VIERGE HONOREE
Notre-Dame d’Alsemberg
La
tradition associe l’origine du culte de Notre-Dame d’Alsemberg à la
personnalité de sainte Elisabeth de Hongrie qui, vers 1229 – deux ans
après la mort de son mari Louis de Thuringe -, se serait rendue à la
cour d’Henri II, duc de Brabant.
A son initiative, Marie,
première femme du duc, aurait fait construire un sanctuaire dédié à la
Vierge sur une colline située à peu de distance au sud de Bruxelles.
Comme souvent, la tradition accorde ici au choix du site un caractère
miraculeux : ne sachant où lancer les fondations de l’édifice,
Elisabeth aurait reçu d’un ange instruction de construire l’église dans
un champ planté de lin sur pied, non encore mûr (tradition à mettre en
relation peut-être avec l’étymologie du toponyme Alsemberg : montagne
de l’absinthe). De là l’iconographie qui figure souvent Notre-Dame
d’Alsemberg flanquée de deux bottes de lin.
D’après cette même
tradition, la statue de la Vierge miraculeuse aurait été offerte, tout
comme celle de Vilvorde, par la fille aînée d’Elisabeth, Sophie,
seconde épouse d’Henri II de Brabant.
Ce culte marial semble
avoir très rapidement connu un essor important, au point que, vers
1354, le duc Jean III de Brabant entreprend la construction du chœur
d’une église beaucoup plus vaste, dont les travaux s’échelonneront
jusque dans le courant du XVe siècle. Avec l’octroi en 1413
d’indulgences accordées par l’évêque de Cambrai, Jean de Gavre,
Alsemberg devient le centre de l’un des principaux pèlerinages de nos
anciens Pays-Bas. Vont s’y recueillir devant la Vierge miraculeuse
jusqu’aux ducs de Brabant et de Bourgogne… Plusieurs verrières aux
armes d’Antoine de Brabant, de Philippe le Bon, de Charles le Téméraire
ou de Maximilien d’Autriche y témoignaient anciennement des nombreuses
libéralités et bienfaits accordés par les souverains successifs du
duché.
Bibliographie : Van Lathem, s.d. ; Histoire, 1679 ; d(E)
R(eume), 1878, p. 251-256 ; Bols, 1910 ; Maho, 1927, pp. 7-9 ; Debast,
1934.
La confrérie de Notre-Dame d’Alsemberg en l’église Saint-Piat à Tournai
L’origine
de la confrérie dédiée à Notre-Dame d’Alsemberg en l’église Saint-Piat
à Tournai n’est pas connue avec précision, mais on sait qu’une
confrérie dédiée à Notre-Dame existait dans cette paroisse en 1400. La
chapelle du Sépulcre, fondée en 1361 par un certain Colart Le Kien, y
est dénommée dès avant 1462 « chapelle d’Alsemberg », ce qui laisse à
penser que la confrérie placée sous cette invocation existait déjà
antérieurement.
La confrérie, officiellement renouvelée en 1641,
se vit accorder plusieurs indulgences par bulle du pape Innocent X en
date du 11 février 1652.
Les membres de cette confrérie
tournaisienne se rendaient chaque année en procession à Alsemberg, le
jour de la dédicace (le dimanche dans l’octave de la fête de
l’Assomption). Comme les confrères de Notre-Dame de Hal, ils offraient
à cette occasion une robe à la statue de la Vierge miraculeuse, robe
d’une couleur différente chaque année – blanche, rouge, verte ou
violette selon l’assemblée de la confrérie qui, placée sous l’une de
ces quatre couleurs, menait la procession en partance de Tournai.
Bibliographie
Van Lathem, s.d., pp. 69-71 ; Van Haudenard-Faux, 1942, pp. 22-23.
La statue
1759
Orfèvre tournaisien : Ghislain Sailly
Tournai, église Saint-Piat
Hauteur (totale) 144 cm, (couronne non comprise), 133 cm.
Argent
travaillé au repoussé et ciselé. Le socle-trépied est constitué d’un
assemblage de plusieurs feuilles ; chacune des trois faces est encadrée
par les éléments involutés du piètement (six pièces) et sommée d’une
coquille.
Le plateau sur lequel est posée la statue est
constitué d’une feuille repliée, dont les rebords sont ornés de motifs
godronnés. La statue elle aussi est constituée de plusieurs feuilles au
repoussé, soudées pour la plupart.
Seuls, le drapé en écharpe de
la Vierge, l’Enfant et les nuages du socle (trois éléments) sont fixés
au moyen de pas de vis. L’œuvre a fait l’objet d’une restauration
(réargenture complète, réfection des couronnes) avant 1986.
Inscriptions
(sur chacun des trois panneaux du trépied, en lambel, inscriptions
(romaine) identifiant trois des litanies reprises iconographiquement
aux médaillons) :
- Panneau de la face avant : FOEDERIS ARCA (L’Arche d’Alliance) ;
- Panneau arrière droit : TURRIS DAVIDICA (la Tour de David) ;
- Panneau arrière gauche : JANUA COELI (La Porte du Ciel).
Poinçons :
Sur
chacun des trois panneaux du trépied : poinçon de ville, tour crénelée
sous couronne fermée – poinçon d’orfèvre, lettres G et S de part et
d’autre d’une croix de la passion superposée à la lance et la tige
d’hysope, disposées en sautoir (Ghislain Sailly), lettre de ville, T
sous couronne fermée – poinçon de date, 59, sous couronne fermée.