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Mémoire fœtale
Un rêve a traversé le couloir temporel. Distrait, il n'a pas vu le disque rouge au ciel. Ce n'était plus hier mais déjà aujourd'hui. Il n'a pas vu passer le fuseau de minuit
Et la proue de l'aurore a déchiré sa coque. Il sombre dans le temps par delà son époque Et le fluide ancestral dilue dans les éthers Le souvenir ténu de ses belles chimères.
Quelquefois, le matin, mon esprit qui s'éveille, Respire un vent léger comme une aile d'abeille… Effluves électriques, étrange rémanence D'un songe naufragé au seuil de la naissance. GhB mars 2002.
Le vin qui vainc.
C'est en vain qu'on a changé l'eau, Car si la crue emplit ma cave, Il n'est pas sûr que ce brassin Fera bon cru si je m'y lave.
C'est à raison que de raisin On mit du jus dans mes tonneaux.
En vin on a saigné châteaux, Versants pentus en pierres de lave Mais c'est en eau, en sang, que seins Et reins ont épuisé l'esclave.
C'est la saison pour le raisin De faire son jus dans mes tonneaux.
C'est enfin l'heure, sous le manteau, De goûter les parfums suaves Car c'est en vin, par tous les saints, Que communie le cœur des braves.
C'est le moment pour le raisin De faire sa couche en mes tonneaux. GhB mars 2002.
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