VIERGE HONOREE
Notre-Dame de Grâce
Le
culte de Notre-Dame de Grâce commence à se développer vers 1440 avec l’arrivée à la cathédrale de Cambrai d’une icône mariale. Elle a été rapportée de Rome par le chanoine cambrésien Fursy du Bruille qui l’aurait reçue du vice-chancelier de l’Église romaine, le cardinal de Brogny. En juillet 1452, l’icône sort pour la première fois de la cathédrale lors de la grande procession Cambrésienne dédiée à la Madone. Elle y avait été placée un an plus tôt.
Le 1er août 1453, la première confrérie rendant honneur à Notre-Dame de Grâce est érigée et installée à la cathédrale de Cambrai dans la chapelle de la Trinité. Intimement persuadé que cette icône a été réalisée par saint Luc, le chapitre (ensemble des chanoines) consacre cette confrérie non seulement à la vierge mais aussi à l’évangéliste.
Au XVe siècle, ce culte attire des foules impressionnantes de pèlerins avec notamment des personnalités comme Philippe le Bon (en 1457) mais aussi Louis XI (en 1568). Guillaume Dufay aurait composé le célèbre hymne « Ave Maria Caelorum » en l’honneur de Notre-Dame de Grâce. Il y eut un tel succès autour de cette image que le chapitre Cambrésien ordonna d’en faire de nombreuses copies. L’une d’entre elles est conservée à Frasnes-lez-Buissenal, non loin de Tournai.
Aujourd’hui, on admet que l’icône apportée par Fursy du Bruille serait une copie d’une icône italo-byzantine du
Xe siècle peinte par Santo di Luca et conservée à Sainte-Marie Majeure à Rome. Petite anecdote : d’après Bernadette Soubirous, de toutes les images de la Vierge qui lui ont été présentées, c’est celle de Cambrai qui ressemble le plus à la « belle dame » qui lui est apparue dans la grotte de Lourdes…
La chapelle Notre-Dame de Grâce, chaussée d’Antoing.
L’abbé Marc Denis et les chanoines de Saint-Nicolas-des-Prés ont élevé, après avoir reçu l’autorisation par le chapitre de Tournai le 2 mai 1653, une chapelle en l’honneur d’une Madone. Cette chapelle est construite hors de l’enceinte urbaine dans la partie de la paroisse Sainte-Catherine.
En 1666, une chapelle en pierre, toujours en place, remplace le premier édifice. Douze ans plus tard, les premières traces du culte de Notre-Dame sont découvertes dans les archives. Au début du
XIXe siècle, un chœur, une sacristie (l'annexe d'une église où le prêtre se prépare pour célébrer la messe) et un nouveau clocheton ont été ajoutés à l’édifice.
Son mobilier intérieur comprend cinq médaillons reliquaires de la fin du
XVIIe siècle et cinq bustes reliquaires en bois doré de la même époque. Notre-Dame de Grâce y est représentée par une statue en bois doré tandis qu’à Cambrai, c’est une icône qui la représente.
La statue
Elle a été réalisée à la même époque que la construction de la chapelle, vers 1666. Elle est taillée dans du bois de chêne doré et polychromé.
Assez massive et frontale, Marie figure ici en reine des cieux. Elle est dotée des instruments de sa royauté. Le style de l’œuvre montre un certain archaïsme notamment au niveau des drapés (lourdes étoffes aux accumulations caractéristiques de plis et aux chutes ondulantes). La hauteur totale de la statue est de 137 cm et sans le socle elle est de 99 cm.
Le socle est également en bois de chêne doré. Son décor, contemporain de la statue, est typique du répertoire ornemental de la seconde moitié du
XVIIe siècle, avec ses motifs d’angelots–termes s’articulant aux angles de la face antérieure, ses guirlandes et les motifs godronnés de son couronnement. Sur sa face antérieure, il y a un petit réceptacle ovale contenant une réplique avec un billet qui porte une écriture du
XVIIe siècle : « ex baculo S.Josph sp ».
Autres Lieux de Culte
Comines : Église Saint-Chrysole
La mention la plus ancienne à propos de Notre-Dame de Grâce remonte au
XVIe siècle. On parle de « Chapelle Meyer » ou chapelle mère, rue de la procession. Cette chapelle fut détruite pendant la première guerre mondiale mais la statuette de bois polychrome du
XVIIIe siècle fut emportée par les sœurs au moment de l’évacuation de Comines en 1917.
La reconstruction de cette chapelle débuta en juin 1922 et la statuette y fut replacée en août de la même année pour le premier pèlerinage. En 1940 elle fut de nouveau évacuée à Courtrai de crainte des bombardements. En 1963 elle a été placée en l’église Saint-Chrysole de Comines pour des questions de sécurité.
Lors de la tempête du 30 octobre 1974 qui sévit dans la région, la statue fut volée. Elle ne sera retrouvée que par hasard le 21 décembre 1975 dans la vitrine d’un antiquaire bruxellois. Elle a été rendue à la paroisse le 1 janvier 1976 et depuis elle se situe sur l’autel latéral gauche de l’église Saint-Chrysole.
Cambrai : Cathédrale Notre-Dame de Grâce.
A la base, c’est un monastère et une église qui sont construits, au
XIe siècle par Liebert, évêque de Cambrai. Entre les
XIIe et XVIIe siècles, l’église subit de nombreux dommages suite aux incendies et elle fut donc restaurée plusieurs fois.
C’est en 1695 que l’évêque de Saint-Sépulcre, Louis de Marbaix, décida de restaurer l’église. Toute l’église a subi des travaux sauf le clocher édifié en 1452.
Contrairement à la plupart des édifices religieux de Cambrai, l'église du Saint-Sépulcre réussit à traverser intacte la révolution Française. En 1859, elle subit de nouveau un terrible incendie et l’on évoque une destruction totale pour construire un nouvel édifice. Mais sous les conseils de l’architecte Viollet-le-Duc, la cathédrale fut restaurée pour garder un exemple du style qui a caractérisé le règne de Louis XIV. Lors de ces travaux, un majestueux clocher fut élevé, surmonté d'une couronne de 3 m de haut et d'une statue de Notre-Dame de 5,5 m, le tout doré.
Le 17 mars 1896, la cathédrale fut élevée au rang de basilique mineure par le pape Léon XIII. Dans les derniers mois de la guerre 1914-1918, lors des pluies d'obus marquant l'avance des alliés, la cathédrale subit une énorme dévastation. Elle fut restaurée et inauguré en 1938. Pendant la seconde guerre mondiale elle n’a pas subie de grands dégâts sauf le clocher qui a dû être restauré.
Elle abrite aujourd’hui le monument funéraire à Fénelon, œuvre de David d'Angers et l'icône de Notre-Dame de Grâce (voir article Notre-Dame de Grâce).
Autres lieux :
- Belgique : Lesdain, Wadelincourt, Wiers…
- Nord de La France : Caestres, Loos …
Sources :
- Pycke (J.) ; Jacques (M-A.), L'abbaye tournaisienne de Saint-Nicolas-des-Prés, dite encore Saint-Médard ou Saint-Mard (1126-1795) : bref historique et patrimoine culturel, Tournai : Archives de la Cathédrale ; Louvain-la-Neuve : UCL, 2008
- Nys (L.), Gloria Mariae, statues et reliquaires portés à la Grande Procession de Tournai, 1992
- Mémoire de la société d’histoire de Comines-Warneton et sa région, tome VI, fascicule 2.
- http://www.cathocambrai.com/ndg_cambrai
- http://en.structurae.net/files/photos/64/nord/cambrai_cathedrale.jpg
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| Cathédrale de Cambrai |
Icône Notre-Dame de Grâce, Cambrai |
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| Chapelle Notre-Dame de Grâce, chaussée d'Antoing |
Intérieur Chapelle Notre Dame de Grâce |
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| Icône Notre-Dame de Grâce |
Notre Dame de Grâce
Comines |