Los Santos, d'innombrables murets sillonent la campagne, faits de simples pierres superposées sans ciment ou mortier.

Voir aussi la rubrique ornithologie.


Samedi 3 novembre (Salamanque)

message envoyé samedi à 20h48

Cette ville recèle de telles beautés qu'il en émane une certaine magie. Nous nous sommes encore promenés toute la journée, admirant les détails des façades plateresques, aprouvant le clin d'oeil des restaurateurs du portail de la cathédrale qui ont inséré un astronaute parmi les petites statues de pierre, nous extasiant devant les statuettes chryséléphantines du Musée dArt Nouveau et Art Déco, déambulant dans les vénérables couloirs de l'Université, observant amusés la sortie d'un mariage chic...

Demain, nous reprenons la route, avec en tête le beau poème de Joachim du Bellay que Michel nous a envoyé. Nous sommes heureux comme Ulysse, mais hé, le voyage n'est pas terminé!

> Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
> Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
> Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
> Vivre entre ses parents le reste de son âge !

> Quand reverrai-je, hélas ! de mon petit village
> Fumer la cheminée, et en quelle saison
> Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
> Qui m'est une province et beaucoup davantage ?

> Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
> Que des palais Romains le front audacieux :
> Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine,

> Plus mon Loire Gaulois que le Tibre Latin,
> Plus mon petit Liré que le mont Palatin,
> Et plus que l'air marin la douceur Angevine

Voir aussi une importante rubrique ornithologie, et surtout ne manquez pas les nouvelles photos !


Vendredi 2 novembre (Salamanca, km+40=8718)

message envoyé samedi à 10h00

Nos sacoches de vélo recouvertes de givre étaient raidies par le gel lorsque nous avons plié bagage ce matin. Les pieds et les mains mettent alors un petit temps à se réchauffer: après une heure ou deux de pédalage, c'est la chaleur du soleil qui gagne.

écusson de SalamanqueNous arrivons vers 11h00 à Salamanque. Finalement nous n'avons pas de point de chute dans la ville car nos deux contacts sont ailleurs en ribote pour le long WE. Il y a un monde fou en rue et tous les
hôtels sont "completos", nous errons longtemps le ventre vide avant de nous enfiler un piètre Mac Do, d'aboutir à l'AJ qui n'a plus de chambres doubles, et de ricocher vers un hôtel tout neuf en dehors du centre, de l'autre coté du pont romain.

Après une bonne douche nous apprécions déjà beaucoup mieux les merveilles inouïes de Salamanque, que Gaëtane et moi avions déjà visité respectivement il y a dix ans lors d'un voyage d'Histoire de l'Art et il y a 5 ans lors d'une expédition à vélo en Castille.

Nous avons lavé notre linge dans une wasserette en profitant du coin Internet, super combinaison pour une ville étudiante! Le soir nous mangeons près de l'hôtel dans un bar asado avec seulement quelques clients espagnols, cela nous change de la bousculade touristique de la Calle Mayor.


Jeudi 1er novembre (Cantalpino, km+89=8678)

message envoyé jeudi à 19h53

Ce matin de "Todos Santos", le vent du nord qui avait soufflé toute la nuit nous a poussé dans le dos, le froid qu'il apportait étant compensé par un ciel bleu, bleu, bleu. A Tordesillas, jolie petite ville du bien célèbre Traité (dixit Gaëtane), nous nous sommes arrêtés sous les colonnes de la Plaza Mayor: café, chocolat chaud et El País sur une terasse au soleil, un vrai jour férié, quoi!

Sur nos vélos, c'est sans doute la première fois que nous avons vraiment eu le temps de penser aux disparus parmi nos familles et nos amis, pas si nombreux d'ailleurs. Quand nous arrivons à Tarazona de Guareña, les cloches sonnent pour annoncer une messe au cimetière. Tous les villageois sont là, regroupés par famille devant les tombes de leurs défunts. La curé parle dans un micro, les enfants tiennent tour à tour le portevoix et l'assemblée écoute dans le recueillement, parmi les fleurs et les croix de marbre blanc.

La Toussaint nous amène aussi une belle coche dans la rubrique ornithologie, et une petite douceur dans la rubrique gastronomie.

Voir aussi les rubriques ornithologie et gastronomie.

Le saviez-vous ?

Benoit et Gaëtane sont bien sûr les meilleurs, mais ils ne sont pas
les premiers à traverser l'Europe à vélo du Cap Nord à Gibraltar.
  • Depuis 1996, la "Race across Europe" est organisée, en principe
    tous les deux ans. Le record de l'épreuve est de 14 jours 21 heures
    et 15 minutes pour un peu plus de 6000 kilomètres.

  • En 1999, Fritz Hansens fit le même voyage, mais tout seul, en 20 jours
    3 heures et 12 minutes (en moyenne: 289 km par jour!).

  • En 2000, Erik Straarup (Danemark) alla encore plus vite: 19 jours.

  • voir aussi le trip de Fiona et Willem (Fra Kapp a Cabo) de l'été 1998.


Mercredi 31 octobre (Ciguñuela, km+71=8588)

message envoyé mercredi à 19h17

Souvent en début et en fin de journée, nous entendons d'abord et admirons ensuite des troupeaux de moutons qui partent ou reviennent des paturages, dans un concert de clochettes et bêlements. Le berger les accompagne, un bâton à la main, un sac en bandoulière; deux ou trois chiens les encadrent, obéissant parfaitement aux injonctions de leur maître pour rabattre les fortes têtes.

Ce spectacle nous enchante toujours, mais ce soir nous l'observions depuis notre campement avec une pointe d'inquiétude: le troupeau se dirigeait dans notre direction, au grand dam de Gaëtane, toute nue devant le bassin de toile et la casserole d'eau chaude qui lui faisaient office de salle de bain. Quelques moutons pointent leur nez au bout du champ, je vois la silhouette du berger dans le soleil couchant et ouf, ils repartent par un autre chemin...

Voir aussi la rubrique ornithologie.