Août 2001


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OrnithologieArchitectureEtat des routes


Samedi 1er septembre

les nouvelles du jour sont sur la page de septembre !


Vendredi 31 août (Termunten, km+71=5156)

message envoyé vendredi à 19h56

Pour moi (pour Gaetane aussi d'ailleurs...) , c'est un vrai changement et un plaisir de pouvoir, dès notre arrivée en Hollande, m'adresser aux gens directement dans leur langue, alors que depuis notre départ il fallait passer par l'anglais. Nous avons d'ailleurs été étonnés de constater que les Allemands du nord parlent peu anglais, mais dans un sabyre anglo-allemano-néerlandais, nous avons toujours réussi à nous faire comprendre.

Aujourd'hui, nous avons continué à slalomer entre les crottes de moutons, un peu plus poussivement qu'hier après cette longue étape et avec un vent moins favorable. Nous avons pris le ferry le plus charmant du monde pour traverser l'Ems, entre Emden et Ditzum, peu avant la frontière hollandaise. C'était un petit bateau mignon comme tout, juste pour piétons et cyclistes. Nous étions 5 passagers, deux en tandem, un en scooter et nous à vélo.

En passant, quelqu'un aurait-il un tuyau pour un logement à Amsterdam? Amis, chouette AJ, petit hôtel sympa... En effet, notre programme est d'arriver là mercredi soir et d'y séjourner 3 ou 4 jours, avant de filer sur Leuven puis LLN pour les retrouvailles du 15 septembre, lors de l'événement "Faites rayonner l'Europe". On compte bien vous y voir, avant de continuer plus avant...


Jeudi 30 août (Upleward, km+115=5084)

message envoyé jeudi à 21h05

Magnifique journée avec Eole dans le dos, nous filions comme des balles sur les digues macadamisées, en pente vers la mer, comme un vélodrome géant.

Petit jeu, on prend une bière, Gaëtane est en face de moi, et on va chatter un peu. On se passe chaque fois le Nokia, sans rien dire. Je commence.

B: Salut Gaë, tout va comme tu veux?

G: J'étais plongée dans la lecture de "l'Alliance" (de Michener, tome II), passionnée, lorsque, innocement, tu me demandes si je peux déjà corriger ce qui précède. Quel piège! si j'avais su... Et avec tout ça, tu as le culot de me demander si tout va comme je veux!

B: Tu as ri a la dernière ligne, mais tu as joué le jeu sans piper mot. Tu es ma femme chérie. Devinette: qu'est-ce qu'un Schlemmer Becher?

G: En tant que gourmande impénitente, j'ai la réponse! Il s'agit d'une "cremiges vanille -und schokoladen-eis, lecker mit sahne garniert - ein genuss, den sie sich nicht entgehen lassen sollten!" Une pub pour cette glace sublime trône sur a table du café. Peut-être me l'offriras-tu en dessert ce soir...

B: Qui vivra verra... Plus difficile: combien de mouches sur le colle-mouche de la cuisine?

G: Voilà une question vicieuse. Etant myope comme une taupe de Wei-Pyong, je ne pourrais même pas donner d'estimation, d'autant plus que, de ma place, je ne vois pas la cuisine! Quant à me lever, il ne faut même pas y songer. J'ai ingurgité presque 0,3L de bonne bière allemande à jeun, alors...

B: J'avoue que c'était vache, restons-en là. Amis lecteurs, bonsoir. Tu envoies le message?

G: Bien sûr mon chéri, à tes ordres!

B: Pas assez de réseau... Je monte sur la digue, il est 21h00, presque la nuit, un moustique bourdonne à mon oreille.


Mercredi 29 août (Horumersiel, km+83=4970)

message envoyé mercredi à 19h17

Gaëtane a fait une nouvelle chute aujourd'hui, en négociant un peu sec un tournant de piste cyclable. Je n'ai pas pu filmer comme la première fois, car elle était plus solidement emberlificotée dans son vélo gisant, et j'ai dû lui porter assistance. De nouveau, plus de peur que de mal.

Bilan matériel: un catadioptre cassé, la roue avant qui a fait un tour de 180 degrés, un frein qui bique et le cadenas arrière légèrement forcé. Bilan médical: main égratinée, ecchymose sur la cuisse gauche. Bilan moral: au beau fixe, d'acier, etc, nous pédalons de plus belle.

Après avoir jeté un coup d'oeil sur un camping effarant (plus de 1000 emplacements pour caravanes), nous avons planté notre tente au bas d'une digue, parmi nos copains les moutons, en bordure d'une réserve naturelle.



Mardi 28 août (Sandstedt, km+66=4886)

message envoyé mardi à 19h59

Le vent déchaîné nous poussait de nouveau ce matin sur le ruban de la route étroite, on se serait cru sur un tapis roulant, où l'on avance par ses propres forces, mais où l'on sent aussi une propulsion supplémentaire. Gaëtane ajoute: et si l'on s'arrête, cela avance quand même. Si tôt dit, si tôt fait, sans pédaler aucunement, nous roulions sur terrain plat à du 10 km/h, soit la même vitesse qu'en galérant ferme contre le vent.

Nous sommes donc arrivés en trombe à Bremer-Haven, en traversant d'abord un immense port à conteneurs et à voitures. De jolies petites BMW Z3 étaient alignées sur des wagons et dans un parking, toutes sages avant leur embarquement.

Dans la ville en grand travaux, nous restons 3 heures dans un cybercafé à feuilleter notre livre d'or et lire les sites des aventuriers cyclistes en lien de Bike8000: Fred et Wendy, les revenus de Singbybike, Jean et Anne-Cé, les juste partis de Cap Tandem et Jean-Christophe, le presque parti de Bruxelles - Le Cap. Nous sommes ressortis avec la tête comme un seau, mais heureux d'avoir pu parcourir tout ce réseau d'échange, d'aventure et d'amitié.


Lundi 28 août (Spieka Neufeld, km+78=4820)

message envoyé lundi à 19h59

Belle pluie de nuit, beau vent de jour: il souffle comme un damné depuis l'ouest, nous l'avons donc eu de face jusque Cuxhaven, puis de côté. Cuxhaven ne nous a pas vraiment conquis, les quelques jolies maisons stucquées et colorées étaient étouffées par un ensemble disparate et sans âme. Les plages y sont terriblement réglementées, avec parfois accès payant, grillages et palissades de bois.

Quelques surfeurs transcendaient tout cela avec une habileté incroyable: emportés par leur voile de traction, ils faisaient des bonds hallucinants, de plus de 5 mètres de
haut, et volaient queques secondes, parfois la tête en bas, avant de retomber en douceur sur la mer écumante.


Nous étions bardés contre les éléments, lunettes pour
arrêter le sable piquant et, en ce qui me concerne, ear plugs pour soulager mes frêles tympans. Avec mes deux petits bouchons jaunes, j'avais, selon Gaëtane, une tête de Pokemon.


Dimanche 26 août (Freiburg, km+61=4743)

message envoyé dimanche à 19h12

La visite des parents est terminée, le camp vélo a repris son cours en sizaine
réduite.

Merci à vous, Marie, Philippe, Marie, Alain, pour ces trois jours d'insouciance, avec nos vélos, le soleil éclatant, la brise légère, les moutons haletants, les joyeux repas et les nuits confortables. Rendez-vous mi-septembre...

Nous avons pris deux bacs aujourd'hui, dont un pour traverser l'Elbe en aval de Hambourg, et nous redescendons actuellement l'autre rive. Attablés à une pizzeria d'un charmant village Freiburg (combien sont-ils en Allemagne?), nous sommes un peu perplexes quant à la formule de logement ad hoc pour ce pays; d'après nos voisins de table le camping sauvage est toléré, nous allons sans doute tenter le coup.


Samedi 25 août (Meldorf, km+91=4681)

message envoyé samedi à 18h57

Nous pouvons être fiers de nos parents, qui à cause d'une erreur d'estimation d'itinéraire, ont roulé 91 km plutôt que les 65 km prévus initialement. Le Vader
(père de Benoît) ne cache pas sa joie et réclame des bières à grand cri. Il faut dire qu'à 70 ans, il a parcouru cette étape comme un jeune premier.

La journée a été torride, heureusement nous longions souvent la mer, avec une petite brise de face. Ici, les cabines de plage ressemblent plutôt à des fauteuils en osier avec grand dossier-couvercle et repose-pieds intégrés. Les bronzeurs se tiennent sur l'herbe, devant les étendues de vase à l'infini, qui se couvrent d'une faible profondeur d'eau à marée haute. Avec nos vélos solidement harnachés nous avons traversé une plage de nudistes, ce qui créait un certain contraste dont personne ne se souciait néanmoins.

Gaëtane a eu des ennuis avec la police allemande pour un refus de priorité à leur véhicule (elle a tendance à s'imaginer que les vélos sont prioritaires en toute occasion).

- Polizei: .... (injonctions en allemand)
- Gaëtane: Sorry, I do not understand german
- Polizei: Are you coming from France?
- Gaëtane: No, I come from Belgium
- Politzei: Sorry, I do not speak any belgian

Suit un petit sermon mérité, en anglais.


Vendredi 24 aout (Harstettermarsh, km+47=4590)

message envoyé vendredi 19h19

Ce matin à 10h dans une superbe lumière nous avons tous les 6 enfourché nos fidèles montures et pédalé le long des digues entourant un paradis d'oiseaux, la réserve du Wattensee.

C'est merveilleux de parler, parler, parler... avec sa fille ! tout en admirant un paysage grandiose, et guidés par de supers ornithologues.

Vive le vélo, particulièrement après une belle randonnée en terrain plat et sans vent.


Jeudi 23 août (Hadttstedtermarsch, km+72=4543)

message envoyé jeudi à 19h51

Nous voici donc en Allemagne, dans un hôtel au pied d'une digue, avec la mer du Nord de l'autre côté. Hier encore nous longions la mer Baltique et pique-niquions sur un ponton au dessus de l'eau transparente. Aujourd'hui nous roulons à marée basse au bord d'immenses étendues de vase, avec au loin la mer aux tons gris-brun, et nous pique- niquons à Schluttsiel, un petit port depuis lequel des bateaux partent vers les îles de Frise, via un canal creusé dans la boue et les bancs de sable.

Tout près d'un village au nom sympathique de Bordelum, nous avions rendez-vous avec nos parents dans une auberge, et c'est avec joie que nous les avons retrouvé pour 3 jours de randonnée commune. Ils ont presque l'impression de nous avoir quitté hier, en nous suivant tous les jours via le site.


Mercredi 22 août (Grøngård, km+89=4471)

message envoyé mercredi à 19h51

Roulez tambours, demain nous quitterons le Danemark et avec lui les pays nordiques, pas seulement la Scandinavie puisque la Finlande n'en fait pas partie avons-nous appris. C'est donc une grande page de notre épopée qui se tourne, avec l'arrivée dans des contrées plus familières pour un petit mois, les retrouvailles avec nos parents demain et l'événement du 15 septembre qui se rapproche à grands pas.

La journée a été splendide, tabassés par le soleil et poussés par une légère brise, nous volions le long de la frontière allemande, dans une campagne d'un terrain et d'un calme plat. Dans un village, Gaëtane s'est retrouvée bloquée derrière une petite Corsa qui n'avançait plus, malgré ses coups de sonnette frénétiques. Ce tintamarre était vain: nous revîmes la voiture plus loin, deux charmantes dames âgées en sortaient, sur le parking d'une clinique de l'oreille.

Nous avons planté notre tente dans un emplacement attenant à une ferme biologique, avec à l'horizon les silhouettes familières des éoliennes qui tournent inlassablement, sans se préoccuper de la dernière nuit scandinave de bike8000.


Mardi 21 août (Vibaek Mølle, km+99=4383)

message envoyé mardi à 20h04

Nous sommes à nouveau à bord d'un ferry, sur le pont car il fait soleil, Benito a resorti son marcelito. Belles petites villes, campagne ondulée (les Ardennes danoises), avec régulièrement une belle descente vers la mer. Ce midi, nous avons pique-niqué au bout d'un ponton tout étroit sur l'eau transparente (les Caraïbes danoises), et vers 16h30, en attendant le ferry, nous avons même fait quelques brasses.

Dans une superbe lumière dorée, nous arrivons au camping naturel de cette nuit, jolie maison, charmant accueil, et à nos pieds, les champs fauchés qui se déroulent jusqu'à la mer.

Voir aussi les rubriques gastronomie et ornithologie.


Lundi 20 août (Simmerbølle, km+83=4284)

message envoyé lundi à 19h16

Après dissipation des brumes matinales, comme ils disent à la météo, nous avons eu une matinée ensoleillée, propice aux activités de plein air. Cet après-midi, le vent, calme à assez fort, nous a amené une couverture nuageuse depuis l'ouest.

Nous avons croisé de nombreux voyageurs cyclistes aujourd'hui, au moins une vingtaine, dont deux familles avec enfants. Un autre se prenait pour Fidel Castro, tenue, barbe et cigare compris.

Gaëtane revient de la douche toute souriante, avec son essuie "Packtowel" en turban tordu au-dessus de la tête, comme seules les femmes peuvent le faire après s'être lavé les cheveux. A part cela, elle a un torticoli, le premier de sa vie, mais enlève régulièrement l'écharpe que je lui ai prescrite. Enfin, elle est fort sur ses gardes car notre troisième "overnattningspladser" est une ferme qui regroupe de nombreux animaux classiques, dont vaches, chevaux, poules, malheureusement chien, et suprême ennui, chats (un blanc, un noir, un gris, deux roux).

Surtout ne manquez pas les nouvelles photos !


Dimanche 19 août (Guldbog, km+61=4201)

message envoyé dimanche à 19h27

Praestø vue du cielNous poursuivons agréablement notre jeu de piste danois, à l'affût des panneaux de signalisation de la route cyclable 9. En passant, nous avons traversé la jolie petite ville de Praestø et sommes allés à la messe un peu plus loin dans une magnifique église de village fin 17ème, Skibinge.

Le prêtre était une femme, en soutane avec une élégante fraise (pas le fruit, mais la colerette blanche). Un mignon bébé fut baptisé pendant la célébration.

La formule "primitive overnatningspladser" d'hier soir nous a ravi: nous avons été accueilli par un charmant retraité, ancien fermier et conducteur de bus. Une tente était déjà plantée dans le petit bout de prairie fauchée, celle d'un autre couple de cyclistes, des étudiants de Copenhague. Ce soir l'endroit est moins farce et un orage menace, mais tout va bien au Royaume du Danemark.


Samedi 18 août (Baekkeskov nord de Praestø, km+101=4140)

message envoyé samedi à 20h04

On the road again, après une semaine de petits parcours urbains. Nous suivrons les routes nationales cyclables danoises n 9 puis n 8, soit environ 400 km jusque Flensburg, la frontière allemande, puis une cinquantaine jusque Husum où nous rejoignons nos parents jeudi soir pour 3 jours communs.

La route 9 s'annonce excellente, très bien signalisée quand les vandales ne sont pas passés avant nous devant les panneaux avec une bombe de peinture ou un tournevis. La journée est radieuse, la mer scintillante.

Le camping sauvage est interdit au Danemark, mais il existe un répertoire de 700 sites accessibles uniquement aux marcheurs, cyclistes, cavaliers ou kayakeurs, les véhicules motorisés étant interdits. Prix modique, infrastructure rudimentaire mais formule écologique: nous avons acheté la brochure et sommes très intéressés de tester ce système de "primitive overnatningspladser".

Nous traversons de grands champs de blé. Les moissoneuses rugissent dans leur nuage de poussière; ça et là sur la route, les remorques ont abandonné des petites traînées de grain. Au loin, nous apercevons un gigantesque incendie, et, sapristi, l'itinéraire nous mène droit dessus. C'était simplement des feux de paille après la moisson, boutés et controlés par une armada de tracteurs avec lance-flammes, citernes d'eau, etc. Impressionnant...

Le soleil invite à la fête: ici près d'un terrain de sport, les enfants piaillent lors d'un goûter d'anniversaire, là dans le jardin d'une maison de repos, les pensionnaires ne disent rien, mais au synthé, un chanteur de charme leur joue quelques ballades.


Vendredi 17/08 (Copenhague, km+37=4039)

message envoyé vendredi à 18h46

Un peu comme les docklands de Londres, certains quartiers de Copenhague sont en pleine mutation: des bureaux audacieux, du logement original, une superbe école d'architecture qui s'étale dans plusieurs anciens bâtiments navals ou portuaires. Même Christiania s'étend plus loin qu'on ne l'imagine, avec au bord du long lac des petites maisons expérimentales.

Ce soir, nous fêtons la moitié théorique de notre kilométrage (nous ferons vraisemblablement plus que 8000 km) au Cirque du Soleil, dont le grand chapiteau blanc occupe pour la première fois une place scandinave.

Nous sommes surtout restés un jour de plus à Copenhague pour finaliser l'itinéraire et le timing d'ici au rendez-vous du 15 septembre, préparer notre départ de demain et rédiger un rapport "état des routes cyclistes", dont nous conseillons la lecture aux adeptes du genre...


Jeudi 16 août (Copenhague, km+37=4002)

message envoyé jeudi à 20h18

4000 km à mon compteur (encore plus au compteur de Gaëtane qui ne l'oublie jamais), c'est toujours cela de pris sur l'ennemi. Et pour en arriver là, de super kilomètres en ville, portés par le flot de nos coreligionnaires. A Copenhague, 1/3 de la population active va au boulot à vélo, 1/3 en voiture et 1/3 en transports en commun. Je n'ose pas imaginer les chiffres de Bruxelles... Néanmoins, ils sont en hausse, amis cyclistes, à vos bécanes, vous avez le vent en poupe!

Nous sommes passés un peu par hasard à travers un quartier extraordinaire d'anciennes maisons ouvrières, en briques ou crépis ocre, toutes les mêmes le long des rues pavées, de nombreux vélos appuyés aux façades. Ce quartier de la S. Paul Kirke, longeant la Borgergade n'apparaissait pas dans nos guides, pourtant c'est vraiment un de nos coups de coeur.

Le château de Rosenborg nous a enchanté par des tas de petits détails amusants, des chevaux planant au-dessus des paysages, des personnages aux tronches hilarantes, un tableau dont Gaëtane a restauré une version quasi- identique...

Nous avons acheté une carte et une brochure de sites de bivouac au Dansk Cyclist Forbund, beau bureau et accueil enthousiaste. Moins bon point pour la dame de la librairie française, où nous comptions acheter un cadeau original pour notre hôtesse:

- Nous souhaiterions offrir quelques livres d'auteurs belges.
- Vous n'en trouverez pas ici, je pense! (ton hautain)
- Je crois que vous en tenez une pile en main (elle rangeait justement des Simenon, un comble!)
- Hem, ah oui...
- Puis nous pensions au "Passeur de Lumière" de Bernard Tirtiaux...
- Je ne connais pas
- ... et à "Saint Germain ou la négociation", de Weber, Goncourt en 1958...
- Je ne l'ai pas pour le moment, il faudrait le commander.
- Puis, même si on aime moins, vous avez plusieurs Amélie Nothomb en vitrine, puis des van Cauwelaert (je n'étais pas sûr qu'il était belge, mais bon...)

La tête haute, nous quittâmes cet endroit désagréable en passant devant les Tintin et autres BD excellemment Made in Belgium.


Mercredi 15 août (Copenhague, km+40=3966)

message envoyé jeudi à 9h23

Ce matin, je me sens beaucoup mieux, prêt à entamer une journée sur les chapeaux de roue de vélo dans Copenhague ensoleillée.

D'abord la Glyptothèque de Ny Carlsberg; le patron des bières était aussi un mécène aux nez fin et il a rassemblé une collection incroyable de statues égyptiennes, antiques, romantiques, le tout dans un superbe bâtiment. Explosion des formes et des expressions, suivie par l'éclat et la subtilité des couleurs des toiles impressionnistes dans une aile moderne du musée. Ah, la beauté de l'art, ça fait du bien...

Ensuite, rebalade en chaussette sur la carte du monde de "La terre vue du ciel", fantastique chevauchée le long des canaux jusqu'à la petite sirène, sandwich sur les quais de Christianshavn, et virée à Christiania.

La ville libre de Christiania est née en 1971 dans le cadre verdoyant de casernes abandonnées par l'armée, au bord d'un lac, et aussitôt investies par des jeunes qui entreprirent de retaper cela pour y habiter. Depuis 30 ans le gouvernement hésite à propos de Christiania: d'une part, il y a l'expérience sociale hors du commun des 1000 habitants de cette communauté alternative, d'autre part le manque à gagner de la ville sur la réaffectation de ces 23 hectares à un jet de pierre du centre, et surtout la drogue qui frappait durement à une époque.

Le vélo Christiania... pour le transport animalier danois!Maintenant, Christiania est une ville baba cool dans la ville, très visitée, avec dans la première rue une dizaine d'échopes dont la vente de drogues douces, hashish et cannabis, est officieusement tolérée, ensuite des baraques assez sympas et plus ou moins délabrées ou en chantier, des bars, des ateliers, comme celui qui fabrique les célèbres vélos de Christiania.


Puis ce fut la grande course pour arriver (plus ou moins) à temps chez Piet, diplomate de l'ambassade belge à Copenhague et copain d'une promotion précédente de notre amie Manoëlle. On a passé une excellente soirée en sa compagnie, apéro corsé dans son bel appartement de Frederiksberg, puis tacos sur la terrasse d'un proche resto mexicain. On a survolé le monde entier en trois ou quatre heures, les heurs et les malheurs d'ici ou là, et en filigrane, notre intérêt commun pour les découvertes à vélo. Merci Piet!


Mardi 14 août (Copenhague)

message envoyé mardi à 19h46

Après 2 jours de maux de gorge, un méchant rhume s'est abattu sur moi et me laisse tout grippu, somnolent, tenant le lit et le sofa, écoutant "Manu Chao" et "Brother, Where Are Thou", lisant l'allumé "Sur la route" de Jack Kerouac et regrettant de ne pas pouvoir accompagner ma femme chérie dans ses expéditions à vélo au coeur de la capitale danoise.

Me voici donc sur mon vélo, à l'assaut de Copenhague, abandonnant mon grand malade. Pratiquer le vélo à Copenhague est un sport. C'est-à-dire qu'il y a des règles à respecter. Les pistes cyclables, omniprésentes, sont juste assez larges pour deux vélos. Il s'agit donc de tenir sa droite et de ne pas être distraite car vous n'êtes pas seule à rouler, loin de là. Aux feux rouges, nous sommes en moyenne une grosse dizaine à attendre. Ici intervient une autre règle: ceux qui pensent démarrer avant les autres se mettent à gauche mais en général il préférable de rester tous à droite. Ensuite tout cycliste qui se respecte démarre au feu orange et non vert. Enfin, lorsque vous voulez vous arrêter, il faut faire un petit signe de la main, genre salut papal. Pour l'anecdote, sachez que Benoît fait le même signe lorsqu'il faut stopper bloc pour observer des oiseaux!

Copenhague m'a fort séduite avec ses belles maisons colorées de Nyhavn, ses nombreuses rues piétonnes (adieu vélo), une animation plus que soutenue... Très chouette expérience vélocipédique : la promenade de bord de mer longeant paquebots et voiliers jusqu'à la Petite Sirène, aussi petite et ravissante que touristique.

Cultures sur les flancs d'un volcan à MadagascarCopenhague accueille pendant cet été une chouette exposition en plein air de "La terre vue du ciel". Il s'agit des magnifiques et fameuses photographies prises par Yann_Arthus-Bertrand. Le concept de l'expo est le suivant: une gigantesque carte géographique mondiale sur laquelle les visiteurs se promènent sans leur chaussures et repèrent les réductions des photos, qu'ils peuvent ensuite voir en poster sur de grands panneaux. Ce qui est cocasse, c'est de voir cela de loin : tous des gens en chaussettes ou pieds nus qui semblent regarder leurs orteils. Et ce qui est intéressant, c'est les photos magnifiques accompagnées d'explications détaillées. Une chouette expo qui roule 24h sur 24.



Il me reste une dernière anecdote à vous raconter. Profitant (ou me consolant?) de l'absence de mon mari adoré, je me suis livrée à du lèche-vitrines. Bien entendu, je suis vite rentrée dans un magasin. Qui dit soldes, dit essayages garantis. Me voici donc dans une cabine avec des belles robes, cela faisait tellement longtemps que je n'en avais plus portées... et me voilà coincée avec des bretelles croisées, emprisonnée dans ma belle robe rose! Devoir appeler une vendeuse pour sortir d'une robe, il fallait être à Copenhague pour vivre pareille honte! Morale de l'histoire: toujours faire des courses avec son mari.


Lundi 13 août (Copenhague, km+17=3926)

message envoyé lundi à 19h47

Flûte, j'ai laissé passer l'heure, vite un rapport express. Nous sommes arrivés ce matin via le nouveau pont qui relie Malmö à Copenhague, la Suède au Danemark. Les vélos y sont interdits pour des raisons de sécurité et il faut donc les embarquer sur un train, avec superbe place spéciale pour eux. Ici, c'est le pays du vélo, nous y reviendrons.

Nous avons un charmant logis à notre disposition pour les quelques jours que nous passerons ici. Anne-Marie, professeur de francais que nous avions rencontrée il y a plus d'un mois au camping de Tarnaby, nous a envoyé un mail pour nous proposer d'occuper son appartement pendant qu'elle était en vacances! L'appartement tout cosy, avec portes et plancher en bois, est situé dans un ensemble d'immeubles années 30 plein de caractère, surtout quand on voit l'intérieur de l'îlot, magnifiquement réaménagé en jardin commun. Merci Anne-marie, on en profite déjà pleinement.

Bon, nous partons à un concert d'orgue joué dans l'église du quartier, Valby.


Dimanche 12 août (Lund)

message envoyé dimanche à 19h52

On se croirait déjà en automne, ce temps gris et pluvieux étant heureusement plus propice à visiter une ville ou lire dans une chambre d'hôtel qu'à pédaler comme des braves.

C'est la troisième église catholique que nous voyons en Suède, toutes sont vraiment très réussies au niveau de leur architecture contemporaine. Nous connaissions déjà le chant de sortie via une messe précédente: presque intégrés en Suède, nous quittons le pays demain...

Le musée des esquisses de Lund vaut vraiment la peine, avec des salles qui foisonnent de projets divers en peinture, sculpture, architecture, souvent pour des oeuvres monumentales puliques. Des esquisses de la Fée Electricité de Raoul Dufy, pour l'expo universelle de 1939 à Paris, les croquis et la maquette du wrapped Reichstag de Christo, en 1995 à Berlin, des appareils Braün de 1955 à 1980 (radio, tourne-disque, rasoir...) au design fonctionnel créé par Dieter Rams...

La cathédrale était moins emballante, si ce n'est pour la mosaïque du choeur dont nous avions vu les études au musée, et pour d'immenses horloges polychromes assez riantes.

Ceci clôture notre émission "Vacances et Culture", présentée depuis Lund par notre envoyé spécial en Suède. Bonne soirée à tous!


Samedi 11 août (Lund, km+64 km=3909)

message envoyé samedi à 19h57

J'ai détesté cette matinée, le vent démentiel, une lenteur de chenille pour avancer, le paysage d'une triste banalité: voilà, cela fait du bien de le dire. Pédaler sur longue distance devient comme notre tâche quotidienne: nous y trouvons généralement beaucoup de plaisir, et certains jours heureusement fort rares, notre vélo devient notre fardeau.

Un Rottweiler posté sur la route a failli payer pour tout le reste: ma crise d'autorité a eu raison de son attitude menaçante... et il s'est maintenu à distance respectueuse. Je lui aurais volontiers administré une bastonnade si j'avais eu le bâton ad hoc sous la main; Gaëtane, elle, était décomposée. C'est la première fois qu'un chien agressif erre librement devant une maison, jusqu'ici on les a toujours trouvés correctement en laisse ou en enclos. Satané Mirza!

J'ai mieux apprécié l'après-midi, Gaëtane aussi sans aucun doute: l'auberge de jeunesse, très originale au demeurant (un train sur une voie désaffectée de la gare, avec chambres dans les compartiments, wagon salle-à-manger, voiture sanitaires...), était complète et nous nous sommes rabattus sur un Best Western, le luxe occidental à prix modéré. Un moment de honte est vite passé...

A part cela, Lund est une vieille ville universitaire extrêmement sympathique, nous vous en dirons plus demain.

 
Vue de l'université de Lund, fréquentée par des students... à vélo!



Vendredi 10 août (Trelleborg, km+59=3845)

message envoyé vendredi à 19h59

La nuit durant nous avons été bercés par le bruit des vagues, ayant planté notre tente tout au bord du rivage, au fond d'un vague parking. La route vers Trelleborg longeait la côte sud de la Suède, et nous offrait à nouveau des vues très paisibles, une mer d'huile mais un temps pluvieux cet après-midi.

Nous nous sommes payés une orgie d'Internet, une heure à la bibliothèque, puis une heure dans un cyber café pour envoyer des photos. Ensuite, même formule gagnante qu'hier soir: pizzeria vers 19h00, sortie de ville à l'anglaise, et plantage de tente sauvage. Yep!


Jeudi 9 août (Ystad, km+29=3786)

message envoyé jeudi à 19h18

L' île de Bornholm s'est révélée être un vrai paradis cycliste, pour le peu mais le beau que nous en avons vu en remontant le long de la côte au nord de Hasle. La piste longeait tout juste la mer démontée: sensations fortes avec le vent, les vagues, les embruns... et le soleil!

Pique-nique sur une jolie petite place de Rønne, retour en ferry vers Ystad, ravissante ville moyenâgeuse, et adieu à toute la famille Standaert; nous avons adoré pédaler avec vous, faire étape dans les auberges de jeunesse et pouvoir nous émerveiller tous ensemble des découvertes le long de la route. Quelle expérience inoubliable que de telles vacances à vélo avec des enfants!

Leurs dernières déclarations officielles:

  • Victoria (presque 8 ans): "Je n'aimais pas le bateau car je trouve qu'on a été trop secoués."
  • Henri (4 ans et demi): "J'espère qu'ils ont pêché de bons crabes. J'ai faim."
  • Théodore (1 an et demi, ne parle pas, mais n'en pense pas moins): "Qu'est-ce qu'il a encore à nous embêter avec ses rapports!"


Mercredi 8 août (Hasle, km+36=3757)

message envoyé mercredi à 19h20

L'excellent petit-déjeuner de ce matin se prenait dans une charmante annexe de l'auberge de jeunesse. Notre colonne s'élance ensuite vers de nouvelles aventures, en l'occurence Kåseberga, petit village tapi aux pied des collines qui bordent la mer.

La promenade jusqu'à un très beau cercle de pierres runiques fut agrémentée par l'une ou l'autre distraction. Deux planeurs de modélisme, téléguidés par des super pros, se permettaient les pires acrobaties dans le vent qui soufflait sur la crête, avec la mer écumante en arrière-plan. De retour au parking à vélo, nous rencontrons d'abord une famille allemande qui voyageait avec deux enfants et une remorque, puis une famille autrichienne avec semblable équipage... Formule très en vogue dans le sud de la Suède, il semble!

Arrêt suivant, très apprécié des petits et grands: la fumerie de poissons. Après avoir acheté quelques spécialités pour le dîner de ce soir, nous sommes emmenés pour une visite de cette petite usine traditionnelle. Des feux de bois fument pendant 4 à 6 heures les poissons alignés sur les grilles des fours. Les anguilles encore gigotantes qui venaient d'être débarquées d'un bateau allaient donc connaître rapidement leur jour de gloire...

J'avais sous-estimé la distance qui nous séparait d'Ystad, et à midi et demi, nous sommes les bons derniers à embarquer in extremis sur le ferry pour Bornholm, le tout sous une pluie battante. Nous débarquons donc en territoire danois, sous un ciel à peine plus clément, et poursuivons une courte étape en forêt.

Grandeur et décadence, notre auberge de jeunesse est très décevante. Couloirs de prison, réfectoire de pensionnat, salon de maison de repos, dortoirs de colonie de vacances: on hésite sur la nature du lieu. D'anciennes photos nous livrent la réponse: c'étaient auparavant des baraquements militaires, you're in the army now!


Mardi 7 août (Bakåkra, km+38=3721)

message envoyé mardi à 19h49

Les vacances à vélo en famille se poursuivent au mieux; notre itinéraire nous conduit toujours vers le sud, cette fois plus franchement le long de la mer. A quelques mètres sur la gauche du chemin, les douces vagues de la Baltique s'échouent sur des plages de sable ou sur des petits rochers hérissés de cormorans. A droite de notre route, des grandes prairies à chevaux, des villas minuscules et l'une ou l'autre ferme de pêcheur.

Nomades tirant nos roulottes, nous débarquons à l'auberge de jeunesse, et préparons le gâteau dit de la tante Augusta pour fêter les anniversaires de saison: Guy souffle aujourd'hui 39 bougies!

Voir aussi la rubrique ornithologie.


Lundi 6 août (Baskemölla, km+34=3684)

message envoyé lundi à 20h03

Ce matin, notre colonne cycliste se présentait comme suit: vélo de tête, Guy, avec Henri et Théodore dans la remorque, 2ème vélo, Benoît, 3ème vélo, Victoria, 4ème vélo, Gaëtane, vélo de queue, Caroline avec une remorque de bagages.

La parole est aux nouveaux arrivants:

Caroline: " Les vacances à vélo, quelle découverte extraordinaire, Victoria roule super bien en utilisant toutes ses vitesses, Henri et Théodore sont archi-mignons dans leur "caboose", Guy les tire avec enthousiasme, Gaë et Benoit roulent comme des pros sur leurs vélos bien chargés, ce sont des GO impeccables, ils s'y prennent comme des habitués dans les "Delhaize" locaux (ce qui n'est pas si évident avec les aliments suédois) et ils ont plein de bonnes petites habitudes comme pique-niquer autour des églises, très confortable ! "

Guy: "Une sensation de liberté. Telle est mon impression lorsqu'on parcourt à vélo les campagnes et les côtes du sud de la Suède. Le plus remarquable, à mon avis, est l'organisation, la qualité et le nombre d'auberges de jeunesse"

Victoria: " les auberges de jeunesse , c'est super on dort à sept dans une chambre, tous ensemble "

Henri: " Benoît a lancé la canne à pêche puis il l'a rattrapée mais il n'avait toujours pas de poisson alors il me l'a donnée et j'ai attrapé un poisson , c'était le plus gai de la journée"

Théodore: "Reuh, zoui, hihi, yaaah..." et autres onomatopées.


Vue du village par l'artiste suédois S-A Svenson



Dimanche 5 août (km+102=3650)

message envoyé dimanche à 18h31

Youpie, nous avons retrouvé Caroline, la soeur de Gaëtane, Guy son mari et les enfants Victoria (bientôt 8 ans), Henri (4 ans et demi) et Théodore (1 an et demi), pour des petites vacances... à vélo. Nous sommes dans une auberge de jeunesse sympathique en diable, une ancienne ferme carrée du 18ème siècle avec colombages et toit de chaume. Je vous écris de la cour intérieure, très animée par les allées et venues des nombreux hôtes.

La région, splendide, a changé du tout au tout depuis hier: beaucoup moins d'arbres, du coup moins de maisons en bois également et, pour arriver, ici nous avons traversé des collines toutes rousses parsemées de quelques arbres, une véritable
savane africaine. Juste avant ces ondulations, nous roulions le long de la mer dans des bois de pins quasi méridionaux.

Nous sommes heureux de terminer ces 8 jours à une bonne centaine de kilomètres de moyenne journalière, c'est un peu trop pour nous, et nous sommes encore plus heureux de nous retrouver en famille, pour une joyeuse équipée commune.


Samedi 4 août (Mörrum, km+104=3548)

message envoyé samedi à 20h51

Moulin d'ÖlandCe matin, nous avons dû nous résigner à un petit saut de puce en bus jusque Karlskrona, que nous aurions atteint hier soir à vélo si nous n'avions pas désiré faire un détour par Öland: plaisir de la découverte avant tout! Nous avons d'ailleurs dû négocier avec le chauffeur pour qu'il accepte les vélos, car le règlement en suédois qu'il nous a exhibé le lui interdisait.

Ses soutes immenses, le peu de clients et notre mine relativement honnête l'ont rapidement emporté sur la loi de son memento.

Pour affronter le vent, nous continuons nos relais successifs de 5 km. Nous tentons de rester dans la roue du premier, ce qui n'est pas toujours évident car Gaëtane a la fâcheuse habitude de zigzaguer pour monter les petites routes, et j'ai moi-même une tendance marquée à abréger ces ascensions par quelques pointes de vitesse en danseuse.

Ce soir, nous étions tellement nazes que sur une petite route un joggeur a failli nous rattrapper: nous avons relevé fièrement la tête et mouliné fermement du mollet pour ne pas subir cette honte. Nous nous sommes installés sous des chênes (depuis Stockholm on en voit beaucoup, certains multicentenaires et fort majestueux) et des bouleaux près de deux grandes pierres qui devaient autrefois marquer l'entrée d'un beau chemin, bordé d'un muret moussu.

Voir aussi la rubrique ornithologie.


Vendredi 3 août (Kalmar, km+101=3445)

Quand ce matin, au réveil dans la tente, Gaëtane me souhaita un joyeux anniversaire, je ne me suis pas senti dans le 36ème dessous, bien au contraire: une belle journée nous attendait et les années qui passent m'offrent bien plus d'heurs que de malheurs.

Pour rejoindre la réserve naturelle d'Ottenby, puis Kalmar, il n'y avait pas 36 solutions: continuer vers la pointe sud par la côte ouest, de loin la plus belle, puis remonter vers le nord le long de la côte est et prendre le bus impérial qui transporte les cyclistes et leurs engins de l'autre côté du pont de 6 km, interdit aux vélos, qui relie l'île au continent.

La réserve elle-même est splendide avec ses paysages de steppe battue par les vents; son phare, Lange Jan, est le plus haut de Suède. Au niveau ornithologique par contre, notre espoir d'observer 36 espèces fut déçu, néanmoins on nous y renseigna un bon endroit le long de notre chemin de retour, et là j'ai pu admirer un festival de bécasseaux comme jamais auparavant (rubrique ad hoc à suivre demain).

Les fleurs aussi étaient de la fête, 36 sortes en bordaient la route, c'était un
véritable jardin botanique (comme le chapeau de Madame Beulemans).

Par esprit de contradiction, le vent avait évidemment tourné depuis la veille, et plutôt que de l'avoir dans le dos au retour, nous avons dû lutter contre les rafales latérales pour ne pas tomber, ce qui nous aurait fait voir 36 chandelles.

Dans un village nous avons pu consulter Internet à la minuscule bibliothèque. Merci pour vos 36 messages privés ou sur le livre d'or, cela nous fait chaud au coeur, pratique car il fait plus froid et la pluie, qui avait eu la bonne idée de nous oublier 15 jours, repointe le bout de son nez.


Jeudi 2 août (Triberga, km+92=3343)

message envoyé jeudi à 21:01 pm

Une route idyllique, petite et sinueuse, calme mais macadamisée, nous mena ce matin de Oskarhamn à Mönsterås.

14h00: nous avons pris le ferry pour l'île d'Öland, lieu de villégiature très prisé des Suédois. Toute en longueur (137 km de long pour 4 à 7 km de large), couverte d'églises, de moulins et de pierres runiques, elle présente aussi des plages splendides au Nord et des landes couvertes de fleurs au Sud.

Nous allons découvrir cette dernière partie, ainsi qu'une réserve ornithologique à Ottenby, la pointe extrême sud.

Presque 21h00: un chevreuil effrayé s'enfuit du pré fauché où nous allons planter la tente. Curieuse atmosphère sur cette île toute plate et battue par le vent. Des jolis murets de pierres blanches parcourent cette étendue sauvage mais les villages sont très réguliers le long de la côte Est.

Deux rencontres insolites dans un de ces villages. Dans un petit café qui se révèle assez sale, mère et fille nous servent avec mauvaise grâce. La fille s'avère être cartomancienne ou sorcière ou magicienne, au vu des articles de journaux épinglés au mur. Très antipathique en tout cas.

200 mètres plus loin, un autre monde, la gentillesse, l'accueil et le bon sens commercial sont au rendez-vous aux "Pampas", grill tenu par un musicien argentin retraité, converti par hobby en spécialiste de l'asado. Nous repartons avec des barquettes de sa spécialité, que nous allons nous empresser de dévorer, nous mourrons de faim.

Des oies cendrées se posent à proximité de notre campement, dans le coucher de soleil tout rose.


Mercredi 1er août (Oskarshamn km+116=3251)

message envoyé mercredi à 20:49 pm

Le cykelspåret nous emmenait aujourd'hui en majorité sur des pistes non macadamisées, très belles, très peu fréquentées, mais à la longue, cela use les pneus et l'énergie à revendre. Comme il y a tout le temps des gravillons et des tournants, il est peu indiqué de prendre de la vitesse dans les descentes. Ce serait pourtant bien utile pour attaquer les montées qui suivent, car ces pistes ressemblent à de véritables montagnes russes.

Ce fut aussi le jour de tous les dangers. On avait souvent failli le faire, sans jamais encore oser. Gaëtane s'est lancée aujourd'hui, je veux dire dans le fossé. Un brave fossé herbeux peu profond, donc plus de peur que de mal, et des bagages à refixer. Ensuite, ma femme a perdu une sangle après un saut dans un nid de poule, et enfin elle m'a percuté, car j'avais brusquement déraillé en montée. Je ne fus pas en reste, puisque, passant sous une puissante ligne à haute tension, j'ai reçu quelques décharges électriques dans le postérieur, les attaches cuivrées de ma selle s'étant mises à crépiter.

Un très beau (et très cher) camping nous tombe du ciel juste avant Oskarshamn: nous nous y précipitons. Tous à la douche!

notes du Webmaster:

  • Benoit et Gaetane roulent beaucoup cette semaine: ils m'envoient les infos plus tard, vers 21:00 ou après... elles sont donc sur le site pas avant 22:00

  • le compteur des vélos (3135 km) a dépassé mardi soir le compteur du site (3133 visiteurs) ! à vous tous de jouer pour gagner ce challenge !

  • les liens proposés (comme ci-dessous pour Soderkoping) ne fonctionnent pas toujours - je préfère les laisser car leur indisponibilité n'est parfois que temporaire.


Mardi 31 juillet (Segers-Gard Nord Vastervik km+133=3135)

message envoyé mardi à 21:11 pm

Elsy et Rune nous ont offert un petit-déjeuner idéal pour attaquer une longue journée venteuse. Nous arrivons vers 10h00 déjà à Söderkoping, jolie petite ville anciennement sur la mer, à présent traversée par un minuscule canal, encore emprunté par de splendides voiliers. Après cela, notre route s'inclinait vers le sud est et le vent devenait latéral, ou nous poussait même dans le dos... Un plaisir!

Journée faste, car nous observons un couple de grues cendrées, oiseaux assez symboliques pour nous car leur migration les mènera en novembre dans le sud-ouest de l'Espagne (Estremadure), où nous comptons bien les revoir.

A un moment, nous quittons le cykespåret pour gagner 20 km dont 15 face au vent. Nous nous engageons dans des routes minuscules, les champs tout dorés dans la lumière de fin d'après-midi, les granges rouges impressionnantes par leur taille et leur âge, les odeurs provençales et le bruit des grillons... Et, magnificat, nous retombons sur l'itinéraire officiel au point prévu!

Bon, pour fêter cette journée splendide, la plus longue aussi, on vous envoie quelques chiffres. D'ailleurs, le compteur vélo va bientôt dépasser le compteur visites... OK, certains sont en vacances, mais il y a bien un cyber-café dans le coin, non?

Voir aussi la rubrique ornithologie.