Qu'est-ce qu'un alcoolique?*
une méprise tenace
"quand je commence je ne peux plus m'arrêter"
un fonctionnement à l'envers
l'alcool fait de lui quelqu'un qui n'est plus lui
En effet nous organisons nos journées en un temps pour manger, un temps pour travailler, un temps pour le loisir, un temps pour les enfants, des temps pour l'hygiène du corps et de l'esprit, etc... Tous ces temps sont séparés. Il n'est que notre besoin d'oxygène qui doit être satisfait "en continu" : le corps n'en contient pas de réserve, mais l'air est partout (ou presque) et nous permet continuellement de respirer.
Il se trouve que le besoin de l'alcoolique n'est pas moins continu et impérieux que le besoin d'air de tout le monde. Voila ce qui va changer sa vie parce que tous les autres temps, du travail, des enfants, du repos ou de l'amour, se trouvent bousculés et tous subordonnés à la priorité de l'approvisionnement en alcool.
Notons que le fait de cacher des réserves est constant et typique de l'alcoolique qui endure une pénurie permanente. Ce geste rejoint le comportement de tout être vivant devant une disette : pendant la guerre, personne ne criait sur les toits qu'il avait chez lui de suffisantes provisions. Nous sommes devant "le mésusage d'un authentique réflexe de survie"(Dr Royer) qui, en lui-même, ne saurait être pathologique mais contraint à la dissimulation.
Il advient parfois que l'entourage participe à l'alcoolisation. Cela est le cas d'épouses, souvent elles-mêmes filles d'alcooliques qui, espérant gérer le problème de leur conjoint sans le contrarier, l'approvisionnent en boissons. Trop souvent, il est vrai, c'est par une tyrannie caractérielle, voire terroriste que le patient obtient satisfaction.
il n'y a pas de personnalité alcoolique
l'alcool empêche de parler
tout n'est pas dit
Merci de tout coeur à Christine qui m'a fait parvenir cet article.
D'après l'Alcool : Alibis et Solitudes . J. Morenon et J. Rainaut. ed. Seli Arslan, PARI
S.