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LE
LIEN DU JOUR: http://www.lecastel.be
"Si vous étiez passés par Fosses la ville, entre Namur et Charleroi, je vous aurais offert le gîte et le couvert. Mais pour vous encourager, je vous invite à m'adresser une petite carte postale lors de votre arrivée à Gibraltar." "Et en retour, c'est avec plaisir que je vous offrirez un week-end gastronomique dans mon hôtel ***, question de vous stimuler un peu Bon courage et bon vent." Jean-Louis Mathy, le 2 juin 2001 |
message envoyé mardi à 19h35
C'est
le grand sujet de conversation dans notre petite communauté.
Aujourd'hui, deux spécimens de notre race, quoiqu'un peu
plus grands, sont arrivés par le téléphérique
au sommet du rocher et se sont intéressés de fort
près à plusieurs d'entre nous. Nous-mêmes les
avons examinés longuement, sans parvenir pourtant à
les toucher. Leur pelage semblait assez sale, mais nous ne les avons
pas vus s'épouiller comme nous aimons le faire. Leurs mimiques
étaient pareilles aux nôtres, cependant ils paraissaient
moins habiles que nous pour sauter des murets, descendre des escaliers
par la rampe ou grimper aux arbres.
Nos indicateurs qui habitent aux limites supérieures
de la vieille ville les ont vus rejoindre le centre via Castle Steps,
rentrer dans un bâtiment et en ressortir plus tard sur des
engins de cirque. Ils se sont ensuite éloignés vers
le nord et nous les avons perdus de vue. Dommage, ils se seraient
sûrement bien intégrés parmi nous.
message
envoyé lundi à 19h26
GIBRALTAR!
Nous y sommes, et heureux d'y être! Il faut dire que nous n'avons pas ménagé notre peine aujourd'hui, en choisissant les petites routes de l'arrière-pays pour contourner largement Algeciras et ses noeuds autoroutiers. L'arrivée était très impressionnante, ce rocher énorme de plus de 400 mètres de haut apparaît bien plus comme la fin du monde que la pointe de Tarifa, et la grande falaise qui tombe dans la mer peut avoir certaines similitudes avec celle du Cap Nord. La boucle est bouclée...

L'ambiance est très spéciale, dès la frontière
avec contrôle d'identité, puis dans la Main Street
où nous avons croisé un vrai bobby, devant les maisons
aux façades si particulières, dans le pub où
nous avons bu une bière bitter, etc. Nous trimbalions un
briquet Nordkapp depuis 5 mois et demi, je lui ai acheté
son petit frère Gibraltar. Le tenancier du tabac nous a demandé
si nous roulions pour une "charity" et si nous étions
passé à la TV, car il est courant que ceux qui font
cela apparaissent sur la chaîne locale. Mais non, nous n'avons
rien prévu, nous sommes ici incognito!
Nous avions malheureusement un billet Sabena pour notre retour, le dimanche 25 depuis Malaga. S'il y a une possibilité de reprise par la DAT depuis Madrid, nous remonterions jusqu'à Cordoue à vélo puis prendrions un train ou un bus pour la capitale, sinon nous maintenons le projet initial de rejoindre Malaga, et voler alors avec une autre compagnie aérienne.
Mais l'heure est aux réjouissances, et demain matin, qui sait, il y aura deux singes de plus sur le rocher!
message envoyé dimanche à 19h26
Nous sommes à Tarifa,
la pointe la plus méridionale du continent européen,
royaume de la planche à voile grâce aux vents qui s'engoufrent
dans le détroit, large ici de 13 km seulement. On voit d'ailleurs
magnifiquement la côte marocaine, ses montagnes et ses villes,
avec mes petites jumelles j'ai même repéré le
minaret d'une mosquée.
Mais
nous ne traverserons pas (Tanger est à 35 minutes en ferry),
notre route va rebondir demain vers Gibraltar, moins au sud mais
plus connu que Tarifa. Nous sommes arrivés tôt ici,
avec un après-midi classique Internet-lessive-entretien vélos.
Nous étant de nouveau fait piéger par les horaires
espagnols très différents des nôtres, nous en
profitons pour vous les exposer.
Bike8000:
07h00: Ben ouvre un oeil
07h15: il donne un kiss à Gaë
07h20: ils s'habillent à la lampe frontale
07h30: petit dèj muesli yaourt, toujours dans la tente
08h00: rangement et thé au lever du soleil
08h30: départ
09h30: premier village, on jette la poubelle et on remplit les gourdes.
Suivent de nombreux petits arrêts.
13h00: pique-nique au soleil sur un banc de village, sur un autre
banc séchage de la tente trempée de condensation
14h00: re-départ et nombreux arrêts
18h00: repérage d'un endroit de camp et installation
19h00: rédaction du rapport et cuisine à la lampe
frontale
20h00: envoi du rapport et mangeaille (pâtes niçoises
ou carbonara)
21h30: après quelques pages d'un bouquin, on éteint
la lumière...
Espagne:
09h00: petit déjeuner
10h00: ouverture des magasins
14h00: fermeture
15h00: déjeuner et siesta
17h00: réouverture
20h00: fermeture des magasins, tournée de tapas dans les
bars
22h00: dîner
05h00: déclin de l'activité en rue (WE)
Tout cela m'a donné faim, aujourd'hui on a prévu un apéro patatas fritas Lays y cerveza Cruzcampo. Salud!
message envoyé samedi à 19h55
Nous avons déambulé ce matin dans la vieille ville
d'Arcos, véritablement construite sur une crête, avec
une vue splendide des deux côtés. Les mobilettes, engeance
du sud de l'Espagne, circulent bruyamment dans les ruelles étroites
et en pente raide; j'avoue qu'à vélo c'est moins évident,
avec nos bagages il faut faire de la poussette.
Après une dure journée de vents et vallées, la récompense nous attend en bord de la mer: relative douceur des températures, charme de l'endroit de camp sur la plage, bruit des vagues et ô joie, quelques moustiques!
L'excitation monte, dans deux jours si tout va bien, nous sommes à Gibraltar...
Voir aussi les rubriques ornithologie et architecture.
message envoyé vendredi à 19h38
Les cyclistes américains se suivent: aujourd'hui, nous
avons longuement causé et pique-niqué avec Laura et
Benj, qui revenaient très enthousiastes de 7 semaines au
Maroc. Ils seront en route 9 mois en tout, mais Benj n'en est pas
à son coup d'essai. Il a silloné les routes du monde
pendant 6 ans de 1990 à 1995 et plus c'est dur, plus c'est
haut, plus il aime... Son meilleur souvenir de voyage est le Tibet,
et tout autre moyen de déplacement terrestre que le vélo
lui semble une hérésie.
Heureusement que nous nous étions levés tôt pour parcourir une distance respectable ce matin, car après notre arrêt de 11h30 à 14h30 nous nous sommes traînés sur une route très vallonée avec un vent de face. Cela valait la peine d'atteindre Arcos, car la vieille ville, juchée sur une falaise, offre une vue saisissante sur la vallée. Appuyés au parapet de la place principale, nous nous sommes payés un bon petit vertige en regardant vers le bas.
message envoyé jeudi à 20h46
Notre petite balade matinale le long de la lagune se révéla magnifique et très fructueuse au niveau des observations d'oiseaux. Non sans avoir salué la Vierge dans sa splendide église, nous quittons à regret El Rocio en milieu de journée.
Nous traversons des champs de fraisiers où les saisonniers travaillent en ligne, souvent enmitouflés dans des vêtements chauds. Beaucoup de gens qui nous voient en culotte courte nous demandent "Hace frio, no?", car eux se plaignent d'être congelés à cause de la brusque chute de température. Pour nous, cela reste tout à fait acceptable tant que le soleil brille, mais il est vrai que les soirées et les nuits en camping sauvage deviennent un peu frisquettes.
Hier
nous nous étions retrouvés devant un bout d'autoroute
non repris sur la Michelin de 1995 et cela nous avait décidé
à acheter la dernière version. Nous avons légèrement
revu notre itinéraire, principalement en évitant Séville
par le bas, car nous avons déjà visité la ville
et son accès à vélo ne semblait vraiment pas
facile.
En attendant de passer le Guadalquivir avec un petit bac, nous bavardons avec trois Espagnols, dont un qui nous avait repérés sur la route un peu avant, et qui avait vécu tout un temps à Bruxelles, dans la même commune que la nôtre. Quelques champs de coton et quelques orangers ou oliviers plus loin, nous plantons notre tente dans la pénombre.
Voir aussi la rubrique ornithologie.
message envoyé mercredi à 20h32
Dès 08h30 au soleil levant, nous reprenons la piste cahin-caha,
évitant les plus grosses pierres et les trous les plus profonds,
mais pas les voitures, absentes pendant plus d'une heure, un rêve
de silence...
A la fin de notre pique-nique sur la place d'Almonte, deux voyageurs
à vélo arrivent: Tom et Elsa sont américains,
ils ont commencé leur circuit européen presque en
même temps que nous, mais ont traversé auparavant les
Etats-Unis et la Nouvelle- Zélande!
Nous
sommes arrivés cet après-midi à El
Rocio, village extraordinaire pour deux raisons, disons trois...
La première est son pèlerinage de Pentecôte: chaque année, plus d'un million de fervents (1.300.000 cette année, pour 2.000 habitants!) convergent de toute l'Espagne, traditionnellement en chariots tirés par des chevaux, pour vénérer la Virgen del Rocio. Avec son plan rectangulaire, ses petites maisons blanches, ses innombrables chapelles au nom des différentes confréries, ses rues en sable et ses cavaliers, cet endoit ressemble un peu à un village d'Amérique Latine.
La deuxième est sa localisation au bord du Parque Nacional
de Doñana,
soit le delta du Guadalquivir, lieu saint cette fois pour les ornithologues,
qui viennent de toute l'Europe pour y vénérer l'avifaune
particulière. Nous nous sommes déjà entretenus
avec des collègues suédois et anglais et avons pu
faire quelques belles observations qui seront reprises demain dans
la rubrique ad hoc.
La troisième raison est que nous sommes venus ici il y a deux ans, également en novembre, que nous avions adoré la magie du village et de sa lagune, et que nous espérions bien y retourner un jour et passer la nuit dans un hôtel que j'avais repéré discretos. Nous ne nous doutions pas que nous y reviendrions à vélo, presque au terme d'un très beau et très long périple...
message envoyé mercredi à 10h37
Bonjour,
Vous vous rappelez de moi, Communicator, le Nokia de Benoît?
Sinon, allez donc vous rafraîchir la mémoire en date
du 18 juillet.
Mon pays natal est fort loin maintenant, je me languis de ces quelques beaux jours de juillet en Finlande. Depuis ce temps béni, la bêtise de mon maître n'a cessé de croître et embellir, s'élevant vers des sommets jamais atteints auparavant. Ce matin, il s'est mis en tête de raccourcir la chaîne du vélo de sa femme: la chaîne sautait dans les montées, et sa femme sursautait chaque fois, une pitié.
L'idiot a démoli deux paires de maillons avant de se rappeler du truc élémentaire: ne pas faire sortir complétement la pinneke du moyeu, sinon on ne parvient plus à la réenfoncer. Bref, à la troisième tentative il réussit, en profite pour esquinter complétement son dérive-chaîne, tout cela pour un résultat lamentable, puisqu'en fin de journée, j'entendais à nouveau la chaîne sauter et sa femme sursauter. Navrant.
Au niveau du choix de l'itinéraire, ce fier-cul a de nouveau frappé très fort. D'abord, ils ont traversé pendant des kilomètres d'immenses mines de cuivre à ciel ouvert, environnement propice à la dépression et à la mélancolie. Ensuite, ce soir, il lance son équipage sur un "petit" raccourci de 30 km repéré sur sa Michelin périmée. En fait de route bucolique, il s'agit d'une infâme piste caillouteuse qui monte et qui descend sans cesse. Je me gausserais volontiers de leur déconvenue, si la première victime n'était pas votre serviteur, les bonds et les rebonds de cette piste étant un enfer pour ma colonne vertébrale.
Ça y est, il est de nouveau en train de me tripoter afin de rédiger son rapport de malheur, mais il peut danser sur sa tête pour l'envoyer: je fais la grève, il n'aura pas de réseau ce soir, perdu comme il est au milieu de nulle part!
Votre ami sincère (et souffrant),
Communicator
message envoyé lundi à 19h55
Nous avons traversé un petit coin de paradis, dont la
beauté culminait entre trois petits villages au sud de l'Extrémadure,
Segura de León, Fuentes de León et Cañaveral
de León. Collines escarpées recouvertes de chênes
verts, murets moussus entre jolies prairies d'un vert tendre, cochons,
vaches et biquettes...
Les paysages sont très souvent magnifiques, comme là, mais il est de plus en plus rares de trouver des petites routes de campagne qui n'ont pas été élargies. Sur cette section, la route se tortillait encore mais plus loin le grand massacre recommençait, et même des années plus tard, quand la végétation a un peu repoussé, le charme reste rompu. Je devrais écrire aux autorités compétentes pour essayer de sauver ce qu'il reste de ce patrimoine rural espagnol.
Chose à quoi le malheur est bon, les méandres des anciennes routes, vers des ponts en pierre ou autour d'une ondulation de terrain, existent encore parfois et offrent alors un endroit de bivouac potentiel. Nous abordons une solide petite sierra et nous vous saluons depuis l'entrée de notre tente. Il est 19h30 et la température est dèjà tombée à 2°C, on peut s'attendre à un sérieux coup de gel cette nuit...
message envoyé dimanche à 21h14
Quel bonheur de passer un dimanche dans une petite ville aussi
charmante que Zafra! Commencer par un petit-déjeuner de churros
est évidemment un bon début, Gaëtane vous en
dit plus dans sa célèbre rubrique qu'elle a daigné
reprendre aujourd'hui (non sans moults encouragements de ma part).
En entrant à midi dans la splendide église de La Candelaria, surprise, joie: la nef est comble, il y a plein d'enfants et de jeunes, des chants accompagnés à la guitare et un prêtre dynamique, qui nous interpelle avec un sermon très convaincant sur la Résurrection. Dieu, que cela fait du bien!
Ce
qui ne fait pas de tort non plus, c'est de déjeuner d'un
bocadillo sur la Plaza Mayor, au soleil devant les arcades, de se
prélasser sans les vélos, de vous tapoter deux ou
trois rubriques de notre cru. Programme de la fin d'après-midi?
Visite du couvent de Santa Clara, orgie d'internet dans un bar sympa
et menu du soir dans le même petit resto qu'hier.
Demain, nous repartons pour une longue semaine jusque Tarifa et Gibraltar, puis nous envisagerons de rejoindre Malaga en train ou à vélo. La fin approche peut-être, mais nous sommes plus enthousiastes que jamais!
Ne manquez pas une glorieuse rubrique ornithologique et une savoureuse rubrique gastronomique. Tchip et Miam!
message envoyé samedi à 19h30
Comme
notre route s'est incurvée aujourd'hui vers le sud-est, nous
avons du lutter toute la journée contre un formidable vent
de côté. Peu après notre départ, Gaëtane
qui roulait tête nue a dû mettre son bonnet, car le
vent entrait dans son oreille gauche et ressortait par son nez,
se plaignait-elle.
Elle faillit choir pour la troisième fois, déséquilibrée à l'arrêt par une bourrasque. Le vélo tomba dans le fossé, mais Gaëtane put tout juste s'en dégager, au prix d'une bonne égratinure. Les routes ne furent pas très charmantes aujourd'hui, nous vous proposons donc de vous rabattre sur la rare rubrique architecture.
message envoyé vendredi à 21h47
Un vent du Nord de tous les diables nous a bien poussés
dans le dos aujourd'hui, nous n'osons pas imaginer ce que cela aurait
représenté de lui faire face pendant une journée
complète. Les paysages d'Extrémadure nous émerveillent
toujours autant, mais avec le vent fou, la faune ailée se
fait plus discrète qu'hier. Les vautours par contre sont
toujours bien là, face aux bourrasques, se jouant des éléments.
Quand
nous passons dans les rares villages, les enseignes métalliques
se balancent en grinçant, et sur la route, il faut éviter
les boules de chardons secs qui roulent et volent. Gaëtane
choisit ce décor de Western pour une quatrième crevaison,
au pneu arrière bien sûr. Nous referrons son destrier
vite fait, tout en nous félicitant de cette statistique encore
très raisonnable.
Badajoz n'est pas une ville incroyable, mais nous trouvons un petit
hôtel à notre goût. Galère pour Internet
très loin du centre et d'une lenteur désespérante
ce soir. Demain, cap sur Zafra, nous y serons mieux pour notre pause
hebdommadaire.
message envoyé jeudi à 20h18
Réveillés en même temps qu'une joyeuse bande
de pies bleues, nous levons le camp assez tôt pour une journée
de safari dans la savane d'Extremadure.
Nous commençons par une piste défoncée sur
25 km, la jolie petite route étant une nouvelle fois en travaux
pour un double élargissement inutile (j'enrage). A part cela,
si on remplace les chênes verts par des acacias et les taureaux
par des buffles, on se retrouve en pleine Tanzanie.
Les grues cendrées n'ont rien à envier aux grues
couronnées, leur cousines d'Afrique: grande émotion
quand un petit groupe s'envole depuis le bord de la route, bientôt
rejointes par d'autres, et c'est environ 70 oiseaux majestueux qui
s'élancent en trompettant au dessus de la dehesa. La grue
cendrée est pour nous tout un symbole, puisque dans sa migration
européenne, elle est aussi partie du Grand Nord
pour arriver dans le Grand Sud.
Nous atteignons le premier village après plus de 50 km,
les gourdes complètement à sec et l'estomac dans les
talons. 20 km et un village plus loin, à la sortie du cimetière
trois vieilles dames vêtues de noir commentent l'enterrement
d'un plus jeune qu'elles. En traversant Arroyo
de la Luz, nous réalisons que toutes les vieilles dames
sont vêtues de noir, funérailles ou non... A la sortie
de l'agglomération, un paysan marche dans le sillon, derrière
sa charrue tirée par deux ânes, un autre monte doucement
la route à vélo, avec une grande botte de fourrage
vert sur son porte-bagage.
message envoyé mercredi à 20h10
En arrivant au Parc Naturel de Monfragüe, je criais au
désastre: des hectares de collines ravagées par les
buldozers et des nouvelles plantations en ligne toute droite.
Heureusement, il ne s'agissait pas d'un gâchis irrémédiable,
mais d'une phase musclée de la réhabilitation de ce
site: dans les années 60 et 70 on y avait planté des
eucalyptus pour la production de pâte à papier, mais
ces arbres non-indigènes créent un fameux vide écologique.
Ils ont donc tous été coupés ou arrachés,
et remplacés par des plans d'arbres et arbustes méditerrannéens.
N'empêche, pour le moment ce n'est pas très joli comme environnement et la promenade à pied que nous avons faite cet après-midi était un peu décevante. Par contre, le Salto de Gitanes, d'impressionnants pitons rocheux après le passage du Tage, vaut vraiment le coup d'oeil, tout hérissé qu'il est de vautours à la Lucky Luke.
Nous avons planté notre tente en pleine dehesa, ce paysage typique d'Extrémadure formé de vastes étendues d'élevage, parsemées de chênes verts et de chênes lièges. Cette parcelle-ci n'étant pas clôturée, nous ne devrions pas être dérangés par les hôtes traditionnels des dehesas: taureaux, vaches, cochons, couvées. Adieu!
message envoyé mardi à 20h32
Au feu de camp hier soir, les saucisses Zwan locales donnent
un bon résultat, mais pour les patates sans papier d'argent,
pas de salut: trop cuites ou pas assez. Nous avons planté
notre tente le long d'une petite rivière et la piste qui
passe un peu plus haut est surtout fréquentée par
des mulets et leurs maîtres.
Nos arrêts sont l'occasion de rencontres parfois hilarantes. Après une nuit en camping sauvage, nous nous arrêtons toujours au premier village pour remplir les gourdes et jeter notre poubelle. Fernando et son chien Caty nous abordent ce matin à Pinofranqueado. Lui est à mourir de rire, très volubile, un peu timbré, avec une diapositive de Bilbao qui remplace le verre gauche de ses lunettes. Il donne deux baisers bien humides à Gaëtane avant de nous quitter. Ce midi, c'est un petit vieux qui nous aborde à notre banc de pique-nique, force clins d'oeil et mimiques. Je ne comprends pas la moitié de ce qu'il raconte, mais on se marre bien tous les deux.
Plasencia est une petite ville excellente: ruelles tortueuses, beaux monuments anciens surmontés de nids de cigogne en pagaille, taille très humaine, hostal bon marché, un plaisir...
message envoyé lundi à 18h50
Après un départ différé pour cause
de brouillard, les coureurs abordaient aujourd'hui leur première
étape de montagne. Le peloton est resté très
serré en début d'une course sans incident, si ce n'est
un paysan et son âne qui se promenaient au milieu de la route.
Il est regrettable que le public n'ait toujours pas pris conscience
du danger de tels comportements.
L'équipe belge s'est bien comportée toute la première partie de l'épreuve, et l'attention se portait évidemment sur Verbruggen, grand favori sur ce type de parcours accidenté. En effet, à 10 km de l'arrivée, juste avant le col Portilla Alta, il tente une échappée mais ne peut maintenir longtemps son avance. Jacques, profitant de l'occasion, lui montre un oiseau, s'infiltre sur la droite et file vers la victoire.
Nous avons interrogé le maillot jaune juste après
son arrivée:
- Quelles sont vos impressions sur cette course?
- Wé, eh ben, j'ai beaucoup donné, mais cela reste
malgré tout une bonne surprise.
- 13.8 km/h de moyenne, n'est-ce pas un peu bas pour des professionnels
de votre niveau, équipés de matériel ultra-léger?
- Ecoutez, c'est un parcours montagneux, en plus on a mangé
nos tartines à midi et il y a eu plusieurs arrêts pipi.
Nous nous tournons vers Verbruggen, malheureux deuxième:
- On lit la déception sur votre visage?
- Wé ben ouais, je suis quand même déçu,
je ferai mieux la prochaine fois.
- Aviez-vous imaginé que Jacques créerait la surprise?
- J'ai sous-estimé Jacques, qui s'est avéré
un adversaire coriace, très efficace dans le sprint final.
C'est d'autant plus remarquable que c'est une femme et que c'est
la mienne. Ca va barder à la maison.
De notre envoyé spécial à Caminomorisco, pour la Vuelta de España.
message envoyé dimanche à 19h35
Hier soir, nous avons mangé au restaurant... Tintin à
Salamanque, très bien décoré, avec des dessous
de table en papier Les 7 boules de Cristal (flûte, nous avons
oublié de les emporter).
Départ un peu tardif ce matin après avoir huilé les chaînes et gonflé les pneus (je ne l'avais plus fait depuis Amsterdam!). Salamanque, au bord du Rio Tormes, se voit à des kilomètres depuis les hauteurs avoisinantes, nous l'apercevions 20 km avant d'arriver du nord et la voyions encore dans notre dos 20 km après être partis vers le sud.
Le paysage a très fort changé, nous longeons maintenant d'immenses prairies assez sèches, et souvent parsemées de chênes verts. Y paissent les fameux taureaux noirs, destinés aux corridas, et les fameux cochons noirs, destinés au jambon serrano. Belle vie pour triste fin, tout compte fait cela vaut mieux que moche vie pour triste fin, sort des animaux en hangar qui n'auront jamais vu la lumière du jour.
Les clôtures elles-mêmes sont jolies, avec des piquets en granit ou des billes de chemin de fer. Près de Los Santos, d'innombrables murets sillonent la campagne, faits de simples pierres superposées sans ciment ou mortier.
Voir aussi la rubrique ornithologie.
message envoyé samedi à 20h48
Cette ville recèle de telles beautés qu'il en émane
une certaine magie. Nous nous sommes encore promenés toute
la journée, admirant les détails des façades
plateresques, aprouvant le clin d'oeil des restaurateurs du portail
de la cathédrale qui ont inséré un astronaute
parmi les petites statues de pierre, nous extasiant devant les statuettes
chryséléphantines
du Musée dArt Nouveau et Art Déco, déambulant
dans les vénérables couloirs de l'Université,
observant amusés la sortie d'un mariage chic...
Demain, nous reprenons la route, avec en tête le beau
poème de Joachim du Bellay que Michel nous a envoyé.
Nous sommes heureux comme Ulysse, mais hé, le voyage n'est
pas terminé!
>
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
> Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
> Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
> Vivre entre ses parents le reste de son âge !
> Quand reverrai-je, hélas ! de mon petit village
> Fumer la cheminée, et en quelle saison
> Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
> Qui m'est une province et beaucoup davantage ?
> Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes
aïeux,
> Que des palais Romains le front audacieux :
> Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine,
> Plus mon Loire Gaulois que le Tibre Latin,
> Plus mon petit Liré que le mont Palatin,
> Et plus que l'air marin la douceur Angevine
Voir aussi une importante rubrique ornithologie, et surtout ne manquez pas les nouvelles photos !
message envoyé samedi à 10h00
Nos sacoches de vélo recouvertes de givre étaient
raidies par le gel lorsque nous avons plié bagage ce matin.
Les pieds et les mains mettent alors un petit temps à se
réchauffer: après une heure ou deux de pédalage,
c'est la chaleur du soleil qui gagne.
Nous
arrivons vers 11h00 à Salamanque. Finalement nous n'avons
pas de point de chute dans la ville car nos deux contacts sont ailleurs
en ribote pour le long WE. Il y a un monde fou en rue et tous les
hôtels sont "completos", nous errons longtemps le
ventre vide avant de nous enfiler un piètre Mac Do, d'aboutir
à l'AJ qui n'a plus de chambres doubles, et de ricocher vers
un hôtel tout neuf en dehors du centre, de l'autre coté
du pont romain.
Après une bonne douche nous apprécions déjà beaucoup mieux les merveilles inouïes de Salamanque, que Gaëtane et moi avions déjà visité respectivement il y a dix ans lors d'un voyage d'Histoire de l'Art et il y a 5 ans lors d'une expédition à vélo en Castille.
Nous avons lavé notre linge dans une wasserette en profitant
du coin Internet, super combinaison pour une ville étudiante!
Le soir nous mangeons près de l'hôtel dans un bar asado
avec seulement quelques clients espagnols, cela nous change de la
bousculade touristique de la Calle Mayor.
message envoyé jeudi à 19h53
Ce matin de "Todos Santos", le vent du nord qui avait
soufflé toute la nuit nous a poussé dans le dos, le
froid qu'il apportait étant compensé par un ciel bleu,
bleu, bleu. A Tordesillas, jolie petite ville du bien célèbre
Traité (dixit Gaëtane), nous nous sommes arrêtés
sous les colonnes de la Plaza Mayor: café, chocolat chaud
et El País sur une terasse
au soleil, un vrai jour férié, quoi!
Sur nos vélos, c'est sans doute la première fois que nous avons vraiment eu le temps de penser aux disparus parmi nos familles et nos amis, pas si nombreux d'ailleurs. Quand nous arrivons à Tarazona de Guareña, les cloches sonnent pour annoncer une messe au cimetière. Tous les villageois sont là, regroupés par famille devant les tombes de leurs défunts. La curé parle dans un micro, les enfants tiennent tour à tour le portevoix et l'assemblée écoute dans le recueillement, parmi les fleurs et les croix de marbre blanc.
La Toussaint nous amène aussi une belle coche dans la rubrique ornithologie, et une petite douceur dans la rubrique gastronomie.
Voir aussi les rubriques ornithologie
et gastronomie.
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Le
saviez-vous ?
Benoit et Gaëtane sont bien sûr les meilleurs, mais ils ne sont pas les premiers à traverser l'Europe à vélo du Cap Nord à Gibraltar.
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message envoyé mercredi à 19h17
Souvent en début et en fin de journée, nous entendons
d'abord et admirons ensuite des troupeaux de moutons qui partent
ou reviennent des paturages, dans un concert de clochettes et bêlements.
Le berger les accompagne, un bâton à la main, un sac
en bandoulière; deux ou trois chiens les encadrent, obéissant
parfaitement aux injonctions de leur maître pour rabattre
les fortes têtes.
Ce spectacle nous enchante toujours, mais ce soir nous l'observions depuis notre campement avec une pointe d'inquiétude: le troupeau se dirigeait dans notre direction, au grand dam de Gaëtane, toute nue devant le bassin de toile et la casserole d'eau chaude qui lui faisaient office de salle de bain. Quelques moutons pointent leur nez au bout du champ, je vois la silhouette du berger dans le soleil couchant et ouf, ils repartent par un autre chemin...
Voir aussi la rubrique ornithologie.