Amélioration de la santé et de l’état nutritionnel des femmes et des enfants à Anjouan

( phase d’urgence du projet santé et nutrition communautaire.)

 
 
 
 
 

 

 

La situation nutritionnelle aux Comores et les disparités inter-îles :

L’enquête EDS de 1996 révèle que pour l’ensemble des Comores un enfant sur trois (34%) souffre de malnutrition chronique, dont près d’un tiers (13%) souffre de malnutrition chronique sévère.

Cette même enquête met également en évidence la forte disparité inter îles : en Grande Comore et à Mohéli, 28% des enfants accusent un retard de croissance contre 42% à Anjouan. Des enquêtes partielles plus récentes à Anjouan (CARE 1998, ID 1998, CARE 1999) font état d’un retard de croissance de 50,4%.  

Selon l’enquête de l’ONG française ID de 1998 à Anjouan, 10% des enfants étaient en situation de malnutrition aiguë modérée et sévère (rapport Poids /Taille <-2ET) . Ce taux de malnutrition traduit une situation 5 fois supérieure à la normale (une situation « normale»  correspond à un taux de 2,5%).  Selon l’OMS, la malnutrition doit être considérée comme un problème d’ampleur nationale, lorsque le niveau de malnutrition aiguë dépasse 5%.

Lors de la campagne de vaccination exécutée par CARE à Anjouan (mars, avril 1999), un complément de détection de la malnutrition a été effectué par mesure et prise de poids des enfants de 6 mois à 5 ans (districts de Mutsamudu, Ouani, Tsembehou, Pomoni et Sima - 8896 enfants).

Les résultats de cette étude partielle (qui ne concernait pas les zones de Nioumakelé/ Mremani considérées habituellement comme particulièrement sensibles à la malnutrition) montrent que la malnutrition aiguë modérée et sévère a augmenté de 10% en un an  (P/T < -2ET, 11%) et que la malnutrition aiguë sévère s’est accrue de 30% pour la même période (P/T < 3ET, 1,3%). 

 

      Insécurité alimentaire.

 D’après l’enquête « budget consommation » de 1997, on estime qu’environ 51 % de la population totale peut être considérée comme vivant sous le seuil de pauvreté. Les comoriens considèrent encore le riz, produit d’importation, comme leur aliment de base. Le gouvernement n’a défini aucune stratégie nationale de sécurité alimentaire et il n’y a actuellement à Anjouan plus de programmes opérationnels en cette matière.

Si les différents embargos avaient depuis 1997 aggravés sensiblement une situation déjà précaire, il faut constater que depuis un an, la situation de malnutrition s’est notablement aggravée à Anjouan. La pauvreté augmente, les salaires ne sont plus payés, des acteurs de développement bilatéraux et multilatéraux se sont retirés.

 La crise de décembre 1998 et, depuis fin avril 1999, l’exode de Grande Comore vers Anjouan de plusieurs milliers de personnes rendent les conditions de vie extrêmement difficiles.

La pauvreté, la faible capacité des structures de santé, l’afflux de population venant de Grande Comore ont également pour conséquence un net accroissement de l’immigration légale et illégale vers l’île de Mayotte.

 

     Interventions

CARE International a mis en œuvre en collaboration avec les responsables de la Santé des projets de supplémentation nutritionnelle (Anjouan 1998 (ECHO) et 1999 (PAM)) répondant à des situations d’urgence.

Une intervention en matière de récupération thérapeutique limitée (district de Mremani) est appuyée par l’ONG « ID ».

Un programme pilote de nutrition à orientation communautaire a été développé de juillet 1997 à septembre 1998 par CARE en collaboration avec la Direction Régionale de la Santé de l’île de Grande Comore.

Le projet de « santé et nutrition communautaire » formulé en collaboration par les responsables des ministères techniques concernés, des représentants d’ONG locales et les experts de CARE International aux Comores est la première stratégie globale permettant de contribuer, en s’attaquant à ses causes, à la résolution du problème nutritionnel aux Comores.

 

 

 

      Objectifs de l'opération :

 Le projet d’urgence a pour but :

1.     de renforcer les acquis du précédent programme de santé communautaire (districts de Mutsamudu, Sima et Tsembehou) et particulièrement les soins maternels et infantiles.

2.     de renforcer les moyens de ces structures sanitaires afin de leur permettre de faire face à l’afflux de populations supplémentaires (particulièrement à Mutsamudu) venant de Grande Comore et ainsi, de limiter l’immigration sanitaire vers l’île de Mayotte.

3.     d’améliorer rapidement l’état nutritionnel des enfants de moins de cinq ans et des femmes enceintes et allaitantes, des enfants de 6 à 14 ans. Il vise également à pérenniser les résultats nutritionnels en améliorant qualitativement et quantitativement l’alimentation des enfants à la maison.