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Samedi 17 novembre (Barbate)
Une jolie caractéristique des maisons andalouses, anciennes
ou récentes, est leur hall recouvert de jolies céramiques.
La porte de rue reste ouverte la plupart du temps, vient ensuite
ce petit sas dont les couleurs rivalisent de beauté, puis
une deuxième porte, fermée celle-là. Plaisir
des yeux pour les voyageurs à vélos qui traversent
lentement villes et villages...

Samedi 10 octobre (Zafra)
La différence entre la structure des villages entre le début
(Norvège) et la fin de notre voyage (Espagne) est considérable.
Les villages du grand nord sont très étendus, avec
des maisons dispersées et pas de centre bien défini.
L'activité principale se concentre souvent sur le parking
du supermarché ou celui de la station essence.
La Hollande, la Belgique, l'Angleterre et la France nous offrent
plus de points de repère: avant tout, l'église, ensuite
une place centrale, la mairie, des cafés, un pub...
En Espagne, on retrouve souvent ces éléments au milieu
d'un village très concentré. Les maisons sont serrées
les unes contre les autres, les ruelles sont très étroites,
la limite de l'agglomération est très nette, en dehors,
ce sont les champs. Il y a très peu de fermes isolées
(à l'exception des grandes propriétés agricoles,
les finca), peu d'industries éparses en dehors du village,
jamais de constructions en ruban (lintverbouwing comme en Flandres).
A vélo au détour d'une colline, on voit d'abord le
clocher de l'église, puis tout à coup, les toits des
maisons, et enfin, dans le village, on découvre un entrelacement
de rues insoupçonnable de l'extérieur.
Enfin, les maisons traditionnelles espagnoles ont évolué
des fières et massives maisons basques aux murs crépis
et encadrements en granit, aux maisons de Castille en pierre rousse
ou briques crues, colombages et pisé, aux maisons d'Andalousie
toutes peintes en blanc, avec une transition amusante en Extrémadure.

Samedi 28 juillet (Stockholm)
Petite information intéressante communiquée par Birgit.
Devant notre étonnement face à cette sempiternelle
couleur sang de boeuf pour les fermes et maisons nordiques, Birgit
nous expliqua qu'en Suède, ce rouge était appelé
faluröd, du nom de la ville de Falun
qui possède des mines de cuivre. Le cuivre est un des composants
de cette peinture et la rend résistante aux intempéries,
tout en ayant une excellente longévité.


Jeudi 21 juin matin (Andenes)
Espen (un des associés et amis de Luc) nous a beaucoup éclairés
au sujet de l'architecture norvégienne. La guerre 40/45 a
été un grand tournant, les nazis fuyant la progression
des troupes russes depuis le Nord, en brûlant tout derrière
eux.
Avant cela, les murs des maisons traditionnelles étaient
construits avec des poutres entières, dont les extrémités
se croisaient à chaque coin, comme un chalet suisse. Nous
avons encore vu quelques rorbuers semblables, et certains murs de
ferme.
Après la guerre, on a dû reconstruire assez vite,
et sans pouvoir utiliser d'un seul coup autant de ressources en
bois. Les murs furent donc constitués de deux épaisseurs
de planches, une extérieure et une intérieure, l'espace
intermédiaire étant comblé de copeaux de bois
pour une meilleure isolation. Les murs extérieurs sont peints
de couleur vive, le rouge sang-de-boeuf étant prédominant,
et même systématique pour les fermes.
Parlons-en,
des fermes, dont nous avions vu des centaines d'exemplaires avant
qu'Espen nous confirme nos intuitions: classiquement, les bêtes
vivent en-dessous et le foin est entreposé au-dessus, avec
cependant l'une ou l'autre particularité.
En-dessous, on trouve des fenêtres assez grandes, avec châssis
et croisillons peints en blanc, mais ce n'est pas un coin de vie
ou un corps de logis pour les hommes, c'est bien l'étable,
l'écurie (pour le cheval de trait) ou la bergerie. Pour
accéder à la partie supérieure, il y a toujours
un plan incliné en bois, orienté du côté
de la pente quand il y en a une, pour rentrer le foin plus facilement,
notamment en faisant monter le fameux cheval. Dans les pans latéraux
de la partie supérieure, des trous sont parfois ouverts (par
exemple 5 trous en forme de fleur), pour permettre une bonne aération
du foin qui doit rester sec.
Au niveau de l'urbanisme, même rural, nous constatons que
les villages et agglomérations sont beaucoup plus étalés
qu'en Allemagne, Hollande, Belgique et plus au Sud. L'église,
elle, est rarement "au milieu du village", elle peut être
très éloignée et très isolée,
quand il y en a une. Le résultat est un peu déroutant
pour nous, car il n'y a pas réellement de centre ou de place
centrale, mais plutôt une rue ou un quartier, parfois très
moderne et/ou peu esthétique, avec quelques commerces, la
poste, la pompe à essence, le supermarché... C'est
souvent à ces endroits que les gens se rencontrent et bavardent,
l'animation n'est pas fort visible en dehors de cela, mais nous
ne savons pas ce qui se passe à l'intérieur...
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