
Samedi 1er septembre
les nouvelles du jour sont sur la page de septembre
!

Vendredi 31 août (Termunten, km+71=5156)
message envoyé vendredi à 19h56
Pour moi (pour Gaetane aussi d'ailleurs...) , c'est un vrai changement
et un plaisir de pouvoir, dès notre arrivée en Hollande,
m'adresser aux gens directement dans leur langue, alors que depuis
notre départ il fallait passer par l'anglais. Nous avons
d'ailleurs été étonnés de constater
que les Allemands du nord parlent peu anglais, mais dans un sabyre
anglo-allemano-néerlandais, nous avons toujours réussi
à nous faire comprendre.
Aujourd'hui, nous avons continué à slalomer entre
les crottes de moutons, un peu plus poussivement qu'hier après
cette longue étape et avec un vent moins favorable. Nous
avons pris le ferry le plus charmant du monde pour traverser l'Ems,
entre Emden et Ditzum, peu avant la frontière hollandaise.
C'était un petit bateau mignon comme tout, juste pour piétons
et cyclistes. Nous étions 5 passagers, deux en tandem, un
en scooter et nous à vélo.
En passant, quelqu'un aurait-il un tuyau pour un logement à
Amsterdam? Amis, chouette AJ, petit hôtel sympa... En effet,
notre programme est d'arriver là mercredi soir et d'y séjourner
3 ou 4 jours, avant de filer sur Leuven puis LLN pour les retrouvailles
du 15 septembre, lors de l'événement "Faites
rayonner l'Europe". On compte bien vous y voir, avant de continuer
plus avant...

Jeudi 30 août (Upleward,
km+115=5084)
message envoyé jeudi à 21h05
Magnifique journée avec Eole dans le dos, nous filions
comme des balles sur les digues macadamisées, en pente vers
la mer, comme un vélodrome géant.
Petit jeu, on prend une bière, Gaëtane est en face
de moi, et on va chatter un peu. On se passe chaque fois le Nokia,
sans rien dire. Je commence.
B: Salut Gaë, tout va comme tu veux?
G: J'étais plongée dans la lecture de "l'Alliance"
(de Michener, tome II), passionnée, lorsque, innocement,
tu me demandes si je peux déjà corriger ce qui précède.
Quel piège! si j'avais su... Et avec tout ça, tu as
le culot de me demander si tout va comme je veux!
B: Tu as ri a la dernière ligne, mais tu as joué le
jeu sans piper mot. Tu es ma femme chérie. Devinette: qu'est-ce
qu'un Schlemmer Becher?
G: En tant que gourmande impénitente, j'ai la réponse!
Il s'agit d'une "cremiges vanille -und schokoladen-eis, lecker
mit sahne garniert - ein genuss, den sie sich nicht entgehen lassen
sollten!" Une pub pour cette glace sublime trône sur
a table du café. Peut-être me l'offriras-tu en dessert
ce soir...
B: Qui vivra verra... Plus difficile: combien de mouches sur le
colle-mouche de la cuisine?
G: Voilà une question vicieuse. Etant myope comme une taupe
de Wei-Pyong, je ne pourrais même pas donner d'estimation,
d'autant plus que, de ma place, je ne vois pas la cuisine! Quant
à me lever, il ne faut même pas y songer. J'ai ingurgité
presque 0,3L de bonne bière allemande à jeun, alors...
B: J'avoue que c'était vache, restons-en là. Amis
lecteurs, bonsoir. Tu envoies le message?
G: Bien sûr mon chéri, à tes ordres!
B: Pas assez de réseau... Je monte sur la digue, il est 21h00,
presque la nuit, un moustique bourdonne à mon oreille.

Mercredi 29 août (Horumersiel,
km+83=4970)
message envoyé mercredi à 19h17
Gaëtane a fait une nouvelle chute aujourd'hui, en négociant
un peu sec un tournant de piste cyclable. Je n'ai pas pu filmer
comme la première fois, car elle était plus solidement
emberlificotée dans son vélo gisant, et j'ai dû
lui porter assistance. De nouveau, plus de peur que de mal.
Bilan matériel: un catadioptre cassé, la roue
avant qui a fait un tour de 180 degrés, un frein qui bique
et le cadenas arrière légèrement forcé.
Bilan médical: main égratinée, ecchymose sur
la cuisse gauche. Bilan moral: au beau fixe, d'acier, etc, nous
pédalons de plus belle.
Après avoir jeté un coup d'oeil sur un camping effarant
(plus de 1000 emplacements pour caravanes), nous avons planté
notre tente au bas d'une digue, parmi nos copains les moutons, en
bordure d'une réserve naturelle.

Mardi 28 août (Sandstedt, km+66=4886)
message envoyé mardi à 19h59
Le vent déchaîné nous poussait de nouveau
ce matin sur le ruban de la route étroite, on se serait cru
sur un tapis roulant, où l'on avance par ses propres forces,
mais où l'on sent aussi une propulsion supplémentaire.
Gaëtane ajoute: et si l'on s'arrête, cela avance quand
même. Si tôt dit, si tôt fait, sans pédaler
aucunement, nous roulions sur terrain plat à du 10 km/h,
soit la même vitesse qu'en galérant ferme contre le
vent.
Nous sommes donc arrivés en trombe à Bremer-Haven,
en traversant d'abord un immense port à conteneurs et à
voitures. De jolies petites BMW
Z3 étaient alignées sur des wagons et dans un
parking, toutes sages avant leur embarquement.
Dans la ville en grand travaux, nous restons 3 heures dans un
cybercafé à feuilleter notre livre d'or et lire les
sites des aventuriers cyclistes en lien de Bike8000: Fred et Wendy,
les revenus de Singbybike,
Jean et Anne-Cé, les juste partis de Cap
Tandem et Jean-Christophe, le presque parti de Bruxelles
- Le Cap. Nous sommes ressortis avec la tête comme un
seau, mais heureux d'avoir pu parcourir tout ce réseau d'échange,
d'aventure et d'amitié.

Lundi 28 août (Spieka Neufeld, km+78=4820)
message envoyé lundi à 19h59
Belle pluie de nuit, beau vent de jour: il souffle comme un damné
depuis l'ouest, nous l'avons donc eu de face jusque Cuxhaven, puis
de côté. Cuxhaven ne nous a pas vraiment conquis, les
quelques jolies maisons stucquées et colorées étaient
étouffées par un ensemble disparate et sans âme.
Les plages y sont terriblement réglementées, avec
parfois accès payant, grillages et palissades de bois.
Quelques surfeurs transcendaient tout cela avec une habileté
incroyable: emportés par leur voile de traction, ils faisaient
des bonds hallucinants, de plus de 5 mètres de
haut, et volaient queques secondes, parfois la tête en bas,
avant de retomber en douceur sur la mer écumante.
Nous étions bardés contre les éléments,
lunettes pour
arrêter le sable piquant et, en ce qui me concerne, ear plugs
pour soulager mes frêles tympans. Avec mes deux petits bouchons
jaunes, j'avais, selon Gaëtane, une tête de Pokemon.

Dimanche 26 août (Freiburg, km+61=4743)
message envoyé dimanche à 19h12
La visite des parents est terminée, le camp vélo
a repris son cours en sizaine
réduite.
Merci à vous, Marie, Philippe, Marie, Alain, pour ces
trois jours d'insouciance, avec nos vélos, le soleil éclatant,
la brise légère, les moutons haletants, les joyeux
repas et les nuits confortables. Rendez-vous mi-septembre...
Nous avons pris deux bacs aujourd'hui, dont un pour traverser
l'Elbe en aval de Hambourg, et nous redescendons actuellement l'autre
rive. Attablés à une pizzeria d'un charmant village
Freiburg (combien sont-ils en Allemagne?), nous sommes un peu perplexes
quant à la formule de logement ad hoc pour ce pays; d'après
nos voisins de table le camping sauvage est toléré,
nous allons sans doute tenter le coup.

Samedi 25 août (Meldorf,
km+91=4681)
message envoyé samedi à 18h57
Nous pouvons être fiers de nos parents, qui à cause
d'une erreur d'estimation d'itinéraire, ont roulé
91 km plutôt que les 65 km prévus initialement. Le
Vader
(père de Benoît) ne cache pas sa joie et réclame
des bières à grand cri. Il faut dire qu'à 70
ans, il a parcouru cette étape comme un jeune premier.
La journée a été torride, heureusement
nous longions souvent la mer, avec une petite brise de face. Ici,
les cabines de plage ressemblent plutôt à des fauteuils
en osier avec grand dossier-couvercle et repose-pieds intégrés.
Les bronzeurs se tiennent sur l'herbe, devant les étendues
de vase à l'infini, qui se couvrent d'une faible profondeur
d'eau à marée haute. Avec nos vélos solidement
harnachés nous avons traversé une plage de nudistes,
ce qui créait un certain contraste dont personne ne se souciait
néanmoins.
Gaëtane a eu des ennuis avec la police allemande pour un
refus de priorité à leur véhicule (elle a tendance
à s'imaginer que les vélos sont prioritaires en toute
occasion).
-
Polizei: .... (injonctions en allemand)
- Gaëtane: Sorry, I do not understand german
- Polizei: Are you coming from France?
- Gaëtane: No, I come from Belgium
- Politzei: Sorry, I do not speak any belgian
Suit un petit sermon mérité, en anglais.

Vendredi 24 aout (Harstettermarsh, km+47=4590)
message envoyé vendredi 19h19
Ce matin à 10h dans une superbe lumière nous avons
tous les 6 enfourché nos fidèles montures et pédalé
le long des digues entourant un paradis d'oiseaux, la réserve
du Wattensee.
C'est merveilleux de parler, parler, parler... avec sa fille ! tout
en admirant un paysage grandiose, et guidés par de supers
ornithologues.
Vive le vélo, particulièrement après une belle
randonnée en terrain plat et sans vent.

Jeudi 23 août (Hadttstedtermarsch, km+72=4543)
message envoyé jeudi à 19h51
Nous voici donc en Allemagne, dans un hôtel au pied d'une
digue, avec la mer du Nord de l'autre côté. Hier encore
nous longions la mer Baltique et pique-niquions sur un ponton au
dessus de l'eau transparente. Aujourd'hui nous roulons à
marée basse au bord d'immenses étendues de vase, avec
au loin la mer aux tons gris-brun, et nous pique- niquons à
Schluttsiel, un petit port depuis lequel des bateaux partent vers
les îles de Frise, via un canal creusé dans la boue
et les bancs de sable.
Tout près d'un village au nom sympathique de Bordelum,
nous avions rendez-vous avec nos parents dans une auberge, et c'est
avec joie que nous les avons retrouvé pour 3 jours de randonnée
commune. Ils ont presque l'impression de nous avoir quitté
hier, en nous suivant tous les jours via le site.

Mercredi 22 août (Grøngård, km+89=4471)
message envoyé mercredi à 19h51
Roulez tambours, demain nous quitterons le Danemark et avec lui
les pays nordiques, pas seulement la Scandinavie puisque la Finlande
n'en fait pas partie avons-nous appris. C'est donc une grande page
de notre épopée qui se tourne, avec l'arrivée
dans des contrées plus familières pour un petit mois,
les retrouvailles avec nos parents demain et l'événement
du 15 septembre qui se rapproche à grands pas.
La journée a été splendide, tabassés
par le soleil et poussés par une légère brise,
nous volions le long de la frontière allemande, dans une
campagne d'un terrain et d'un calme plat. Dans un village, Gaëtane
s'est retrouvée bloquée derrière une petite
Corsa qui n'avançait plus, malgré ses coups de sonnette
frénétiques. Ce tintamarre était vain: nous
revîmes la voiture plus loin, deux charmantes dames âgées
en sortaient, sur le parking d'une clinique de l'oreille.
Nous avons planté notre tente dans un emplacement attenant
à une ferme biologique, avec à l'horizon les silhouettes
familières des éoliennes qui tournent inlassablement,
sans se préoccuper de la dernière nuit scandinave
de bike8000.

Mardi 21 août (Vibaek Mølle, km+99=4383)
message envoyé mardi à 20h04
Nous sommes à nouveau à bord d'un ferry, sur le pont
car il fait soleil, Benito a resorti son marcelito. Belles petites
villes, campagne ondulée (les Ardennes danoises), avec régulièrement
une belle descente vers la mer. Ce midi, nous avons pique-niqué
au bout d'un ponton tout étroit sur l'eau transparente (les
Caraïbes danoises), et vers 16h30, en attendant le ferry, nous
avons même fait quelques brasses.
Dans une superbe lumière dorée, nous arrivons
au camping naturel de cette nuit, jolie maison, charmant accueil,
et à nos pieds, les champs fauchés qui se déroulent
jusqu'à la mer.
Voir aussi les rubriques gastronomie
et ornithologie.

Lundi 20 août (Simmerbølle, km+83=4284)
message envoyé lundi à 19h16
Après dissipation des brumes matinales, comme ils
disent à la météo, nous avons eu une matinée
ensoleillée, propice aux activités de plein air. Cet
après-midi, le vent, calme à assez fort, nous a amené
une couverture nuageuse depuis l'ouest.
Nous avons croisé de nombreux voyageurs cyclistes aujourd'hui,
au moins une vingtaine, dont deux familles avec enfants. Un autre
se prenait pour Fidel Castro, tenue, barbe et cigare compris.
Gaëtane revient de la douche toute souriante, avec son
essuie "Packtowel" en turban tordu au-dessus de la tête,
comme seules les femmes peuvent le faire après s'être
lavé les cheveux. A part cela, elle a un torticoli, le premier
de sa vie, mais enlève régulièrement l'écharpe
que je lui ai prescrite. Enfin, elle est fort sur ses gardes car
notre troisième "overnattningspladser" est une
ferme qui regroupe de nombreux animaux classiques, dont vaches,
chevaux, poules, malheureusement chien, et suprême ennui,
chats (un blanc, un noir, un gris, deux roux).
Surtout ne manquez pas les nouvelles
photos !

Dimanche 19 août (Guldbog, km+61=4201)
message envoyé dimanche à 19h27
Nous
poursuivons agréablement notre jeu de piste danois, à
l'affût des panneaux de signalisation de la route cyclable
9. En passant, nous avons traversé la jolie petite ville
de Praestø et sommes allés à la messe un peu
plus loin dans une magnifique église de village fin 17ème,
Skibinge.
Le prêtre était une femme, en soutane avec une
élégante fraise (pas le fruit, mais la colerette blanche).
Un mignon bébé fut baptisé pendant la célébration.
La formule "primitive overnatningspladser" d'hier
soir nous a ravi: nous avons été accueilli par un
charmant retraité, ancien fermier et conducteur de bus. Une
tente était déjà plantée dans le petit
bout de prairie fauchée, celle d'un autre couple de cyclistes,
des étudiants de Copenhague. Ce soir l'endroit est moins
farce et un orage menace, mais tout va bien au Royaume du Danemark.

Samedi 18 août (Baekkeskov nord de Praestø,
km+101=4140)
message envoyé samedi à 20h04
On the road again, après une semaine de petits parcours urbains.
Nous suivrons les routes nationales cyclables danoises n 9 puis
n 8, soit environ 400 km jusque Flensburg, la frontière allemande,
puis une cinquantaine jusque Husum où nous rejoignons nos
parents jeudi soir pour 3 jours communs.
La route 9 s'annonce excellente, très bien signalisée
quand les vandales ne sont pas passés avant nous devant les
panneaux avec une bombe de peinture ou un tournevis. La journée
est radieuse, la mer scintillante.
Le camping sauvage est interdit au Danemark, mais il existe
un répertoire de 700 sites accessibles uniquement aux marcheurs,
cyclistes, cavaliers ou kayakeurs, les véhicules motorisés
étant interdits. Prix modique, infrastructure rudimentaire
mais formule écologique: nous avons acheté la brochure
et sommes très intéressés de tester ce système
de "primitive overnatningspladser".
Nous traversons de grands champs de blé. Les moissoneuses
rugissent dans leur nuage de poussière; ça et là
sur la route, les remorques ont abandonné des petites traînées
de grain. Au loin, nous apercevons un gigantesque incendie, et,
sapristi, l'itinéraire nous mène droit dessus. C'était
simplement des feux de paille après la moisson, boutés
et controlés par une armada de tracteurs avec lance-flammes,
citernes d'eau, etc. Impressionnant...
Le soleil invite à la fête: ici près d'un
terrain de sport, les enfants piaillent lors d'un goûter d'anniversaire,
là dans le jardin d'une maison de repos, les pensionnaires
ne disent rien, mais au synthé, un chanteur de charme leur
joue quelques ballades.

Vendredi 17/08 (Copenhague, km+37=4039)
message envoyé vendredi à 18h46
Un peu comme les docklands de Londres, certains quartiers de Copenhague
sont en pleine mutation: des bureaux audacieux, du logement original,
une superbe école d'architecture qui s'étale dans
plusieurs anciens bâtiments navals ou portuaires. Même
Christiania s'étend plus loin qu'on ne l'imagine, avec au
bord du long lac des petites maisons expérimentales.
Ce soir, nous fêtons la moitié théorique
de notre kilométrage (nous ferons vraisemblablement plus
que 8000 km) au Cirque du Soleil, dont le grand chapiteau blanc
occupe pour la première fois une place scandinave.
Nous sommes surtout restés un jour de plus à Copenhague
pour finaliser l'itinéraire et le timing d'ici au rendez-vous
du 15 septembre, préparer notre départ de demain et
rédiger un rapport "état
des routes cyclistes", dont nous conseillons la lecture
aux adeptes du genre...

Jeudi 16 août (Copenhague, km+37=4002)
message envoyé jeudi à 20h18
4000 km à mon compteur (encore plus au compteur de Gaëtane
qui ne l'oublie jamais), c'est toujours cela de pris sur l'ennemi.
Et pour en arriver là, de super kilomètres en ville,
portés par le flot de nos coreligionnaires. A Copenhague,
1/3 de la population active va au boulot à vélo, 1/3
en voiture et 1/3 en transports en commun. Je n'ose pas imaginer
les chiffres de Bruxelles... Néanmoins, ils sont en hausse,
amis cyclistes, à vos bécanes, vous avez le vent en
poupe!
Nous sommes passés un peu par hasard à travers
un quartier extraordinaire d'anciennes maisons ouvrières,
en briques ou crépis ocre, toutes les mêmes le long
des rues pavées, de nombreux vélos appuyés
aux façades. Ce quartier de la S. Paul Kirke, longeant la
Borgergade n'apparaissait pas dans nos guides, pourtant c'est vraiment
un de nos coups de coeur.
Le château de Rosenborg nous a enchanté par des
tas de petits détails amusants, des chevaux planant au-dessus
des paysages, des personnages aux tronches hilarantes, un tableau
dont Gaëtane a restauré une version quasi- identique...
Nous avons acheté une carte et une brochure de sites
de bivouac au Dansk Cyclist Forbund, beau bureau et accueil enthousiaste.
Moins bon point pour la dame de la librairie française, où
nous comptions acheter un cadeau original pour notre hôtesse:
- Nous souhaiterions offrir quelques livres d'auteurs belges.
- Vous n'en trouverez pas ici, je pense! (ton hautain)
- Je crois que vous en tenez une pile en main (elle rangeait justement
des Simenon, un comble!)
- Hem, ah oui...
- Puis nous pensions au "Passeur de Lumière" de
Bernard Tirtiaux...
- Je ne connais pas
- ... et à "Saint Germain ou la négociation",
de Weber, Goncourt en 1958...
- Je ne l'ai pas pour le moment, il faudrait le commander.
- Puis, même si on aime moins, vous avez plusieurs Amélie
Nothomb en vitrine, puis des van Cauwelaert (je n'étais pas
sûr qu'il était belge, mais bon...)
La
tête haute, nous quittâmes cet endroit désagréable
en passant devant les Tintin et autres BD excellemment Made in Belgium.

Mercredi 15 août (Copenhague, km+40=3966)
message envoyé jeudi à 9h23
Ce matin, je me sens beaucoup mieux, prêt à entamer
une journée sur les chapeaux de roue de vélo dans
Copenhague ensoleillée.
D'abord la Glyptothèque de Ny Carlsberg; le patron des
bières était aussi un mécène aux nez
fin et il a rassemblé une collection incroyable de statues
égyptiennes, antiques, romantiques, le tout dans un superbe
bâtiment. Explosion des formes et des expressions, suivie
par l'éclat et la subtilité des couleurs des toiles
impressionnistes dans une aile moderne du musée. Ah, la beauté
de l'art, ça fait du bien...
Ensuite, rebalade en chaussette sur la carte du monde de "La
terre vue du ciel", fantastique chevauchée le long des
canaux jusqu'à la petite sirène, sandwich sur les
quais de Christianshavn, et virée à Christiania.
La ville libre de Christiania est née en 1971 dans le cadre
verdoyant de casernes abandonnées par l'armée, au
bord d'un lac, et aussitôt investies par des jeunes qui entreprirent
de retaper cela pour y habiter. Depuis 30 ans le gouvernement hésite
à propos de Christiania: d'une part, il y a l'expérience
sociale hors du commun des 1000 habitants de cette communauté
alternative, d'autre part le manque à gagner de la ville
sur la réaffectation de ces 23 hectares à un jet de
pierre du centre, et surtout la drogue qui frappait durement à
une époque.
Maintenant,
Christiania est une ville baba cool dans la ville, très visitée,
avec dans la première rue une dizaine d'échopes dont
la vente de drogues douces, hashish et cannabis, est officieusement
tolérée, ensuite des baraques assez sympas et plus
ou moins délabrées ou en chantier, des bars, des ateliers,
comme celui qui fabrique les célèbres vélos
de Christiania.
Puis ce fut la grande course pour arriver (plus ou moins) à
temps chez Piet, diplomate de l'ambassade belge à Copenhague
et copain d'une promotion précédente de notre amie
Manoëlle. On a passé une excellente soirée en
sa compagnie, apéro corsé dans son bel appartement
de Frederiksberg, puis tacos sur la terrasse d'un proche resto mexicain.
On a survolé le monde entier en trois ou quatre heures, les
heurs et les malheurs d'ici ou là, et en filigrane, notre
intérêt commun pour les découvertes à
vélo. Merci Piet!

Mardi 14 août (Copenhague)
message envoyé mardi à 19h46
Après 2 jours de maux de gorge, un méchant rhume s'est
abattu sur moi et me laisse tout grippu, somnolent, tenant le lit
et le sofa, écoutant "Manu Chao" et "Brother,
Where Are Thou", lisant l'allumé "Sur la route"
de Jack Kerouac et regrettant de ne pas pouvoir accompagner ma femme
chérie dans ses expéditions à vélo au
coeur de la capitale danoise.
Me voici donc sur mon vélo, à l'assaut de Copenhague,
abandonnant mon grand malade. Pratiquer le vélo à
Copenhague est un sport. C'est-à-dire qu'il y a des règles
à respecter. Les pistes cyclables, omniprésentes,
sont juste assez larges pour deux vélos. Il s'agit donc de
tenir sa droite et de ne pas être distraite car vous n'êtes
pas seule à rouler, loin de là. Aux feux rouges, nous
sommes en moyenne une grosse dizaine à attendre. Ici intervient
une autre règle: ceux qui pensent démarrer avant les
autres se mettent à gauche mais en général
il préférable de rester tous à droite. Ensuite
tout cycliste qui se respecte démarre au feu orange et non
vert. Enfin, lorsque vous voulez vous arrêter, il faut faire
un petit signe de la main, genre salut papal. Pour l'anecdote, sachez
que Benoît fait le même signe lorsqu'il faut stopper
bloc pour observer des oiseaux!
Copenhague m'a fort séduite avec ses belles maisons colorées
de Nyhavn, ses nombreuses rues piétonnes (adieu vélo),
une animation plus que soutenue... Très chouette expérience
vélocipédique : la promenade de bord de mer longeant
paquebots et voiliers jusqu'à la Petite Sirène, aussi
petite et ravissante que touristique.
Copenhague
accueille pendant cet été une chouette exposition
en plein air de "La terre vue du ciel". Il s'agit des
magnifiques et fameuses photographies prises par Yann_Arthus-Bertrand.
Le concept de l'expo est le suivant: une gigantesque carte géographique
mondiale sur laquelle les visiteurs se promènent sans leur
chaussures et repèrent les réductions des photos,
qu'ils peuvent ensuite voir en poster sur de grands panneaux. Ce
qui est cocasse, c'est de voir cela de loin : tous des gens en chaussettes
ou pieds nus qui semblent regarder leurs orteils. Et ce qui est
intéressant, c'est les photos magnifiques accompagnées
d'explications détaillées. Une chouette expo qui roule
24h sur 24.
Il me reste une dernière anecdote à vous raconter.
Profitant (ou me consolant?) de l'absence de mon mari adoré,
je me suis livrée à du lèche-vitrines. Bien
entendu, je suis vite rentrée dans un magasin. Qui dit soldes,
dit essayages garantis. Me voici donc dans une cabine avec des belles
robes, cela faisait tellement longtemps que je n'en avais plus portées...
et me voilà coincée avec des bretelles croisées,
emprisonnée dans ma belle robe rose! Devoir appeler une vendeuse
pour sortir d'une robe, il fallait être à Copenhague
pour vivre pareille honte! Morale de l'histoire: toujours faire
des courses avec son mari.

Lundi 13 août (Copenhague, km+17=3926)
message envoyé lundi à 19h47
Flûte,
j'ai laissé passer l'heure, vite un rapport express. Nous
sommes arrivés ce matin via le nouveau pont qui relie Malmö
à Copenhague, la Suède au Danemark. Les vélos
y sont interdits pour des raisons de sécurité et il
faut donc les embarquer sur un train, avec superbe place spéciale
pour eux. Ici, c'est le pays du vélo, nous y reviendrons.
Nous avons un charmant logis à notre disposition pour
les quelques jours que nous passerons ici. Anne-Marie, professeur
de francais que nous avions rencontrée il y a plus d'un mois
au camping de Tarnaby, nous a envoyé un mail pour nous proposer
d'occuper son appartement pendant qu'elle était en vacances!
L'appartement tout cosy, avec portes et plancher en bois, est situé
dans un ensemble d'immeubles années 30 plein de caractère,
surtout quand on voit l'intérieur de l'îlot, magnifiquement
réaménagé en jardin commun. Merci Anne-marie,
on en profite déjà pleinement.
Bon, nous partons à un concert d'orgue joué dans
l'église du quartier, Valby.

Dimanche 12 août (Lund)
message envoyé dimanche à 19h52
On se croirait déjà en automne, ce temps gris et pluvieux
étant heureusement plus propice à visiter une ville
ou lire dans une chambre d'hôtel qu'à pédaler
comme des braves.
C'est la troisième église catholique que nous
voyons en Suède, toutes sont vraiment très réussies
au niveau de leur architecture contemporaine. Nous connaissions
déjà le chant de sortie via une messe précédente:
presque intégrés en Suède, nous quittons le
pays demain...
Le musée des esquisses de Lund vaut vraiment la peine,
avec des salles qui foisonnent de projets divers en peinture, sculpture,
architecture, souvent pour des oeuvres monumentales puliques. Des
esquisses de la Fée Electricité de Raoul Dufy, pour
l'expo universelle de 1939 à Paris, les croquis et la maquette
du wrapped Reichstag de Christo, en 1995 à Berlin, des appareils
Braün de 1955 à 1980 (radio, tourne-disque, rasoir...)
au design fonctionnel créé par Dieter Rams...
La cathédrale était moins emballante, si ce n'est
pour la mosaïque du choeur dont nous avions vu les études
au musée, et pour d'immenses horloges polychromes assez riantes.
Ceci clôture notre émission "Vacances et Culture",
présentée depuis Lund par notre envoyé spécial
en Suède. Bonne soirée à tous!

Samedi 11 août (Lund, km+64 km=3909)
message envoyé samedi à 19h57
J'ai détesté cette matinée, le vent démentiel,
une lenteur de chenille pour avancer, le paysage d'une triste banalité:
voilà, cela fait du bien de le dire. Pédaler sur longue
distance devient comme notre tâche quotidienne: nous y trouvons
généralement beaucoup de plaisir, et certains jours
heureusement fort rares, notre vélo devient notre fardeau.
Un Rottweiler posté sur la route a failli payer pour
tout le reste: ma crise d'autorité a eu raison de son attitude
menaçante... et il s'est maintenu à distance respectueuse.
Je lui aurais volontiers administré une bastonnade si j'avais
eu le bâton ad hoc sous la main; Gaëtane, elle, était
décomposée. C'est la première fois qu'un chien
agressif erre librement devant une maison, jusqu'ici on les a toujours
trouvés correctement en laisse ou en enclos. Satané
Mirza!
J'ai mieux apprécié l'après-midi, Gaëtane
aussi sans aucun doute: l'auberge de jeunesse, très originale
au demeurant (un train sur une voie désaffectée de
la gare, avec chambres dans les compartiments, wagon salle-à-manger,
voiture sanitaires...), était complète et nous nous
sommes rabattus sur un Best Western, le luxe occidental à
prix modéré. Un moment de honte est vite passé...
|
A part cela, Lund est une vieille ville universitaire
extrêmement sympathique, nous vous en dirons plus demain.
|
|
 |
| Vue de l'université de Lund, fréquentée
par des students... à vélo! |

Vendredi 10 août (Trelleborg, km+59=3845)
message envoyé vendredi à 19h59
La nuit durant nous avons été bercés par
le bruit des vagues, ayant planté notre tente tout au bord
du rivage, au fond d'un vague parking. La route vers Trelleborg
longeait la côte sud de la Suède, et nous offrait à
nouveau des vues très paisibles, une mer d'huile mais un
temps pluvieux cet après-midi.
Nous nous sommes payés une orgie d'Internet, une heure
à la bibliothèque, puis une heure dans un cyber café
pour envoyer des photos. Ensuite, même formule gagnante qu'hier
soir: pizzeria vers 19h00, sortie de ville à l'anglaise,
et plantage de tente sauvage. Yep!

Jeudi 9 août (Ystad, km+29=3786)
message envoyé jeudi à 19h18
L' île de Bornholm
s'est révélée être un vrai paradis cycliste,
pour le peu mais le beau que nous en avons vu en remontant le long
de la côte au nord de Hasle. La piste longeait tout juste
la mer démontée: sensations fortes avec le vent, les
vagues, les embruns... et le soleil!
Pique-nique sur une jolie petite place de Rønne, retour
en ferry vers Ystad, ravissante ville moyenâgeuse, et adieu
à toute la famille Standaert; nous avons adoré pédaler
avec vous, faire étape dans les auberges de jeunesse et pouvoir
nous émerveiller tous ensemble des découvertes le
long de la route. Quelle expérience inoubliable que de telles
vacances à vélo avec des enfants!
Leurs dernières déclarations officielles:
- Victoria (presque 8 ans): "Je n'aimais pas le bateau
car je trouve qu'on a été trop secoués."
- Henri (4 ans et demi): "J'espère qu'ils ont pêché
de bons crabes. J'ai faim."
- Théodore (1 an et demi, ne parle pas, mais n'en pense
pas moins): "Qu'est-ce qu'il a encore à nous embêter
avec ses rapports!"

Mercredi 8 août (Hasle, km+36=3757)
message envoyé mercredi à 19h20
L'excellent petit-déjeuner de ce matin se prenait dans une
charmante annexe de l'auberge de jeunesse. Notre colonne s'élance
ensuite vers de nouvelles aventures, en l'occurence Kåseberga,
petit village tapi aux pied des collines qui bordent la mer.
La promenade jusqu'à un très beau cercle de pierres
runiques fut agrémentée par l'une ou l'autre distraction.
Deux planeurs de modélisme, téléguidés
par des super pros, se permettaient les pires acrobaties dans le
vent qui soufflait sur la crête, avec la mer écumante
en arrière-plan. De retour au parking à vélo,
nous rencontrons d'abord une famille allemande qui voyageait avec
deux enfants et une remorque, puis une famille autrichienne avec
semblable équipage... Formule très en vogue dans le
sud de la Suède, il semble!
Arrêt suivant, très apprécié des
petits et grands: la fumerie de poissons. Après avoir acheté
quelques spécialités pour le dîner de ce soir,
nous sommes emmenés pour une visite de cette petite usine
traditionnelle. Des feux de bois fument pendant 4 à 6 heures
les poissons alignés sur les grilles des fours. Les anguilles
encore gigotantes qui venaient d'être débarquées
d'un bateau allaient donc connaître rapidement leur jour de
gloire...
J'avais
sous-estimé la distance qui nous séparait d'Ystad,
et à midi et demi, nous sommes les bons derniers à
embarquer in extremis sur le ferry pour Bornholm, le tout sous une
pluie battante. Nous débarquons donc en territoire danois,
sous un ciel à peine plus clément, et poursuivons
une courte étape en forêt.
Grandeur et décadence, notre auberge de jeunesse est
très décevante. Couloirs de prison, réfectoire
de pensionnat, salon de maison de repos, dortoirs de colonie de
vacances: on hésite sur la nature du lieu. D'anciennes photos
nous livrent la réponse: c'étaient auparavant des
baraquements militaires, you're in the army now!

Mardi 7 août (Bakåkra, km+38=3721)
message envoyé mardi à 19h49
Les vacances à vélo en famille se poursuivent au mieux;
notre itinéraire nous conduit toujours vers le sud, cette
fois plus franchement le long de la mer. A quelques mètres
sur la gauche du chemin, les douces vagues de la Baltique s'échouent
sur des plages de sable ou sur des petits rochers hérissés
de cormorans. A droite de notre route, des grandes prairies à
chevaux, des villas minuscules et l'une ou l'autre ferme de pêcheur.
Nomades tirant nos roulottes, nous débarquons à
l'auberge de jeunesse, et préparons le gâteau dit de
la tante Augusta pour fêter les anniversaires de saison: Guy
souffle aujourd'hui 39 bougies!
Voir aussi la rubrique ornithologie.

Lundi 6 août (Baskemölla, km+34=3684)
message envoyé lundi à 20h03
Ce matin, notre colonne cycliste se présentait comme suit:
vélo de tête, Guy, avec Henri et Théodore dans
la remorque, 2ème vélo, Benoît, 3ème
vélo, Victoria, 4ème vélo, Gaëtane, vélo
de queue, Caroline avec une remorque de bagages.
La parole est aux nouveaux arrivants:
Caroline: " Les vacances à vélo, quelle découverte
extraordinaire, Victoria roule super bien en utilisant toutes ses
vitesses, Henri et Théodore sont archi-mignons dans leur
"caboose", Guy les tire avec enthousiasme, Gaë et
Benoit roulent comme des pros sur leurs vélos bien chargés,
ce sont des GO impeccables, ils s'y prennent comme des habitués
dans les "Delhaize" locaux (ce qui n'est pas si évident
avec les aliments suédois) et ils ont plein de bonnes petites
habitudes comme pique-niquer autour des églises, très
confortable ! "
Guy: "Une sensation de liberté. Telle est mon impression
lorsqu'on parcourt à vélo les campagnes et les côtes
du sud de la Suède. Le plus remarquable, à mon avis,
est l'organisation, la qualité et le nombre d'auberges de
jeunesse"
Victoria: " les auberges de jeunesse , c'est super on dort
à sept dans une chambre, tous ensemble "
Henri:
" Benoît a lancé la canne à pêche
puis il l'a rattrapée mais il n'avait toujours pas de poisson
alors il me l'a donnée et j'ai attrapé un poisson
, c'était le plus gai de la journée"
Théodore: "Reuh, zoui, hihi, yaaah..." et autres
onomatopées.
Vue du village par l'artiste suédois S-A
Svenson

Dimanche 5 août (km+102=3650)
message envoyé dimanche à 18h31
Youpie, nous avons retrouvé Caroline, la soeur de Gaëtane,
Guy son mari et les enfants Victoria (bientôt 8 ans), Henri
(4 ans et demi) et Théodore (1 an et demi), pour des petites
vacances... à vélo. Nous sommes dans une auberge de
jeunesse sympathique en diable, une ancienne ferme carrée
du 18ème siècle avec colombages et toit de chaume.
Je vous écris de la cour intérieure, très animée
par les allées et venues des nombreux hôtes.
La région, splendide, a changé du tout au tout
depuis hier: beaucoup moins d'arbres, du coup moins de maisons en
bois également et, pour arriver, ici nous avons traversé
des collines toutes rousses parsemées de quelques arbres,
une véritable
savane africaine. Juste avant ces ondulations, nous roulions le
long de la mer dans des bois de pins quasi méridionaux.
Nous sommes heureux de terminer ces 8 jours à une bonne
centaine de kilomètres de moyenne journalière, c'est
un peu trop pour nous, et nous sommes encore plus heureux de nous
retrouver en famille, pour une joyeuse équipée commune.

Samedi 4 août (Mörrum, km+104=3548)
message envoyé samedi à 20h51
Ce
matin, nous avons dû nous résigner à un petit
saut de puce en bus jusque Karlskrona, que nous aurions atteint
hier soir à vélo si nous n'avions pas désiré
faire un détour par Öland: plaisir de la découverte
avant tout! Nous avons d'ailleurs dû négocier avec
le chauffeur pour qu'il accepte les vélos, car le règlement
en suédois qu'il nous a exhibé le lui interdisait.
Ses soutes immenses, le peu de clients et notre mine relativement
honnête l'ont rapidement emporté sur la loi de son
memento.
Pour affronter le vent, nous continuons nos relais successifs
de 5 km. Nous tentons de rester dans la roue du premier, ce qui
n'est pas toujours évident car Gaëtane a la fâcheuse
habitude de zigzaguer pour monter les petites routes, et j'ai moi-même
une tendance marquée à abréger ces ascensions
par quelques pointes de vitesse en danseuse.
Ce soir, nous étions tellement nazes que sur une petite
route un joggeur a failli nous rattrapper: nous avons relevé
fièrement la tête et mouliné fermement du mollet
pour ne pas subir cette honte. Nous nous sommes installés
sous des chênes (depuis Stockholm on en voit beaucoup, certains
multicentenaires et fort majestueux) et des bouleaux près
de deux grandes pierres qui devaient autrefois marquer l'entrée
d'un beau chemin, bordé d'un muret moussu.
Voir aussi la rubrique ornithologie.

Vendredi 3 août (Kalmar, km+101=3445)
Quand
ce matin, au réveil dans la tente, Gaëtane me souhaita
un joyeux anniversaire, je ne me suis pas senti dans le 36ème
dessous, bien au contraire: une belle journée nous attendait
et les années qui passent m'offrent bien plus d'heurs que
de malheurs.
Pour rejoindre la réserve naturelle d'Ottenby, puis Kalmar,
il n'y avait pas 36 solutions: continuer vers la pointe sud par
la côte ouest, de loin la plus belle, puis remonter vers le
nord le long de la côte est et prendre le bus impérial
qui transporte les cyclistes et leurs engins de l'autre côté
du pont de 6 km, interdit aux vélos, qui relie l'île
au continent.
La réserve elle-même est splendide avec ses paysages
de steppe battue par les vents; son phare, Lange Jan, est le plus
haut de Suède. Au niveau ornithologique par contre, notre
espoir d'observer 36 espèces fut déçu, néanmoins
on nous y renseigna un bon endroit le long de notre chemin de retour,
et là j'ai pu admirer un festival de bécasseaux comme
jamais auparavant (rubrique ad hoc à suivre demain).
Les fleurs aussi étaient de la fête, 36 sortes
en bordaient la route, c'était un
véritable jardin botanique (comme le chapeau de Madame Beulemans).
Par esprit de contradiction, le vent avait évidemment
tourné depuis la veille, et plutôt que de l'avoir dans
le dos au retour, nous avons dû lutter contre les rafales
latérales pour ne pas tomber, ce qui nous aurait fait voir
36 chandelles.
Dans un village nous avons pu consulter Internet à la
minuscule bibliothèque. Merci pour vos 36 messages privés
ou sur le livre d'or, cela nous fait chaud au coeur, pratique car
il fait plus froid et la pluie, qui avait eu la bonne idée
de nous oublier 15 jours, repointe le bout de son nez.

Jeudi 2 août (Triberga, km+92=3343)
message envoyé jeudi à 21:01 pm
Une route idyllique, petite et sinueuse, calme mais macadamisée,
nous mena ce matin de Oskarhamn à Mönsterås.
14h00: nous avons pris le ferry pour l'île d'Öland,
lieu de villégiature très prisé des Suédois.
Toute en longueur (137 km de long pour 4 à 7 km de large),
couverte d'églises, de moulins et de pierres runiques, elle
présente aussi des plages splendides au Nord et des landes
couvertes de fleurs au Sud.
Nous allons découvrir cette dernière partie, ainsi
qu'une réserve ornithologique à Ottenby,
la pointe extrême sud.
Presque 21h00: un chevreuil effrayé s'enfuit du pré
fauché où nous allons planter la tente. Curieuse atmosphère
sur cette île toute plate et battue par le vent. Des jolis
murets de pierres blanches parcourent cette étendue sauvage
mais les villages sont très réguliers le long de la
côte Est.
Deux rencontres insolites dans un de ces villages. Dans un petit
café qui se révèle assez sale, mère
et fille nous servent avec mauvaise grâce. La fille s'avère
être cartomancienne ou sorcière ou magicienne, au vu
des articles de journaux épinglés au mur. Très
antipathique en tout cas.
200 mètres plus loin, un autre monde, la gentillesse,
l'accueil et le bon sens commercial sont au rendez-vous aux "Pampas",
grill tenu par un musicien argentin retraité, converti par
hobby en spécialiste de l'asado. Nous repartons avec des
barquettes de sa spécialité, que nous allons nous
empresser de dévorer, nous mourrons de faim.
Des oies cendrées se posent à proximité
de notre campement, dans le coucher de soleil tout rose.

Mercredi 1er août (Oskarshamn km+116=3251)
message envoyé mercredi à 20:49 pm
Le cykelspåret nous emmenait aujourd'hui en majorité
sur des pistes non macadamisées, très belles, très
peu fréquentées, mais à la longue, cela use
les pneus et l'énergie à revendre. Comme il y a tout
le temps des gravillons et des tournants, il est peu indiqué
de prendre de la vitesse dans les descentes. Ce serait pourtant
bien utile pour attaquer les montées qui suivent, car ces
pistes ressemblent à de véritables montagnes russes.
Ce fut aussi le jour de tous les dangers. On avait souvent failli
le faire, sans jamais encore oser. Gaëtane s'est lancée
aujourd'hui, je veux dire dans le fossé. Un brave fossé
herbeux peu profond, donc plus de peur que de mal, et des bagages
à refixer. Ensuite, ma femme a perdu une sangle après
un saut dans un nid de poule, et enfin elle m'a percuté,
car j'avais brusquement déraillé en montée.
Je ne fus pas en reste, puisque, passant sous une puissante ligne
à haute tension, j'ai reçu quelques décharges
électriques dans le postérieur, les attaches cuivrées
de ma selle s'étant mises à crépiter.
Un très beau (et très cher) camping nous tombe
du ciel juste avant Oskarshamn: nous nous y précipitons.
Tous à la douche!

notes du Webmaster:
- Benoit et Gaetane roulent beaucoup cette semaine: ils m'envoient
les infos plus tard, vers 21:00 ou après... elles sont
donc sur le site pas avant 22:00
- le compteur des vélos (3135
km) a dépassé mardi soir le compteur du site (3133
visiteurs) ! à vous tous de jouer pour gagner ce challenge
!
- les liens proposés (comme ci-dessous pour Soderkoping)
ne fonctionnent pas toujours - je préfère les laisser
car leur indisponibilité n'est parfois que temporaire.

Mardi 31 juillet (Segers-Gard
Nord Vastervik
km+133=3135)
message envoyé mardi à 21:11 pm
Elsy et Rune nous ont offert un petit-déjeuner idéal
pour attaquer une longue journée venteuse. Nous arrivons
vers 10h00 déjà à Söderkoping,
jolie petite ville anciennement sur la mer, à présent
traversée par un minuscule canal, encore emprunté
par de splendides voiliers. Après cela, notre route s'inclinait
vers le sud est et le vent devenait latéral, ou nous poussait
même dans le dos... Un plaisir!
Journée faste, car nous observons un couple de grues
cendrées, oiseaux assez symboliques pour nous car leur migration
les mènera en novembre dans le sud-ouest de l'Espagne (Estremadure),
où nous comptons bien les revoir.
A un moment, nous quittons le cykespåret pour gagner 20
km dont 15 face au vent. Nous nous engageons dans des routes minuscules,
les champs tout dorés dans la lumière de fin d'après-midi,
les granges rouges impressionnantes par leur taille et leur âge,
les odeurs provençales et le bruit des grillons... Et, magnificat,
nous retombons sur l'itinéraire officiel au point prévu!
Bon, pour fêter cette journée splendide, la plus
longue aussi, on vous envoie quelques
chiffres. D'ailleurs, le compteur vélo va bientôt
dépasser le compteur visites... OK, certains sont en vacances,
mais il y a bien un cyber-café dans le coin, non?
Voir aussi la rubrique ornithologie.
|